Stupeur et consternation: la crise ne serait pas finie

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Depuis ce matin, la stupeur et la consternation règnent des deux côtés de l’Atlantique: à l’Elysée comme à la Maison Blanche, les mots manquent pour exprimer l’incompréhension ambiante. En effet les administrations françaises et américaines étaient convaincues que la signature en force et en urgence du plan de sauvetage financier Paulson-Bernanke remettrait d’aplomb les marchés. Las, ceux-ci continuent de baisser avec en France une chute du CAC à l’ouverture de plus de -5%. « On est foutus ! On est morts ! » aurait déclaré sobrement le Premier Ministre François Fillon.

Le conseil « finance » du jour, quater:

Je suis toujours une merde en finance, mais pas plus que d’autres, je ne résiste pas à donner mon avis pour ceux qui sont prêts à me croire:

  • Le Dow à 4 chiffres, ça vous dit ?
  • Les raisons de la crise économique – une contribution

    Note importante: si vous cherchez une explication simple, claire, nette et marrante de la crise, allez plutôt lire ce truc bien moins long !

    Discours prononcé par Ludwig von Mises en 1931, il y a donc 77 ans, en Tchécoslovaquie, et traduit par Hervé de Quengo. Il rappelle les principes de base de la praxéologie, puis les applique à la crise de 1929-1933 pour expliquer comment cette crise est survenue, pourquoi les évènements se passent comme ils le font, et ce à quoi il faut s’attendre dans l’avenir proche. Ce discours a gardé toute sa pertinence aujourd’hui et il est transposable quasiment mot pour mot à la situation actuelle, car les hommes, et en premier lieu les hommes de l’état, n’ont rien retenu depuis et ont répété les erreurs du passé. Il démonte en particulier dans ce discours la politique d’assistance publique aux financiers dans laquelle s’égarent aujourd’hui nos gouvernements, sous le nom de « politique de producteurs » (« supply-side » en anglais).

    Les théories économiques de Ludwig von Mises ont été violemment rejetées par toutes les dictatures sans distinction d’orientation politique. Ses livres ont ainsi été bannis par les Nazis comme par les Soviétiques. L’enseignement de ces thèses est parfois activement combattu en France, pour les mêmes raisons: elles sapent le pouvoir des politiciens, dénoncent leurs mensonges, rendent compréhensibles ce que la majorité des gens ignore, et donc empêchent les exploiteurs d’abuser de cette ignorance.

    I. La nature et le rôle du marché

    1. La légende marxiste de « l’anarchie de la production »

    La critique marxiste dénonce l’ordre social capitaliste pour l’anarchie et l’absence de plan de ses méthodes de production. D’après elle, tout entrepreneur produirait aveuglément, guidé par son seul désir de profits, sans se préoccuper le moins du monde de savoir si son action répond à un besoin. Ainsi, pour les marxistes, il n’est pas surprenant que de graves perturbations reviennent sans cesse sous la forme de crises économiques périodiques. Ils soutiennent qu’il serait vain de lutter contre elles avec le capitalisme. Ils affirment que seul le socialisme pourra offrir le remède, en remplaçant l’économie anarchique pour le profit par un système d’économie planifiée visant à satisfaire les besoins.

    Strictement parlant, le reproche selon lequel l’économie de marché est « anarchique » ne dit rien de plus que le fait qu’elle n’est pas socialiste. C’est-à-dire que la gestion effective de la production n’est pas abandonnée à un bureau central qui décide de l’emploi de tous les facteurs de production, mais est laissée aux entrepreneurs et aux propriétaires des moyens de production. Qualifier l’économie capitaliste d’ « anarchique » veut seulement dire, par conséquent, que la production capitaliste ne relève pas d’institutions gouvernementales.

    Le mot « anarchie » véhicule également d’autres connotations. Nous utilisons habituellement ce mot pour nous référer à des conditions sociales où, en raison de l’absence d’un appareil de force gouvernemental destiné à protéger la paix et à faire respecter la loi, prévaut un chaos de conflits perpétuels. Le mot « anarchie » est par conséquent associé à l’idée d’une situation intolérable. Les théoriciens marxistes adorent utiliser de telles expressions. La théorie marxiste a besoin des insinuations que celles-ci entraînent afin de susciter des sympathies et des animosités émotionnelles qui empêcheront vraisemblablement l’analyse critique. Le slogan de « l’anarchie de la production » a rendu ce service à la perfection. Des générations entières se sont laissées troubler par lui. Il a influencé les idées politiques et économiques de tous les partis politiques actuellement en activité et même, à un point remarquable, de ceux qui proclament haut et fort être anti-marxistes.
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