Le Miracle est annulé, circulez.

Les êtres humains sont physiologiquement disposés à croire ce qui les arrangent, surtout au sujet de ce qu’ils ne comprennent pas.

Cette semaine, et surtout aujourd’hui, on aura tout entendu, même le plus grotesque. Ainsi, les marchands de promesses et les injecteurs fous de confiance et de dettes en sont arrivés à dire que « l’élection américaine stabilisera les marchés ». Le bond de +9% à Paris fait dire à d’autres que « ça y est », le rebond « inévitable » est là, et que les cours vont « remonter très fort ».

Désolé, la fête est reportée, le miracle est annulé, circulez, y a rien à voir. Remballez les cotillons, les drapeaux et allez remiser le champagne à la cave, le Grand Cirque Maxime Pipeau ne fera pas de représentation.

Nous sommes très loin d’en avoir fini. La liste des dominos est longue, et c’est à présent au tour des fournisseurs de cartes de crédits de morfler, suivis de près par les hedge funds qui seront laminés par les appels de marge à venir. Le marché chinois n’a pas encore intégré l’énorme ralentissement économique mondial, et reste coincé sur ses prévisions sur-optimistes de l’année dernière. Et même quand on aura touché le fond, ça ne remontera que péniblement.

Et pendant ce temps, que font nos clowns gouvernementaux ? Ils jurent, sans rire, de multiplier l’argent sans faire monter les prix, ils promettent sans sourciller de réglementer et d’intervenir toujours plus sans engendrer de bureaucratie ni de gaspillages, ils affirment sans trembler qu’ils vont augmenter les dépenses publiques sans priver du même coup l’économie des fonds dont elle a besoin pour redémarrer.

L’inflation monétaire sans inflation des prix, la régulation sans la bureaucratie, les dépenses sans les déficits… Et pourquoi pas une petite pipe gratos tant qu’on y est ?

C’est bien du contraire qu’on a besoin ! Il nous faut, tout de suite, plus de stabilité monétaire, moins de dépenses publiques, et moins de bureaucratie. Et que l’état arrête de nous tripoter. Mais comme ce programme de bon sens est synonyme de libéralisme et de réduction du pouvoir des hommes de l’état, ces derniers ne nous le donneront jamais de leur plein gré…

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

6 Responses to Le Miracle est annulé, circulez.

  1. Martini says:

    « L’inflation monétaire sans inflation des prix, la régulation sans la bureaucratie, les dépenses sans les déficits… »

    Sans oublier les financements tous azimuts sans avoir le moindre milliard.

  2. BastOoN says:

    Mais jusqu’où le renard peut-il exhorter les poules à se faire plumer, rôtir et servir leurs consoeurs sur un plat d’argent pendant qu’on y est ?

    Ce qui est difficile à comprendre, c’est s’il s’agit d’incompétence brute et crasse (mais depuis le temps, ils n’auraient vraiment retenu aucune leçon ?) ou bien simplement de logique courtermiste et cynique.

    On pourrait penser que cette dernière est inhérente à la structure étatique, mais celle-ci sous-tend quand même une certaine « reproduction des élites ». Attention, j’entends bien des élites technocratiques qui connaissent l’appareil et se renvoient l’ascenceur dans des cénacles extremement clos ; pas les élites économiques qui globalement ne se reproduisent pas (sauf quand l’entreprise est tenue par des pantins inféodés).

    Bref, dans cette logique, laisser la siutation pourrir complètement voire l’aggraver consciemment, c’est un peu se tirer une balle dans le pied quand même (enfin, tirer une balle à ses amis ou progénitures ou parti…).

    Mais bon, ce doit être de la connerie alors !

  3. LMAE says:

    L’Etat emprunte (à qui ?? en faisant tourner la planche à billet ?) pour donner aux banques, qui lui prête de l’argent.
    On a vite fait de comprendre que ça tourne en rond…

    A propos aux USA, l’équipe Obama s’apprête à nationaliser les 401(k), c’est à dire la retraite par capitalisation en partie exonérée d’impôts. Tout ça pour financer une sécurité sociale qui investirait en bons du trésor au rendement de 3% « garanti »…

  4. jesrad says:

    Bah, avec l’hyper-inflation qui se prépare aux USA, son plan est mort-né.

  5. ST says:

    @LMAE : à propos de la nationalisation des 401k aux US, je ne sais pas où tu as vu (lu) ça, mais ça me paraît fumeux (un lien ?). Actuellement, Obama et McCain au contraire rivalisent de propositions pour limiter les prélèvements et taxes sur les retraits anticipés d’argent de ces comptes théoriquement bloqués et à terme (sauf très forte pénalité) afin de permettre aux américains qui le souhaitent de récupérer une partie de leur mise. Les Etats-Unis ne sont pas l’Argentine : nationaliser l’épargne conduirait invariablement à une révolte armée. Et l’Etat américain n’en a pas besoin, il est devenu maître dans l’art de manier les déficits et la planche à billet pour éviter toute appropriation directe de l’argent du contribuable. En outre, ce genre de manoeuvre est le fait de gouvernements acculés qui n’ont plus d’autres marge de manoeuvre financière, notamment ceux qui sont dans l’incapacité manifeste d’emprunter.

    C’est loin d’être le cas de l’Etat Fédéral américain. Sa capacité d’emprunt est loin d’être épuisée si on la compare aux Etats Européens par exemple. En effet si la dette de l’Etat aux US est autour de 60-65% du PIB, comme chez nous, il faut savoir que la moitié de cette dette, il la doit … à lui même. En effet près de la moitié de la dette est dûe par le gouvernement fédéral au Social Security Trust Fund qui a accumulé des cotisations afin de payer les retraites et les soins de santé des futurs retraités américains. Si l’Etat américain annule sa dette vis à vis du Social Security Trust Fund (qui est un progamme fédéral, donc vis à vis de lui-même), les Etats-Unis se trouvent simplement dans le même cas de figure que nos pays avec des systèmes de retraites par répartition : aucun argent mis de coté, et c’est aux cotisants du moment de payer les retraites du moment. Je dis pas que c’est une situation enviable, ni souhaitable, mais si on prend en compte cette donnée, la réalité de la dette de l’Etat Fédéral américain vis à vis de tiers extérieurs n’est que de l’ordre de 30% du PIB. Toute chose étant égale par ailleurs, l’endettement de l’Etat Fédéral américain est presque deux fois moindre que les nôtres.

    Des doutes ? jetez un oeil à ça.

    Oui vous ne rêvez pas : dans la comptabilité publique américaine, on intègre dans la dette de l’Etat le fait qu’il doit de l’argent au Federal Employee Retirement Fund (ce qui veut dire que l’Etat américain provisionne les retraites de ses fonctionnaires … ça fait rêver, hein ?) etc etc …

    Et aux US, même ce chiffre qui intègre toutes ces choses que nous n’intégrons pas est jugé par beaucoup insuffisant et trompeur : nombreux sont ceux qui parlent et calculent les « unfunded obligations », c’est à dire qui cherche a déterminer ce qui devrait être provisionné pour pouvoir payer les futures retraites et soins de santé au niveaux promis aujourd’hui, sur les 30 ou 50 prochaines années. Le genre de calcul totalement proscrit en France.

    Ce qui me fait rire (enfin, facon de parler), c’est que cette situation entraîne aux USA des cris d’alerte, des livres à foison, un compteur alarmiste sur grand écran à Times Square et même un film (I.O.USA), alors que chez nous … et bien tout le monde s’en fout.

    Tout ça pour dire qu’en y regardant de plus près, la marge de manoeuvre de l’Etat Fédéral américain vers l’endettement et le socialisme reste nettement plus large qu’en France, et qu’ils n’en sont pas encore à nationaliser les comptes-épargnes retraite de leurs concitoyens. Par contre ici, d’ici un ou deux ans … si l’effet ciseau joue à plein … je ne jurerai de rien.

    Sinon, pour revenir à l’article de Jesrad, face aux discours absurdes des politiciens qui nous gouvernent et qui cachent mille et une manoeuvres pour socialiser les pertes de la crise financière, je suis frappé de voir outre-atlantique des commentateurs sérieux sonner une tentative de contre-offensive, en exhortant les américains prudents et raisonnables à … arrêter de payer les traites de leur maison (quelle que soit leur situation financière). Que ce soit ici ou ici, ce ne sont pas des boutades, mais de sérieux conseils, expliqués et argumentés, partant du principe que celui qui continuera à payer ses traites sans broncher finira par payer sa maison ET celle de son voisin qui lui aura commis l’imprudence de se surendetter ET les primes de Wall Street qui se sucre sur l’argent des recapitalisation de Paulson.

  6. jesrad says:

    Arrêter de payer les intérêts de crédits immo, si ça peut compenser l’argent public versé à ces banques, pourquoi pas finalement… C’est jamais qu’une façon de récupérer les impôts qu’on va devoir payer pour ces « plans » de « refinancement ».

    En plus ça reste droit dans la ligne de conduite du gouvernement et des banques: puisque ceux qui sont en cessation de paiement sont renfloués aux frais des autres, il y a une « récompense » publique à la banqueroute doublée d’une « punition » de la solvabilité. Autant en profiter soi-même que d’en être victime.

    Par contre ça fait le jeu de la collectivisation du crédit… Idéalement il faudrait continuer à payer les traites, mais en les versant le plus directement possible aux titulaires de comptes-épargne et d’actions. Bah, dépenser cet argent directement pourrait avoir un effet suffisamment proche !

    Et sur la dette US, merci pour ces précisions !

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