Sauvetage de Dexia: les contribuables dindons de la farce

Dexia est le principal prêteur des communes et collectivités françaises et belges. Pour donner un ordre d’idée, c’est elle qui prête environ 90% des fonds qui assurent le fonctionnement de ces entités entre le moment où elles dépensent ces sous et celui où elles perçoivent les impôts, taxes et autres subventions.

Aujourd’hui, les gouvernements français et belges ont annoncé qu’ils verseraient 6,4 milliards d’euro d’argent public pour sauver Dexia de la banqueroute (dont 1 milliard de la part de tous les contribuables français, plus 2 milliards qui viennent de la Caisse des Dépôts et Consignations, soit encore les français).

Autrement dit, pour que ce soit bien clair, votre argent va aller dans les caisses de la banque qui ensuite va filer cet argent aux communes et collectivités.

Cela s’appelle un impôt déguisé. Mais c’est aussi le premier véritable signe de banqueroute de l’état français (non que le côté belge de l’affaire vaille mieux), qui en est réduit à perfuser d’urgence ses propres bailleurs de fonds pour pouvoir continuer à emprunter pour survivre.

Publicités

À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

9 Responses to Sauvetage de Dexia: les contribuables dindons de la farce

  1. Adrian says:

    Si l’État pouvait émettre de l’argent ça changerait quoi ?

  2. jesrad says:

    Rien, puisque l’argent en question n’aurait que la valeur qu’il peut garantir, ce qui revient en final au même qu’à tirer sur la bourse des contribuables.

    Dans le premier cas, les billets sont des promesses que l’état ira piocher dans la poche de ses citoyens en échange de ces billets, dans le second il va directement se servir dans leur poche.

  3. st says:

    Tu veux dire que l’Etat va emprunter de l’argent (ben oui, vu qu’il est en déficit, toute nouvelle dépense est bien a crédit), pour le donner à un établissement, pour que celui ci puisse continuer de prêter de l’argent aux collectivités locales, qui en ont besoin pour régler leur factures en attendant de percevoir les subventions (probablement en retard) que leur doit l’Etat, subventions elles même empruntés (puisqu’on est en déficit) ? Ne serait-on pas en train de payer des intérets trois fois sur la même somme ? On dirait un ménage surendetté qui prend un crédit revolving pour régler les intérets de retard du crédit à la consommation qu’il a pris pour rembourser les traites de sa maison. C’est ubuesque. Ce serait drôle si c’était pas avec notre argent (ou celui de nos enfants plus précisément).

  4. jesrad says:

    Ce n’est pas directement un prêt fait à Dexia, mais une augmentation de capital. Cela revient presque au même, la différence réside dans l’absence d’intérêt sur le montant, remplacé théoriquement par un paiement de dividendes sur les parts prises par l’état et la CDC, soit par une plus-value sur ces actions, soit un mélange des deux (et le fait qu’il n’y a pas de terme, le capital n’est pas remboursé). En l’occurence je dirais plutôt « moins-value », donc ce serait un « prêt » à « intérêt négatif » et « à durée infinie ».

    La manoeuvre vient soutenir la « solidité » apparente de Dexia en utilisant celle de l’état et de la CDC: les investisseurs étant plus susceptibles de prêter à l’état qu’à Dexia, ils se disent que si l’état est derrière Dexia, ça devient moins risqué de confier des sous à Dexia.

    Evidemment, ça veut aussi dire qu’on peut encore moins faire confiance à la solidité de l’état… Et, sachant que Dexia prête aux collectivités, c’est à la limite de la fraude type « Enron / WorldCom » où deux entités dépendantes l’une de l’autre (comme Enron et ses filiales) s’envoient et se renvoient le même fric pour faire croire à un regain (ou un retour) d’activité.

    Donc, je dirais plutôt que ça ressemble à un ménage surendetté qui reçoit du pognon de son célèbre oncle noble (qui a un train de vie fastueux mais est secrètement ruiné) pour payer ses remboursements de crédit, en s’appuyant sur le fait que presque tout le monde croit que cet oncle est toujours riche… Alors qu’en fait il a dilapidé ou prêté tous ses sous, vit à crédit et ne « tient » que tant que les remboursements arrivent – dont ceux du ménage en question.

  5. st says:

    Agree.

    Mais on a bien trois paiements d’intérêts : L’Etat se décharge sur les collectivité locales de la gestion de telle ou telle prérogative (tour de passe-passe connu sous le nom de décentralisation), et promet de verser les subsides nécessaires en contrepartie. Ces subsides nécessaires à payer les prestations décentralisées, il ne les a pas : il est fauché. Il va donc les emprunter. Mais comme il veut économiser un peu, il tarde à verser cet argent (grand classique administratif), et la collectivité locale qui elle doit engager de suite l’argent pour payer les salaires des personnels ATOS des cantines, ou verser les RMIs etc… n’ayant pas encore l’argent que lui a promis l’Etat emprunte la somme à court terme à Dexia (deuxième emprunt pour les mêmes dépenses). Mais Dexia n’a plus de liquidités, alors Dexia se tourne vers l’Etat Francais actionnaire (minoritaire) et lui demande des liquidités fraîches, que l’Etat s’empresse de lui verser. Mais comme l’Etat n’a pas cet argent, il va être obligé à nouveau de l’emprunter. Moralité le contribuable va payer des intérêts sur la somme ayant servi à recapitaliser Dexia, et payera aussi des intérêts sur l’emprunt que va faire sa mairie ou son département auprès de Dexia nouvellement recapitalisé, tout ça pour boucher le trou en attendant que l’Etat verse les subsides promis, subsdides eux aussi empruntés, et sur lequels nous paieront des intérêts.

  6. jesrad says:

    Effectivement… ça craint. Et après il y en a pour croire que l’Etat est désintéressé 😀

  7. Bertrand Monvoisin says:

    Jesrad le système qui consiste pour plusieurs acteurs à tirer du crédit les uns sur les autres en ponctionnant au passage un ou plusieurs tiers se nomme la cavalerie. C’est le mécanisme de « l’arnaque du sentier ».

    Dans quelques temps on risque de voir se multiplier comme des champignons après la pluie des organismes financiers publics, para-publics, d’économie mixte, dont l’Etat du haut de sa compétence nous vantera la solidité. Ces organismes seront en fait aussi solides que les villages Potemkine et que les fausses usines soviétiques en carton-pâte, leurs comptes seront aussi réalistes qu’un plan quinquénnal nord-coréen.

    Pour diriger Dexia pas de problème, la situation est tellement catastrophique qu’on pourrait mettre n’importe qui à sa tête : Besancenot, Bové, un chimpanzé (le chimpanzé étant le plus doué des trois et de loin !). Mais je suggère à notre Lider Minimo Talonnettes Ier de choisir Jean-Yves Haberer. Il pourra faire pire que le Lyonnais tout en prétendant ne pas être responsable.

  8. jesrad says:

    Les gens ne sont pas dupes, la preuve il commence à y avoir des retraits massifs un peu partout en Europe, et aux USA les marchands de pièces d’or sont complètement dépassés. Le Krugerrand est en rupture de stock, le Buffalo n’a même plus de bullion en réserve, et les autres mints sont débordés de travail et achètent des barres avec 25-30% de surcote pour être sûrs d’être livrés en premier. L’offre a doublé, mais la demande a triplé.

    On n’avait jamais vu ça. Jamais.

  9. Martini says:

    Et allez, cette fois-ci c’est au tour de Hypo Real Estate, banque allemande, d’être dans la panade. Une banque qui… doit énormément d’argent à Dexia.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :