Rappels utiles sur le climat

(Traduction de François Guillaumat d’un texte du professeur de géologie Ian Plimer publié dans le Daily Mail du 29 novembre 2009)

C’est peut-être rassurant de s’imaginer que la science serait une discipline absolue: à l’abri des engouements, des fanatiques et des escrocs, pas perturbée par les extrémistes, les propagandistes, les m’as-tu-vu et les fanatiques. Cependant, elle ne l’est pas : elle est aussi vulnérable aux groupes d’intérêts et aux préjugés de ceux qui la pratiquent que toute personne morale ou parti politique. On escamote des vérités gênantes, et on donne une importance exagérée à des preuves incertaines.

Et nulle part cette évidence n’est aussi préoccupante que dans la science des changements climatiques.

En tant que domaine de la recherche celle-ci est devenu si fortement politisée que c’est en termes religieux que l’on parle des opinions opposées : il y a les croyants et les incroyants, et l’on souligne que les premiers seraient les Justes alors que les seconds seraient dans les Ténèbres.

Ceux qui s’imaginaient les scientifiques comme d’inlassables chercheurs de vérité ont dû être choqués par le scandale qu’un hacker (en fait, plus probablement un employé déçu de l’Université) a déclenché quand il mis la main sur des courriels envoyés par les chercheurs de l’université d’East Anglia. Les emails échangés par les membres de l’Unité de recherche sur climat de cette Université montrent, dit-on, qu’on avait utilisé des « trucs » pour « améliorer » des statistiques, et que des travaux qui ne s’accordaient pas avec le modèle informatique des changements climatiques présenté au GIEC auraient fait l’objet de censure. Dans mon livre Heaven And Earth (Le ciel et la terre), j’ai mentionné l’existence de tels agissements, et je me suis fait clouer au pilori par ceux qui ont tout à gagner à ce que la bonne soupe du changement climatique continue à circuler. Parce que c’est bien cela que c’est devenu : des scientifiques capables d’influence sur le GIEC sont devenus des alarmistes professionnels, et fabriquent des théories sensationnalistes pour récolter les fruits en termes de crédits de recherche et de célébrité.

L’ennui est que la seule manière possible de protéger ce fromage – et colporter leur message de catastrophisme imminent– c’est que la petite coterie élitiste des camarades du climat, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, s’entende pour refuser les enseignements de la géologie, de l’archéologie, de l’histoire, de l’astronomie et de la connaissance du soleil. Vous voyez, ce sont ces choses-là qui n’entrent pas dans leur jeu. La réalité est que la Terre en est déjà passée par là, qu’elle en a vu de bien pires et qu’elle est encore, résolument, bien là aujourd’hui. La théorie du changement climatique et le pronostic désastreux que colportent ses partisans est tout simplement indéfendable.

Regardez donc les faits : la Terre est une planète chaude, humide, une sorte de serre. Elle n’a eu de glace sur sa surface que pendant moins de 20 pour cent de son histoire, et son passé géologique a connu six épisodes de glaciation. Deux périodes glaciaires ont été marquées par de la glace à l’équateur, avec un niveau des mers [qui avait baissé] de 1 500 m. En voilà un, de changement du niveau des mers ! Et cinq de ces ères glaciaires se sont produites avec une atmosphère bien plus chargée en dioxyde de carbone qu’elle ne l’est aujourd’hui. De sorte que le dioxyde de carbone ne peut évidemment pas être la cause des changements climatiques dans le passé. En fait, à ses débuts la Terre avait 1 000 fois plus de gaz carbonique dans l’atmosphère qu’aujourd’hui, et pourtant il n’y a eu aucun effet de serre incontrôlable, ni points de basculement ni acidité des océans. La source première des deux principaux gaz à effet de serre, la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone, c’étaient les volcans. Et c’est encore la vapeur d’eau qui est le principal gaz à effet de serre. C’est ensuite, une fois les océans formés et la vie apparue, que le carbone été recyclé entre les océans, l’atmosphère, les sols, les êtres vivants et les formations rocheuses… Le dioxyde de carbone est un aliment pour les plantes, et non un polluant.

Les activités humaines ne produisent que 3 % des émissions annuelles de dioxyde de carbone sur la planète : la seule éructation d’un volcan peut en émettre autant que cela en une seule journée. Ce gaz a une courte durée de vie dans l’atmosphère ; il se fait absorber par des processus naturels qui se produisent depuis des milliards d’années. Au taux d’absorption normal observé dans le passé, même si on brûlait la totalité des combustibles fossiles de la Terre, on ne doublerait même pas la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone.

Dans le passé il a été naturellement absorbé par toutes sortes de choses, depuis les récifs de calcaire jusqu’aux êtres vivants, en passant par le sol et les cailloux. Par exemple, le calcaire est une roche des plus commune, et elle en contient 44 %, de dioxyde de carbone. La dissolution du gaz carbonique dans l’eau des océans ne les a pas rendus acides. Les réactions chimiques constantes entre l’eau des océans, des sédiments et les roches du plancher océanique maintiennent les océans alcalins. C’est lorsque nous manquerons de roches sur le plancher océanique que les océans pourraient devenir acides.

N’attendez pas que cela arrive !

Nous nous trouvons encore au milieu d’une ère de glaciations qui a commencé il y a 34 millions d’années, le climat étant mené, entre autres, par l’orbite de la Terre, par le Soleil, les océans et les volcans. Il est essentiel de rappeler que le temps, au sens géologique du terme, est une toile infiniment plus large qu’aucune des vignettes détaillées sur lesquelles les prophètes de malheur voudraient exclusivement détourner notre attention. Il y a eu de longues périodes chaudes au cours de cette période glaciaire actuelle, et les calottes glaciaires n’en ont pas fondu pour autant. Elles ont avancé et elles ont reculé, comme elles continuent de le faire aujourd’hui.

On peut révéler les climats du passé par des forages profonds dans la glace de l’Antarctique pour obtenir des échantillons de ce que qu’était la neige il y a des milliers d’années. Ceux-ci montrent que lorsque les cycles climatiques connaissent un pic de température, celui-ci précède d’au moins 800 ans un pic de dioxyde de carbone. Si bien que c’est à une véritable inversion de la réalité que se livrent les propagandistes du changement climatique lorsqu’ils nous assurent que le dioxyde de carbone provoquerait les changements du climat : la montée du dioxyde de carbone dans l’atmosphère n’a jamais fait que suivre les accroissements de température, elle ne les a jamais précédés.

Le climat connaît des changements périodiques : les cycles actuels suivent un modèle d’environ 90 000 années de conditions glaciaires hautement variables, suivie par quelque 10 000 ans de situations interglaciaires tempérées. La période interglaciaire actuelle a débuté il y a plus de 12 000 ans : c’est une autre glaciation qui nous attend. À la fin de la dernière glaciation, la température avait fluctué tout rompre : une certaine époque a connu un accroissement naturel de la température de 15°C en 20 ans : ça, c’est du réchauffement climatique. Et pourtant, l’homme a prospéré.

Le pic de l’actuel épisode interglaciaire s’est produit il y a 6 000 ans, lorsque le niveau de la mer était plus élevé qu’aujourd’hui de presque 2,5 cm, et que les températures étaient de 5° C plus élevées qu’elles ne le sont actuellement. Ni l’ampleur ni la vitesse des changements actuels de température ne diffèrent de ce qui s’est produit dans le passé. En revanche, entre 12 000 et 6 000 ans avant notre époque, au début de la période interglaciaire actuelle, le niveau des mers augmentait de 2 cm par an — un rythme de changement bien plus élevé que tout ce qu’on peut constater aujourd’hui. Au cours de la dernière glaciation, les terres chargées de glace s’étaient enfoncées. Ces terres-là sont en train de remonter : par exemple, l’Écosse et le Pays de Galles remontent tandis que l’est de l’Angleterre s’enfonce. Au cours de la dernière glaciation, on pouvait aller à pied de l’Europe à l’Angleterre, de la Russie en Alaska à l’Alaska et de Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu’en Tasmanie. La Manche n’était alors qu’une rivière. Au cours des précédentes périodes interglaciaires, les récifs coralliens et autres formes de vie se sont épanouies : chaque fois que montait le niveau de la mer, les atolls coralliens se développaient. Cela pourra faire sursauter ceux que nos Philippulus ont soumis au régime réchauffiste, mais ce n’est pas une nouveauté : Charles Darwin écrivait déjà là-dessus en 1842.

L’interglaciaire actuel a connu des changements climatiques de faible ampleur : certains sont périodiques, menés par des cycles solaire et orbitaux, et par les marées ; d’autres, tels que les changements d’origine volcanique, sont aléatoires. C’est pendant les périodes chaudes que la vie prospère, et pendant les froides qu’elle s’étiole. C’est quand il faisait froid que de grandes civilisations se sont effondrées. Pendant les 600 ans du « réchauffement romain », il faisait si chaud que l’on cultivait la vigne aussi loin au nord que le mur d’Hadrien. Et le niveau des mers n’a pas monté, et la glace des pôles n’a pas fondu. Certains glaciers alpins ont disparu, pour seulement réapparaître plus tard.

Une période chaude de 400 ans lui a succédé : les Vikings faisaient pousser de l’orge et du blé, et ils élevaient des vaches et des moutons dans certaines régions du Groenland qui sont aujourd’hui inhabitables. Au cours de ce « réchauffement médiéval », les générations de récoltes assurées ont engendré tellement de richesse supplémentaire qu’on a pu construire les grands monastères, les cathédrales et les universités. Et le niveau de la mer n’a toujours pas monté, et on n’a toujours pas perdu les calottes glaciaires. Et, fait significatif, ça ne peut pas être les humains qui ont provoqué les réchauffements romain et médiéval par des émissions de dioxyde de carbone, étant donné il n’y avait pas d’industrie.

A suivi la Petite Ere Glaciaire : il y eu la famine, la maladie et le dépeuplement. On tenait des foires sur la glace de la Tamise jusqu’au années 1820. La Petite Ere Glaciaire a pris fin en 1850. Ce n’est pas étonnant que la température ait augmenté au cours des 150 dernières années : c’est ce qui arrive quand une période froide se termine. Cet accroissement de la température n’a pas été régulier : il y a eu réchauffement de 1860 à 1880, refroidissement de 1880 à 1910, réchauffement de 1910 à 1940, refroidissement de 1940 à 1976, le réchauffement de 1976 à 1998 et maintenant, de nouveau, un refroidissement depuis 1998.

A chaque période de réchauffement, celui-ci s’est fait à la même vitesse. C’est uniquement lors du réchauffement de 1976 à 1998 que la température et le dioxyde de carbone ont augmenté en parallèle – aucun autre réchauffement ou refroidissement contemporain ne montre la moindre corrélation avec le dioxyde de carbone.

Voilà la réalité, ce sont là les va-et-vient de l’histoire mouvementée de notre planète en perpétuelle évolution, telles qu’on les déduit de l’observation, de la mesure et de l’expérimentation. Pourquoi cette histoire-là est-elle le contraire de ce que nous entendons dire ? Parce que le sensationnalisme est tellement plus lucratif. Des scientifiques qui avaient tout à gagner à nous effrayer ont inventé une catastrophe climatique pour un public inquiet : ils poussent une idéologie qui est de l’intégrisme aveugle, aucun sans rapport avec les faits scientifiquement établis. Quant aux politiciens, ils se bâtissent de nouvelles bureaucraties et se posent en sauveurs de la planète sans avoir à subir les conséquences de leurs actes. Il faudra que des têtes tombent. Entre-temps, la planète fera ce qu’elle a toujours fait : elle changera encore.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

6 Responses to Rappels utiles sur le climat

  1. Corwin says:

    Effectivement, le CO2 ne semble pas être une menace sérieuse, je me demande pourquoi il cristallise ainsi toute l’attention.
    Au niveau environnemental et économique, les conséquences plus immédiates de l’industrialisation et des transports aux énergies fossiles sont plutôt :
    – dépendance à une source d’énergie non renouvelable
    – rente d’oligopole maintenant artificiellement en vie des régimes politiques absurdes et créant des conflits militaires
    – pollution aux particules fines de combustion cancérigènes
    – marées noires
    – course imbécile au biocarburant primitif produit par méthodes non efficientes avec phagocytage de terres cultivables et destruction de forêt vierge
    quant aux autres priorités écologiques avérées :
    – pollution terrestre et marines aux déchets non recyclés (soit qui ne peuvent pas l’être, soit qui ne le sont pas du fait d’un manque de volonté/compétence)
    – espèces invasives
    – espèces en voie d’extinction

    Pour rester dans le climat, as tu quelques éléments de réponse pour les points suivants ?
    1) quid des rejets de méthane et d’ozone et de leur impact ?
    2) les variations solaires expliquent elles en totalité le maximum médiéval, la petite ère glaciaire et la pente de croissance thermique actuelle – sans adapter les méthodes de calcul à chaque cas comme le font carboxy-crétins ?
    3) même si les activités humaines ne sont pas responsables de la grande majorité de réchauffement, faut il craindre que notre petite contribution additionnelle nous amène à déclencher un effet de seuil activant un phénomène de magnitude beaucoup plus importante ? (e.g. arrêt du gulfstream, emballement de la libérations des gaz stockés dans les glaciers)
    4) y a t il des initiatives sérieuses en science du contrôle climatique qui nous permettraient de brider un réchauffement ou un refroidissement dangereux (d’origine naturelle ou humaine, peu importe)

  2. jesrad says:

    1) quid des rejets de méthane et d’ozone et de leur impact ?

    Il semblerait que ce type d’émission soit responsable de la Grande Extinction du Permien, rien de moins ! Par une combinaison de libération d’hydrogène sulfuré et de méthane, il y aurait eu un empoisonnement massif de l’atmosphère et asphyxiation de quasiment toute forme de vie sur Terre 😮

    Pour le 2), difficile à vérifier… Les premières observations de tâches solaires nous viennent de Galilée donc on n’a pas de données pour comparer. En plus, aucun modèle climatique existant ne parvient à intégrer l’influence de la vapeur d’eau, qui compte pourtant pour une large part du résultat, donc même avec les données il serait quand même impossible de confirmer.

    3) Déclencher une seconde libération des hydrates de méthane ? C’est à mon sens le seul effet de seuil identifiable de ce genre… et la dernière fois cela a semble-t-il requis l’explosion volcanique rapprochée de deux grandes Trapps planétaires (et un réchauffement de plus de 5°). Personnellement je ne crois pas que ce soit jamais à la portée de l’être humain, ni que sa contribution, même augmentée, puisse accélérer en quoi que ce soit le phénomène ? Mais c’est encore une question sans réponse.

    4) En l’état actuel de notre compréhension du climat, je ne crois pas 😮 Si on ne connaît pas vraiment les causes ni comment en modéliser l’effet sur tel ou tel aspect du climat, toute tentative est probablement contre-productive.

  3. finpoil says:

    Même si l’on admet que les émissions de CO2 ne changeront rien aux modifications de climat, est-ce qu’il n’y a pas un « pari de Pascal » à faire en matière d’environnement? C’est Amin Maalouf qui en parle dans son « Dérèglement du monde », en pariant qu’il y a tout à gagner à prendre des mesures écologiques – et ce, même s’il s’avère que l’empreinte humaine sur le réchauffement climatique n’était qu’un leurre.
    Dans tous les cas, en adoptant des comportements écologiques, on améliore notre rapport à l’environnement, éventuellement notre santé et notre indépendance aux ressources fossiles.

  4. jesrad says:

    « Prendre des mesures écologiques » qui font des morts peut-il vraiment être considéré comme un progrès ? Et même si leur effet est « seulement » de ralentir le progrès économiques des populations les plus pauvres du monde le coût bien réel serait énorme. D’autre part, la pollution se réduit avec l’amélioration technique, mais aussi avec l’augmentation du PIB/habitant (pic de pollution vers 9000 à 10000$/habitant, puis déclin). En d’autres termes, des choses qui paraissent désirables mais effroyablement coûteuses ou difficiles à mettre en œuvre pourraient devenir aisément réalisables un peu plus tard – et repousser dans l’avenir leur avènement n’est pas bénéfique. Arbitrer entre des bénéfices futurs plus ou moins probables et un coût immédiat à peu près identifié, ce n’est pas la tâche des politiciens, mais c’est précisément la fonction sociale de l’entrepreneur. C’est donc plutôt vers eux qu’il faudrait se tourner aujourd’hui.

    Dans tous les cas, nous ne savons pas vraiment qui, quoi ou quand. Ma philosophie face à cette ignorance inévitable de l’avenir est simple: quand on ne sait pas mieux que tout le monde, il convient de se contenter de respecter les droits de chacun, avant tout, et de faire chacun de son mieux ensuite.

  5. Arnaud Amaury says:

    Drame, Aujourd’hui un SDF est décédé à Bordeaux des effets du réchauffement climatique.

  6. jesrad says:

    Oups, on apprend que Phil Jones et ses petits copains ont soigneusement sélectionné les 25% de données de température russes qui montraient un réchauffement, jetant à la poubelle les 75% de mesures qui n’en montraient pas.

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