Dérégulation mon cul!

Le mythe de la « déreglementation libérale » a la vie dure… Heureusement Vincent Bénard veille et rappelle les faits, les noms, les dates et les chiffres de l’hyper-réglementation financière aux USA, ainsi que leurs effets dans la crise.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

51 Responses to Dérégulation mon cul!

  1. Mateo says:

    Alors ça y est Jesrad, fan de Vincent? Depuis le temps que je (te) cite ses articles 😛

  2. Mateo says:

    Plus sérieusement, c’est complètement dingue que tout le monde, médias, hommes politiques, piliers de bar etc., disent tous À L’UNANIMITÉ, que le système financier est de plus en plus dérégulé alors que les faits montrent au contraire qu’il n’a jamais été autant régulé…

  3. Adrian says:

    C’est la France.

  4. julito says:

    Si seulement ça ne se passait qu’en France… mais c’est une pandémie mondiale ! En Australie, en Irlande, à Hong Kong, en Chine, au Royaume-Uni, à Dubai, au Canada, partout !

    Dans le monde entier, politiques, médias et populace affirment tous dans une unanimité quasi symbiotique que cette crise est due à un système financier trop dérégulé, un capitalisme sauvage et désordonné qu’il faut rapidement mettre au pas et organiser sous la tutelle bienveillante de nos élites gouvernementales et supra-gouvernementales. Même de soi-disant libéraux (en tout cas perçus comme tels par la majorité de l’opinion) en rajoutent une couche : Madelin, Greenspan, Buffet… sans compter ces bloggeurs libéraux (Cacommo…) qui font leur mea culpa d’avoir cru en le marché libre.

    Sérieux, ça fait vraiment peur ! Ce ne sont pas des temps faciles pour les quelques personnes de raison qui ont la lucidité de voir ce qui déconne vraiment en ce bas monde.

  5. jesrad says:

    « Alors ça y est Jesrad, fan de Vincent? »

    Complètement. On aurait tort de se priver de s’appuyer sur un tel travail de documentation et d’analyse.

    « Même de soi-disant libéraux (en tout cas perçus comme tels par la majorité de l’opinion) en rajoutent une couche : Madelin, Greenspan »

    Je t’arrête tout de suite: Greenspan n’a jamais, de sa vie, été libéral. Jamais. C’est le mec qui a sauvé la Social Security en 1982 en augmentant les taxes. C’est le type qui, d’une main, baisse les taux d’intérêts, et de l’autre ose se plaindre publiquement de l’inflation. Le mec qu’Ayn Rand appelait à raison « le Fossoyeur » parce qu’il ne croyait, en réalité, absolument pas à la liberté. Il a toujours été en faveur des déficits et des impôts. La seule chose qu’il déplore vraiment, aujourd’hui, c’est de ne pas avoir gardé sa place à la FED pour pouvoir lui-même faire joujou sans aucune contrainte ni contrôle avec les 700 milliards du plan Paulson.

  6. Mateo says:

    Mais quand même comment de telles absurdités peuvent-elle devenir à ce point des réalités dans l’opinion de 99% des décideurs? Comment les gauchistes (car cette histoire de « dérégulation exacerbée » est née dans leur imagination à la base) peuvent-ils avoir une telle influence?

    OK, répétez 100 fois un mensonge et il deviendra réalité. OK, une majorité des médias penche plutôt à gauche. Et Gramsci a fait des émules…

    Mais quand même comment en arrive-t-on à une telle unanimité, dans un monde sensé être à peu près libre?

  7. jesrad says:

    « Mais quand même comment de telles absurdités peuvent-elle devenir à ce point des réalités dans l’opinion de 99% des décideurs? »

    D’une part, on ne sait pas vraiment ce qu’ils croient. D’autre part, c’est ce qui les arrange: s’il y a bien une chose sur laquelle la gauche comme la droite sont d’accord, c’est l’usage du pouvoir et se trouver des boucs émissaires.

  8. julito says:

    « Je t’arrête tout de suite: Greenspan n’a jamais, de sa vie, été libéral »

    Tout à fait d’accord avec toi (c’est pour ça que je disais « soi-disant libéraux »).

    N’empêche, quand ce type a fait son mea culpa, nombre de médias et politiques en ont tiré la conclusion qu’un des apôtres du marché libre battait sa coulpe et reconnaissait que le marché libre c’est pas top, etc . Greenspan n’est clairement pas libéral, mais mon point était que ce n’est pas ce que croit 99% de la population. Résultat, il est très difficile de faire entendre un autre message que celui du « tout État » pour résoudre la crise quand on entend ceux qui sont catalogués comme libéraux raconter le genre d’ânerie qu’a sorti Alan.

    Quand aux vrais libéraux, ils sont malheureusement peu audibles dans ce tintamarre, sauf pour les oreilles éduquées

  9. Bertrand Monvoisin says:

    Le Droit des Affaires est né de la pratique des commerçants, artisants, industriels, escompteurs, agriculteurs. Ensuite ces règles d’usage ont été compilées et codifiées dans le Code de Commerce, le Code des Sociétés, le Code des Baux Ruraux, le Code des Assurances…

    Les praticiens des affaires ont besoins pour l’exercice de leur métier de règles certaines, et ils n’ont pas attendu le feu vert de l’Etat pour se doter des règlements nécessaires à la pratique de leur profession. Les gens d’affaires préfèrent en cas de litige grave se tourner vers l’arbitrage plutôt que vers les institutions judicaires étatisées et endoctrinées par les syndicats de magistrats gauchistes.

    Greenspan est liberal, au sens américain du terme.

    Si autant de personnes croient à une prétendue dérèglementation c’est parce que les Français sont parfaitement ignare en économie. Ils confondent croissance et PIB, balance commerciale et balance des paiements ; ils ne sont pas foutus de faire la différence entre capitalisme et économie de marché. Cette inculture est accentuée par la propagande d’Etat et par l’influence de la gauche sur les institutions. Le bourrage de crâne appliqué de façon récurrente peut venir à bout de la majorité des esprits critiques : des individus intelligents ont cru aux vertus de l’économie planifiée et à la glorieuse URSS, alors imaginez les cons !

    Le mensonge commence en pervertissant le vocabulaire et la sémantique, exactement comme dans « 1984 ». En appauvrissant le vocabulaire on appauvrit la réflexion, car la réflexion a besoin de mettre des mots sur des concepts pour forger des axiomes et des réflexions. Faites une expérience simple, allez dans la rue et demander à un passant au hasard de définir certains termes économiques courants, admirez le résultat : mines contrites, bafouillages, regards gênés, explosion de colère (l’imbécile pris en état d’ignorance s’empourpre facilement). A partir du moment où la quasi-totalité de la population est ignarde en économie l’Etat peut lui faire gober n’importe quoi : des 35 heures aux hausses d’impôts. Le pire étant que cela agit comme une drogue dure, une fois accros certains particuliers exigent de telles mesures sans qu’on leur demande. Les shootés à la dépense publique et à la chaîne étatique réclament bien gentiment leur dose.

  10. Martini says:

    C’est pas le seul, Castro s’y est mis lui aussi 😀

  11. Geoffrey B says:

    Un des seuls hommes d’état qui renonce aux perversions sémantiques aujourd’hui c’est Hugo Chavez (Bienvenue au club des dirigeants socialistes Nicolas!), ça fait peur 😀

  12. Mateo says:

    @ Bertrand

    Tout à fait, je m’étais fait exactement les mêmes réflexions: pervertissement du sens des mots à la Orwell, et comparaison de l’Étatisme à une drogue.
    A ce propos, comme dans le cas d’une drogue addictive, lorsqu’on arrête de fournir sa drogue au drogué, la réaction est très dure pour lui et son entourage.
    C’est ce qu’il se passerait aujourd’hui si on arrêtait du jour au lendemain l’État providence: l’économie serait dans un premier temps durement touchée (une économie ne se restructure pas en un jour) et les réactions pourraient être très violentes de la part des « state-aholics »… Ils feraient tout et n’importe quoi pour se procurer leur dose.

    Autre analogie avec la drogue: les doses nécessaires ne peuvent qu’augmenter, le drogué en demande toujours plus.

    Et il ne faut pas croire que le plongeon dans la misère et la déchéance sociale suffise à faire réagir le drogué: plutôt que d’ouvrir les yeux sur l’État déplorable de l’environnement qu’il a créé, il va jalouser le monde extérieur et demander que l’on s’attaque à ce monde extérieur si injustement plus riche…

  13. jesrad says:

    Je ne crois pas que l’étatisme soit une drogue. Il suffit de voir comment les situations britanniques, néo-zélandaises et estoniennes ont évolué pour saisir que l’étatisme est plus exactement un « doudou ». Les gamins ont peur qu’on leur retire leur doudou, une peur irrationnelle illustrée de fantasmes catastrophistes (et probablement misérabilistes), et finalement, quand ils le perdent pour de bon, ils se rendent compte tout à coup que tout va bien, qu’ils peuvent exister par eux-même et se mettre à grandir.

  14. Bertrand Monvoisin says:

    @Mateo je vous conseille la lecture de « Petite histoire de la désinformation » de Vladimir Wolkoff aux édition du Rocher, un vrai chef-d’oeuvre amusant et concis.

  15. pascalou du 13 says:

    En attendant des millions de personnes ont tout perdu dans cette crise,et d’autres sont sur le point de tout perdre,mais qui sont les responsables de ce désastre?je ne pense pas que ce soit Chavez/Castro ou encore moins les travailleurs,dites moi j’aimerais comprendre,je ne suis pas un spécialiste d’économie,mais je crois avoir eu du bol de trouver ce blog, vous allez j’en suis sûr me donner une réponse.Je me trompe peut etre,mais j’ai l’impression qu’ici,on monte plutot aux cieux ceux qui spécule et boursicote .Après tout pourquoi pas,vous defendez peut etre vos actions en bourse encore cotés.

  16. militant du 13 says:

    Vive la dérèglementation !

    Il est bien connu que les règlements nuisent aux capacités d’adaptation des entreprises et empêchent les prix de baisser. Plus les prix sont bas, plus il sera possible de vendre. Plus l’on vendra, plus l’on pourra embaucher.
    Ce raisonnement est appliqué avec succès en France dans le domaine du transport aérien. Lorsqu’on ouvre une ligne à la concurrence les prix des trajets ont tendance à chuter et le service à s’améliorer. On peut également noter que le trafic augmente. Mais première contradiction avec le paragraphe précédent: le nombre total d’employés chute.
    C’est dommage, pour les emplois, mais heureux pour les consommateurs. Avec une meilleure productivité les prix sont plus bas. Les salariés d’Air France font grève sur grève. Ils disent défendre le service public mais en fait ils gênent le client. Le client n’est-il pas le roi ? Ne doit-on pas tout faire pour le satisfaire ?
    A être aussi haut le client pourrait tomber, aussi bien au sens propre qu’au sens figuré. En effet tout à un coût. Ce que le client gagne sur le prix du billet il le perd pour sa propre sécurité et pour la sécurité des habitants des zones survolées.
    Aux Etats Unis, pays précurseur dans la dérèglementation, on peut constater, comme le soulignait une commission d’enquête du Sénat américain, les effets dévastateurs d’une telle politique. Des compagnies aériennes recherchent la baisse des coûts et ferment les yeux sur leurs achats de mauvaises pièces de rechange. Certaines pièces sont des contrefaçons fabriquées avec des matériaux de mauvaise qualité, d’autres portent de faux labels, n’ont pas été correctement contrôlées ou ont été rejetées comme défectueuses et utilisées quand même. Cette manière d’agir s’étend. Et ça vole, pour la satisfaction de tous ! Sauf, peut-être, pour les quelques familles des passagers de ces avions qui se sont écrasés.
    Selon des dirigeants du Bureau international de la sécurité l’utilisation de pièces défectueuses explique une dizaine d’accidents. On peut citer par exemple, le cas d’un avion Conver norvégien, construit aux Etats Unis, qui s’est abîmé en mer à cause d’une pièce non agréée. Conclusion: 52 morts.
    Et dans ces accidents qui est responsable ? Le mécanicien qui aura obéit aux ordres, le directeur de la compagnie qui clamera ne rien connaître à la mécanique, le client qui n’aura pas voulu comprendre le sens des grèves du personnel ? Les responsables de l’État qui ont favorisé la dérèglementation? Il y a des chances que la faute incombe au mécanicien. C’est lui le professionnel, c’est lui qui savait. Peu importe si l’on n’a pas voulu l’écouter lorsqu’il faisait grève. Il sera puni… et un autre avion tombera. Vive la dérèglementation ! Le billet est moins cher!
    On peut multiplier les exemples où le libre échange en s’attaquant à la réglementation menace non seulement la vie humaine mais aussi la vie sur Terre. Mais dans notre société des voix s’élèvent pour lutter contre cette théorie néfaste.
    La terminologie libre échange est tendancieuse : qui serait contre la liberté ? Je propose d’utiliser plutôt l’expression commerce international dérèglementé afin de ne pas oublier que la dérèglementation n’est pas toujours une bonne politique: l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur les routes économise les vies humaines; supprimer les réglementations serait néfaste. Ayant enseigné la doctrine du libre échange à l’université, je la considère avec bienveillance, mais le goût des économistes pour les résultats logiques, au mépris des faits, est devenu si fanatique que notre profession menace la Terre et ses habitants.

  17. jesrad says:

    « qui sont les responsables de ce désastre?je ne pense pas que ce soit Chavez/Castro ou encore moins les travailleurs »

    C’est une excellent question ! Et, non, ce n’est en rien la faute ni de Chavez, ni de Castro, ni des travailleurs (sauf une partie d’une catégorie de travailleurs: ceux qui travaillaient dans la finance – je vais y revenir).

    Le cœur du problème de la crise, l’excès d’investissement dans des crédits hypothécaires américains, est un « classique » problème de… subvention du crédit ! Le gouvernement fédéral américain, à travers son Trésorier (baisse des taux d’intérêts entre 2001 et 2006) a ouvert grand les vannes du crédit et l’a dirigé, grâce à des législations spécifiques (CRA, FIRREA, SOX et les dispositions spéciales de Clinton en 1995), dans le marché du crédit hypothécaire.

    Le plus gros apport, de loin, du gouvernement fédéral à ce marché a été sa garantie de Fannie Mae et Freddie Mac: en mettant le trésor Fédéral derrière ces entités, il n’y avait « plus de risques » puisque l’état les prenait tous en charge ! Et hop, les financiers ont suivi, se rendant complices et donc également responsables… en toute légalité, en suivant la volonté politique affichée !

    Donc, il est possible d’établir une liste de « coupables »:
    – Alan Greenspan, pour avoir manipulé les taux d’intérêts
    – Ben Bernanke, son successeur à la FED, même raison
    – George Bush père, pour avoir signé le FIRREA qui obligeait Fannie Mae et Freddie Mac à consacrer une large part de leurs fonds aux crédits « subprime »
    – Bill Clinton, qui a créé la législation permettant à des groupes de pression d’obliger les banques à offrir des crédits immobiliers à des insolvables lors de la révision du Glass-Steagall Act (dont les dispositions ont pour l’essentiel simplement été transférées vers une nouvelle loi)
    – Henry Paulson, secrétaire aux finances, et pousse-au-crime numéro 1
    – George Bush fils, pour avoir signé l’acte SOX d’hyper-réglementation avec ses dispositions spéciales exprès pour permettre à Fannie Mae et Freddie Mac à continuer d’engranger des crédits pourris pour continuer d’arroser les insolvables des minorités américaines
    – les députés démocrates qui, en 2002 puis 2004 ont refusé de réviser les status de Fannie Mae et Freddie Mac en prétendant qu’il n’y avait AUCUN risque de faillite ou de crise
    – Joseph Stiglitz, qui a fourni le rapport aux démocrates expliquant qu’il y avait « 1 chance sur 500 000 au pire » que Fannie Mae et Freddie Mac deviennent insolvables, et sur lequel ils ont basé leur décision
    – tous les cadres de banques et assurances ayant accepté l’argent du « Bailout », car c’est à la fois de la fraude envers leurs clients et actionnaires, et du vol des contribuables

    La liste n’est pas exhaustive…

  18. jesrad says:

    « Il est bien connu que les règlements nuisent aux capacités d’adaptation des entreprises et empêchent les prix de baisser. »

    La réglementation n’empêche pas nécessairement les prix de baisser, mais elle permet aux entreprises déjà établies de profiter de leur position pour « verrouiller » leur situation. On trouve de très nombreux exemples de réglementation ayant permis à un gros acteur économique d’évincer sa concurrence.

    Les réglements qui ne défendent pas les droits naturels de chacun sont forcément illégitimes, et ce sont ceux-là qui nuisent au marché comme au bien-être de tous.

    « Lorsqu’on ouvre une ligne à la concurrence les prix des trajets ont tendance à chuter et le service à s’améliorer. On peut également noter que le trafic augmente. Mais première contradiction avec le paragraphe précédent: le nombre total d’employés chute. »

    De même quand on invente de meilleurs outils pour creuser des trous, songez au nombre de gens qu’on aurait pu payer à creuser avec des pelles et des pioches, à l’ancienne ! Et imaginez si on leur donnait à la place des petites cuillères ! Combien de maçons on embaucherait si on passait une réglementation leur obligeant à travailler une main attachée dans le dos !

    Ne confondez pas richesse et emploi… Au contraire, on s’enrichit si on obtient plus de richesse (le produit du travail) avec moins d’efforts, et moins d’efforts peut vouloir dire moins d’employés.

    Le vrai problème, ici, c’est de trouver un nouvel emploi pour ceux dont on économise les efforts… et là, toutes les lois qui empêchent le plein-emploi sont autant d’obstacles, trop souvent insurmontables 😦 Je pense que l’absence de sélection à l’université empêche aussi beaucoup d’ex-travailleurs de retourner à la formation, en épuisant toutes les places disponibles à la faveur des jeunes (ah, l’incontournable diplôme… et plus le chômage augmente, plus le diplôme est pris pour une bouée de sauvetage… et la situation globale empire)

    « Aux Etats Unis, pays précurseur dans la dérèglementation, on peut constater, comme le soulignait une commission d’enquête du Sénat américain, les effets dévastateurs d’une telle politique. Des compagnies aériennes recherchent la baisse des coûts et ferment les yeux sur leurs achats de mauvaises pièces de rechange. Certaines pièces sont des contrefaçons fabriquées avec des matériaux de mauvaise qualité, d’autres portent de faux labels, n’ont pas été correctement contrôlées ou ont été rejetées comme défectueuses et utilisées quand même. Cette manière d’agir s’étend. Et ça vole, pour la satisfaction de tous ! Sauf, peut-être, pour les quelques familles des passagers de ces avions qui se sont écrasés.
    Selon des dirigeants du Bureau international de la sécurité l’utilisation de pièces défectueuses explique une dizaine d’accidents. On peut citer par exemple, le cas d’un avion Conver norvégien, construit aux Etats Unis, qui s’est abîmé en mer à cause d’une pièce non agréée. Conclusion: 52 morts. »

    Il se trouve que je connais un peu le monde de l’aéronautique. Contrairement à ce que vous racontez, les problèmes de pièces contrefaites n’est pas du tout une question de réglementation ou déréglementation, ni de recherche de rentabilité. De plus jamais aucune loi autorisant les avionneurs et compagnies aériennes à utiliser de mauvaises pièces n’a été passée ni aux USA ni dans aucun pays occidental !

    Un accident d’avion est, en plus d’une tragédie humaine, une grave catastrophe financière pour n’importe quelle compagnie aérienne. Avez-vous une idée du coût des indemnisations si leur responsabilité se trouve engagée même de manière minime (ce qui est régulièrement le cas) ?

    En fait, l’industrie du transport aérien est plutôt un bon exemple du bon sens du libéralisme: les états garantissent absolument les droits fondamentaux de chacun (indemnisations lourdes en cas de crash) et laissent, pour l’essentiel, les compagnies aériennes écrire elles-mêmes les réglementations qui définissent comment bien faire leur métier – dans le cadre des droits fondamentaux mentionnés. Pour s’assurer que les pièces qu’elles utilisent sont bien ce qu’elles croient être, mais aussi que les pilotes sont bien formés, que le travail des mécaniciens est bien fait, et que les compagnies auxquelles elles s’adressent pour sous-traiter respectent bien les règles qu’elles ont établies, elles font appel à des enquêteurs et des garants tiers, indépendants (e.g. Véritas).

    L’utilisation de pièces contrefaites se fait, pour autant que je sache, en dépit des règles existantes, et donc en dépit des droits fondamentaux de chacun. Empiler des réglementations ne sert à rien, ce serait comme rendre une seconde fois illégal le braquage à main armée. S’il y a un problème, c’est dans l’application de ces règles, pas un manque ou une inadéquation de règles. Et ça, il me semble que c’est le boulot des gouvernements (mais croyez-moi, si les compagnies aériennes pouvaient faire appel à des tiers indépendants plutôt qu’à eux, ils le feraient aussi dans ce domaine – trop souvent les gouvernements sont source de corruption, de conflit d’intérêt et de déni de droit).

    Bref, n’allez pas croire que le libéralisme se réduise à la recherche du profit. C’est tout autre chose, le libéralisme est avant tout la recherche du respect des droits de chacun, les mêmes droits pour tous, au détriment du pouvoir (qui est trop souvent, si ce n’est tout le temps, la capacité à nier les droits de certains). L’enrichissement est simplement permis par le libéralisme quand il ne se fait pas en agressant / volant / trompant autrui.

    Mais lisez donc une petite discussion passée sur le même sujet, où l’on distingue la régulation (l’application des droits de chacun) de la réglementation (qui peut très bien aller à l’encontre de nos droits).

  19. jesrad says:

    « l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur les routes économise les vies humaines; supprimer les réglementations serait néfaste. »

    Je vous invite à lire ceci. Supprimer la signalisation, les barrières, les limites de vitesse, etc. permet de réduire très fortement (de l’ordre de -60%) les accidents et le nombre de victimes. S’appuyer sur la responsabilité individuelle est de très loin la meilleure solution pour défendre les droits de chacun.

  20. BastOoN says:

    A titre personnel, j’ai habité de nombreuses années dans un quartier de la bonne ville d’Arcueil (mairie communiste à l’époque) avec très peu de signalisation routière.

    Résultat, des accords tacites et conventions se sont mises tranquillement en place (parking, priorité…)

    Seulement voilà, un beau jour, au bout d’une route du quartier (isolé) qui relie au reste de la ville, paf ! un accident. Un seul en une dizaine d’années.

    Et voilà la Sécurité Routière de débarquer avec tout son attirail et suite à de savantes déductions, de foutre des panneaux de sens interdit partout (donc plus de double sens, très chiant), des places de parking marquées et autres signalisations.

    Résultat, conflits, engueulades et surtout, beaucoup plus d’accidents au même endroit (enfin, décalés une rue plus loin) en beaucoup moins de temps.

    Le seul avantage que j’ai pu tirer de cette situation fût d’utiliser avec mon frère ces beaux panneaux tout neufs comme autant de paniers de basket.

    Je crois que c’est la première fois que j’ai pris conscience des méfaits de la réglementation.

  21. pascalou du 13 says:

    Merci pour votre réponse,entierement d’accord avec les noms que vous citez,ils ont en effet une grande part de responsabilité avec cette crise financiere devenu après coup crise économique,mais je vous pose une question je suis peut etre borné ou très mauvais en économie,mais les hommes que vous citez non rien en commmun avec le collectivisme ni encore moins avec le socialisme,alors vous les situez ou?j’ai aussi lu votre histoire du renard,des poules et du poulailler,très bonne exemple pour ce que vous defendez,le renard est censé être l’état,les poules: les entreprises/patronat,le poulailler: la régulation/prison ou le piège,mais dans votre exemple vous oubliez l’acteur principal le travailleur que vous auriez pu appeller le « poussin » à qui vue sa taille et surtout sa naiveté sera avalé tout cru par les prédateurs libres de pouvoir circuler aussi bien dans le poulailler laissé ouvert que dans la nature en se remplissant sans trop de problème leurs panses.

  22. jesrad says:

    « mais les hommes que vous citez n’ont rien en commmun avec le collectivisme ni encore moins avec le socialisme »

    Il n’y a pas que le socialisme qui soit un collectivisme. Le racisme en est un autre, et le nationalisme aussi. Et il n’y a pas que le collectivisme qui soit problématique.

    Par exemple, Alan Greenspan, Ben Bernanke, Henry Paulson, George Bush père comme fils, et Joseph Stiglitz défendaient l’intervention de l’état comme « source de vertu financière ». C’est une forme d’intervention non-collectiviste, moralisante et paternaliste, qui finit souvent (si ce n’est toujours) en conflit d’intérêt et en aléa moral… Nicolas Sarkozy aussi agit dans cette voie en France (on parle généralement de « droite bonapartiste »), d’ailleurs il a « importé » le mécanisme des subprimes avec garantie d’état, au début du mois, avec la création de « Fergie Ass », la FGAS !

    Dans le cas de Bill Clinton (et dans une moindre mesure Jim Carter, qui a fait passer le CRA à l’origine) comme avec les députés démocrates, on retrouve bien du socialisme: la volonté politique obligeant par la loi les banques à fournir leurs services aux minorités. On le voit bien dans les vidéos (youtube à la rescousse) des débats sur le sujet, étalés de 2002 à 2004: ils insistent sur l’importance politique de « l’assistance » aux minorités que constitue le programme entier de soutien au crédit hypothécaire.

    (merci d’avoir lu l’histoire des poules tout en gardant votre sens critique en alerte 🙂 )

  23. deniau du 13 says:

    Votre défense du libéralisme Jesrad, elle me fait penser à la défense du marxisme par Althusser qui disait que ce n’était pas le marxisme qu’il fallait condamner, mais son interprétation par les communistes.
    Ainsi, ce qui est condamne aujourd’hui ce serait non le libéralisme mais son interprétation par Greenspan et Compagnie?

  24. jesrad says:

    Greenspan et compagnie ne sont pas libéraux, et à ma connaissance les libéraux n’ont pas attendu la crise pour se plaindre d’eux (voir à cet égard la virulente campagne de Ron Paul contre la FED).

    Et merci aussi de faire ce charmant parallèle entre marxisme et libéralisme. C’est évident qu’on peut comparer sans le moindre cynisme ni la moindre arrière-pensée une idéologie qui a affamé, séquestré et massacré des dizaines de millions de gens avec une doctrine qui ne garantit pas contre la venue d’une crise financière tous les 80 ans (surtout quand on ne l’applique pas).

  25. Martini says:

    Je remets ici ce que j’ai eu l’occasion de rappeler à d’autres dans votre genre:

    Au fait, qu’est-ce que c’est que la censure ? C’est empêcher quelqu’un de faire usage de liberté d’expression. Et qu’est-ce que la liberté d’expression ? C’est une des innombrables formes d’usage légitime de la propriété privée: on peut écrire ce que l’on souhaite sur son propre papier, dire ce que l’on veut dans son micro à soi, etc. tout comme on use comme on le souhaite de ses autres biens.

    Eh oui, la censure, ça marche aussi comme ça, surtout dans un régime communiste: en théorie les moyens d’expression (sous-catégorie des moyens de production) n’appartiennent à personne en particulier, mais ça n’empêche pas la classe dirigeante de les monopoliser dans son seul intérêt, empêchant ainsi grâce à la pénurie toute expression non-autorisée.

    Par exemple, on pourrait parler de censure si aucun blog n’appartenait à quelqu’un en particulier, et qu’à chaque fois que vous voudriez poster un commentaire ou un article on vous dirait “attends ton tour, camarade, pour l’instant c’est au camarade Shekov de s’exprimer”. Alors que, grâce au libéralisme persistant encore malgré tout dans nos contrées, vous pouvez être propriétaire d’un blog à vous où personne ne vient limiter votre liberté d’expression, sans que vous puissiez commettre vous-même de censure en empêchant la libre expression d’un autre sur son blog à lui (par exemple, oh, en monopolisant l’espace commentaire de son blog dans votre intérêt).

  26. deniau du 13 says:

    Bravo ce blog commence à etre interessant,donc pour comprendre cette crise partie des prets subprimes, il faut se demander pourquoi ces prets ont été créés.
    Répondre à cette question c’est comprendre bien des causes à la crise actuelle. Ces prets ont été créés car beaucoup de gens n’avaient pas accès aux prets classiques qui necessitent un controle de solvabilité.
    Pourquoi alors etait ce si important de rendre proprietaire ces gens? Trop nombreux à ne plus participer suffisamment à l’economie car deja tres endettés, il sont pourtant un gisement de croissance et d’emploi. Pourquoi y a t il autant de gens insolvables alors qu’on annonce chaque année des records de fortunes, de millionnaires et une progression salariale moyenne ? Ne s’agit il pas de l’aboutissement de l’appauvrissement de plus en plus de gens, d’une mauvaise reparition des richesses qui fait que le liberalisme a épuisé une part importante de consommateurs…
    Ces prets subprimes sont des prets usuriers qui avaient une probabilité très faible d’etre remboursés, c’est deja une premiere aberation de ce mecanisme liberal. En cela, 2006 n’est pas seulement une baisse du prix de l’immobilier mais le resultat de la structure du pret subprime à savoir 2 ans à faible taux puis une forte augmentation. Ces prets se sont repandus de 2003 à 2006 de manière exponentielle, 2006 correspondait à l’arrivée à echeance des 2 ans d’un grand nombre de prets.
    La baisse du prix des logements peut deja etre considerée pour partie comme une premiere consequence des defauts de remboursements des prets subprimes. D’autre part, les prets (à la consommation et pas immobilier) consentis sur la base des plus values virtuelles d’un logement en cas de revente, ont rendus insolvables les emprunteurs du fait de la baisse des prix. Ce 2e mecanisme liberal visant à faire consommer des gens de maniere deraisonnable est ineluctablement voué à la catastrophe.
    Ne voir que des problemes de taux managés par M. Greespan pour contrer les crises, c’est mettre des oeilleres sur des indicateurs bien reels et particulierement celui de l’endettement des menages. C’est une constante dans les pays tels que l’Espagne, l’Irlande, L’Angleterre et les USA, des pays à forte croissance, qui n’ont pas peur de l’avenir. Quel part de leur taux de croissance etait liée à ces comportements ultra liberaux ? La difference avec les pays moins liberaux ?
    Il faut prendre en compte l’attrait financier que ces croissances ont representé pour les investisseurs de toute part. Un relai de croissance appreciable, gage de la prise de risque de ces pays sur lequel ont parié les banques. C’est le 3e mecanisme liberal, la creation d’une richesse virtuelle que represente les produits financiers qualifiés d’innovants. Ce dernier qualificatif est aujourd’hui bien usurpé et devrait etre remplacé par malhonnete ou frauduleux.
    On peut effectivement voir que d’autres systemes ont connus des crises mais on ne peut se resoudre à ne pas ouvrir les yeux sur les causes de ces crises. Les liberaux ont fait des analyses critiques du systeme communiste mais refuse de le faire sur le systeme capitaliste. Il ne s’agit que d’ajustements… Tout systeme a ses defauts mais mettre des oeilleres n’a jamais permis de les gommer.
    Je suis decu de votre rethorique Jesrad qui ne correspond en rien à beaucoup de debats de qualité… on ne peut pas justifier l’existence de crises aussi grave que celle-ci par le fait que d’autres systemes en ont deja générées. Et que dire de mettre la democratie dans le meme bateau ?! Cela est sensé rendre plus parlant et plus juste votre demonstration, mais elle vous permet de ne pas repondre aux questions sur les problemes de fond du liberalisme.

  27. jesrad says:

    « pour comprendre cette crise partie des prets subprimes, il faut se demander pourquoi ces prets ont été créés.
    Répondre à cette question c’est comprendre bien des causes à la crise actuelle. Ces prets ont été créés car beaucoup de gens n’avaient pas accès aux prets classiques qui necessitent un controle de solvabilité. »

    Excellente question. Pour y répondre, il faut revenir dans le temps à l’époque où le CRA a été voté. C’était en 1977, la guerre du vietnam était enfin finie et le Flower Power, fort de cette victoire en matière de politique étrangère, se tournait vers la politique intérieure. La question du traitement des minorités par les financiers s’est présentée naturellement.

    « Trop nombreux à ne plus participer suffisamment à l’economie car deja tres endettés, il sont pourtant un gisement de croissance et d’emploi. »

    Les gens insolvables ne sont pas une source de richesse particulière, en tout cas leur filer du pognon est le contraire de ce qu’il faut faire pour les réintégrer à l’économie. Laissés à eux-même, ils s’appauvrissent continuellement à cause de leur très haute préférence temporelle… Vous avez déjà rencontré des gens insolvables, du genre qui se retrouve avec un dossier de surendettement à la Banque de France parce qu’il / elle a pris une demi-douzaine de crédits à la consommation pour ensuite donner l’argent à quelqu’un, simplement sur une crise de manie / dépression ? (J’en ai croisé). Ce sont des gens à qui leurs proches refusent d’avancer de l’argent, parce qu’ils savent bien qu’il sera gaspillé aussitôt. Et les organismes de crédit aussi les évitent comme la peste pour cette même raison. Alors pourquoi tous ces crédits ? Parce que l’état les garantissait à travers Fannie Mae et Freddie Mac, tout simplement, en tant qu’élément d’un programme social voulu par le Président Clinton de favorisation de l’accès à la propriété pour les minorités ethniques du pays. La manipulation des taux d’intérêts opérée par Greenspan puis Bernanke ont rendu très peu rentable l’épargne et bien plus rentable l’investissement immobilier à coups de crédits hypothécaires « sans risque » (sauf pour le contribuable), entraînant une « aspiration » de ces sommes dans un système vicié par l’aléa moral généralisé.

    Pour vous en assurer, vous pouvez consulter les vidéos de débats au parlement américain où les démocrates, ces grands défenseurs de leurs électeurs attitrés, ont violemment attaqué les banquiers pour avoir déversé de l’argent sur les irresponsables faisant trop souvent partie de minorités supposées vulnérables (terme à chercher: predatory lending), oubliant au passage que leurs prédécesseurs idéologiques avaient eux-même provoqué le « ciblage » de ces crédits sur les minorités.

    « Pourquoi y a t il autant de gens insolvables alors qu’on annonce chaque année des records de fortunes, de millionnaires et une progression salariale moyenne ? »

    Y a-t-il vraiment tant d’insolvables que ça ? En réalité, non, le patrimoine des ménages américains augmente tranquillement sur la période visée. L’endettement ou « sur-endettement » que l’on impute aux américains est concentré, pour une raison toute simple: l’argent des crédits hypothécaires n’était pas consommé, mais réinvesti dans l’immobilier dans chacun des états américains où la réglementation de la construction a engendré une bulle spéculative. On estime par exemple qu’une majorité des gens dont la maison a été saisie s’étaient lancé dans l’achat en série de biens immobiliers: ils prenaient une hypothèque sur leur propre maison, achetaient une nouvelle maison, prenaient une nouvelle hypothèque sur celle-ci, en achetaient une nouvelle, etc. jusqu’à ce que les prix se soient trop envolés. Cela se voit aisément au fait que le volume des crédits hypothécaires (leur nombre) est allé en décroissant sur la période 2000-2007.

    Il y a donc bien eu une part de croissance « achetée à crédit » aux USA, mais uniquement dans les bulles immobilières US et les produits financiers associés. Le reste de leur économie est sain.

    Et vous devriez plutôt vous réjouir avec moi que les financiers qui croyaient se gaver sur cette croissance fictive s’en soient mordu les doigts et finissent évincés par leurs repreneurs.

    Une précision: ce mécanisme de croissance fictive n’a rien de libéral, c’est simplement une variante d’inflation tout à fait classique – un vol de tous les acteurs du marché au profit de celui qui s’arroge le monopole monétaire. Je vous invite à lire à ce sujet « Economistes et charlatans », ou « What has government done to our money ? » si vous lisez l’anglais, tous deux de Murray Rothbard. Vous pouvez aussi consulter le site de Ron Paul, campaign for liberty, plutôt bien documenté sur les tours de passe-passe du gouvernement en matière de monnaie.

    « Les liberaux ont fait des analyses critiques du systeme communiste mais refuse de le faire sur le systeme capitaliste. »

    Au contraire, les libéraux sont aussi critiques envers le capitalisme non-libéral qu’envers le communisme et les autres formes d’économie planifiée – du moins, ceux qui souscrivent aux enseignements de l’Ecole de Vienne. Je ne peux pas en dire autant de tous les néo-classiques ou néo-keynésiens. Pour vous donner un exemple, Vincent Bénard dit avoir changé de position entre école de Chicago et école autrichienne. Il y a du changement et de la remise en question dans l’air…

    Croyez bien que le fourvoiement de certains libéraux vers les formes autoritaires de capitalisme sous tutelle d’état est dénoncé. C’est un sujet de discussion récurrent sur liberaux.org. Je l’ai déjà dit, je pense que le 21ème siècle verra l’affrontement idéologique entre capitalisme libéral et capitalisme non-libéral. Cette crise et son traitement actuel n’en sont qu’un avant-goût.

  28. Martini says:

    Tiens, tant qu’on cause de système bancaire massivement frauduleux, y a une discussion sur le sujet en cours ces jours-ci entre divers libéraux et libertariens. Comme par hasard (ou comme d’habitude) les austro-économistes sont contre, pendant que les autres lui cherchent des excuses.

    Ca me rappelle que pendant l’époque du « free banking » aux USA (période Madison) les taux de fonds propres tournaient autour de 60%, et non 6-8% comme aujourd’hui.

    Deniau: ne confondez pas libéralisme et capitalisme. Le second fait effectivement grand cas de recherche du profit, mais le premier laisse cela à l’entière décision de chacun dans le respect des droits de tous.

  29. deniau du 13 says:

    Vous les partisans de la pensée autrichienne il faudrait donc rejeter la théorie de l’équilibre général, la pensée de Marshall ainsi que l’utilité : notion totale du comportement d’un individu. Son anti-formalisme est peut etre attirant tout comme sa philosophie qui place l’homme au centre de tout dans l’économie mais une finalité cachée est le retour à l’état de nature : société dans laquelle l’homme n’est pas totalement différent de l’animal.

    Les conclusions des autrichiens sont donc parfois dangereuses et extrêmes. Le fait d’affirmer la primauté de l’homme dans une société de nature, n’est-ce pas paradoxal ?

    Cette Ecole ne ferait-elle pas un excès d’universalité ?

  30. Martini says:

    L’état naturel de l’homme est de vivre en société organisée, que cette organisation soit spontanée sous l’effet de la catallaxie ou guidée par la hiérarchie (en parts variables de chaque, en pratique). C’est bien pour ça qu’on parle d’animal social dans son cas. Donc critiquer l’école de Vienne sur ce point est futile: nous n’avons jamais cessé d’être à l’état de nature.

  31. deniau du 13 says:

    Merci!Martini pour ce cours magistral.

  32. anonyme says:

    Ce n’est pas moi qui le dit,mais…

    Peut-on encore croire aux idéologies ?

    Il est frappant de constater que ces deux trucs en -isme, le communisme et le libéralisme, sont fondés sur des doctrines extrêmement séduisantes en théorie, car prenant leur source dans des valeurs fondamentales de l’être humain jusqu’ici :

    pour le communisme, l’égalité : le rêve d’un monde meilleur ou la disparition de l’inégalité permettra l’épanouissement de tous et l’avènement de « vraies » valeurs, par opposition aux valeurs perverties du capitalisme ;

    pour le libéralisme, la liberté : le rêve d’un monde meilleur ou la disparition de la contrainte permettra l’épanouissement de tous via l’expression libre par chacun de son intérêt, et par la satisfaction des besoins individuels.

    Dans les deux cas, l’histoire finit par une contradiction profonde des règles fondamentales de la doctrine par ceux-là mêmes qui déclarent l’appliquer, et par une appropriation de l’immense majorité des fruits de la société par un groupe restreint d’individus.

    Il est en outre intéressant de constater que ce groupe restreint d’individus est composé de ceux qui bafouent les règles de la doctrine tout en s’en réclamant.

    Et maintenant ?

    Il y a là une faiblesse commune, dont on devrait tenir compte dans le cadre d’une éventuelle refonte d’un système idéologique. Le prochain système, s’il arrive, ne pourra pas se contenter de belles paroles et de valeurs fondamentales : il devra prendre en compte la difficulté systématique des êtres humains à ne pas se trahir et à ne pas trahir les autres.
    Pour employer un terme d’ingénierie, il devra être robuste face à cela.

    Une petite pensée pour les nouvelles générations, celles qui viendront après la chute du communisme, après la chute du libéralisme : ne vous découragez pas, ne vous illusionnez pas, gardez les yeux ouverts et cherchez.

  33. jesrad says:

    « pour le libéralisme, la liberté : le rêve d’un monde meilleur ou la disparition de la contrainte permettra l’épanouissement de tous via l’expression libre par chacun de son intérêt, et par la satisfaction des besoins individuels. »

    Non, la liberté n’est pas une valeur des libéraux ! Et le libéralisme n’est pas un système politique clés-en-main. Pour reprendre votre analogie d’ingénierie, c’est une méthode et pas une solution technique.

    « Il est en outre intéressant de constater que ce groupe restreint d’individus est composé de ceux qui bafouent les règles de la doctrine tout en s’en réclamant. »

    Doit-on qualifier quelqu’un de libéral ou de communiste simplement parce qu’il le dit (auquel cas je suis un socialiste) ou doit-on plutôt s’appuyer sur les actes et les choix de la personne concernée ? J’ai déjà répondu à cette question.

    Par ailleurs, ma propre critique du communisme ne s’appuie pas sur les exactions qui violaient les règles du communisme, mais bien sur les conséquences de ces règles, qu’elles soient mises en pratique « réellement » ou pas.

    Je dénonce effectivement la violence des régimes autoritaires, qu’ils soient socialo-communistes ou pas, mais sur la base de leur usage du pouvoir.

    « une appropriation de l’immense majorité des fruits de la société par un groupe restreint d’individus. »

    Ce n’est pas là le résultat obtenu par l’application du libéralisme dans le monde réel (Irlande, Nouvelle-Zélande, Estonie, etc.).

  34. jesrad says:

    Je tiens à remercier tous les nouveaux intervenants qui apportent des questions intéressantes et des critiques constructives. C’est exactement ce dont j’ai besoin pour faire avancer le projet fondateur de ce blog.

    Donc, merci !

  35. anonyme says:

    « Le Monde Occidental est passé en quelques années de l’Exploitation intensive du Travail à l’Eploitation intensive du Capital » (Peter Drucker: Extrait du magazine Red Herring 01 /01/2001 )
    Et oui ce Grand spécialiste de la Communication avait résumé en ce début du 21 eme Siecle les deux « ismes »
    Je ne suis pas convaincu que les 2 « ismes » soient finis….
    La Chine…utilise les 2 ….avec une croissance « Economique » à 2 chiffres….
    Les Etats-Unis sont Républiquains ou Démocrates …mais sont avant tout des capitalistes « Libéraux »
    Entre les 2 , nous avons l’Europe est qui peut me dire quelle est nôtre « Isme » ?
    Autant que le nombre de langues soit 27 ?
    Gauche / Droite ?
    Oui je souhaiterai savoir quelle est le  » Isme » de l’Idéologie Européenne , c’est ce que je cherche anonyme !!!!

  36. jesrad says:

    Pour ce que j’en sais, le « isme » de l’Europe s’appelle social-démocratie, avec plus ou moins de libéralisme et de socialisme et de nationalisme et (des fois) de communisme dedans.

    Par ailleurs le capitalisme est pratiqué en Occident depuis au moins le 1er siècle avant J.C. (Rome), et après un abandon presque complet y a fait son retour autour du 12ème siècle. Cela ne remet pas encause la distinction de M. Drucker, seulement le timing qu’il annonce (quelques années ?).

  37. antoine du 13 says:

    Bonjour Anonyme,il y a un truc en « isme » qu’on a jamais essayé, c’est l’anarchisme.
    Je pense que la raison est que l’espèce humaine n’est pas encore suffisamment évoluée pour cela

  38. jesrad says:

    L’anarchisme a été essayé à de nombreuses reprises sur des siècles par des millions d’humains au cours de l’Histoire. Figurez-vous que ça marche.

  39. Rosart du 13 says:

    Bonjour Jesrad,figurez vous que j’étais en train d’y penser.

    Est ce que l’anarchisme ne serait pas le « vrai » libéralisme ? en mieux organisé peut-être..
    allez, pour le plaisir:

    « yen a pas un sur cent et pourtant y zexiiiiistent !! »

  40. jesrad says:

    « Est ce que l’anarchisme ne serait pas le “vrai” libéralisme ? »

    Euh, non, je ne crois pas… D’un côté d’autres systèmes politiques que le libéralisme peuvent être compatibles avec l’anarchisme, du moment qu’ils sont purgés d’autorité ; et de l’autre le libéralisme peut qualifier des modes d’organisation qui ne sont pas entièrement anarchiques.

    Ca se recouvre mais ça ne se superpose pas complètement, ni dans un sens ni dans l’autre.

    Encore qu’il y a des anarcaps pour dire que « leur » libéralisme est le seul « vrai » parce que véritablement cohérent avec lui-même, mais je trouve que ça restreint trop le libéralisme pour être honnête ou utile.

  41. orion du 13 says:

    Malheureux!! retirez et vite tous vos sous des banques et revendez vos actions,en 1929 la plupart des petits épargnants ont tout perdu pour ne pas avoir réagi très vite,des centaines de personnes se sont suicidés,cette crise est un désastre financier et surtout économique sans précédent,l’histoire des subprimes n’est qu’une goutte d’eau dans cette crise mondiale,c’est plus profond que ça,les USA et l’UE sont en faillite ,à partir du mois de février la crise aura atteint des sommets que vous ne pouvez pas imaginer(nouvelles guerres,émeutes ect),le capitalisme dit « libéral » vit ses derniers jours il faudra 3 générations pour revenir à la normal,alors un conseil n’écoutez pas tous ces conseilleurs en herbe,agissez.

  42. jesrad says:

    « capitalisme dit “libéral” vit ses derniers jours »

    Pas du tout. C’est l’économie à base de dette qui vient de se faire rincer. Cette crise est une crise de l’interventionnisme et de l’hyper-régulation financière: la preuve éclatante que les états ne peuvent pas décréter la prospérité et l’abolition du risque.

    « il faudra 3 générations pour revenir à la normal »

    En réalité nous sommes déjà revenus à la normale. Ça y est depuis un moment, le marché a réalloué les moyens des incapables vers les capables. Manque de pot, cette situation signifie la faillite des états, donc ces derniers font tout ce qu’ils peuvent pour vite faire les poches de tous ceux qui ont encore de l’argent. Voilà où l’on en est à présent.

    Et j’imagine très bien les sommets (il serait plus juste de dire les profondeurs) que nous allons atteindre, j’en ai déjà parlé ici-même.

    « revendez vos actions »

    Merci pour le conseil, mais c’était, idéalement, l’année dernière qu’il fallait les vendre. C’eut été un pis-aller de les vendre quand le CAC était remonté à 3900 la semaine dernière. Les vendre maintenant ? Bah. Autant attendre quelques années, désormais.

    « retirez et vite tous vos sous des banques »

    Pas la peine ici-bas, sauf si vous n’avez plus confiance dans votre banque (Crédit Agricole ?).

  43. orion du 13 says:

    Eh!bien il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer,vous verrez dans quelques jours si nous sommes revenus à la normale,incroyable cette inconscience,je suis très très surpris par vos analyses,à bientot cher ami,il y a une citation qui dit: »L’aphorisme ne coïncide jamais avec la vérité : il est soit une demi-vérité, soit une vérité et demie et une autre qui dit:la vérité doit s’inspirer de la pratique. C’est par la pratique que l’on conçoit la vérité. Il faut corriger la vérité d’après la pratique.

  44. jesrad says:

    J’ai déjà pris les mesures nécessaires pour me prémunir, dans la mesure du possible, d’un effondrement partiel du système financier et monétaire international.

    Je suis d’accord avec vous sur le fait que le pire n’est pas encore passé: les prix immo français et US (entre autres) n’ont pas encore baissé de leur inévitable correction. Et les prix des actions suivront le mouvement de déflation consécutif, à la baisse. Probablement en Janvier, donc nous « toucherons le fond » en Février… sauf si, derrière cela, les états tombent, comme je le pense, et alors là n’importe quoi devient possible.

    « C’est par la pratique que l’on conçoit la vérité. Il faut corriger la vérité d’après la pratique. »

    Théorie de la vérité de base: la réalité décide, elle est le Rorschach originel. Et la réalité nous enseigne que le système qui s’est effondré n’avait pas grand chose de libéral (voir le lien tout en haut, ou le dossier complet de Vincent Bénard, ou au pire l’article que j’avais fait sur le sujet).

  45. marc du 13 says:

    OK orion, l’Europe comme les Etats-Unis sont pratiquement en récession. Ce qui va entraîner le noir cortège des fermetures d’entreprises, et donc du chômage, déjà reparti à la hausse, des restrictions budgétaires tournées vers le social (il faudra bien éponger les immenses cadeaux dispensés aux établissements de crédit).

    Les conditions d’existence du plus grand nombre, vont redoutablement s’aggraver, entraînant l’accélération de la crise, comme annoncé sur ce site depuis des semaines.

    Il ne s’agit donc pas d’un accident de parcours. De par sa nature même, du fait de sa collusion avec le pouvoir, de sa course aux avantages politiques à court terme, donc de par sa rotation de plus en plus rapide, le keynésianisme ininterrompu de ces dernières décennies devait inexorablement produire de violentes crises, telle celle que nous vivons aujourd’hui.

    Cette évolution, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek l’avaient prévue, il y a presque un siècle, contrairement à Karl Marx qui ne connaissait même pas le concept de « bulle spéculative ».

    La société social-démocrate engendre naturellement le monstre. Et personne ne peut dompter ce monstre, et encore moins le « réguler » , le  » moraliser « . Ceux qui font croire à cette possibilité trompent délibérément les peuples. Leur objectif, c’est de maintenir ce système mortifère le plus longtemps possible.

    Une seule issue pour sortir du cycle infernal du pouvoir, c’est de mener un combat sans compromis contre lui. Dommage que les organisations, qui se réclament, en France, de la société civile, associations, partis et syndicats, soient corrompues par lui. Malgré tout, doit monter dans notre pays, une force multiple, nourrie d’origines diverses, qui considère que le système étatiste est intrinsèquement mauvais. Ensemble, il faut bâtir une autre société, faite par les hommes et pour les hommes.

    Par des voies différentes, les peuples d’Amérique latine montrent, au quotidien, que le chemin du socialisme mène bien à la servitude.

  46. Martini says:

    Je remets ici ce que j’ai eu l’occasion de rappeler à d’autres dans votre genre:

    Au fait, qu’est-ce que c’est que la censure ? C’est empêcher quelqu’un de faire usage de liberté d’expression. Et qu’est-ce que la liberté d’expression ? C’est une des innombrables formes d’usage légitime de la propriété privée: on peut écrire ce que l’on souhaite sur son propre papier, dire ce que l’on veut dans son micro à soi, etc. tout comme on use comme on le souhaite de ses autres biens.

    Eh oui, la censure, ça marche aussi comme ça, surtout dans un régime communiste: en théorie les moyens d’expression (sous-catégorie des moyens de production) n’appartiennent à personne en particulier, mais ça n’empêche pas la classe dirigeante de les monopoliser dans son seul intérêt, empêchant ainsi grâce à la pénurie toute expression non-autorisée.

    Par exemple, on pourrait parler de censure si aucun blog n’appartenait à quelqu’un en particulier, et qu’à chaque fois que vous voudriez poster un commentaire ou un article on vous dirait “attends ton tour, camarade, pour l’instant c’est au camarade Shekov de s’exprimer”. Alors que, grâce au libéralisme persistant encore malgré tout dans nos contrées, vous pouvez être propriétaire d’un blog à vous où personne ne vient limiter votre liberté d’expression, sans que vous puissiez commettre vous-même de censure en empêchant la libre expression d’un autre sur son blog à lui (par exemple, oh, en monopolisant l’espace commentaire de son blog dans votre intérêt, privant (=censurant) les autres utilisateurs potentiels de cet espace d’une discussion bien plus intéressante et constructive).

    Alors bon vent, marc du fond, vous n’êtes plus le bienvenu ici. C’est un blog pour les gens capables de tenir une discussion raisonnable avec des arguments valides, plutôt que pour les régurgitateurs-réflexe de slogans et d’illusions gastriques.

  47. marc du 13 says:

    De quel droit osez-vous douter de la pensée unique ? Sacrilège !

  48. Martini says:

    Du vent j’ai dit. Les apologues de criminels contre l’humanité ne sont pas à leur place ici. De toute façon rien de ce qui est dit ici ne vous intéresse vraiment.

  49. Rosard du 13 says:

    Ca ne s’adressait pas moi, mais je suis surpris par votre violente intervention Martini,je me trompe peut etre mais ce blog n’est il pas un lieu ou l’on échange des idées,meme si parfois elle dérange plus d’un intervenant?si tel n’était pas le cas,ce blog serait tout simplement un outil de propagande au bourrage de crâne,donc à mon sens une « contradiction » avec le liberalisme.La propagande vous le savez est la diffusion d’idées destinées à influencer ou à conditionner le comportement humain.Il faut savoir mobiliser les esprits,c’est certainement un facteur de victoire sans pour autant isoler celui qui vous critique.J’ai toujours combattu l’intolérance.

    Martini ne dit on pas: »La flamme de l’intelligence est bien vulnérable : le moindre souffle d’intolérance suffit à l’étouffer. »

  50. Martini says:

    « ce blog n’est il pas un lieu ou l’on échange des idées,meme si parfois elle dérange plus d’un intervenant? »

    Vous n’y êtes pas du tout. Ce blog est un des innombrables rouages d’un vaste complot discordien menant une sourde opération de guerre mémétique en vue de recruter pour le compte des Illuminati pour préparer le prochain Grand Jihad. Si vous venez ici en croyant sérieusement que chacun de nous ici croit à tout ce qu’il raconte, vous faites une quintuple erreur.

    Nulle contradiction avec le libéralisme, d’ailleurs – C.F. le rappel plus haut sur la liberté d’expression et la rareté des ressources.

    J’ajouterais à votre citation: « L’intelligence nous permet de construire des bombes atomiques, tandis que la sagesse nous permet de réaliser qu’on n’en a pas l’usage. »

  51. S. Perrin says:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Greenspan#cite_note-12
    Sur Wikipedia ils osent affirmer que Greenspan est libertarien, quelqu’un peut il rétablir la vérité ?

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