Ne Cede Malis en deuil

Ayons une pensée pour les victimes (toutes désarmées) d’un déséquilibré qui a massacré sept personnes et blessé douze autres hier vers midi, dans le quartier d’Akhihabara à Tokyo. Il a fallu plusieurs minutes pour qu’un policier armé d’un fusil arrive sur place, pendant lesquelles le jeune homme a poignardé les passants au hasard.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

5 Responses to Ne Cede Malis en deuil

  1. jesrad says:

    Un lien intéressant, merci. La société nipponne est effectivement d’un conformisme étouffant, la pression et la hiérarchie sociales (cette dernière tellement manifeste que la grammaire et la conjugaison de la langue japonaise la reflètent) y sont et y ont toujours été proprement écrasantes. Le Japon est une île longtemps isolée, où tout non-nippon est identifiable pratiquement d’un simple coup d’oeil, ce sont là des causes endémiques (parmi d’autres – après tout la Corée et la Chine aussi sont très conformistes) d’une telle pression sociale.

    Néanmoins je refuse de considérer le meurtrier comme une victime ; sinon celle de sa propre aliénation, bâtie jour après jour par lui-même.

  2. Sceptique says:

    Il est coupable d’être passé à l’acte certes, mais pas d’avoir été oppressé toute sa vie, non ? Le modèle japonais peut tout à fait être considéré comme oppressant, mais d’où viennent ces oppressions ? Je me refuse à croire qu’elles ne prennent uniquement leurs sources dans la tradition nippone. L’idée de rentabilité et d’une course au profit ne sont-elles pas également à mettre dans la balance ?

    Ce type était conducteur de poids lourds, et à moins que cela ne fut qu’un job passager, on peut penser qu’il aurait occupé ce poste pendant de longues années. Or, ne faut-il pas dès lors remettre en question et le poids des traditions, et le modèle économique donnant naissance à des déséquilibrés ? La libre circulation des armes est également une question qu’il conviendrait d’analyser :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Category:American_serial_killers
    http://en.wikipedia.org/wiki/Category:Japanese_serial_killers
    http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_serial_killers_by_number_of_victims

    Il semble que les USA soient plus à mêmes de produire des tueurs en séries que d’autres pays où la vente d’armes est plus restreinte

  3. jesrad says:

    Les USA ont plus d’homicides sans armes à feu dans la même proportion où ils ont plus d’homicides avec armes à feu, donc la libre circulation des armes chez eux a exactement zéro corrélation avec le nombre d’homicides (on observe aussi que les états US où les armes à feu sont plus accessibles aux civils ont aussi un taux d’homicides moindre que les états US où elles sont moins accessibles: la corrélation serait plutôt négative). D’ailleurs, des pays comme la Suisse et Israël sont tout autant, sinon plus encore, truffés d’armes à feu dans les mains des civils, et leur taux d’homicides est bien plus faible que chez nous.

    Quant à la course à la rentabilité, c’est un choix personnel. On choisit de vouloir gagner toujours plus en faisant toujours plus de sacrifices, ou à la rigueur on choisit de se laisser dicter sa façon de vivre par le reste de la société tout en étant entouré de gens ayant personnellement fait ce genre de choix. Personne n’a collé une arme sur la tempe de ce type pour l’obliger à prendre un métier trop dur pour lui ou à y consacrer plus de temps qu’il souhaitait y consacrer (encore que la réglementation du travail et les accords syndicaux ou conventions professionnelles au Japon pourraient correspondre à cette définition, mais je ne les connais pas assez bien pour l’affirmer). Le seul « modèle économique » que je connaisse qui « donne naissance à des déséquilibrés », c’est le socialisme autoritaire centralisé, dont le fonctionnement récompense les comportements aliénés et promeut les sociopathes (et je peux le démontrer, mais ce n’est pas le lieu pour ça).

    Donc je persiste: ce type n’est pas une victime, mais bien un meurtrier à part entière.

  4. Sceptique says:

    §1 Pour les États-Unis, votre argumentation s’avèrerait exacte si on ne prenait en compte que les armes légalement enregistrées, or il me semble que le trafic d’armes illégales (= non-enregistrées) est d’une importance non-négligeable. Les armes qui circulent dans les ghettos américains sont illégales, et vous n’iriez pas jusqu’à dire que le taux d’homicide par an y est insignifiant. Quant au fait qu’il y ait un taux d’homicides avec armes à feu égal à celui sans armes à feu, j’aimerais savoir quelle est votre source (je n’ai pas encore entendu dire cela à ce jour, mais si votre argument est fondé, je suis preneur) ; seulement à partir du moment où les armes sont présentes dans une culture, il me semble que la tendance à les employer s’en retrouve augmentée (pour reprendre votre allusion aux régimes autoritaires, et pas seulement socialistes, le culte de l’autorité permet de plus grande dérive de celle-ci, puisqu’elle est divinisée, et donc infaillible ; je m’empresse de préciser que cela n’est pas mon point de vue, mais l’idée latente qui existait dans nombre de pays autoritaires).

    Concernant la Suisse, je ne connais pas ce pays et ne m’avancerais pas, mais concernant Israël, l’idée d’une communauté y est probablement la plus forte que dans nombre d’autres pays occidentaux, l’idée d’un seul et même peuple ayant pour le coup, toutes les caractéristiques communes (langue, culture, religion, et appartenance au peuple par la mère) ; qui plus est, les israéliens sont en guerre plus ou moins permanente : la communauté se sert les coudes contre « l’ennemi », et ils ne se tirent pas dessus (et vous conviendrez peut-être que les psychopathes en puissance s’engagent volontairement dans Tsahal, afin de satisfaire leurs pulsions).

    §2 Choix personnel, ou choix imposé ? Cette question est à mon humble avis non-fondé, car la plupart des gens ne se la posent pas, ils se conduisent en fatalistes (« moi vous savez, vous que je bosse pour vivre »). De plus il me semble qu’un tel argument ruinerait toute votre théorie politique : si l’État existe, c’est que les gens l’ont choisi (or votre projet politique se fonde bien sur la critique du contrat social développé par Spooner, non ?).

    Je n’ai pas dis que ce type était une victime de A jusqu’à Z, c’eût été faire de la rhétorique gauchaillone (« mais vous comprenez, les pauvres émigrés, ils ne s’intègrent pas, c’est normal qu’ils soient violents et qu’ils brûlent tout »). En revanche, dire qu’il est coupable, c’est nier le poids de la société sur l’individu, et donc nier toute forme de sociologie, et par extension, de culture (la culture n’est jamais qu’un des ferments de la sociétés ; je vous renvoie à notre discussion sur les nations).

    Bien à vous

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