Bon 9 novembre à tous

La gauche méritera à nouveau une majuscule le jour où elle abandonnera une bonne fois pour toutes le socialisme aux poubelles de l’Histoire et reviendra à la véritable justice et au Droit.

Publicités

Le fascisme se porte mieux que jamais

Traduction de l’article original de Jeffrey Tucker.

Le terme de « fascisme » a besoin de faire son retour dans les usages, non pas comme un juron mais comme une description factuelle d’un ensemble d’idées. Cela parce que ces idées sont bien réelles, ont un passif lourd, et infusent un projet politique bien vivace dans le monde d’aujourd’hui.

Malheureusement, quand un mot devient suffisamment impopulaire, il se mue en simple épithète. Et perd de son sens dans le processus.

C’est ce qu’il se passe avec le mot « raciste », par exemple. De nos jours ce n’est guère qu’une insulte pour qualifier des gens. C’est facile d’oublier que le racisme est en fait une idéologie, un corpus d’idées fondées sur des certitudes spécifiques sur les gens, l’ordre social, l’organisation politique, et la façon dont tout cela devrait être géré pour atteindre certains buts sociaux précis. Le racisme en tant qu’idéologie a eu un rôle gigantesque dans le déroulement de l’histoire mondiale. Il a engendré des programmes publics d’eugénisme, des campagnes de stérilisation, des lois de discrimination, des guerres, et des tentatives de génocide.

Le fascisme est un autre exemple du genre. Quand avez-vous entendu ce terme utilisé pour quoi que ce soit d’autre que qualifier un ‘méchant’ ? Ce mot a été vidé de son sens, et c’est fort regrettable. Ce terme a été détourné comme simple insulte, sa signification réelle perdue.

Je ne connais de meilleure source pour en comprendre l’origine, les implications et le sens que le livre remarquable de John Thomas Flynn, écrit en 1944: As we go marching. Flynn fournit là un historique rigoureux de la naissance de l’idée fasciste en Italie, et cartographie ses ramifications principales.

Il se tourne ensuite vers la « forme maléfique » du fascisme émergeant en Allemagne. Il couvre sa réalisation en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie, en Turquie, et en Amérique latine.

Puis il se penche sur la « forme bénéfique » du fascisme qui a inspiré le New Deal aux USA – et c’est parce qu’il l’a appelé ainsi que ce livre n’est plus guère lu aujourd’hui. Son analyse est riche de détails, et sa documentation des parallèles entre le fascisme européen et le fascisme américain sont renversants.

Nous n’utilisons plus le terme de ‘fascisme’ pour qualifier ce qu’il s’est passé aux USA pendant cette période, simplement parce que nous aimons nous féliciter d’avoir combattu et vaincu le fascisme lors de la seconde guerre mondiale. Mais l’avons-nous vraiment vaincu ? Les chefs de ces systèmes politiques sont morts depuis longtemps, mais les idées qui les ont portés et maintenus au pouvoir sont plus vivantes que jamais.

Le fascisme est une idée politique et économique qui est née dans les années 1920, en Italie, à la fois issue de et en réponse à l’idéologie socialiste. Il a été engendré par le socialisme car il s’opposait aux forces du marché et au laissez-faire en tant que modèle d’ordre social. Il concevait l’état comme seul gestionnaire compétent et unificateur ultime de la société.

Mais il rejetait aussi plusieurs idées clés des marxistes-léninistes, et c’est par opposition à ces derniers qu’il s’est imposé politiquement. De cette manière, c’est une théorie politique spécifiquement non-gauchiste, avec ses propres repères culturels, religieux et économiques. C’est pour cela qu’il est inexact d’appeler ‘fascisme’ la gauche ou la droite. Il tient des deux mais ne correspond vraiment ni à l’un ni à l’autre.

C’est pour cela que le fascisme – au contraire du socialisme – peut séduire la classe moyenne bourgeoise, et même les grands industriels, et pourquoi il parvient à se faire tolérer des religions et des unions syndicales. A la différence du socialisme marxiste, il préserve en grande partie les choses auxquelles tiennent la plupart des gens mais promet en sus d’améliorer la vie économique, culturelle et sociale à travers ses opérations unificatrices, sous contrôle de l’état.

En termes d’influence politique au XXème siècle, on peut dire qu’il a été bien plus important que le socialisme en Europe, en Amérique latine et aux USA. Le socialisme, malgré toute la réthorique enragée déployée en sa faveur ou défaveur, n’a probablement jamais été une véritable menace. Le fascisme, en revanche, a été la pire.

Vous pouvez le constater rien qu’en lisant les journaux des années 1930. Le marché libre y était largement déconsidéré et ringardisé en tant qu’idée périmée et faillie. Le socialisme, au moins dans la presse américaine, était vu comme l’ennemi de tout ce qui comptait pour nous.

Le fascisme, par contraste, recevait un traitement respectueux et un large écho. Le New York Times présentait Benito Mussolini comme le génie de la centralisation planificatrice. Churchill l’acclamait comme l’homme providentiel. Les théoriciens du fascisme écrivaient pour les manuels américains et bénéficiaient d’entrevues complaisantes dans les plus grands journaux. En 1941 encore, Harper’s Magazine louait la glorieuse « révolution financière allemande » et la magie du système fasciste.

Cette idée était dans l’air parce que le fascisme paraissait une alternative viable à la fois au marché libre, présumé en échec, et à l’idée effrayante et glauque du socialisme marxiste.

Quelle était cette idée ? Il est possible de la résumer sous la formule plus acceptable de « société planifiée ». Elle est fondée sur le principe du leadership et la conviction que l’entreprise industrielle, pour fonctionner, doit être guidée depuis le sommet par des experts recherchant l’optimum de l’efficacité en concordance avec les priorités sociales et politiques.

Le fascisme ne cherchait pas tant à nationaliser l’industrie ou détruire le modèle familial ou abolir la religion, comme les socialistes les plus fous fantasmaient de faire. Il préservait ce qui avait de la valeur politique aux yeux de la population, et partant, le fascisme ne rompait pas avec les traditions. Il ne cherchait à révolutionner que la forme plutôt que le fond, à travers une nouvelle façon scientifique d’organiser toute l’existence de la nation.

Le conseiller économique en chef du président Franklin Delano Roosevelt, Rex Tugwell, a résumé cette philosophie toute entière, se faisant ainsi porte-parole de toute une génération d’économistes, de bureaucrates, de politiciens et de sociologues:

De ce que je sais de la nature humaine, je crois que le monde s’apprête à connaître un immense jaillissement d’énergie sitôt que nous aurons retiré la main-mise mortifère de l’entreprise compétitive qui restreint les ambitions publiques et ne dessert que les inclinations les moins efficientes et moins bénéfiques de l’homme. Quand l’industrie est le gouvernement et le gouvernement est l’industrie, le conflit duel au cœur de nos institutions est enfin aboli.

Flynn expliquait que le fascisme était loin d’avoir la clarté du socialisme dans son projet pour la société. Le pragmatisme y était élevé au rang de principe fondateur – l’état ferait tout ce qu’il aurait à faire, quoi qu’il arrive. Mais en observant son fonctionnement historique et le contexte dans lequel il prit son essor, en regard des principes des théoriciens et des militants fascistes, il était arrivé à huit points qu’il considérait comme ses pierres angulaires, une sorte de credo du fascisme.

D’après Flynn, le système fasciste est celui dans lequel:
1) le gouvernement abolit toute restriction à son autorité – totalitarisme
2) ce gouvernement sans restriction est dirigé par un dictateur – autoritarianisme
3) ce gouvernement est organisé pour assimiler le système de production capitaliste et l’asservir à une vaste bureaucratie
4) ce gouvernement suit le modèle d’organisation d’un syndicat, en formant des groupes d’intérêt par catégories socio-professionnelles sous supervision de l’état
5) le gouvernement et les organisations syndicales contrôlent le système capitaliste selon des principes de planification et d’autarcie
6) le gouvernement a la responsabilité de fournir à la nation un pouvoir d’achat adéquat par la dépense publique et la dette publique
7) le militarisme constitue un mécanisme conscient de telle dépense publique
8) l’impérialisme découle inévitablement du militarisme et d’autres éléments intrinsèques du fascisme

Flynn conclut: « Partout où se trouve une nation incluant tous ces éléments, se trouve une nation authentiquement fasciste. Plus une nation emploie de ces éléments, plus vous pouvez considérer cette nation comme tendant vers le fascisme. »

C’est ce que Flynn écrivait en 1944, et le titre de son livre a un double sens. Nous marchions droit à la guerre contre le fascisme. Mais en même temps, l’économie et la société américaines tombaient sous contrôle total du gouvernement: contrôle des prix et des salaires, conscription, rationnement administratif, corporatisme, dépenses publiques perpétuelles et dette publique, additionnée de militarisation galopante en pleine guerre. L’ironie de la situation était prégnante, et Flynn la pointait du doigt ouvertement. C’est un miracle que le livre échappa à la censure de guerre.

Aujourd’hui il mérite une relecture attentive, en particulier si on cherche à étudier la politique de notre gouvernement. Chaque industrie est profondément réglementée. Chaque profession est catégorisée et organisée d’en haut. Chaque bien ou service produit est taxé. L’accumulation sans fin de la dette publique va de soit. « Immense » n’est pas assez fort pour décrire l’étendue de notre bureaucratie. Nous sommes en état perpétuel de mobilisation militaire, avec chaque jour la perspective de guerre ouverte contre un ennemi étranger.

Toutes les institutions de notre gouvernement proviennent d’une idée commune. Cette idée a un nom. Ce n’est pas le socialisme. Ce n’est pas le libéralisme. C’est la fameuse troisième voie qui a connu son heure de gloire dans les années 1930. Que soient rares ceux qui osent utiliser le terme exact pour le nommer, ne change rien à cette réalité.

Lundi matin…

Il s’ennuyait. Terriblement.

Sous son bureau sa main caressait négligemment son sexe à travers son pantalon en tissu fin. C’était presque devenu une habitude, un rituel : tous les lundis matins à 10 heures tapantes elle entrait dans son bureau pour lui annoncer ses rendez-vous de la semaine et dès qu’elle franchissait la porte il commençait ses caresses discrètes.

Cette fois elle avait mis une jupe. Il l’avait remarqué tout de suite, et ça la rendait encore plus désirable. Etait-il possible que son désir soit réciproque ? Avait-elle choisi sa tenue sciemment pour le provoquer ? Ces questions se bousculaient dans sa tête, et il savait qu’il fallait agir. Surtout, ne pas rester passif comme les fois précédentes, profiter de cette ouverture imaginaire ou réelle, au risque de ne jamais conclure.

Il se leva et fit mine d’aller chercher un dossier derrière elle… « bon sang le rapport du service financier devait sûrement être là, non ? Mélanie, aidez-moi à le trouver, voulez-vous ? Je suis pourtant sûr de l’avoir vu il n’y a pas si longtemps ! C’est un dossier rouge, il ne doit pas être loin ! » Elle s’était levée pour l’aider et comme il l’avait prévu se dirigeait vers son bureau ou le dossier était bien visible sous quelques feuilles volantes… Malgré ses quelques kilos en trop il était rapide et se colla promptement à elle si bien qu’elle ne pu se retourner pour lui donner. Elle était face à son bureau, il était collé à son dos, et ils ne bougeaient plus ni l’un ni l’autre.

Le nez dans son cou, le torse contre son dos, il entendait sa respiration presque haletante. Lentement il posa les mains sur ses hanches et remonta lentement vers ses seins. Elle recula contre lui, et sa respiration se fit plus rapide. C’était un encouragement, sans aucun doute. Elle l’aurait déjà giflé si elle n’avait pas été d’accord.

Il remonta sa jupe sur ses hanches d’un geste prompt et plaqua son torse contre le bureau. Elle était excitée sans l’ombre d’un doute, il le sentait sous ses doigts. Il défit sa braguette et libéra son pénis, puis écarta son string et la pénétra. Elle s’appuya à son pubis et commença à onduler en gémissant doucement. Ca l’excita énormément, et il accompagna son mouvement avec des plus en plus d’amplitude. Ils jouirent tous les deux en même temps et restèrent un moment dans cette position, reprenant leurs esprits. Puis il se rhabilla rapidement et sorti du bureau, la laissant se rajuster. « A la semaine prochaine ! » dit-il en souriant intérieurement : les lundis matin ne seraient plus ennuyeux dorénavant.

Il y a 50 ans…

… une immonde raclure prenait une balle bien méritée dans la tête. Beaucoup se serviront aujourd’hui de cet évènement pour dénoncer toutes sortes « d’attaques contre la démocratie », la plupart fictives, sans réaliser – ironie mordante – que le mort en question n’était pas le dernier à pisser dessus. La soumission généralisée a besoin de héros et de « grands » hommes: au besoin elle en fabrique de toutes pièces.

La liberté et l’émancipation ont besoin qu’on abatte les idoles.

Le petit pas le plus célèbre

Neil Armstrong, premier homme à avoir posé le pied sur un autre astre que la Terre, s’est éteint à l’âge de 82 ans – c’est-à-dire bien plus que la plupart des végétariens et ce malgré la dose considérable de radiations que reçoit un astronaute de carrière…

Sur les 12 qui ont en personne exploré la Lune, il est le quatrième à nous quitter définitivement, et ça ne va probablement pas s’améliorer avec le temps. Nous risquons de vivre bientôt dans un monde où plus personne n’est allé plus loin que l’orbite basse. Un sacré pas de géant, en arrière, pour l’humanité.

Un siècle de Friedman

Il y a 100 ans tout juste, le 31 juillet 1912, naissait Milton Friedman de parents juifs fraîchement émigrés d’un coin d’Ukraine (qui appartenait alors à l’Autriche-Hongrie) vers les USA. Pour l’occasion, Contrepoints propose une sélection d’articles de qualité sur ce grand homme.

Quant à moi je vous propose une brève revue de ses actions notables:

Premier de sa famille à avoir la possibilité de faire des études universitaires, il a mis à profit cette opportunité pour toujours promouvoir la vérité et la liberté en toute occasion, et ce dès sa thèse de doctorat dans laquelle il critiquait le corporatisme de ses futurs pairs, exercé au détriment des plus pauvres. Oui, il avait déjà de sacrées balloches. Ensuite il a perdu un de ses premiers emplois (à l’Université du Wisconsin) parce qu’il était le seul parmi ses collègues à vouloir l’intervention des USA contre les nazis, puis a démonté le keynésianisme tout au long de sa carrière d’enseignant-chercheur à l’Université de Chicago. Il recommande en 1968 au gouvernement US l’abandon de la conscription militaire (effective en 1973). En 1975 il exhorte, dans ses présentations publiques au Chili, le régime autoritaire de Pinochet à abandonner son interventionnisme économique de type volontariste pour adopter à la place des mesures libérales (ce qui ne sera finalement fait qu’en 1980 et 1981), pariant que la liberté économique entraînerait à terme la liberté politique et le retour de la démocratie (un pari gagné dans les années 90). Il s’est prononcé pour la décriminalisation des drogues, conter les subventions agricoles (appliqué avec brio par la Nouvelle-Zélande en 1984), pour l’indépendance de la presse, pour l’égalité de statut privé-public (là aussi appliqué en Nouvelle-Zélande ainsi qu’en Estonie), contre les barrières douanières, pour un modèle simple et équitable de taxation (la flat tax, adoptée avec succès par la quasi-intégralité de l’Europe de l’Est ainsi que la Russie et de nombreux pays en voie de développement comme l’île Maurice ou la Jamaïque) et surtout, sa proposition la plus significative à l’échelle globale, pour le chèque scolaire – adopté avec grand succès par la Suède en 1992, ainsi que partiellement par la Colombie, puis par la Norvège, la Finlande et le Danemark, là aussi avec succès. Son livre « Free to choose » de 1980, compilation de ses interviews libres lors de la série télévisée éponyme, a servi de manuel de dé-communisation à Mart Laar, instituteur d’une trentaine d’années propulsé premier ministre de l’Estonie lors de l’effondrement de l’union soviétique, faisant de ce petit pays balte un modèle à suivre pour le reste des ex-colonies soviétiques.

Respect.

Lu: Fat, pourquoi on grossit, de Gary Taubes

5 ans après son best-seller « Good calories, bad calories » (hélas toujours pas traduit en français), le journaliste Gary Taubes de Science et du New York Times, spécialiste de la vulgarisation scientifique et plusieurs fois distingué pour son travail d’investigation, revient dans son dernier livre « FAT: pourquoi on grossit » sur le parcours qui l’a mené à remettre en question le bien-fondé du « consensus officiel » en matière de nutrition, sur le divorce consommé entre la recherche actuelle, et sur les présupposés obsolètes et erronés auxquels s’accrochent encore de nombreux médecins, diététiciens et institutions de santé. Dix ans de travail sont condensés dans cet ouvrage, pour enfin comprendre: comment a-t-on pu autant et si longtemps se fourvoyer ? Comment fonctionnent vraiment les mécanismes de la prise de poids et de l’amaigrissement, et comment sont-ils liés aux nouvelles « épidémies » d’obésité et de diabète de type II ? Combien a-t-on subi de morts prématurées et de vies abîmées pour l’acharnement du secteur de la santé et de nos gouvernants à ne pas remettre en question le statu quo ?

Avec nos systèmes de santé publics écrasés par le poids du diabète (10% des dépenses de la sécu en France, et ça grimpe), des maladies cardiaques et de l’obésité, nous payons très cher aujourd’hui d’avoir laissé la classe politique et le monde médical tenter de régler notre problème d’alimentation à notre place, par l’autorité.
Lire la suite

3 raisons tout à fait sérieuses de castrer tous les politiciens

Combien de fois avons nous été déçus par nos élites ? Il semblerait bien que chaque nouveau lot de scandales, chaque nouveau retournement de veste inopiné, chaque nouvelle découverte de corruption et de népotisme parmi ceux à qui nous confions les rênes du pays s’accumule et s’empile en un vertigineux mont de dégoût, alimentant toujours plus la défiance envers l’état. Et pourtant, un tel écueil aurait pu être évité ou tout du moins prévenu en grande partie.

Ce n’est pas du tout une plaisanterie, et la question est absolument sérieuse et pertinente, même (surtout !) aujourd’hui: chez les sumériens comme dans l’empire assyrien, plus de 2000 ans avant J.C. et dans les administrations complexes de la Chine, en passant par les empires romain et byzantin, et ce jusqu’au XVIème siècle et même au delà, la pratique de la castration pour les fonctionnaires de l’état et des administrations était, pour des millions de gens et pendant des millénaires, une évidence… avec de bonnes raisons de l’être, raisons qui peuvent tout à fait s’appliquer à nouveau de nos jours :
Lire la suite

C’était le soir du 9 novembre

En cet hiver 1989, constatant que le nouveau gouvernement soviétique renonçait pour la première fois à utiliser ses troupes contre les révoltes populaires (un aveu de faillite morale, s’il en est), des gens ordinaires, les mêmes qui auraient pourtant échoué au test de Milgram, les mêmes qui voteraient plus tard pour les politiciens socio-démocrates qui les amèneraient à la crise, à la faillite et à de nouveaux programmes de surveillance massive, des gens comme vous et moi (mais surtout comme vous, hein), s’en allaient démolir le mur qui avait coupé en deux leur pays et de trop nombreuses vies, de rage et de frustration accumulées pendant des décennies.
Lire la suite

Un flingue historiquement décisif

Pour changer de la déprimante chronique de la décomposition avancée de la social-démocratie dans le monde, parlons histoire de la technologie. Le flingue dont il est question dans le titre n’a pas servi à massacrer des gens pour magnifier l’égo d’un dictateur ou un autre (du moins pas au moment où il fut décisif), c’est une pièce d’ingénierie surprenante et qui détermina l’histoire du continent américain d’une manière inhabituellement pacifique: en faisant des démonstrations de tir.
Lire la suite

L’inquiétant rejet généralisé du libéralisme

(lien proposé par un lecteur anonyme)

« Ci-gît le libéralisme »: c’est le titre d’un éditorial récente de La Tribune, par François Lenglet. Mais loin d’être une répétition des poncifs alignés dernièrement par des politiciens se parant des oripeaux quasi-messianiques de « l’homme providentiel » forcément nécessaire, ce texte relève des choses intéressantes. Voyons cela d’un peu plus près…
Lire la suite

Rappel à l’usage des mal-comprenants de l’Assemblée:

DECLARATION D’INDEPENDANCE DU CYBERESPACE

Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l’esprit. Au nom de l’avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre.

Nous n’avons pas de gouvernement élu et nous ne sommes pas près d’en avoir un, aussi je m’adresse à vous avec la seule autorité que donne la liberté elle-même lorsqu’elle s’exprime. Je déclare que l’espace social global que nous construisons est indépendant, par nature, de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez pas le droit moral de nous donner des ordres et vous ne disposez d’aucun moyen de contrainte que nous ayons de vraies raisons de craindre.

Les gouvernements tirent leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. Vous ne nous l’avez pas demandé et nous ne vous l’avons pas donné. Vous n’avez pas été conviés. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n’est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s’il s’agissait d’un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives.

Vous n’avez pas pris part à notre grande conversation, qui ne cesse de croître, et vous n’avez pas créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles.

Vous prétendez que des problèmes se posent parmi nous et qu’il est nécessaire que vous les régliez. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre territoire. Nombre de ces problèmes n’ont aucune existence. Lorsque de véritables conflits se produiront, lorsque des erreurs seront commises, nous les identifierons et nous les réglerons par nos propres moyens. Nous établissons notre propre contrat social. L’autorité y sera définie selon les conditions de notre monde et non du vôtre. Notre monde est différent.

Le cyberespace est constitué par des échanges, des relations, et par la pensée elle-même, déployée comme une vague qui s’élève dans le réseau de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas là où vivent les corps.

Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la puissance militaire ou le lieu de naissance.

Nous créons un monde où chacun, où qu’il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu’elles puissent être, sans craindre d’être réduit au silence ou à une norme.

Vos notions juridiques de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement et de contexte ne s’appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n’y a pas de matière.

Nos identités n’ont pas de corps; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l’ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l’autorité naîtra parmi nous de l’éthique, de l’intérêt individuel éclairé et du bien public. Nos identités peuvent être réparties sur un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent s’accordent à reconnaître de façon générale est la Règle d’Or. Nous espérons que nous serons capables d’élaborer nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux États-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui viole votre propre Constitution et représente une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu’ils sont les habitants d’un monde où vous ne serez jamais que des étrangers. Parce que vous les craignez, vous confiez la responsabilité parentale, que vous êtes trop lâches pour prendre en charge vous-mêmes, à vos bureaucraties. Dans notre monde, tous les sentiments, toutes les expressions de l’humanité, des plus vils aux plus angéliques, font partie d’un ensemble homogène, la conversation globale informatique. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui suffoque de l’air dans lequel battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous vous efforcez de repousser le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ils peuvent vous préserver de la contagion pendant quelque temps, mais ils n’auront aucune efficacité dans un monde qui sera bientôt couvert de médias informatiques.

Vos industries de l’information toujours plus obsolètes voudraient se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent définir des droits de propriété sur la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel quelconque, sans plus de noblesse qu’un morceau de fonte. Dans notre monde, tout ce que l’esprit humain est capable de créer peut être reproduit et diffusé à l’infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n’a plus besoin de vos usines pour s’accomplir.

Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans une situation identique à celle qu’ont connue autrefois les amis de la liberté et de l’autodétermination, qui ont eu à rejeter l’autorité de pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos subjectivités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à ce que vous ayez le pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète, si bien que personne ne pourra arrêter nos pensées.

Nous allons créer une civilisation de l’esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont créé.

Davos (Suisse), le 8 février 1996

John Perry Barlow