Hayek et le problème de l’information

Traduction d’un article original de Jeffrey Tucker.

Friedrich A. Hayek est une grande figure de l’histoire de la liberté humaine: un défenseur de la liberté à une époque où la plupart des intellectuels du monde entier se tournaient vers les idéologies du commandement et du contrôle. Son héritage littéraire continue de fournir certains des arguments les plus puissants en faveur de la dépolitisation de l’ordre social, y compris dans le domaine du commerce.

Mais, d’après mon expérience, il reste aussi un des penseurs les plus difficiles à bien saisir.

Ainsi, après sa mort en 1992, un magazine m’a chargé de produire une synthèse finale de sa vie et de son œuvre, résumant ses principales contributions, à destination d’un public non-averti. C’est le type de travail qui vous fait le mieux prendre conscience de tout ce que vous savez vraiment – ou ignorez – d’un sujet donné.

Je m’imaginais que ce serait simple et rapide. Lire la suite

Trepalium: entre fantasme, ignorance et fascination

Dans l’Allemagne divisée par l’occupation soviétique, un mur hérissé de barbelés et fortement gardé divisait un même peuple en séparant physiquement ceux à qui il était permis de vivre à leur manière et choisir librement comment gagner leur vie (qui pouvaient ainsi prospérer et se ménager un avenir meilleur et des loisirs), et ceux à qui cela était interdit (devant donc se cacher pour mener leurs combines et leurs trafics). La nouvelle série télévisée d’Arte, Trepalium, reprend et renverse presque entièrement ce tragique épisode de l’Histoire pour proposer une vision très franco-centrée des angoisses et des craintes sur l’avenir économique de notre pays, dans lequel le mur séparerait d’un côté ceux qui sont asservis par un système oppressif régulant chaque aspect de leur vie, et de l’autre ceux qui sont libres d’agir à leur guise… à ceci près qu’à rebours de la réalité historique, cette fois, la misère économique et sociale se trouve chez les seconds plutôt que chez les premiers.

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Souvenirs, encore

Je crois bien que j’avais 10 ans. Je dessinais au feutre effaçable sur le frigo des motifs géométriques, et l’un de ces motifs s’est trouvé être, je ne sais plus pourquoi ni où je l’avais vu aupravant, une croix gammée. Passant là, ma mère a sauté dessus pour l’effacer rageusement. Devant ma surprise, elle m’explique: « Certains symboles sont profondément associés au malheur pour beaucoup de gens, s’ils les voient cela peut les faire souffrir, alors il faut éviter de dessiner ce genre de chose ».

C’est comme ça que j’ai compris la vraie nature, et le fonctionnement secret, de la magie.

Souvenirs, suite

Pendant l’essentiel de ma jeune scolarité, j’ai entretenu une profonde fascination pour le fait que certains autres élèves, la plupart du temps des filles, venaient à l’école habillé(e)s de vêtements absolument dépourvus de bouloches, de traces résiduelles de tâches, avec pas un poil de chat, et surtout pas le moindre faux-pli, ainsi qu’une couleur parfaitement définie, intense. Je pouvais passer la journée, encore et encore, à admirer cet effet impeccable, cette netteté, en un mot cette perfection. Je me mettais à imaginer leurs parents rivaliser d’astuce et d’efforts pour obtenir un tel résultat (pour le pliage, pour empêcher le moindre poil ou cheveu de se poser dessus), j’imaginais que peut-être il existait des produits spéciaux, des machines à laver d’une catégorie supérieure, qui seules permettaient cela.

C’est seulement après plusieurs années que j’ai réalisé que c’était simplement ça, des vêtements neufs.

Souvenirs

Quand j’étais en CE1, notre institutrice a eu l’occasion de parler de Star Wars, qui selon elle, était fortement imbibé de mythologie arthurienne. « D’ailleurs, ‘Skywalker’ veut dire ‘qui traverse le ciel’, et ‘Perceval’ veut dire ‘qui traverse la vallée’, appuyait-elle fièrement. J’étais très impressionné par cette érudition, cette capacité que semblaient avoir certains adultes pour distinguer dans l’ordinaire les liens entre les choses, les motifs élégants, les règles fondamentales qui expliquaient en coulisses le fonctionnement de l’univers.

Quelques temps plus tard j’apprenais que le personnage joué par Mark Hamill devait, dans le script, s’appeler ‘Luke Starkiller’, mais qu’au premier jour du tournage, ce nom fut changé à la va-vite et avec embarras en ‘Skywalker’, moins ridicule.

Comment j’ai fait séquencer mon ADN, partie 1

Les progrès de la recherche en génétique et particulièrement la mise au point de techniques de séquençage de l’ADN à haut débit il y a une dizaine d’années ont réduit spectaculairement le coût de l’analyse de l’ADN humain, au point qu’aujourd’hui plusieurs entreprises proposent ce service directement aux particuliers, et non plus aux seuls laboratoires et chercheurs. Par exemple Pathway Genetics vend des dépistages pour des maladies ou conditions spécifiques, mais on trouve aussi des offres de séquençages « global » couvrant l’ADN entier, auprès de trois compagnies: la plus connue est 23andme, récemment racheté par Google, il y a aussi FamilyTreeDNA et ses partenaires FamilyFinder et Ancestry.com ou encore le projet Genographic proposé par le groupe média National Geographic.
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Et maintenant, quoi ?

Après le temps de l’émotion vient le temps de la réflexion. Une réflexion qui se doit d’autant plus prudente qu’elle se fait directement après un attentat terroriste.

Considérant le but d’un tel attentat, il convient de se garder de mesures hâtives souvent dictées par un besoin de sécurité : si ces mesures n’ont jamais apporté plus de sécurité (si c’était le cas nous ne pleurerions pas aujourd’hui), elles ont au contraire amené de la défiance, de la peur, et surtout des privations de liberté pour chacun d’entre nous. Un seul exemple : qui aurait pu imaginer il y a seulement 20 ans que des très jeunes enfants prenant l’avion se feraient palper et scanner ? Et pourtant, un seul attentat – certes spectaculairement meurtrier – a suffit à faire de ce cauchemar une réalité.

Au lendemain des attentats que nous avons subi, nous devons nous garder de telles dérives et nous demander si, au contraire, il ne serait pas bénéfique de rendre leurs libertés à nos concitoyens.

2 pistes jetées dans la mare :

Tout d’abord, la prison est un terreau fertile pour tous types de déviances mentales (le terrorisme et la radicalisation me paraissent être un exemple frappant de déviance mentale). Est-il nécessaire d’y envoyer certains condamnés pour les jeter dans les bras de gros durs charismatiques en recherche de chair à canon influençable ? Je pense aux petits dealers locaux qui ne font que « commercer » du shit sans attenter à la sureté de leurs prochains… Il serait, ce me semble, intéressant de dépénaliser voire amnistier certains délits que la loi réprouve. Un vice n’est pas un crime.Quand aux autres condamnés non-violents, pourquoi ne pas trouver une autre échelle de peine ? Il me semble que l’indemnisation directe, par le travail ou le paiement, de la victime serait plus profitable pour tout le monde.

Mais surtout, il me semble vital de libérer la liberté d’expression, d’abroger chacune des lois la limitant, et de la faire vivre et grandir dans notre pays. Il faut que chacun s’habitue à être choqué par ce qu’il lit ou entend, et s’en réjouisse.En tête, les médias, l’ « élite intellectuelle » et les Hommes politiques se doivent de donner l’exemple. Alors, et seulement alors, ils seront vraiment tous « Charlie ». Parce que non, un livre ne fait pas « vomir » et ne donne pas « la gerbe » comme on a pu l’entendre ces derniers mois pour couper court à toute discussion. Un livre, ce n’est pas un plat d’endives au gratin (beurk!), un livre c’est juste de l’encre sur du papier. Et si ça peut émouvoir de plein de façons différentes ça ne donne pas de symptômes physiques aussi violents qu’une fermeture brutale de l’anneau pylorique et ses conséquences fâcheuses. Pour réduire au silence une idée néfaste, il convient de la démonter par l’argumentation. L’éviter, la diaboliser et la censurer, c’est la couver, la nourrir et la faire grandir.

Alors arrêtons les enfantillages et parlons nous vraiment… Soyons libres et responsables, et n’ayons plus peur des mots !

C’est une guerre psychologique, ne leur laissons pas l’avantage !

Le but d’un attentat terroriste est d’instiller la peur pour modifier le comportement de la cible. L’attentat de Charlie Hebdo, au delà de l’atteinte au journal et aux journalistes eux-mêmes est une atteinte à la liberté d’expression, et c’est surtout un message fort des fondamentalistes islamistes adressé au monde entier pour que les libres penseurs modifient leur comportement et pratiquent l’auto-censure.
 
Il est regrettable de voir que, passée la stupeur de l’attentat meurtrier de mercredi dernier, nous avons commencé à céder au chantage des terroristes. 
 
Certes, nous soutenons la liberté d’expression – encore que des voix d’idiots s’élèvent de plus en plus pour souligner que ces caricaturistes l’avaient peut-être bien cherché (est-ce étonnant de la part d’une Nation qui a accepté il y a à peine un an que le premier ministre actuel poignarde d’un énième coup de canif le principe même de la liberté d’expression ?) Certes, nous arborons, qui sur les réseaux sociaux, qui sur un joli t-shirt flambant neuf, qui sur une pancarte à la faveur d’un rassemblement républicain le joli logo noir « Je suis Charlie ».
 
Mais est-ce cela, résister au terrorisme ? Avons nous oublié que les actes comptent autant sinon plus que les paroles ? Le plus important à mon avis n’est pas de scander « Je suis Charlie » en rythme avec ses concitoyens. Le plus important est surtout de ne pas céder à la terreur, de ne pas pratiquer l’autocensure, et donc de ne pas tout mettre en suspens (émissions de radio, cérémonies des voeux diverses et variées, fermeture de bâtiments publics même dans les petites villes…) comme on commence à le voir un peu partout. Il nous faut continuer à vivre et ne rien changer à nos habitudes pour dissuader les terroristes à venir – car il y en aura, il y en a toujours. Montrons leur que tous les efforts qu’ils pourraient déployer n’aboutiront à aucun résultat, voire seraient contre-productifs.
 
Contre-productifs, car à bien y réfléchir il y aurait bien une chose à modifier dans nos comportements suite à cet attentat : redoubler d’audace et faire vivre la liberté d’expression. La faire vivre vraiment, pas simplement quand ça nous arrange. Et surtout dans l’immédiat, prendre un crayon et croquer ces deux immondes salopards meurtriers en porcs dégueulasses, les moquer et les ridiculiser – eux et l’idéologie jihadiste mortifère qu’ils représentent – en les présentant comme les pré-adolescentes capricieuses, geignardes et trépignantes incapables de supporter la moindre contrariété qu’ils sont.
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Ne jamais cesser de se moquer

La tactique de Daesh pour affaiblir la France consiste à assassiner des dessinateurs et journalistes afin d’intimider tous les autres, parce qu’ils craignent le ridicule presque autant que les balles et les obus. C’est un objectif à court terme, et qui est en train de se révéler contre-productif. Mais ce n’est pas très grave pour eux car…

… la stratégie de Daesh en France consiste à instrumentaliser la réaction populaire massive contre ces meurtres pour confronter les musulmans de France aux critiques les plus radicales de l’Islam (et aux critiques de l’Islam le plus radical) afin de forcer leur main et les coincer dans une fausse dichotomie: choisir entre s’associer à ceux qui vont s’empresser de diffuser massivement tout ce qui caricature de près ou de loin l’Islam ; ou bien admettre un sentiment d’être offensé dans sa foi et donc, implicitement, développer une forme de soutien envers la position de Daesh. Cela afin de les polariser et les radicaliser, pour recruter toujours plus parmi eux.

A mon avis, la bonne réponse, tactiquement comme stratégiquement, est de continuer de se moquer d’eux. Je veux dire, spécifiquement d’eux, plutôt que de leur religion. Les musulmans eux-mêmes peuvent donner l’exemple:

Capitalisme véritable et retraite à 30 ans pour tous

Quatre adultes, un couple marié et les parents de la femme, sont assis sous un porche dans une chaleur abrutissante dans la petite ville de Coleman, au Texas, à environ 53 miles d’Abilene. Ils sirotent tristement de la citronnade, observant le ventilateur souffreteux et entamant de temps à autre une partie de domino.

À un moment, le père de l’épouse suggère qu’ils se rendent à Abilene pour se restaurer dans une cafétéria. Le gendre pense que c’est une idée folle mais n’ose pas contrarier sa femme qui voit si peu ses parents. Les deux femmes ne semblent pas opposées à cette idée et voilà tout ce petit monde entassé dans une Buick sans air climatisé, qui soulève sur le chemin des nuages de poussière. À Abilene, ils mangent un déjeuner médiocre dans un endroit glauque et reviennent à Coleman épuisés, suants, et peu satisfaits du périple.

C’est une fois de retour à la maison qu’ils se rendent comptent qu’aucun d’eux n’avait vraiment voulu aller à Abilene. Le beau-père l’avait proposé et les autres l’avaient accepté juste parce que chacun avait pensé intérieurement, sans le vérifier, que les autres étaient désireux d’y aller.

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Paix verte

Un type qui appartient à un Ordre est tout aussi susceptible de brandir l’étendard de la révolution que celui de la réaction, du moment que c’est un étendard.

Le conformiste est celui qui dit « Je crois en ceci parce que les autres y croient », tandis qu’un individualiste dit « Je crois en ceci car la raison me dit que c’est vrai, pas parce que d’autres y croient ». Mais il y a encore plus vil dans la lâcheté que le conformiste: le non-conformiste à la mode. — Ayn Rand

Mon oncle Jeb avait toujours été un homme tatillon, sec et rigide, dont la conception froide, grise et âprement misanthrope de l’existence prenait systématiquement le pas sur toute autre considération – y compris celle suggérant que cette vision du monde pourrait être erronnée. J’ai toujours eu beaucoup de peine pour ses enfants – ils souffraient en permanence de divers désordres gastriques à cause de leur régime alimentaire strictement végétarien bio, ils n’avaient jamais eu le moindre jouet fonctionnant sur pile (et ce malgré l’existence de piles rechargeables et la possibilité du recyclage des piles usées), et « s’amuser dehors » signifiait pour eux de longues heures coincés à l’arrière d’un vélo tandem derrière leur père, qu’il pleuve ou qu’il vente. Aisé financièrement mais pingre à l’excès, cet homme vivait une existence chiche de renoncement stoïque à toute forme de confort et de réjouissement, déni qu’il imposait aussi, à sa manière de censeur impitoyable et désapprobateur, à toute sa famille et leur entourage.

Aujourd’hui qu’il s’est étiolé jusqu’à ne plus être guère qu’une barbe surmontée de petits yeux pleins de jugement bigot et de ressentiment amer, je me demande s’il a jamais vraiment cru en quoi que ce soit, s’il n’a finalement été guidé, toute sa vie, que par la crainte de tout ce qui l’entourait, et par un profond sentiment d’être inadéquat, immérite et coupable d’exister – sentiments qu’il projetait par dégoût de soi sur le monde entier.

Et ils sont des milliers et des milliers de clones de mon oncle, doctement organisés, comme chez Greenpeace, à clamer vouloir non pas améliorer le monde, mais plutôt le juger, le condamner et le mettre aux fers pour, enfin, le rendre aussi étriqué, gris, froid et sec que possible, en faire le seul monde prévisible, refermé et limité que supporterait leur psyché fragile. A rechercher une « pureté existentielle » et un « monde plus simple » de totale fiction, qui n’ont jamais existé nulle part et en aucun moment de l’Histoire de la vie.

Je sais qu’il existe des écologistes rationnels, et je fais de mon mieux pour pouvoir me compter du nombre, qui peuvent accepter l’idée que les capacités de l’Homme impliquent de lui le devoir moral non pas de retourner se tapir dans une grotte, mais de gardienner, de prendre un minimum de soin et de rationnaliser aussi son environnement en maintenant un équilibre de sagesse entre les bénéfices du progrès et les dégâts de l’excès.

Malheureusement chaque message potentiellement positif de leur part est noyé par l’éructation obscène des jugements grinçants et pompeux d’éco-clowns portés par l’effet de groupe, ruinant par leur seule vocifération chaque cause valable l’une après l’autre, disposés à détourner toute trace de sanité à leur propre usage égotiste et auto-déprécateur, quitte à enterrer dans leur sillage de destruction toute raison, toute science, tout espoir et surtout tout intérêt encore présent dans le public pour l’environnement lui-même.

Au coeur du cancer français, la bureaucratie

L’incapacité persistante et de plus en plus embarrassante (même les Suisses, pourtant modèles de retenue, font à présent de l’humour sur le sujet !) de l’état français à maîtriser ses dépenses témoigne de l’absolu pouvoir de la bureaucratie dans ce foutu pays pays foutu. Quelque soit le président du moment, la couleur (ou le genre) du gouvernement, la majorité en place dans les chambres dites ‘représentatives’, ou l’âge du capitaine, malgré la nécessité de plus en plus impérieuse – beaucoup ici considèrent d’ailleurs que le point de non-retour a dores et déjà été dépassé – d’enfin stopper l’hémorragie financière entamée il y a des décennies, malgré la prise de conscience populaire de ce triste état de fait, il faut constater que rien n’y fait: les dépenses publiques françaises continuent d’augmenter à chaque minute qui passe. Aucun ministre n’arrive à calmer le galop déchaîné de son mammouth dédié, aucun député n’ose s’avancer pour être de ceux qui bloqueront pour la première fois le vote du budget et seraient immédiatement fusillés désignés responsables des ruades brutales que ne manquerait pas d’effectuer immédiatement tout ce que le pays compte de fonctionnaires directement pris au portefeuille.

En très bref: ce sont les administrations qui règnent sur la France.

Les politocards, vus revus et entendus ad nauseam n’en sont finalement que les têtes empaillées, déconnectées mais brandies pour détourner l’attention des véritables points faibles de la bête, ils sont les multiples masques d’une hydre visqueuse et translucide, des faces que l’on paie fort cher pour faire pur acte de représentation – un spectacle comico-tragique auquel on doit d’ailleurs pas mal d’excellents articles d’H16🙂

L’Ennemi, le vrai, le froid et maléfique adversaire de toute justice, de tout bonheur et de tout espoir, c’est la bureaucratie. Cette idée funeste que Les Choses Doivent Se Dérouler Selon Les Règles Parce Que, Pardi, Il Faut Des Règles, au mépris de toute empathie, de toute réflexion, de toute considération pour quiconque, et que la moindre déviation, le moindre pas hors des clous décrétés, ne peut qu’être réprimé (et automatiquement puni de l’amende de la catégorie adéquate)… est en train de nous achever, après nous avoir bien essorés, rincés, étrillés et lacérés non-stop pendant des années.

Si vous tenez à votre âme, si vous voulez sauver ce qui peut encore l’être, par pitié: niez l’autorité, moquez-la. Ridiculisez les petits chefs. Balayez les convenances, la pression sociale interne, le conformisme administratif et les procédures rigides comme la vaste hallucination collective absurde qu’ils constituent réellement. Remettez tout en question. Voyez enfin les institutions de ce pays, et tout ce que vous croyez nécessaire à la bonne marche de la civilisation – élections forcément gages de démocratie, parlement forcément représentatif, information forcément de masse, consentement forcément implicite à l’impôt, critères de moralité forcément établis par « en haut », respect forcément dû aux élites et aux assermentés, monnaie forcément issue de l’état, retraite forcément par répartition, assurance santé forcément collective, école forcément publique, etc… pour ce que c’est vraiment: pure superstition.

Ralliez-vous au genre humain, faites face à la peur de votre liberté, abandonnez le monstre hideux de la soumission aveugle et administrative à l’autorité.