Le conseil « finance » du jour, quinquies:

Je suis toujours un zéro de la finance, mais ça ne m’empêche pas plus que certains de donner mon avis pour ceux qui sont prêts à me croire:

  • Si vous avez des sous chez ou dans Citigroup, Barclays ou Deutsche Bank, vous êtes mal.
  • Merci les pauvres !

    Je continue ici ce que je disais très exactement un an plus tôt: cette fois-ci, je voudrais remercier le « modèle social français », qui n’est en fait ni un modèle (vu que personne ne s’en inspire) ni social (car il détruit sciemment la société) ni français (car il est d’origine russo-allemande). Oui, merci, la France du « tous ensemble », de « l’égalité des chances », de « la prospérité et la sécurité pour tous » ! Grâce à l’obsession « d’égalitarisme » de la majorité des bovidés électeurs français, je vis comme un pacha sur le dos des pauvres de tout le pays.

    C’est quand même incroyable, qu’aujourd’hui encore après des décennies d’enculage profond des pauvres et des faibles par ce « modèle social », ce dernier trouve toujours autant de soutien auprès de ceux-là même qu’il lamine méthodiquement. Quelle arnaque ! Quel formidable foutage de gueule ! Pensez donc: d’un côté je rackette à coups de prélèvements obligatoires les moins pauvres d’entre eux pour en faire des percepteurs à mon service, obligés d’aller gratter toujours plus de sous chez tous les autres, et de l’autre je distribue quelques miettes du butin aux plus pauvres d’entre eux pour acheter leur soutien. Là où c’est le plus fort, c’est sur les emplois: grâce au salaire minimal légal j’empêche les plus faibles d’avoir un boulot pour « garantir » les salaires de ceux qui en ont déjà un, et en même temps je file de l’argent de ces mêmes salariés à ces chômeurs pour qu’ils se tiennent tranquilles dans leurs parcs à boeufs cités de HLM, le tout sous prétexte de « solidarité ».

    Quel autre système me garantirait si bien de ne pas avoir à subir la concurrence de tous ces gens même pas d’ici lorsque je cherche un travail, si jamais l’envie m’en prend ? Et où est-ce que je pourrais sinon trouver autant d’électeurs fidèles, dépendants de l’entretien de ce système qui les asservit, pour me maintenir dans ma sinécure ? De temps en temps je m’amuse à répandre des rumeurs de difficultés financières des caisses d’allocation, juste pour voir tous ces miséreux paniquer et venir me voir en me suppliant à genoux de « faire quelque chose ». Je leur dis alors que leurs allocations sont sauves, que ma « volonté politique ne faiblira pas », et ils me regardent, l’oeil humide, comme si j’étais Jésus faisant se lever les paralytiques.

    Et ça marche aussi du côté des salariés ! Eux aussi viennent me voir en s’exclamant d’un air désespéré « pouvoir d’achat » et « inflation ». Et je leur réponds « augmentation du SMIC » pour qu’ils s’applatissent devant moi. C’est eux qui paient cette augmentation, quand ça fait monter les prix de tout ce qu’ils achètent, et ils me remercient, moi. J’adore être généreux envers eux avec leur propre argent, ils aiment tellement ça qu’ils en redemandent, en plus je touche ma commission à chaque fois. D’ailleurs j’ai encore vu un SDF devant une station de métro ce matin en allant au Ministère, et ça m’a réchauffé le coeur de savoir que sur la moindre pièce qu’il reçoit et dépense pour s’acheter à manger, j’en toucherai plus de la moitié, en TVA sur la vente, en IS sur le profit du vendeur et en charges+IR sur sa masse salariale !

    Bien sûr, ça ne serait pas possible si je n’avais pas des complices à l’intérieur. Merci donc aussi à vous, les syndicaleux ! Sans vous pour pousser les salariés ayant déjà un travail à exiger toujours plus pour vous réserver les fruits de la croissance au lieu d’étendre l’emploi, ma tâche aurait été bien plus ardue. Sans vous pour détourner l’attention de tous ces blaireaux vers le rapport de force à tout bout de champ, pour les maintenir dans leur condition de salarié persuadé d’être destiné à rester à la merci du patron, au lieu de réaliser toutes les opportunités qui les attendent s’ils se donnaient simplement la peine d’entreprendre un peu de leur côté, comment me faire aussi facilement passer pour leur indispensable sauveur ?

    Et heureusement que je ne vis pas dans un de ces pays libéraux où personne ne peut compter sur l’état pour aller piocher dans les poches des autres au moindre effort. Quand je pense que là-bas n’importe quel immigré parti de zéro peut bien plus souvent qu’à son tour se bâtir une fortune colossale pour assurer l’avenir des siens et de tous ceux qu’il souhaite aider, sans que je puisse monnayer le fruit de son travail auprès de tous les autres pour les détourner de leur prospérité potentielle et garantir la mienne… Non, vraiment, heureusement que je vis en France, le pays où tout le monde peut s’imaginer vivre aux dépens de tout le monde pendant que je touche les dividendes de ce mouvement d’une poche à l’autre.