L’électoralisme expliqué aux Schtroumpfs

C’est de saison, les belles promesses, les bons sentiments et les voeux de félicité éternelle pleuvent, à la manière des lettres au Père Noël et des cartes du Nouvel An. À chaque élection c’est le même cirque, sauf qu’au lieu de finir la fête bourré au champagne, on termine défoncé au Pouvoir.


Les Schtroumpfs découvrent le Pouvoir, et deviennent instantanément accros.


Vous connaissez peut-être la façon dont le regretté Pierre Desproges distinguait les enfants des adultes: les enfants croient au Père Noël, tandis que les adultes votent. Autant dire, à la lecture des « programmes » des candidats aux municipales et cantonales de cette semaine, qu’il avait encore une fois mis en plein dans le mille.

C’est pour moi un sujet récurrent d’exaspération profonde: mais, bordel de merde, qu’est-ce qui peut bien pousser tous ces millions de gens, autrement responsables et rationnels dans leur vie quotidienne, à s’abandonner si complètement à la servitude volontaire et au fantasme de potence qui nimbe l’état, à s’infliger tant d’évitables souffrances et de cruelles désillusions ? Pourquoi le Pouvoir exerce-t-il un tel attrait sur ses victimes, au point que celles-ci s’empressent de signer, en votant, un chèque en blanc à l’un ou l’autre candidat, sur le dos de tous ? Quel étrange phénomène mental peut faire disparaître toute rationnalité au point qu’ils croient sincèrement que « tout devient possible », qu’un « autre monde » forcément meilleur en tout est à leur portée pourvu que tous s’applatissent sans discuter devant les chefs de leur choix ? Par quel mécanisme la logique elle-même peut-elle être escamotée totalement, jusqu’à persuader que les mêmes causes n’entraîneront sûrement pas, cette fois-ci, les mêmes effets que partout ailleurs ou qu’à toute époque ? D’où vient cet élan irrépressible, ce fantasme prolongé digne d’une phase maniaque ?

Il y a peu, de là, à dire que l’étatisme est une maladie mentale. Il se trouve même d’éminents psychologues pour franchir ce pas.

En attendant, les autres millions de gens restants sont obligés soit de prendre part à leur propre servage pour limiter les dégâts, soit à chercher une issue dans l’exil ou la défiance. C’est tragique.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

5 Responses to L’électoralisme expliqué aux Schtroumpfs

  1. Corwin says:

    « …autrement responsables et rationnels dans leur vie quotidienne… »
    HEIN ??!!
    Attend, on parle bien du même ramassis de crétins analphabètes, fainéants, couards et incultes qui seraient incapables de poser une division même si leur vie en dépendait, qui aiment regarder la roue de la fortune et se battre pour des chiffons invendus dépareillés et pas à leur taille pendant les soldes, qui ne comprennent pas qu’ils sont responsables du développement intellectuel de leurs gamins, qui démarrent la tondeuse très tôt le dimanche matin pour emmerder le voisin dont ils sont jaloux parce qu’il a une voiture plus chère, qui cherchent dans l’alcool ou les antidépresseurs une solution à leurs problèmes, qui risquent leur vie sur la route pour gagner 5 minutes ou encore qui jurent fidélité jusqu’à la mort pour trombiner deux ans après la première pétasse venue ?
    Car c’est bien ça, l’essentiel de l’électorat français (ou tout autre pays développé, d’ailleurs). Et c’est bien ça aussi, la raison pour laquelle je ne suis PAS un démocrate.

  2. Stan says:

    Excellent! 😀

  3. jesrad says:

    @Corwin: Oui oui, on parle bien d’eux 😀 Ca surprend un peu, mais la grande majorité des choix que font la plupart des gens sont rationnels et normalement intéressés.

    Bon, maintenant, la grande majorité, c’est peut-être pas encore assez. Mais il y a eu quand même de gros progrès (être roux n’est plus un motif d’exécution sommaire, et les catastrophes naturelles n’entraînent presque plus de sacrifice humain), et puis on aurait tous un avis différent quant à la limite à tenir. On est tous le con d’un autre après tout (même si c’est pas toujours pour de bonnes raisons).

  4. Mary White says:

    J’ai (presque) perdu la foi… Ici (Espagne) on a choisi 4 ans de mesures liberticides, d’interventionnisme économique, de « cadeaux » sociaux. On dit que les Zapateros’s boys&girls vivent dans le monde d’Alice (in Wonderland) 🙂

    http://marygodiva.blogspot.com/2008/03/los-regalos-de-pap-noel.html

  5. Bertrand Monvoisin says:

    Corwin la « roue de la fortune » comparée aux immondices de la télé-réalité est une émission de haute tenue intellectuelle. La téléréalité permet a des masochistes de se faire humilier en public pendant plusieurs semaines et a des sadiques de profiter honteusement de ce spectacle. La téléréalité est la pierre philosophale des producteurs qui transforme la merde en or.

    Corwin vous confondez démocratie et éléctoralisme, la démocratie c’est la possibilité pour chacun de défendre ses droits et libertés, de jouir de ses prérogatives sans être manipulé, menacé, embastillé, muselé. L’éléctoralisme c’est la foire à la démagogie, on flatte les plus bas instincts.

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