J’ai croisé le fascisme aujourd’hui.

Je l’ai reconnu avec un peu de difficulté, depuis le temps, l’uniforme de ses partisans a beaucoup changé. Mais ceux-ci sont toujours jeunes, en colère, en groupe compact, occupé à effrayer le bourgeois par la violence et les cris de haine, alors je l’ai reconnu quand même.

Ils étaient une grosse vingtaine, jeunes (lycéens ?) « issus de la diversité » comme on dit, dans leur tenue standard ‘ethnico-urbain’ avec accessoires et marques de sport. Ils vociféraient ensemble (forcément) sans grande clarté, par hurlements primaires de rage et de défi, agglutinés ensemble (forcément) sur le quai de la gare de Puteaux, et cognaient ensemble (forcément) à coups de pied dans les vitres du RER qui passait lentement.

De l’intérieur, on entend bien les coups, et on voit bien les vitres ployer sous leurs semelles.

Comme les générations précédentes de fascistes, ils ont grandi dans une période de régression ou d’arrêt de la prospérité, et ainsi hérité des ressentiments de leurs géniteurs et éducateurs envers « le système ». Comme eux aussi, ils ont été élevés au relativisme dès le plus jeune âge, les privant d’un cadre rationnel capable d’ordonner une réponse à cette situation, et donc n’ont guère que la violence tribale, ce dénominateur commun à notre espèce de primate social, à exercer. Ils tabassent au hasard des rencontres, souvent au faciès (les blondes, les blancs, les représentants de l’autorité de l’état).

Aujourd’hui, il s’est trouvé une bonne âme du socialisme bisounours pour s’exclamer à la rame de train entier: « mais y sont teubés, c’est pas en tapant sur le RER que Sarkozy va changer d’avis, c’est pas comme ça qu’y devraient se battre ». Elan d’incompréhension et de frustration, car les jeunes qui cognent sont les échappés de son camp: ses buts et les leurs ne sont plus les mêmes, ils s’en sont émancipés. Désormais, ils cherchent à terroriser pour prendre l’ascendant, et leurs actions atteignent bel et bien leur objectif. Alors non, ces jeunes ne sont pas bêtes du tout. Violents et organisés, oui. Stupides, non, leurs (ex)actions sont tout à fait cohérentes.

Leur mouvement n’est pas encore assez politisé et centralisé pour qu’il se trouve une tête, qu’il conviendrait d’abattre pour couper court (sans mauvais jeu de mots, n’s’pas) à leurs violences. Pour l’instant leurs meutes sont distribuées et sous la direction changeante de milliers de petits chefs improvisés. Notez bien que ce n’est qu’une question de temps pour qu’émerge une hiérarchie parmi eux et que le motif se répète.

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À propos Martini
I'm a stuffed penguin, and I hate you.

7 Responses to J’ai croisé le fascisme aujourd’hui.

  1. Bastoon says:

    Idem itou

  2. Al quaida solfelino says:

    C’est tout a fait compréhensible, les jeunes des quartiers ont une haine viscérale des bobos tapettes qui parlent sans cesse en leurs noms, ce n’est qu’une question de temps en effet, pour que la vrai lutte des classes (horizontale et non verticale) se fasse.

  3. Philippe says:

    Merci pour ce billet. Nous vivons sous la terreur de ces gens et de plus quand on lève le petit doigt pour se plaindre, il y a toujours une association, du genre SOS Racailles, pour défendre ses crapules.

  4. Breton says:

    Le terme fasciste ne semble pas vraiment correspondre à cet engeance, le fascisme se caractérise certes par l’exaltation des vertus martiales et par la violence politique et sociale appliquées aux « ennemis » mais il repose aussi sur un Etat surpuissant et omniprésent qui, directement ou indirectement, dirige tout (totalitarisme) ; sur une apologie de l’ordre (alors que les racailloux seraient infoutus de se mettre en rang même si leur vie en dépendait) ; sur la nation vue comme un entité d’essence supérieure (alors que ces vermines ne voient pas plus loin que leur bande).

    Ces individus sont trop primaires pour disposer d’un quelconque corpus idéologique cohérent, même si avec les fascistes ils partagent certaines activités (menaces, pillages, tabassages, tortures…) et certaines « valeurs » (homophobie, machisme délirant, racisme, antisémitisme), ils sont à la fois trop stupides et trop incultes pour produire un synthèse même sommaire de leurs intentions, ce sont des abrutis chimiquement purs.

    Leur action diffère de celle des fascistes en raison d’un anarchisme factuel consubstentiel à tous leurs faits et gestes ; contrairement aux fascistes qui ont des buts clairement définis, ces racailloux sont dans l’impossibilité d’expliquer les raisons profondes de leurs agissements autrement que par une jouissance morbide et infantile, il n’agissent que pour : « foutre la merde » et rien d’autre. Autre différence avec les fascistes, ceux-ci acceptent pleinement la responsabilité de leurs actes aussi abjects soient-ils, alors que les racailloux expliquent qu’ils ne sont pas responsables puisqu’ils sont des « victimes de la société ».

    Comparé à eux le premier décérébré portant chemise brune et swastika fait figure de génie politique.

    • jesrad says:

      D’accord pour dire qu’ils ne sont pas organisés, certes. En revanche la hiérarchie sociale est très fortement imprimée dans leur mentalité, et c’est en cela qu’ils sont des proto-fascistes.

  5. balmain says:

    Nicolas Sarkozy est-il un fasciste ou un proto fasciste ?

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