Comment j’ai fait séquencer mon ADN, partie 2

Suite de la première partie.

A partir du moment où on reçoit ses résultats de séquençage, s’ouvrent de très nombreuses possibilités d’analyse et d’interprétation. La limite à ce que l’on peut faire tient surtout à quel niveau de vie privée on souhaite maintenir (ou pas). Le site 23andyou donne un bon aperçu des options disponibles pour les clients de 23andme, et la plupart de ces options marchent aussi pour les clients des autres séquenceurs grand public.

Bienvenue à Gattaca:
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Comment j’ai fait séquencer mon ADN, partie 1

Les progrès de la recherche en génétique et particulièrement la mise au point de techniques de séquençage de l’ADN à haut débit il y a une dizaine d’années ont réduit spectaculairement le coût de l’analyse de l’ADN humain, au point qu’aujourd’hui plusieurs entreprises proposent ce service directement aux particuliers, et non plus aux seuls laboratoires et chercheurs. Par exemple Pathway Genetics vend des dépistages pour des maladies ou conditions spécifiques, mais on trouve aussi des offres de séquençages « global » couvrant l’ADN entier, auprès de trois compagnies: la plus connue est 23andme, récemment racheté par Google, il y a aussi FamilyTreeDNA et ses partenaires FamilyFinder et Ancestry.com ou encore le projet Genographic proposé par le groupe média National Geographic.
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Alzheimer: le diabète de type 3 ?

Souvenez-vous: c’était en 2006, Jacques Chirac était président, Dominique de Villepin son premier ministre déclarait la lutte contre la maladie d’Alheimer Grande cause nationale pour 2007. Avec 800 000 malades diagnostiqués et plus de 200 000 nouveaux cas par an rien que pour la France, nous faisions alors face à une épidémie glaçante d’une maladie horrible, détruisant à petit feu l’essence même de ceux qu’elle frappe, érodant inexorablement leur capacités cognitives jusqu’à les « effacer », détruisant leur mémoire et leur raison de manière bien plus insidieuse que le grand âge seul, parfois même avant 60 ans. C’est, virtuellement, toutes les familles du pays qui sont touchées aujourd’hui. L’impact de cette maladie est simplement massif. Et, plus grave encore, la mortalité dûe à cette maladie a augmenté pendant les dernières décennies pour toutes les tranches d’âge de malades.
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Guerre contre le gras: le magazine Time rend les armes

Drôle de « une » pour le célèbre magazine Time cette semaine. Et d’autant plus drôle que cette « une » contraste étrangement avec celle qui garnissait le même magazine il y a trente ans:

Pendant des décennies nous avons diabolisé la graisse. Mais la science récente révèle que ce n’est pas la graisse qui a détérioré notre santé.

L’un des instruments les plus puissants de cette diabolisation était justement la presse généraliste, avec Time en première ligne. L’assaut quasi-permanent, dans les années 80, contre toute trace de gras dans nos aliments, la publicité vantant les mérites du « light » et de « l’allégé », et pour finir le tir de barrage des gouvernements sur les professionnels de la santé, ont réduit la part du gras dans l’alimentation du public. Et nous sommes globalement devenus plus gros et plus malades. Pendant ces trente ans séparant les deux couvertures de Time, plusieurs centaines de milliers de morts évitables ont été causées par des recommandations nutritionnelles erronnées. N’attendez ni excuses ni justification, ne faites pas attention au scandale de santé publique derrière le rideau, circulez il n’y a rien à voir, citoyen.

La graisse n’a jamais été l’ennemi, le cholestérol est un allié, effectivement. Mais contrairement à ce que dit Time cette semaine, ce n’est pas la science récente qui le dit, mais la science tout court, depuis toujours. C’est un peu facile de critiquer les scientifiques, pour les journalistes de Time. Car ce sont des scientifiques qui expliquent depuis des années que la graisse n’est pas coupable. C’est ce que disent des gens comme les docteurs Masterjohn, Eades, Jaminet, Dahlqvist, Eenfeldt, Attia, Oliver, Enig, et tous ceux qui les ont aidé à le faire savoir autour d’eux: Gary Taubes, Tom Naughton, Jimmy Moore, Petro Dobromylskyj et de manière générale tous les participants réguliers aux symposiums de l’Ancestral Health Foundation.

C’est intéressant aussi de voir que, pour une fois, les USA agissent en suiveurs de mode alimentaire, plutôt qu’en précurseurs: la Suède a changé ses recommandations nutritionnelles officielles vers un retour aux graisses saines, et la Norvège va probablement suivre rapidement.

Trente ans de perdus… Mieux vaut tard que jamais.

Science et politique: une fable

Texte original d’Eliezer Yudkowski.

A l’époque de l’Empire Romain, la vie civile fut divisée entre les camps des Verts et des Bleus. Les Bleus et les Verts s’entretuaient en duels, dans des embuscades, dans des batailles rangées, dans des émeutes. Procopius disait de ces camps: « Il croît en eux pour leur prochain une hostilité qui n’a pas de cause, et qui ne s’interrompt ni disparaît à aucun moment, car elle ne laisse de place ni aux liens du mariage ni des relations ni de l’amitié, quand bien même ceux qui s’opposent sur ces couleurs seraient frères ou parents. » Edward Gibbon écrivait: « Le soutien à une des factions devint un passage obligé pour tout candidat aux honneurs civils ou ecclésiastiques. »

Qui donc étaient ces Verts et ces Bleus ?
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La Fin du Monde !

Les descriptions grandiloquentes de fin du monde et d’anéantissement total ne sont pas l’apanage des seules religions. La Science aussi a sa propre forme d’eschatologie. Tout droit issue de la thermodynamique, la Science annonce une fin du monde inéluctable: la Mort Entropique de l’Univers.

Qu’est-ce donc ?
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Manger-Bouger: 12 ans d’échec constant des politiques publiques de prévention

« Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas »

— Manger-Bouger, saison 2

Depuis une grosse trentaine d’années, le surpoids et l’obésité sont en progression nette dans les populations des pays industrialisés, y compris en France. Sur cette période, le diabète de type 2 a pris des proportions épidémiques: sa fréquence a été multipliée par près de 4 et aujourd’hui en France cette seule maladie représente 10% des dépenses de la sécurité sociale – elle est aussi la première cause d’amputation, de cécité, de mise sous dialyse et d’invalidité complète. Au niveau mondial, cette maladie tue désormais plus que le SIDA. De la même manière, les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de mortalité en France, comme dans de nombreux pays développés. L’hypertension artérielle est considérée comme une de leurs causes principales.

Ces trois affections: obésité, diabète et hypertension, sont regroupées sous l’appellation « troubles du métabolisme », car en fait de maladies, ce sont des ensembles de symptômes qui trouvent leur source dans un dérèglement plus ou moins généralisé du métabolisme humain – nos biomécanismes de régulation de l’énergie.

De 1990 à 2000, en France, l’obésité a augmenté en passant de 2 à 9% de prévalence, le diabète de 2 à 3%, l’hypertension de 9 à 13%. Les projections d’évolution pour l’avenir n’étaient pas bonnes du tout. Les Français étaient malades.

Fort heureusement, les autorités publiques veillaient, et une mission parlementaire a été créée fin 2000 pour étudier ces phénomènes et prendre les mesures de prévention nécessaires pour enrayer cette progression. Ces actions furent organisées lors des Etats-Généraux de l’Alimentation, le 13 décembre 2000, et commencèrent en 2001 avec un ambitieux programme lancé en grande pompe par Lionel Jospin, Premier Ministre d’alors.

Ce Programme National Nutrition et Santé (PNNS) est dès le départ soumis à une évaluation régulière et conditionné à des objectifs précis, avec en particulier celui de stopper l’augmentation de la prévalence de l’obésité adulte, du surpoids infantile, du diabète et de l’hypertension. Il inspire des plans similaires dans plusieurs autres pays, par exemple la Belgique, et fait référence au niveau de l’Europe. Mais 12 ans après, quel bilan peut-on concrètement faire de ces actions de prévention engagées par l’état au nom de la santé publique du public ?
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Tuerie à l’école: la piste pharmaceutique

Alors que les journalistes français dépoussièrent leur conformisme en associant, d’emblée et sans réflexion, la tuerie de Newtown avec la permissivité des lois américaines en matière de possession et port d’arme, heureusement pendant ce temps certains se posent les bonnes questions, c’est-à-dire: qu’est-ce qui peut expliquer ce phénomène relativement récent ?
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La graisse, ce faux ennemi

La graisse a mauvaise presse. On la traque dans nos aliments, on l’évite comme un poison, on l’accuse de tous les maux… En ces temps de « taxe Nutella » et de chasse à l’huile de palme, cette sorcière moderne, ce serait pourtant une bonne chose d’apprendre à connaître la graisse. Ou plutôt, les graisses au pluriel: car elles sont multiples et très différentes. Et de se rendre compte que celle qu’on accuse avec une telle unanimité pourrait en fait peut-être bien se révéler un allié puissant autant qu’inattendu de votre santé…
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Prédire des émeutes avec des prix ?

J’ai lu avec intérêt la publication de l’Institut des Sciences Complexes sur leur analyse d’effet de seuil des prix de la nourriture sur la stabilité sociale. En posant un certain nombre d’hypothèses sur le comportement humain, ils concluent que, passé un certain niveau global de coût de la nourriture, le monde plonge dans les émeutes et la déstabilisation des structures sociales. Conclusion qui appelle, comme par hasard, une « action rapide et concertée » pour éviter une telle situation.
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Lu: Wheat Belly, du docteur William Davis

William Davis est un cardiologue qui travaille à la prévention des maladies cardiaques dans le Wisconsin, aux USA. Là où il vit et travaille, les gens ne sont pas juste un peu grassouillets… ils sont énormes, avec facilement 20, 30 ou même 80 kilos de trop. Comme il l’observe parmi ses patients depuis des années, l’obésité et les signes de diabète de type 2 touchent tout le monde sans distinction autour de lui: blancs, noirs, latinos, asiatiques, jeunes, vieux, enfants (et même nourrissons !), athlètes, apathiques, célibataires, pères et mères de famille, végétariens ou pas, buveurs d’alcool ou pas, fumeurs ou pas, ça ne fait aucune différence. En plus, c’est un phénomène récent car, sur les innombrables photos que lui ont laissé ses grand-parents, il peut constater la rareté extrême du surpoids, surtout chez les jeunes, dans les deux ou trois générations l’ayant précédé.

Mais son vrai problème, jusqu’à il y a quelques années, c’était que lui aussi, médecin censé conseiller ses patients en matière de régime alimentaire et d’exercice, était frappé par ce mal. 15 kilos de « bouée » et de double-menton, une fatigue et une somnolence récurrentes, un bilan lipidique sanguin déplorable, des reflux gastriques terribles et surtout une photo de lui à la plage, le montrant plus proche de l’éléphant de mer que du primate, lui ont fait prendre conscience quelque chose allait manifestement de travers.

En individu responsable et cohérent, il suivait les mêmes conseils qu’il prodiguait à ses patients. Il courait tous les jours au moins une heure, il limitait fortement les graisses, en particulier saturées, dans son alimentation et il privilégiait les céréales complètes… et pourtant sa santé se détériorait inexorablement, exactement comme pour tous ses patients. Il lui fallait découvrir pourquoi.
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Lu: Fat, pourquoi on grossit, de Gary Taubes

5 ans après son best-seller « Good calories, bad calories » (hélas toujours pas traduit en français), le journaliste Gary Taubes de Science et du New York Times, spécialiste de la vulgarisation scientifique et plusieurs fois distingué pour son travail d’investigation, revient dans son dernier livre « FAT: pourquoi on grossit » sur le parcours qui l’a mené à remettre en question le bien-fondé du « consensus officiel » en matière de nutrition, sur le divorce consommé entre la recherche actuelle, et sur les présupposés obsolètes et erronés auxquels s’accrochent encore de nombreux médecins, diététiciens et institutions de santé. Dix ans de travail sont condensés dans cet ouvrage, pour enfin comprendre: comment a-t-on pu autant et si longtemps se fourvoyer ? Comment fonctionnent vraiment les mécanismes de la prise de poids et de l’amaigrissement, et comment sont-ils liés aux nouvelles « épidémies » d’obésité et de diabète de type II ? Combien a-t-on subi de morts prématurées et de vies abîmées pour l’acharnement du secteur de la santé et de nos gouvernants à ne pas remettre en question le statu quo ?

Avec nos systèmes de santé publics écrasés par le poids du diabète (10% des dépenses de la sécu en France, et ça grimpe), des maladies cardiaques et de l’obésité, nous payons très cher aujourd’hui d’avoir laissé la classe politique et le monde médical tenter de régler notre problème d’alimentation à notre place, par l’autorité.
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