Le vrai rôle des libéraux

En matière d’éthique, de politique et d’économie, les libéraux ne se situent pas sur un même plan que tous les autres. L’approche libérale des problèmes dans ces domaines n’est pas d’y apporter une solution, de résoudre ces problèmes en exigeant de tous les acteurs qu’ils suivent des règles données – ce qui revient souvent à tenter d’extirper l’erreur de l’homme. La démarche libérale est un niveau au-dessus: c’est une solution qui résout le problème de la façon de résoudre ces problèmes, sans fournir de solution définitive à ces derniers ; une méthode de conception et non un plan déjà conçu.

Cette différence de niveau de pensée explique les difficultés qu’il y a pour classer les libéraux par rapport aux autres idéologies: les libéraux ne sont ni à droite, ni à gauche, ni au centre, ni aux extrêmes. Ils sont « au dessus » ou « derrière » ou « à côté » – dans une autre dimension, littéralement, parce que le libéralisme s’applique avant tout aux systèmes politiques et non aux résultats qu’ils essaient d’obtenir.

C’est aussi pour ça que les débats entre non-libéraux paraissent souvent si inintéressants ou absurdes aux libéraux, et réciproquement: les raisonnements échangés n’ont rien en commun avec les leurs et la communication ne peut donc pas passer. Je ne peux pour ces raisons que conseiller aux libéraux pris dans une discussion avec des non-libéraux au sujet (inévitable en ces temps de fâchisme) de la politique de ne pas attaquer de front les positions de tous les autres, mais simplement d’utiliser les principes libéraux pour pointer ce qui va ou ne va pas dans ce qu’ils avancent. Considérez que leurs idées ne s’appliquent qu’à ceux qui les accepteront, laissez-les développer leurs modèles ou utopies en vous souvenant que ceux-ci ne concerneront jamais qu’une fraction de toute l’humanité de toute façon. Bref, ne vous sentez jamais visés.

Le Parlement examine un droit opposable au suicide

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
La lettre et le suicide de Rémy Salvat, qui demandait un cadre légal pour définir la façon et les raisons réglementaires de se tuer mais s’est vu opposer un refus de la part de Nicolas Sarkozy, ont porté leurs fruits: le Parlement a choisi de passer outre la décision du Président, d’honorer la demande du jeune handicapé et donc d’examiner un projet de loi définissant un droit opposable au suicide. Le texte sera préparé sous la direction du sénateur PS de Belfort, Michel Dreyfus-Schmidt, déjà auteur d’une proposition similaire en 2004, et créera une mission supplémentaire de service public pour les services médicaux consistant à examiner les demandes de suicide, en évaluer les raisons et, si la demande est conforme, fournir les moyens nécessaires à l’opération de mise à mort sous contrôle médical.