Ben Bernanke est à poil

Avec la baisse des taux d’intérêt de la FED entre 0 et 0,25%, Ben Bernanke est à poil: il est arrivé au bout des solutions pour rendre la monnaie encore moins chère puisqu’elle est maintenant gratuite en pratique et que la banque centrale fonctionne à perte. Cela veut dire qu’il n’y a plus rien qu’il puisse personnellement faire pour poursuivre ses « efforts de relance ». Ouf, il ne pourra pas causer plus de dégâts qu’il est en train de faire et dont on découvrira l’ampleur au cours des mois ou années qui viennent…

Cela a une conséquence immédiate: une fois coincé entre le fond de l’impasse (0%) d’un côté, et le rouleau compresseur (déflation) de l’autre, le gouvernement américain admet, enfin, que peut-être, finalement, la banqueroute est bien une option.

De leur côté, les banquiers Suisses ont la parade toute trouvée: faire du recyclage, en payant les bonus avec les actifs pourris !

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

6 Responses to Ben Bernanke est à poil

  1. ST says:

    C’est amusant, en fait la FED avait déjà préventivement en 2004 fait une étude empirique approfondie pour voir si une banque centrale qui a abaissé ses taux à zéro gardait néanmoins quelques outils pour intervenir, comme la capacité à influencer les acteurs par une politique de communication appropriée relative aux attentes du public quant à l’évolution future des taux (le bluff médiatique quoi), l’accroissement du bilan de la banque centrale (en acceptant au bilan de la banque centrale des prêts pour des voitures, des frigidaires, et tout autre chose qu’on a pas trop l’habitude d’y voir, par exemple), et l’arbitrage sur la composition de ce bilan (moins de bons du trésor, plus de crédits pourris par exemple).

    http://www.federalreserve.gov/pubs/feds/2004/200448/200448pap.pdf

    On a comme l’impression que la FED a tout fait pour avoir le loisir de tester grandeur nature la qualité de ses analyses théoriques. Quand vous aurez compris que l’auteur de l’étude s’appelle … Ben Bernanke, vous aurez compris qu’il essaye tout bêtement de faire avancer la science économique !

    Et pour la petite histoire et les paresseux, la conclusion de l’étude c’est: oui, il semblerait que certains outils comme ceux évoqués gardent un certain potentiel une fois le taux zéro atteint, mais d’une manière tellement peu fiable, que la meilleur option c’est surtout de ne pas se retrouver en situation de n’avoir plus que ça comme outil dans sa panoplie.

    Oups.

  2. ST says:

    @jesrad : c’est le bon lien le dernier (sur les bonus avec des actifs pourris) ? j’ai pas retrouvé la référence dans l’article qui se trouve être le même que le premier lien. J’ai raté un truc ?

  3. jesrad says:

    C’est corrigé, j’avais mis un lien vers le bon blog mais pas le bon article… Merci d’avoir relevé !

  4. Apollon says:

    A poil mais avec des chaussettes beiges cf cet article du New Yorker (http://www.newyorker.com/reporting/2008/12/01/081201fa_fact_cassidy) : lorsqu’il conseillait Bush avant de prendre la tête de la Fed, il s’était amené en chaussette grise et Bush le lui avait fait remarquer plusieurs fois.

    Résultat, il avait pour plaisanter fait mettre à tous les conseillers des chaussettes beiges ainsi qu’à Dick Cheney ce qui avait fait rire le président…

    ça aurait en effet pu être drôle s’il n’y avait pas eu la crise.

    Une autre, qui te plaira d’une autre manière :
    In January, 2005, Bernanke gave a speech at the annual meeting of the American Economic Association, in which he reflected on his transition from teaching: “The biggest downside of my current job is that I have to wear a suit to work. Wearing uncomfortable clothes on purpose is an example of what former Princeton hockey player and Nobel Prize winner Michael Spence taught economists to call ‘signalling.’ You have to do it to show that you take your official responsibilities seriously. My proposal that Fed governors should signal their commitment to public service by wearing Hawaiian shirts and Bermuda shorts has so far gone unheeded.”

  5. jesrad says:

    Intéressant… On peut remercier Bush pour au moins une chose: avoir enfin écorné l’imagerie romantique et populaire du décideur tellement supérieur au bas peuple, l’avoir fait tomber de son piédestal de Culture et de Compétence supposées. Le libéralisme met décidément dans le mille avec son approche modeste de confier à chacun ce qu’il peut au mieux gérer, et rien de plus, pour compter sur l’effet de coordination distribuée plutôt que sur un surhomme allégué qui serait capable de comprendre les attentes de tout le monde et les organiser tout seul.

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