La revanche de Lamarck

Intercalé après les tenants de la « génération spontanée » des espèces et avant le célèbre théoricien de l’origine des espèces Charles Darwin, on trouve un certain biologiste français: Jean-Baptiste Lamarck, un scientifique parmi les premiers (un demi-siècle avant Darwin) à avoir suggéré qu’il y a eu modification graduelle, génération après génération, des espèces vers d’autres formes, menant à l’apparition de nouvelles espèces et à la disparition des anciennes.

La principale distinction entre les théories de Darwin et de Lamarck tient au mécanisme de cette modification graduelle: pour Darwin, des accidents ou autres changements ont lieu à la combinaison des caractères (génétiques, mais ce n’était pas connu à l’époque) des géniteurs, entraînant des changements de caractères de leur progéniture. Pour Lamarck, c’est tout au long de la vie de l’individu que ces changements se produisent, en petite quantité, mais qui sont alors transmis à la génération suivante et s’accumulent ainsi sur la durée pour changer les espèces.

L’exemple classique avancé pour expliquer la position de Lamarck est celui de la girafe qui à force d’étendre son cou pour aller chercher les feuilles toujours plus haut, génération après génération, aurait acquis ce caractère particulier d’un cou immense.

L’expérimentation sur les modifications des caractères des espèces génération après génération sur des créatures simples (les pois, les haricots, les drosophiles, etc.) a laminé Lamarck au profit de Darwin, et avec la découverte par Gregor Mendel des règles de l’hérédité puis de l’ADN et des chromosomes, ses théories semblaient définitivement enterrées…

…jusqu’à ce que quelques découvertes au sujet de cet ADN et de ces chromosomes remettent au goût du jour l’idée que des changements épigénétiques, c’est-à-dire ayant leur origine en dehors de l’ADN, puissent être tout de même transmis d’une génération à l’autre: des caractères acquis au cours de l’existence de l’individu, par adaptation ou réaction à l’environnement plutôt que par simple sélection naturelle, semblent bien transmissibles et réapparaissent dans la progéniture des individus qui les ont acquis. Lamarck a fait son retour.

Ces développements ne bouleversent certes pas les théories de l’évolution, mais ils y apportent un complément très intéressant. Bref rappel de ces découvertes suggérant une part modeste mais significative de Lamarckisme dans l’évolution des espèces:

L’infection par certains rétrovirus – des virus qui ont fini intégrés à notre ADN et ont donc été transmis de génération en génération – a pu jouer un rôle dans le développement du système immunitaire. Il semblerait d’ailleurs que ce ne soit pas le seul domaine, loin de là, où ces infections de rétrovirus ont pu affecter l’évolution.

L’impact spécifique de certains ARNs sur l’expression des gènes montre comment l’ADN peut être régulé d’une manière inattendue et fondamentale. Plus fort encore, ce type de régulation pourrait être provoqué par des protéines complètement extérieures potentiellement acquises, comme des prions, et pourquoi pas provoquer leur propre persistance et transmission parallèlement à l’ADN. Ces mécanismes de blocage de gènes ont d’énormes portées thérapeutiques pour réparer nos « bugs » génétiques: cancers, dégénérescences, etc.

De manière similaire d’autres mécanismes épigénétiques comme la méthylation de l’ADN peuvent entraîner des modifications acquises ensuite transmises en héritage: on sait que des obèses ou des personnes souffrant de famine voient l’expression de certains de leurs gènes altérée, et cette altération acquise se retrouve ensuite chez leurs enfants et petits-enfants (ce qui rend ces derniers plus ou moins susceptibles aux troubles cardiovasculaires ou au diabète).

Et enfin les mécanismes d’auto-réparation de l’ADN pourraient bien jouer un rôle à la fois dans l’accumulation silencieuse de mutations jusqu’à leur expression simultanée et brutale dans un élan d’évolution subit (c’est généralement de cette manière « stop and go » que l’évolution des espèces se manifeste dans la réalité), en plus d’avoir eux aussi des conséquences épigénétiques potentielles.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

20 Responses to La revanche de Lamarck

  1. Waddington says:

    Je suis desole, et meme si je dois me rejouir de vous voir parler d’epigenetique, il faut que vous sachiez que vous etes bien plus pertinent (en tous cas je l’espere, car la qualite scientifique de ce post est similaire a ma maitrise du français) quand vous parlez de politique, economie, et societe.

    C.H.W (l’inventeur du terme)

  2. jesrad says:

    Je précise que c’est parce que je m’intéresse à la science en général que j’étudie cette science humaine qu’est l’économie, et non l’inverse. Mais je vous invite à me faire part de ce qui vous gêne dans cet article, pour pouvoir corriger.

    (maladroit, Waddington est mort en 1975)

  3. Martini says:

    Vous maîtrisez vachement bien le français, pour un anglais.

  4. Waddington says:

    Il me semble que l’epigenetique traite bien plus du developpement des organismes complexes que de l’evolution des especes. En tous cas tel que je l’ai defini, l’epigenetique est l’ensemble des processus qui permettent au genotype d’exprimer les phenotypes. Car il s’agit bien, au cours du developpement, de mettre en place differents phenotypes a partir d’un seul et meme genotype. Ainsi, en partageant strictement la meme information genetique, les cellules musculaires sont bel et bien differentes des neuronales, par exemple.

    De nos jours la definition a quelque peu change (merci l’avenement de la biologie moleculaire), et se refere a l’ensemble des mecanismes qui, sans avoir modifie la sequence d’ADN, assurent la mise en place et le maintien de profils d’expression geniques stables (meme si plastiques…). C’est tout, ce n’est pas plus. Ces profils d’expression sont certes heritables, puisqu’ils assurent que les deux cellules filles restent identiques a leur cellule mere, mais pas entre generations d’individus. L’heredite des caracteres acquis est un fait, mais au cours du developpement et non de l’evolution!

    De façon un peu plus precise, vous fournissez 4 exemples pour, pensez vous, conforter l’idee selon laquelle un role de l’epigenetique dans l’evolution semble apparent, ce qui permettrait de faire revenir Lamarck parmis nous, cocorico (meme si ce n’est pas le genre de la maison, je sais). Mais voyons:

    1/ Les retrovirus. Tels que vous les decrivez, rendez vous compte que, s’ils s’inserent dans l’ADN, leur effet est purement genetique, et non pas epigenetique. Par leur insertion ils modifient le genotype, et donc le phenotype, mais rien d’epigenetique la dedans. En plus, voyez vous, les cellules infectees donneront naissence a des cellules filles tout autant infectees, mais pour que l’infection passe a la generation d’individus suivante il faut que l’insertion virale ai lieu, soit dans les cellules de la lignee germinale (pendant le developpement embryonnaire), soit dans les gametes.
    2/ L’interference ARN. Alors la oui, epigenetique pure et dure. Mais pourquoi ne pas en parler plus en detail, et est-ce transgenerationnel?.
    3/ Les prions. Ils passent de generation en generation (cellulaire oui, mais d’individus?).
    4/ La methylation de l’ADN, premier mecanisme epigenetique decrit comme tel, est certes essentiel pour le developpement embryonnaire, et sa deregulation est clairement associee a diverses maladies. Normal, c’est un des moyens de reprimer l’expression genique de façon stable et heritable de cellule mere a cellules filles. Connaissez vous des profils de methylation mis en place chez l’adulte, transmis aux gametes, et conserves au cour du developpement? Moi pas. Pas encore en tous cas.
    5/ L’autoreparation de l’ADN, expression maladroite, mais de toutes façons ces mecanismes touchent, par definition, a la sequence d’ADN et n’appartiennent donc pas au domaine de l’epigenetique.

    En somme, votre erreur serieuse est celle de confondre heredite cellulaire et heredite evolutive. Rappelez vous que, pour qu’une modification acquise par la pression environnementale ait un pouvoir evolutif, il faut qu’elle soit imprimee dans les gametes! Qu’elle soit genetique ou epigenetique, d’ailleurs.

    Cela etant dit, il n’est pas faux de dire que l’epigenetique (qui porte toujours un bon parfum d’heresie) pourrait ammener une revolution scientifique si jamais son impact dans l’evolution etait etabli. C’est loin, tres loin, d’etre le cas. N’empeche, elle a reussi en peu de temps a en finir avec le dogme central de la biologie moleculaire, et a nous sortir la tete du genocentrisme, donc rien n’est perdu.

    C.H.W

    PS: Et Waddington n’est pas mort, il est avec Elvis et maintient des contacts tres serres avec son idole politique Zapatero.

  5. jesrad says:

    Je ne crois pas que tout ce qui est génétique est forcément non-lamarckien 😉

    Par exemple dans le cas de l’intégration d’un rétrovirus à l’ADN, on a bien un caractère acquis devenu héritable, même si cela passe par la génétique. Et effectivement, ce truc n’est valable que si cela affecte les gamètes, mais ça ne remet pas complètement en cause le principe entier. Surtout qu’il semblerait que ce type d’acquisition a pu jouer un rôle crucial dans l’apparition du système immunitaire !

    D’ailleurs il y a des choses qui pourraient être transmises en dehors du contenu des gamètes (dans le cas des souris la méthylation de l’ADN est acquise pendant la gestation, après l’implantation de l’embryon). Pourquoi pas des prions par exemple ?

    Je reconnais sans problème que je mets la charrue avant les boeufs et qu’il manque un certain nombre de confirmations expérimentales pour établir si oui ou non ce genre de modifications génétiques ou épigénétiques est bien transmis (il semblerait bien, d’après l’exemple des obèses et des victimes de famine et leurs descendants) ET que cela peut affecter l’évolution. Après tout ce blog sert principalement à vulgariser des idées farfelues 😉

    « Connaissez vous des profils de methylation mis en place chez l’adulte, transmis aux gametes, et conserves au cours du developpement? »

    Ca se pourrait bien, d’après une observation rapportée dans cette étude de cas de riz adulte soumis à de la 5-azadeoxycytidine pour déméthyler son ADN de manière héritable (testé sur 6 générations). L’étude en question pourrait être celle-ci, mais ce n’est pas certain. Cela ne semble possible que chez les plantes, donc couplé à la difficulté d’obtenir des organismes viables en trafiquant aussi lourdement l’épigénome, ça pourrait expliquer l’absence de cas bien connus de transmission de tels profils artificiellement acquis ?

    Mon opinion est que certains stress environnementaux « débloquent » l’accès à une bibliothèque génétique et épigénétique existante, héritée mais muselée (la méthylation n’étant pas le seul mécanisme possible, ou même n’étant qu’un sous-mécanisme de l’interférence ARN). Ajoutez à ça que des éléments de cette « bibliothèque » peuvent être acquis, et l’idée de départ de Lamarck n’est plus si farfelue que ça. Non ?

  6. Zapatero says:

    « Je ne crois pas que tout ce qui est génétique est forcément non-lamarckien 😉 »

    Peut etre, mais ce qui est genetique n’est pas epigenetique, par definition. Tout comme ce qui est lamarckien n’est pas forcement epigenetique (ou alors seulement dans un sens du terme epigenetique tres tres large, qui perd son sens et son utilite scientifique: ce n’est ni le sens donne par mon ami Waddington, ni celui adopte par la communaute scientifique depuis les annees 90).

    « Par exemple dans le cas de l’intégration d’un rétrovirus à l’ADN, on a bien un caractère acquis devenu héritable, même si cela passe par la génétique. »

    Pas vraiment, et pas dans le sens de « caractere acquis » qu’utilise le vieux Lamarck. Je m’explique, si j’y arrive. Dans le cas d’une integration retrovirale, ce n’est pas le carctere phenotypique qui est acquis en premier… c’est plutot la modification genetique, qui, elle, induit l’apparition de nouveaux caracteres (peut etre par des mecanismes epigenetiques -developpementales-, pourquoi pas), dont le systeme immunitaire auquel vous y tenez tant.
    En reallite, ce cas, est purement genetique et peu etre assimile a une mutation quelconque! Ce n’est donc ni du lamarckisme, ni de l’epigenetique.

    « D’ailleurs il y a des choses qui pourraient être transmises en dehors du contenu des gamètes (dans le cas des souris la méthylation de l’ADN est acquise pendant la gestation, après l’implantation de l’embryon). »

    Je ne vous suit pas tres bien, sur ce point. Voyons, la methylation de l’ADN est quasi-exclusivement mise en place pendant le developpement embryonnaire, justement pour permettre la mise en place des patrons d’expression genique differents entre les lignages. C’est de l’epigenetique (developpementale, entendons nous bien) de base: exprimer des phenotypes differents a partir d’un seul genotype.
    Mais dans la lignee germinale « toutes » ces modifications epigenetiques qui assurent l’identite des lignages sont effacees! Il n’y a donc pas, chez les mammiferes, d’heritabilite transgenerationnelle des marques epigenetiques acquises au cours de l’embryogenese ou de la vie de l’adulte.
    Et puis, il n’y a rien, en dehors des gametes, de transmissible a la generation suivante, rien. Sans compter, evidemment, des comportements et toutes autres choses appartenant a l’apprentissage, mais c’est un autre debat.

    « Pourquoi pas des prions par exemple ? »

    Ma connaissance sur les prions se limite a ce que j’ai lu dans la presse grand publique, contrairement au reste qui est mon metier (enfin, a cote de diriger un pays comme l’Espagne, si complique!). Mais d’apres ce que je sais c’est uniquement neuronale: difficile de passer, dans ce cas, aux gametes. Mais je repete, il se pourrait, hypothetiquement.

    « Ca se pourrait bien, d’après une observation rapportée dans cette étude de cas de riz adulte soumis à de la 5-azadeoxycytidine pour déméthyler son ADN de manière héritable (testé sur 6 générations). L’étude en question pourrait être celle-ci, mais ce n’est pas certain. »

    Alors, dans « cette etude », il n’y a pas l’etude que vous decrivez: ils montrent juste que la demethylation des germes induit des defauts des racines, rien d’etonant, epigenetique developpementale pure et dure. Ils font effectivement reference, dans cet article, a l’etude que vous decrivez, realise en 1990, et dont la qualite devrait etre reevalluee. Ceci dit, il est vrai qu’il existe d’autres etudes chez les plantes SUGGERANT une heredite epigenetique transgenerationnelle. Mais que chez les plantes, chez les animaux complexe, la separation tres nette des lignees germinales et somatiques empeche quasi-completement une telle contribution des caracteres acquis a l’evolution.

    « Mon opinion est que certains stress environnementaux “débloquent” l’accès à une bibliothèque génétique et épigénétique existante, héritée mais muselée (la méthylation n’étant pas le seul mécanisme possible, ou même n’étant qu’un sous-mécanisme de l’interférence ARN). »

    C’est justement de ça que parle l’epigenetique: de l’usage differentiel de nos genes. Si vous voulez, la genetique est la cassette, ou le cd ou dvd, et l’epigenetique le lecteur.

    « Ajoutez à ça que des éléments de cette “bibliothèque” peuvent être acquis, et l’idée de départ de Lamarck n’est plus si farfelue que ça. Non ? »

    Les organismes vivants « acquierent » des caracteres sans arret, ou mieux, developpent des caracteristiques sans arret, sans que pour autant ces caracteres phenotypiques acquis ne soient imprimes dans le genotype. De plus, tant que lignee germinale et lignee somatique sont parfaitement distinctes, l’idee de depart de Lamarck reste farfelue: une mutation ou une epimutation, pour etre heritable transgeneratinnellement, doit toucher les gametes. Un point c’est tout.

    ****

    Maintenant, des decouvertes des derniers 24-36 mois suggerent un mecanisme qui, s’il existait, serait revolutionnaire:

    si le passage « cellule somatique > iPS > gamete » etait naturel (au labo on sait le faire…), alors il est clair que la porte serait grand ouverte a Lamarck.

    Et moi, je n’attends que cela!

  7. jesrad says:

    « Pas vraiment, et pas dans le sens de “caractere acquis” qu’utilise le vieux Lamarck.

    En realite, ce cas est purement genetique et peut etre assimile a une mutation quelconque! Ce n’est donc ni du lamarckisme, ni de l’epigenetique. »

    Est-ce qu’on peut distinguer aussi formellement entre lamarckisme ou pas, simplement parce que c’est génétique ? D’ailleurs, l’intérêt tout entier des thérapies rétrovirales est bien de conférer une modification acquise des caractères, et ce même si la nature de la modification est génétique ou épigénétique, non ?

    Si je voulais vraiment avoir l’air tordu je pousserais jusqu’à dire que l’évolution nous a donné, par le développement de la science, la capacité toute lamarckienne à comprendre et (tenter de) modifier notre génome et épigénome pour acquérir des caractères (potentiellement héritables) mieux adaptés à notre environnement 😉

    A l’inverse, même ce cas où du riz devient nain et exprime un gène de plus par simple exposition au froid, puis transmet ces caractéristiques acquises, peut très bien s’interpréter comme un mécanisme préexistant issu d’une sélection naturelle « classique » préalable… et on n’est alors pas plus avancé. J’ai bien peur que les contraintes scientifiques rendent la confirmation ou l’infirmation de l’existence de mécanismes lamarckiens proprement impossibles: il faudrait reproduire cette acquisition de caractères, vérifier son héritabilité (donc qu’elle affecte les gamètes, OK), et EN PLUS que la modification provoquée soit une acquisition de matériel génétique entièrement nouveau ? C’est pour ça que j’insiste sur cette histoire d’évolution du système immunitaire: c’est le seul truc ayant une toute petite chance de correspondre. Mais je ne vois pas comment tester.

    « Voyons, la methylation de l’ADN est quasi-exclusivement mise en place pendant le developpement embryonnaire, justement pour permettre la mise en place des patrons d’expression genique differents entre les lignages. C’est de l’epigenetique (developpementale, entendons nous bien) de base: exprimer des phenotypes differents a partir d’un seul genotype.
    Mais dans la lignee germinale “toutes” ces modifications epigenetiques qui assurent l’identite des lignages sont effacees! Il n’y a donc pas, chez les mammiferes, d’heritabilite transgenerationnelle des marques epigenetiques acquises au cours de l’embryogenese ou de la vie de l’adulte. »

    Ah, d’accord, j’avais mal compris. Il me semblait que tout profil de méthylation existant chez un mammifère développé devait bien venir de quelque-part. Est-il déterminé par le génome lui-même, et exprimé pendant la gestation ?

  8. Zapatero says:

    « Est-ce qu’on peut distinguer aussi formellement entre lamarckisme ou pas, simplement parce que c’est génétique ? »

    J’ai du mal m’exprimer, c’est le probleme de ne pas maitriser parfaitement cette belle langue. Il m’a semble que vous vouliez faire un rapprochement entre lamarckisme et epigenetique. Rapprochement qui est faux car simpliste.
    On peut parfaitement distinguer aussi formellement entre epigenetique et genetique parce que c’est genetique. Ca va de soit, non? Les mecanismes d’heredite et d’evolution lamarckiens pourraient etre tout aussi genetiques que epigenetiques, mais dans le cas cite, les retrovirus, c’est purement genetique et non pas epigenetique.

    Ce que je tente aussi de vous expliquer, c’est juste que, pour qu’il y ait du lamarckisme il faut que le caractere soit acquis en premier dans un organe a cause d’une pression environnementale (la fameuse girafe et les saloperies de feuilles trop eloignees du sol), que cela induise une modification heritable (genetique ou epigenetique, c’est a dire avec un changement de sequence d’ADN ou pas), et donc que les descendants developpent naturelement ce caractere, independement d’ailleurs du maintien de la pression environnementale.

    « Si je voulais vraiment avoir l’air tordu je pousserais jusqu’à dire que l’évolution nous a donné, par le développement de la science, la capacité toute lamarckienne à comprendre et (tenter de) modifier notre génome et épigénome pour acquérir des caractères (potentiellement héritables) mieux adaptés à notre environnement 😉 »

    Vous, tordu? Ce serait une premiere de trouver un anarcocapitaliste pas tordu… c’est ce qui me plait!

    « Est-il déterminé par le génome lui-même, et exprimé pendant la gestation ? »

    Alors la on est en plein dedans dans l’epigenetique « vrai », car c’est bien un probleme d’information. Y a t-il une autre source d’information (heritable transgenerationnellement ou cellulairement au sein d’un individu en developpement) que celle stockee dans l’ADN? C’est une question passionante, et la reponse est oui pour l’herite cellulaire. C’est l’epigenetique!

    Pourquoi certains genes sont methyles et pas d’autres est faussement deterministe. Je dis faussement car, etant donne la reproductibilite (pareil chez tout le monde) on aurait tendance a chercher un determinisme, meme si ce n’est pas predetermine genetiquement: certains lignages methyleront une baterie de genes, et d’autres lignages une baterie de genes differente, alors que meme genome partout. Et vous comprenez bien que deux sources d’information identiques peuvent pas determiner deux phenotypes differents.

  9. Zapatero says:

    Voulez vous que je vous envoie ma these?

    Car cela commence a devenir une discussion longue et douleureuse!

    😉

  10. Zapatero says:

    Ce chapitre fait fonction d’introduction generale a la thematique dont fait partie le sujet developpe pendant les quatre annees de these. Nous allons brievement rappeler les origines et concepts propres a l’epigenetique (section 1), puis decrire de facon succincte les bases moleculaires des processus mis en jeu, c’est-a-dire, les modifications des histones et la methylation de l’ADN (section 2). Nous montrerons par la suite l’impact des ARNs non-codant dans les processus epigenetiques (section 3). Etant donne l’ampleur du champ de recherche constitue par l’etude des modifications de la chromatine ainsi que par l’etude des ARNs non-codant, nous avons decide de mettre en valeur uniquement certaines des decouvertes et notions developpees dans les 5 a 10 dernieres annees, essentielles a la comprehension du travail que nous avons realise. Finalement, nous allons decrire tres brievement une serie de resultats que nous avons obtenus lors de l’analyse des modifications chromatiniennes liees a l’expression mono-allelique, et qui serviront aussi d’illustration du potentiel informatif des modifications de la chromatine dans la regulation des mecanismes epigenetiques (section 4).

    C’est l’avant propos du premier chapitre, que vous pourriez eventuellement apprecier.

  11. jesrad says:

    « pour qu’il y ait du lamarckisme il faut que le caractere soit acquis en premier dans un organe a cause d’une pression environnementale (la fameuse girafe et les saloperies de feuilles trop eloignees du sol), que cela induise une modification heritable (genetique ou epigenetique, c’est a dire avec un changement de sequence d’ADN ou pas), et donc que les descendants developpent naturelement ce caractere, independement d’ailleurs du maintien de la pression environnementale. »

    OK, donc en l’absence de « transcriptase inverse », la voie génétique est bloquée (sauf peut-être pour les rétrovirus), tandis qu’avec l’effacement de la méthylation chez les mammifères, la voie épigénétique semble au moins en partie bloquée. Par-dessus tout ça il y a besoin d’un moyen, pour une modification a priori somatique, d’affecter la lignée germinale (les gamètes). Ca fait effectivement beaucoup d’obstacles !

    Mais le coeur de mon histoire de « revanche de Lamarck », c’est que certains résultats expérimentaux suggèrent que l’épigénétique (et dans une moindre mesure la génétique) peut être affectée mystérieusement par l’environnement.

    … ça me donne une idée d’histoire de science-fiction, où des chercheurs découvriraient que l’espèce humaine se serait différenciée des primates ou des australopithèques à cause de tout un ensemble de matériel épigénétique ad-hoc venu d’on ne sait où, « piochant » dans la « banque » de l’ADN d’origine juste les briques qu’il faut, dans l’ordre requis, pour produire homo sapiens… et ils passeraient le reste du roman à découvrir d’où exactement tout en se battant contre je ne sais quelles conspirations obscurantistes ou illuminées. Peut-être que Raël financerait l’adaptation en film ? 😀

    Enfin bref… L’information épigénétique « manquante », par où passe-t-elle d’une génération à l’autre, et d’où vient-elle ? Si votre thèse donne la réponse ou des pistes, je la parcourerai avec plaisir ! Quoi qu’il en soit, merci d’avoir pris le temps de vous pencher sur mes élucubrations 🙂

  12. Zapatero says:

    « Mais le coeur de mon histoire de “revanche de Lamarck”, c’est que certains résultats expérimentaux suggèrent que l’épigénétique (et dans une moindre mesure la génétique) peut être affectée mystérieusement par l’environnement. »

    Ce serait une revanche si Lamarck avait parle de developpement… et pas d’evolution. C’est une revanche de tous ces chercheurs qui se sont obstines a dire que NON, tout n’est pas genetique, tout n’est pas predetermine du stade oeuf a la mort.

    « Ca fait effectivement beaucoup d’obstacles ! »

    Oui, mais je vous repete, voila l’avenir, et ne le dites pas trop fort car c’est mon futur nobel price…

    (cellule somatique > iPS > gamete) tout ca in vivo, et le tour est joue!

    Malheureusement ma these donne pas de reponse, ni meme des pistes, a ce sujet evolutif. Au sujet developpementale oui, sans doute.

    Merci a vous pour cet espace de liberte!

    D’ailleurs, j’attends avec impatience votre entree sur le G20+2, dont moi, le grand president de l’Espagne, huitieme puissance economique au monde, ole!

  13. jesrad says:

    Ne Cede Malis Productions prépare une nouvelle série télé. Ce devrait être un « cross-over » entre « l’homme qui croyait avoir des milliards » et la seconde saison des Super-Zéros 😉

    « Ce serait une revanche si Lamarck avait parle de developpement… et pas d’evolution. »

    Oui, oui… je voulais dire que les résultats suggèrent une hérédité de certains caractères acquis, c’est ça qui entrouvre la porte à Lamarck. Il va de soi que ce que l’on sait déjà sur l’évolution des espèces par sélection naturelle n’est pas remis en cause, c’est bien parce que la girafe naît avec un cou plus long qu’elle va se nourrir de feuilles plus hautes, au lieu de l’inverse, mais il y a d’autres types de pressions environnementales qui, peut-être, s’invitent dans le processus de l’évolution…

  14. Mucharaziv says:

    et si je tire mon sexe pour le rapprocher du plafond chaque jour, mon fils va naitre avec un sexe de cheval ??

  15. Zapatero says:

    Tout ce qui est tiré, améliore les qualités sexuelles
    😉

  16. jesrad says:

    Oui. Exercez-vous dès maintenant. Avec des poids de 20 kilos, de préférence 😉

  17. Zapatero says:

    Soyez pas pedofile mr. Jesrad…

  18. Zapatero says:

    Et je crois que je voulais dire « tout ce qui est tirer » et non pas « tiré »

    Je vous jure de faire un effort des le prochain commentaire et de mettre des (quelques) accents…

  19. jesrad says:

    Et hop, c’est au tour du Technology Review du MIT de poser la même question d’une possible revanche de Lamarck, grâce à une expérience montrant chez des souris le caractère héritable de capacités cognitives acquises par l’exercice.

  20. martin says:

    Bonjour

    Ce qui se dit ici est intéressant, mais je trouve qu’il manque une référence importante.Il semblerait que l’immunologiste Edward.J steele ait montré qu’il existe une transcription inverse capable de passer la barrière de Weissman et de modifier l’ADN.Issue de l’environnement, la modification devient cependant héréditaire. Exit l’épigénèse. Spadafora et Fogarty ont poursuivi dans la même direction.

    Si tout ceci n’est pas une fable, le retour de Lamarck est massif

    Dominique

    PS: voir aussi Amzallag sur E.Coli / lactose –

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