Bonne Saint-Massacre à tous

Nous célébrons aujourd’hui l’épilogue d’une série insoutenable et insensée de meurtres de masse. Youpi. Bonne fête, donc, à tous les pauvres gens à qui on a remis un fusil et qui se sont rendus à l’endroit où on leur a dit de se tenir jusqu’à ce que mort s’ensuive, sous prétexte que quelques types qu’ils ne connaissaient pas ne pouvaient plus se supporter*. Pour l’occasion, le gouvernement français se fait une joie de vous rappeler, involontairement, que ce truc qu’on appelle « nation » est une ogresse – c’est-à-dire une hideuse créature de mythologie qui dévore ses enfants.

* C’est mon explication et je m’y tiens. De toute façon ce ne sont pas les gouvernants actuels qui vont vous expliquer le pourquoi de cette guerre (qui n’avait rien de « grande »). Ni à l’Education Nationale, d’ailleurs, qui persiste à vouloir faire croire que si des millions et des millions de gens n’ayant aucun grief les uns contre les autres se sont entre-tués, c’est parce qu’un mec appelé Ferdinand s’est fait dessouder dans sa calèche, loin à l’Est.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

21 Responses to Bonne Saint-Massacre à tous

  1. Zapatero says:

    Sous cette perspective, la Nation que je dirige, si jamais elle existe vraiment, est bien plus libérale, n’imposant à ses citoyens aucune guerre avec d’autres Nations depuis si longtemps.

    Chez nous, on s’entrelamine volontairement, et c’est bien plus respectueux de la liberté individuelle.

  2. Zapatero says:

    Que mes conneries voient leur orthographe, grammaire, et syntaxe ameliorees au passage du filtre supermagique, ne justifie pas totalement que le sens soit deforme.

    Car je crois bien avoir ecrit que, dans la nation que je dirige, on s’entrelamine volontairement. Au present historique, je crois.

  3. jesrad says:

    Je rétablis les temps de la version précédente. Je croyais à un problème de traduction.

  4. Anton WAGNER says:

    « Ni à l’Education Nationale, d’ailleurs, qui persiste à vouloir faire croire que si des millions et des millions de gens n’ayant aucun grief les uns contre les autres se sont entre-tués, c’est parce qu’un mec appelé Ferdinand s’est fait dessouder dans sa calèche, loin à l’Est »

    Quelque peu réducteur…

  5. Martini says:

    Et pourtant ça ressemble bien à mes souvenirs de l’école et du collège. Pas sûr qu’on en ait parlé au Lycée.

    Queuoi ? L’éducrassouille nationale serait réductrice dans ce qu’elle enseigne aux enfants ? Pas possible…

  6. Anton WAGNER says:

    Ouais, enfin j’enseigne l’histoire-géo dans le secondaire : je sais bien ce qu’on *essaie* d’apprendre aux mômes (lorsque, déjà, on arrive à leur faire retenir que, non, la France et l’Allemagne n’étaient pas alliées, on est bien content…).

    Le chapitre sur la Grande Guerre est très loin de se résumer à l’attentat du 28 juin 1914, même au collège.

  7. Martini says:

    J’espère bien qu’il y a encore moyen de recevoir une bonne instruction même à l’école publique ! Mais allez-y, ça m’intéresserait de savoir ce qui a causé la première guerre mondiale.

  8. Anton WAGNER says:

    Classiquement, les causes de la Première Guerre mondiale sont ainsi présentées aux élèves :
    – des causes lointaines grandement liées à la vague nationaliste du XIXème siècle (on évoque alors aussi les tensions coloniales, les rivalités économiques, la course aux armements et on fait un rapide tour d’horizon des principales zones de tension nationalistes : l’Alsace-Moselle, les Balkans, etc.; là on trouve souvent, dans les manuels, cette carte d’époque);
    – des causes immédiates, et c’est là que l’attentat du 28 juin intervient.

    Nécessairement, on ne peut entrer dans une foultitude de détails. Mais lorsque Jesrad laisse entendre qu’on dit aux enfants que les Européens d’alors n’avaient aucun grief les uns contre les autres, c’est faux. L’idée, c’est de faire comprendre aux élèves qu’en 1914 l’Europe est une poudrière qui n’attend qu’une étincelle pour exploser.

  9. Mucharaziv says:

    on continue dans cette voie pourtant… les moutons continuent a croire au terrorisme !

    la prochaine fois, ils (les musulmans tres tres mechants qui veulent la mort de l’occident) détourneront un train avec un stylo bic !

  10. jesrad says:

    En ce qui me concerne, pourtant, ce qu’on m’a enseigné sur la guerre de 14-18 tient à peu de choses près à cette histoire d’assassinat… Les profs d’Histoire que j’ai eu au cours de ma scolarité ne brillaient pas particulièrement 😦 Et le fait qu’on ait eu qu’une très vague idée de ce qu’était le nationalisme, concrètement, n’a pas aidé à comprendre. Je crois qu’à l’époque la période autour de 1870 n’était pas enseignée « avec », donc on n’avait pas même connaissance du contexte, sinon partielle.

    Et puis il y a les faits économiques, importants mais totalement absents… La fin du bi-métallisme or+argent après la guerre France-Prusse à cause des « réparations » (en or) et les conséquences désastreuses sur le commerce international et les finances des états européens ? Pas entendu parler alors. On nous avait fait lire « la débâcle », et c’est à peu près tout.

  11. laurett says:

    On ferait mieux d’expliquer aux gamins que les chef d’Etats d’alors étaient de grands gamins paranoïaques qui ont sauté sur le premier prétexte venu pour se prendre à la gorge par millions de jeunes soldats interposés. C’est plus vrai, et plus facile à comprendre…
    En tout cas, c’est la nette impression que m’a laissé l’étude de cette période au collège.

  12. Anton WAGNER says:

    Je ne sais pas quel est votre âge Jesrad, mais si vous avez 29 ans comme moi, je puis vous comprendre. Seulement, depuis le temps où nous usions notre pantalon sur les bancs de l’école, les programmes ont évolué. La manière d’aborder les sujets a aussi changé en fonction de l’historiographie.

    Il est vrai toutefois que l’enseignement est plus complet au lycée qu’au collège. Au collège, la guerre de 1870/1871, le nationalisme et la colonisation sont vus en fin de 4ème, alors que la Première Guerre mondiale est étudiée en 3ème… Du coup les collégiens saisissent assez difficilement le contexte (ce matin, un 3ème ne savait pas ce qu’était une colonie…). Au lycée, tout se fait en 1ère, c’est plus clair et commode.

    Quant aux questions économiques, c’est vrai qu’elles sont très peu développées. C’est un des aspects de l’inculture économique de ce pays (et puis qui, malheureusement, s’intéresse à la monnaie mis à part ces abominables Autrichiens ?).

  13. jesrad says:

    « Je ne sais pas quel est votre âge Jesrad, mais si vous avez 29 ans comme moi, je puis vous comprendre. »

    C’est ça à quelques mois près, oui 🙂

  14. Anton WAGNER says:

    Voilà, tout s’explique ! 😉

  15. julito says:

    « Mais lorsque Jesrad laisse entendre qu’on dit aux enfants que les Européens d’alors n’avaient aucun grief les uns contre les autres, c’est faux. L’idée, c’est de faire comprendre aux élèves qu’en 1914 l’Europe est une poudrière qui n’attend qu’une étincelle pour exploser. »

    Enfin, les griefs n’étaient pas tellement entre Européens au sens individuel, mais plutôt entre les dirigeants Européens. Je doute que ceux qu’on a envoyé au casse pipe de part et d’autre avaient vraiment envie de cogner sur leur voisin. Ils auraient certainement préféré rester tranquilles chez eux, et travailler dans leur usine ou leur champ.

    Les guerres ne sont jamais le résultat de la « volonté » des citoyens, mais bien celle de leurs dirigeants qui les forcent ensuite, souvent contre leur gré (Fusillés de 14-18, Guerre du Vietnam…), à se rendre sur le champ de bataille. Et ça, on n’en parle pas beaucoup en classe.

  16. Anton WAGNER says:

    Julito, justement non. Les peuples répondirent présents. Les états-majors eux-mêmes furent surpris : ils s’attendaient à davantage de désertions au moment de la mobilisation. Même durant les mutineries de 1917, très rares étaient ceux qui voulaient la fin de la guerre ; l’immense majorité des soldats voulait remporter la victoire mais réclamait une stratégie moins meurtrière.

    On ne peut dire que les « fusillés pour l’exemple » expliquent à eux seuls comment des millions de soldats ont accepté d’endurer une guerre si effroyable et si longue. Au moment de l’avalanche des déclarations de guerre, en 1914, les populations on d’abord été surprises, la résignation l’a ensuite emporté puis se fut la détermination renforcée par la certitude du bon droit. Lire, sur ce sujet, l’Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner.

    Pourquoi les dirigeants seraient-ils les seuls à être hargneux ? Les peuples aussi peuvent être va-t-en-guerre…

  17. BastOoN says:

    Pour beaucoup de gens, la guerre offre un sens à leur vie, ou leur permet de défouler des pulsions qu’il leur faut normalement socialement enfouir au plus profond d’eux-même sous peine de ne pas être considérés comme civilisés. Sans parler des lavages de serre-veaux orchestrés dans certains cas depuis la plus tendre enfance (nazillons, Corée du Nord, Cambodge… plus subtil mais parfois aussi efficace : contrôle berlusconien des médias).

    Cependant, là où cette boucherie était circonscrite lorsque les armes étaient rudimentaires, elle a réussi à se développer d’une manière effroyablement spectaculaire et mondiale 2 fois au XXème siècle.

    Cela dit, l’homme ne manque pas de ressource pour planifier ce genre de cataclysme, même à la machette s’il le faut.

    Aujourd’hui, on retrouve cette violence catalysée autour de « guerres symboliques » via les matchs sportifs (jeux du stade) ou les joutes politiques (où le bien-être sociétal est parfois, pardon quasi-systématiquement, le cadet du soucis des gens qui en parlent à longueur de temps).

    Donc supprimer l’Etat ne supprimera certainement pas la guerre, inhérente à l’homme. Par contre, cela atténuera quasi-certainement les effets les plus dévastateurs.

    Je dis ça de manière instinctive. Des références, Jesrad ?

  18. jesrad says:

    La nature humaine ne change pas avec l’organisation sociale. Dans le cas du libertarianisme, ce qui change c’est notre regard sur les mêmes actes que toujours (guerre=meurtres de masse, impôts=vol, prison pour des non-crimes=enlèvement et séquestration, etc.). Y a pas d’autres façons valables de changer le monde, que d’amener chacun à réviser ses positions individuelles, puisque ces choix que l’on fait dans la façon dont on traite l’autre déterminent le résultat tout entier de la société. C’est pour ça que je poursuis un but plutôt religieux que politique.

  19. Martini says:

    « La nature humaine ne change pas avec l’organisation sociale. »

    Les règles que l’on applique aux autres déterminent bien aussi les choix qu’ils feront. Et donc supprimer les causes systémiques des décisions criminelles ordinaires peut bien faire avancer le Schmilblick.

  20. jesrad says:

    « Et donc supprimer les causes systémiques des décisions criminelles ordinaires peut bien faire avancer le Schmilblick. »

    Suppression qui ne peut se faire qu’en persuadant ceux qui maintiennent ces causes parce qu’ils subissent ces décisions. L’oeuf ou la poule ?

  21. Martini says:

    « L’oeuf ou la poule ? »

    Le changement de phase d’auto-organisation, ou la guerre mémétique ?

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