Prud’homales: les syndicalistes pratiquement seuls aux urnes

Ah, les élections prud’homales. Chaque fois, personne n’en a rien à foutre, et cette occurence n’a pas fait exception. Chaque fois, il n’y a guère que les syndicalistes professionnels (ceux qui se font un métier d’occuper les niches réglementaires obligatoires taillées pour eux dans toute administration, publique ou privée) qui se précipitent pour aller voter. Et pour être élus, donc.

Cette fois-ci, 75,24% d’abstention. Pas mal ! Encore un petit effort et il n’y aura plus que les candidats + leurs sous-fifres qui voteront, et personne pour leur accorder la moindre illusion de légitimité. Si seulement c’était aussi le cas avec toutes les autres élections, on vivrait bien plus tranquille.

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9 Responses to Prud’homales: les syndicalistes pratiquement seuls aux urnes

  1. Ovide says:

    Que ces élections soient une masquerade, soit. Qu’elles ne changent pas grand chose sur le fond (CGT forever), soit. En revanche, plus que d’aller voter parce-que c’est somme toute un devoir, ce qui est important à mes yeux c’est de profiter de ce moment pour s’étonner des réactions de certains de ses collègues : « hey mais ça sert à rien ? », « ah c’est le vote des planqués », « moi j’y comprends rien »…bla bla bla.

    Est-ce qu’il ne faudrait pas rappeler que lorsque qu’un conflit entre un employé et un patron ne trouve pas de solution à l’amiable, les prud’hommes sont quand même VACHEMENT utiles et que les élus ne sont pas obligatoirement des anti-patrons-tous-des-salauds forcenés ?

    Après j’entends bien que le fond de ton propos ne s’applique pas qu’aux prud’homales mais à l’ensemble des élections. Mais pourquoi tiens ?

  2. jesrad says:

    Pourquoi ? Mais parce que l’élection est un processus monarchique, anti-démocratique. Chaque élection implique le couronnement d’un chef, l’existence d’un pouvoir à prendre divise forcément la société entre ceux qui peuvent prétendre s’en emparer et tous les autres, des autres qui sont alors relégués au simple rang de supporters payants.

    Je me réjouis du désintérêt envers toute élection, car c’est seulement ainsi, par l’extinction et la négation du pouvoir qui y est associé, qu’on se débarrassera des illusions pseudo-démocratiques.

  3. Ovide says:

    Je comprends. En fait on n’a pas la même vision de l’élection. Si je peux me permettre, la tienne est idéaliste (mais belle) et la mienne est fataliste.

    Pour toi, l’élection c’est « le peuple conduisant lui-même ses propres affaires sans avoir un chef pour les conduire à sa place ». Pour moi c’est : « puisque le peuple est incapable d’être assez discipliné pour s’auto-déterminer, il prend l’un des siens pour porter la voix majoritaire ». Dans les faits, le problème est que l’heureux élu a bien trop tendance à porter sa propre voix à la place de celle pour laquelle il a été mandaté…mais là, sujet sans fin.

    Si tu sais comment inverser cette déviance, je suis preneur. De mon côté je pense que c’est l’essence même de l’homme de ne pas être raisonnable et par extension de ne pas arriver à fonctionner autrement qu’en choisissant une âme qui représentera les autres. D’après ce que j’ai cru comprendre, les seuls qui y arrivent se trouvent dans certaines « tribus » d’Amazonie qui vivent sur des principes si loin de notre civilisation qu’ils n’ont même pas à penser à des lois (ils n’en ont pas besoin) ou à la représentation (l’égalité prime).

    A partir de là restent les questions éternelles :

    – comment arriver à nous créer nos lois sans avoir recours à la représentation nationale ?
    – comment éviter cette schizophrénie qui consiste à accepter un modèle – pseudo – démocratique mais à ne pas accepter son verdict (exemple : Sarkozy devient président, je marche sur la Bastille le soir même !)

    J’suis d’un curieux aujourd’hui…

  4. Arkh says:

    Simple : faire péter le principe de nation.

  5. Arkh says:

    D’ailleurs : « Le scrutin, organisé tous les cinq ans, avait lieu dans toute la France mercredi. Les bureaux de vote ont fermé à 19h et les résultats définitifs ont été communiqués tôt jeudi par le ministère du Travail. »

    C’est sûr que là, en pleine semaine, il y a des gens qui bossent et ne peuvent aller voter.

  6. Ovide says:

    Simple : faire péter le principe de nation.

    OK, mais on le remplace par quoi ?

    C’est sûr que là, en pleine semaine, il y a des gens qui bossent et ne peuvent aller voter.

    Dans une entreprise c’est contractuel : un employeur a le droit de prendre sur son temps de travail pour voter aux prud’homales.

    Je pense plutôt que ça n’intéresse pas les gens ou qu’ils en ignorent l’intérêt.

  7. jesrad says:

    « Pour toi, l’élection c’est “le peuple conduisant lui-même ses propres affaires sans avoir un chef pour les conduire à sa place”. »

    Euh, non, pas du tout. Le peuple menant ses affaires, c’est la démocratie. L’élection, c’est l’inverse.

    « puisque le peuple est incapable d’être assez discipliné pour s’auto-déterminer, il prend l’un des siens pour porter la voix majoritaire »

    Puisque le peuple est incapable de se discipliner… il s’auto-discipline par l’élection ? Gné ?

    « Dans les faits, le problème est que l’heureux élu a bien trop tendance à porter sa propre voix à la place de celle pour laquelle il a été mandaté… »

    Oui, et c’est inévitable puisque c’est une conséquence systémique de l’existence du pouvoir. Supprimer ce problème revient forcément à supprimer ce pouvoir.

    « De mon côté je pense que c’est l’essence même de l’homme de ne pas être raisonnable »

    On est bien d’accord. Seulement, cela implique aussi que quelque soit l’organisation qu’il se choisit ce problème continue de se poser: élire un chef n’y change rien et ne fait que déformer les ennuis. C’est pour cette raison que je suis libéral.

    « D’après ce que j’ai cru comprendre, les seuls qui y arrivent se trouvent dans certaines “tribus” d’Amazonie qui vivent sur des principes si loin de notre civilisation qu’ils n’ont même pas à penser à des lois (ils n’en ont pas besoin) ou à la représentation (l’égalité prime). »

    Ils n’ont pas de lois, mais des droits. Nous aussi, nous avions des droits, mais maintenant nous n’avons plus que de la législation, qui a pris leur place… Quant à « l’égalité prime », c’est de la foutaise. Chez eux, c’est la survie qui prime, et ils ne vont certainement pas se prétendre tous égaux ! C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ritualisent souvent l’infanticide (sur l’idée de « un adulte vaut plus qu’un enfant »).

  8. Ovide says:

    Quand je dis « pour toi l’élection c’est… » c’est une erreur. J’aurais dû dire, « pour toi la parade à l’élection c’est…« . Quant à l’auto-discipline par l’élection, je confirme, car cela suit le schéma de Rousseau que je vais essayer de ne pas trop caricaturer :

    A – le peuple tente de s’auto-déterminer mais l’essence même de l’Homme fait que certains veulent prendre le pouvoir et que d’autres seront écrasés, etc etc… = état de nature
    B – Dans un éclair de lucidité, le peuple se dit que si l’un d’entre eux se faisait le porte parole des idées majoritaires, cela éviterait les conflits et donnerait un compromis acceptable = Contrat social

    Vu que A ne sera à priori jamais réalisable et que B est dévoyé, il faut trouver C. En attendant, théoriquement, B permet au peuple de s’auto-discipliner puisque c’est bien ce même peuple qui a décidé qu’un de ses membres relaie sa pensée et lui crée ses lois.

    Concernant l’infanticide en Amérique du Sud, j’avoue que j’ignorais. J’aimerais néanmoins plus qu’une ligne sur Wikipédia pour prendre l’info pour argent comptant. D’autant que c’est Lévi-Strauss qui avait établi qu’il n’y aurait qu’un seul tabou chez l’Homme, qu’il soit dans une tour d’argent ou dans une tribu du fin fond de l’Amazonie : l’inceste.

    Par voie de conséquence, si un adulte vaut plus qu’un enfant, l’adulte peut bien lui faire tout ce qu’il veut, non ?

  9. jesrad says:

    Rousseau n’est pas une référence 😀

    Il n’y a aucune progression entre A et B, B est simplement un cas particulier de A. L’homme est un animal social, il vit en société à l’état naturel. Nous ne sommes jamais « hors » de « l’état de nature ».

    Pour ce qui est des tribus amazoniennes si romantiques à en croire les clichés qui circulent dans certains milieux, effectivement l’inceste y est tabou comme dans toutes les cultures humaines. Ce qui n’empêche pas l’infanticide (qui est, d’ailleurs, pratiqué dans quasiment toutes les cultures humaines aussi…)

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