Un nombre fini de singes

Il paraît que peu de gens arrivent vraiment à comprendre le concept de l’infini. Il y a une différence fondamentale de nature entre un nombre fini, même extrêmement grand, et l’infini proprement dit. Par exemple, on dit parfois qu’un nombre infini de singes tapant au hasard sur des machines à écrire finit inévitablement par reproduire l’intégrale des oeuvres de Shakespeare. Ce qu’on omet malheureusement, c’est qu’un nombre fini de singes peuvent aussi, théoriquement, parvenir à ce résultat, mais cela leur prend un temps infini. Ou encore, qu’une fois lesdites oeuvres reproduites, il faut un temps infini pour retrouver, parmi la masse (infinie aussi) de ces écrits à peu près aléatoires, la section précise que les reproduit exactement.

Shakespeare dans les cordes

Ce sont les réflexions qui me viennent quand j’entends parler de la convention citoyenne pour le climat. Ces 150 fiers singes citoyens, sélectionnés habilement parmi la masse des Français disposant d’un téléphone et pas assez d’instinct de préservation pour refuser un appel d’un numéro inconnu ou pour trouver moyen de ne pas se laisser embringuer dans une aventure promettant de leur bouffer plusieurs week-ends, et assise sur une légalité douteuse, auront bravement réussi, en un temps fini, à plagier le travail ordinaire de nos singes officiels parlementaires.

Imaginez ! Vous vous retrouvez propulsé dans une formation accélérée de maître du monde législateur de 7 week-ends, coaché de près par un panel d’experts (choisis expressément par le think tank Terra Nova) vous expliquant, en long et en large, mais surtout de travers, que la planète va très très mal, que des pays entiers sont sur le point d’être submergés sous les eaux du changement climatique, et que pour y remédier, il faut baisser l’émission moyenne en CO2 de chaque Français de plus de 11 tonnes à moins de 3 par an. Sous peine de fin du monde, avec illustrations éschatologiques et culpabilisation individuelle. Pas de pression.

Garbage In, Garbage Out

Lesdits citoyens sont donc pris la main par des hauts-fonctionnaires et conseillers ministériels (officiels et officieux, sélectionnés par la hiérarchie interne de partis politiques et leurs associations satellites, existant en périphérie et en parallèle des institutions constitutionnelles), pour garantir que les mesures colleront bien au format attendu: plus de réglementation, et celle-ci doit être fournie prête à voter en assemblée par une majorité aeuglément aux ordres de l’exécutif. Vous avez dit démocratie ?

Cette fabuleuse expérience aura a donc permis de confirmer que, oui, n’importe quel quidam pris au hasard peut s’improviser député ou sénateur au pied levé, sans que le résultat produit ne change en nature ou qualité. Et bénévolement, qui plus est ! La conclusion logique est laissée à l’appréciation du lecteur.

Une question d’attitude

Tant que l’islam fera peur, fera baisser les yeux, ou fera taire, les lâches et les faibles animés de colère mal-placée se sentiront puissants et forts d’en être.

oooh burn

Je les emmerde.

Jancovici en PLS

Lèse-imam

2020, République Apaisée et Irréprochable de France: la Garde des Sceaux (c’est-à-dire la Ministre de la Justice) contredit publiquement et en toute décontraction la loi et la Justice qu’elle a pourtant la prétention de protéger et d’appliquer…

Pour commencer, le respect n’est pas dû, il se mérite ; et jusqu’à preuve du contraire le bilan de l’islam en la matière laisse plus qu’à désirer, à voir le déchaînement d’insultes et menaces proférées envers la jeune fille (mais où sont passées les féministes qui devraient se précipiter à sa défense ?). Ensuite, pour autant que la rationalité est l’exercice permanent de l’esprit critique, dénoncer la bêtise et le dogmatisme par exemple dans les cultes du moment est le devoir moral de tout être pensant – que ce soit pour les non-musulmans une manière d’aiguiser leur intellect tandis que pour les musulmans, c’est une manière d’améliorer leurs croyances en les ajustant suivant les preuves et la raison. Une oeuvre morale que l’islam piétine ouvertement en exigeant la soumission crasse et aveugle à son dogme (le nom même de cette foi signifie bien soumission). Et enfin, quelle farce que de poursuivre Mila pour « incitation à la haine », alors que ce qui lui est reproché par la foule hargneuse qui l’a fait expulser de son lycée, c’est précisément l’exercice de sa liberté de conscience, qui lui a fait dénoncer la haine qu’elle perçoit inhérente à l’islam.

Le désaccord, la confrontation des idées et leur destruction impitoyable par tout argument valable sont des biens communs produits au bénéfice de tous, qui nous élèvent toujours plus haut et plus loin sur la voie de la vérité et de l’accomplissement. Entraver ce travail de destruction créatrice, en muselant la liberté d’expression par l’intimidation et la force, est un crime contre l’humanité.

Et puis, comme le dit crûment Mila, l’islam est effectivement une religion de merde: en matière de morale, de droit, d’hygiène, de société, de nutrition et de politique c’est un ramassis d’âneries quasiment ininterrompues, et de l’avis de ceux qui parviennent (à grand peine) à la fuir, même en matière de vie personnelle le bilan est très négatif, avec des familles brisées, des violences très (trop) courantes, et un coût personnel effarant.

Curieux pays où dénoncer la haine vous fait poursuivre pour incitation à la haine – hypocrite criminalisation d’idées qui devraient être libres. Et sinistre constat: l’esprit Charlie est bel et bien mort sous les balles d’une paire de crétins fanatiques il y a quelques années, on aura seulement mis du temps à s’en rendre compte. Comme ces choses vont vite. Comme ce pays sombre aisément.

Brexit, Irlande, Backstop: mais que se passe-t-il ?

Alors qu’approche le 29 Mars 2019, date limite déjà repoussée de la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union Européenne, alias Brexit, et tandis que Theresa May, Premier Ministre dudit Royaume-Uni, se démène pour tenter de mettre d’accord d’un côté les Conservateurs de son camp, Ministres, Lords et Députés, et de l’autre le Conseil de l’Europe et Eurodéputés, un mot revient avec régularité dans l’actualité. Ce mot, c’est « backstop ».

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Le problème avec la Toile de la Pensée

A mesure qu’émerge des médias sociaux la nouvelle profession de formeur d’opinions, la grande majorité des individus participant à ces nouveaux médias se voit offrir des jeux entiers d’opinions à la cohérence plus ou moins satisfaisante, chacun accompagné du sentiment d’appartenir à une tribu. Abonnez-vous à mes croyances, vous recevrez en prime quelques kilos d’acceptation sociale ! On a même un signe de ralliement, des rites sacrificiels un Patreon, et des t-shirt à logo à des prix raisonnables !

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L’avénement annoncé de la Toile de la Pensée

Le coût de l’accès à l’information – de quelques sorte que ce soit: du trivial au plus spécialisé, tel que d’infimes détails de casting d’une obscure série télévisée étrangère jusqu’aux critères statistiques exacts retenus dans un modèle d’analyse d’une expérience scientifique précise – s’est effondré en à peine un siècle. L’une des conséquences immédiates de cette incroyable extension du domaine de la connaissance possible, c’est que les individus ont changé leur manière de s’informer: plutôt que de procéder de leur propre initiative à la recherche explicite d’une information donnée, ils laissent à la place le torrent continu d’information s’abattre sur eux de toutes parts pour ne retenir que le signal qui attire leur attention sur le moment.

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Hayek et le problème de l’information

Traduction d’un article original de Jeffrey Tucker.

Friedrich A. Hayek est une grande figure de l’histoire de la liberté humaine: un défenseur de la liberté à une époque où la plupart des intellectuels du monde entier se tournaient vers les idéologies du commandement et du contrôle. Son héritage littéraire continue de fournir certains des arguments les plus puissants en faveur de la dépolitisation de l’ordre social, y compris dans le domaine du commerce.

Mais, d’après mon expérience, il reste aussi un des penseurs les plus difficiles à bien saisir.

Ainsi, après sa mort en 1992, un magazine m’a chargé de produire une synthèse finale de sa vie et de son œuvre, résumant ses principales contributions, à destination d’un public non-averti. C’est le type de travail qui vous fait le mieux prendre conscience de tout ce que vous savez vraiment – ou ignorez – d’un sujet donné.

Je m’imaginais que ce serait simple et rapide. Lire la suite

Trepalium: entre fantasme, ignorance et fascination

Dans l’Allemagne divisée par l’occupation soviétique, un mur hérissé de barbelés et fortement gardé divisait un même peuple en séparant physiquement ceux à qui il était permis de vivre à leur manière et choisir librement comment gagner leur vie (qui pouvaient ainsi prospérer et se ménager un avenir meilleur et des loisirs), et ceux à qui cela était interdit (devant donc se cacher pour mener leurs combines et leurs trafics). La nouvelle série télévisée d’Arte, Trepalium, reprend et renverse presque entièrement ce tragique épisode de l’Histoire pour proposer une vision très franco-centrée des angoisses et des craintes sur l’avenir économique de notre pays, dans lequel le mur séparerait d’un côté ceux qui sont asservis par un système oppressif régulant chaque aspect de leur vie, et de l’autre ceux qui sont libres d’agir à leur guise… à ceci près qu’à rebours de la réalité historique, cette fois, la misère économique et sociale se trouve chez les seconds plutôt que chez les premiers.

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Souvenirs, encore

Je crois bien que j’avais 10 ans. Je dessinais au feutre effaçable sur le frigo des motifs géométriques, et l’un de ces motifs s’est trouvé être, je ne sais plus pourquoi ni où je l’avais vu aupravant, une croix gammée. Passant là, ma mère a sauté dessus pour l’effacer rageusement. Devant ma surprise, elle m’explique: « Certains symboles sont profondément associés au malheur pour beaucoup de gens, s’ils les voient cela peut les faire souffrir, alors il faut éviter de dessiner ce genre de chose ».

C’est comme ça que j’ai compris la vraie nature, et le fonctionnement secret, de la magie.

Souvenirs, suite

Pendant l’essentiel de ma jeune scolarité, j’ai entretenu une profonde fascination pour le fait que certains autres élèves, la plupart du temps des filles, venaient à l’école habillé(e)s de vêtements absolument dépourvus de bouloches, de traces résiduelles de tâches, avec pas un poil de chat, et surtout pas le moindre faux-pli, ainsi qu’une couleur parfaitement définie, intense. Je pouvais passer la journée, encore et encore, à admirer cet effet impeccable, cette netteté, en un mot cette perfection. Je me mettais à imaginer leurs parents rivaliser d’astuce et d’efforts pour obtenir un tel résultat (pour le pliage, pour empêcher le moindre poil ou cheveu de se poser dessus), j’imaginais que peut-être il existait des produits spéciaux, des machines à laver d’une catégorie supérieure, qui seules permettaient cela.

C’est seulement après plusieurs années que j’ai réalisé que c’était simplement ça, des vêtements neufs.

Souvenirs

Quand j’étais en CE1, notre institutrice a eu l’occasion de parler de Star Wars, qui selon elle, était fortement imbibé de mythologie arthurienne. « D’ailleurs, ‘Skywalker’ veut dire ‘qui traverse le ciel’, et ‘Perceval’ veut dire ‘qui traverse la vallée’, appuyait-elle fièrement. J’étais très impressionné par cette érudition, cette capacité que semblaient avoir certains adultes pour distinguer dans l’ordinaire les liens entre les choses, les motifs élégants, les règles fondamentales qui expliquaient en coulisses le fonctionnement de l’univers.

Quelques temps plus tard j’apprenais que le personnage joué par Mark Hamill devait, dans le script, s’appeler ‘Luke Starkiller’, mais qu’au premier jour du tournage, ce nom fut changé à la va-vite et avec embarras en ‘Skywalker’, moins ridicule.