Trepalium: entre fantasme, ignorance et fascination

Dans l’Allemagne divisée par l’occupation soviétique, un mur hérissé de barbelés et fortement gardé divisait un même peuple en séparant physiquement ceux à qui il était permis de vivre à leur manière et choisir librement comment gagner leur vie (qui pouvaient ainsi prospérer et se ménager un avenir meilleur et des loisirs), et ceux à qui cela était interdit (devant donc se cacher pour mener leurs combines et leurs trafics). La nouvelle série télévisée d’Arte, Trepalium, reprend et renverse presque entièrement ce tragique épisode de l’Histoire pour proposer une vision très franco-centrée des angoisses et des craintes sur l’avenir économique de notre pays, dans lequel le mur séparerait d’un côté ceux qui sont asservis par un système oppressif régulant chaque aspect de leur vie, et de l’autre ceux qui sont libres d’agir à leur guise… à ceci près qu’à rebours de la réalité historique, cette fois, la misère économique et sociale se trouve chez les seconds plutôt que chez les premiers.

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Gaspillage alimentaire: la bêtise contre-attaque

Il ne se passe pas un jour où je peux regarder, même brièvement, la télé sans regretter l’absence de Philippe Muray. Prenez par exemple l’émission de ce soir sur M6: Gaspillage alimentaire: les grands chefs contre-attaquent.

Le gaspillage alimentaire a tout du « first world problem »: puisque évidemment pour pouvoir gâcher de la nourriture il faut commencer par ne pas en manquer. Mais derrière ce truisme il y a une mécompréhension si totale du fonctionnement de l’économie qu’elle transforme l’exercice en auto-parodie de sa propre cause. C’est un corollaire de la Loi de Poe: maintenant que Festivus Festivus a exterminé toute opposition qui pourrait risquer de lui signifier qu’il dépasse les bornes, il n’existe plus aucun élément de comparaison pour distinguer ses revendications de leur caricature.

Il y a du gaspillage quand la production ne peut pas s’ajuster, par le haut, exactement et instantanément à la demande. C’est-à-dire que, tant que les coûts de transaction existeront (c’est-à-dire jusqu’à l’invention du voyage dans le temps gratuit et illimité) il y aura en chaque domaine économique une somme de pénurie et de gaspillage supérieure à zéro.

Pour le dire autrement: nous ne parvenons à nourrir tout le monde ici qu’au prix d’un gaspillage de nourriture. Et donc, combattre ce gaspillage de quelque autre façon qu’en se battant contre les coûts de transaction, c’est soit les exacerber soit réintroduire les pénuries à la place… voire les deux à la fois.

Le « défi des grands chefs » d’organiser un banquet à partir de déchets alimentaires est l’illustration parfaite de ce qu’il ne faut pas faire: en invitant 5000 personnes à manger, cet évènement désorganise toute la chaîne de production et distribution qui aurait nourri, ce soir-là, tous ces gens. Des restaurants seront un peu moins fréquentés, et donc une partie plus grande que d’habitude des provisions qu’ils avaient stockés pour ces jours-ci partira à la benne. Idem pour les commerces, épiceries et autres supermarchés qui paieront cette incertitude artificielle, imposée, sur leurs flux, si tendus soient-ils. Il faut aussi ajouter les oscillations qui suivront, quand tous ces gens essaieront d’ajuster ces flux d’abord à la baisse puis à la hausse, là encore au prix d’un gaspillage accru. Mais l’important pour la génération festive c’est de s’agiter: le spectacle compte plus que le résultat, qu’importe les dégâts pourvu qu’on ait bonne conscience. Les participants pourront fièrement proclamer « j’y étais ».

Ainsi, les coûts de transaction auront brièvement augmenté, et avec eux le gaspillage global de nourriture. Plus que jamais, il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.

Mais à quoi sert vraiment la publicité ?

Cela faisait trop longtemps que l’on n’avait pas eu de cours de praxéologie aléatomadaire, il me faut donc chaudement remercier H16 d’avoir aujourd’hui écrit sur l’utilité de la publicité avec la pertinence, l’humour et le talent qui me le font (pas si) secrètement jalouser 😉

Car, cela nous fait un sujet tout trouvé: si la publicité existe, c’est donc bien qu’elle marche… mais à faire quoi exactement ?
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Attention: traversée de grands animaux

C’est arrivé à la télé

Dr House au chevet de la Californie

Incroyable nouvelle: Ne Cede Malis a été sélectionné pour écrire le scénario d’un épisode de la prochaine saison de Docteur House, l’excellente série américaine (c’est curieux comme ces deux mots vont souvent ensemble) dans laquelle le comédien britannique Hugh Laurie affiche un talent remarquable.

Pour cet épisode spécial, le patient sera la Californie, atteinte d’un cancer financier et politique qui a fichu des métastases gangrénantes partout. Et le rôle du cancer sera tenu par Arnold Schwarzenegger, rien de moins ! Gregory House aura à sa disposition d’innombrables occasions de rappeler que « tout le monde ment », tandis qu’une armée d’économétriciens et politiciens s’acharneront autour de lui à faire des diagnostics débiles et proposer des traitements destructeurs.

La basilique Saint-Pierre de Rome va accueillir les pélerins musulmans

(Relevé, scanné et signalé par FromagePlus)

La prochaine émission de Julien Courbet: comment payer moins cher ses impôts

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Après le lancement de son émission « Service Maximum » sur France 2, Julien Courbet ne compte pas en rester là. Pour optimiser le pouvoir d’achat des téléspectateurs, sa prochaine émission s’attaquera directement au premier poste de dépenses des Français loin devant le logement: les prélèvements obligatoires.

L’Eglise de Saint Jacquet fête ses dix ans

L’Eglise de Notre Très Saint et National Aimé Jacquet (ENTSENAJ) s’apprête à fêter ses dix ans ce 12 juillet 2008 avec une journée entière de célébrations. Le clergé au grand complet moins un se réunira en Notre Très Saint Stade de France pour diriger la messe, et l’évènement sera retransmis sur W9 et Canal+ pour permettre à tous ceux qui n’auront pu se déplacer de communier.

Lapalissade orientée

Entendu ce soir au jité, dans la bouche de Claire Chazal au sujet des entreprises françaises installées en Chine qui viennent en aide aux chinois victimes du tremblement de terre:

Mais il faut tout de même se rappeler que ces entreprises ont des intérêts économiques dans ces régions.

Evidemment, qu’elles ont des intérêts locaux, connasse – sinon soit ce ne seraient pas des entreprises mais des ONGs, soient elles seraient installées ailleurs.

Battlestar Galactica en français sur une chaîne publique

C’est ce soir sur NRJ12, à ne pas manquer. Note: apparemment la diffusion (en 16/9) commence par l’épisode 1 (« 33 minutes ») plutôt que par le double pilote de trois heures, pourtant indispensable pour suivre l’histoire.

Besancenot, la dictature tranquille

Je viens de voir Olivier Besancenot chez Drucker. En voilà un qui arrive à dire qu’il veut limiter autoritairement les profits de la distribution alimentaire, et donc provoquer artificiellement pénuries et famines meurtrières, sans ciller ni détourner même brièvement le regard. Un peu comme on lancerait une suggestion vestimentaire à l’une ou l’autre invitée présente sur le plateau, quoi. Et qui parvient même à se faire applaudir pour ça ! Et quand il assimile les exemptions d’impôts à des subventions ? Personne n’intervient pour faire remarquer à quel point c’est idiot ?

Combien de gens ont compris que ses idées, qu’il n’a pourtant que vaguement mentionnées, nécessiteraient un état policier très poussé rien que pour être applicables ? Ce type n’a rien d’autre à offrir que la répétition des tragédies collectivistes du passé et du présent. Anne Roumanoff peut bien plaisanter sur le « 2be3 chez les tout-frippés », il n’empêche… La conception de la société qu’à Olivier, où il est interdit d’être récompensé pour avoir rendu service à autrui, où tout est réglementé, décortiqué, mesuré et mis en décret par fièvre idéologique, où des comités de gauchistes grincheux se font une profession (bien rémunérée par vous) de vous donner des leçons en permanence, reste toute aussi grise, rabougrie et sinistre que celle des vieux barbus qui l’inspirent.