Avis aux mal-jouisseurs

Depuis le 2 janvier, je suis servi beaucoup plus promptement dans le restaurant que je fréquente chaque midi. C’est appréciable, mais sur le très court terme seulement: cela veut dire, pour toute personne capable de voir ce qu’on ne voit pas, que le personnel va devoir être réduit ou que les prix vont s’envoler ; ou les deux (les coûts fixes étant reportés sur des clients moins nombreux) – TANSTAAFL.

Quoique le journal télévisé de 20 heures s’ait échigné à nous marteler toute la semaine passée, l’interdiction de fumer dans ces endroits privés mais ouverts à tous que sont troquets, bistrots et autres restaurants a vidé ces lieux, mettant leur persistance en péril.

Si ça se trouve, il existe déjà une loi, un décret ou quelque jurisprudence obscure qui fait porter la responsabilité d’un excès de boisson non pas sur celui qui s’enivre mais sur celui qui sert à boire, brrr…

Life sucks and then you die.

La réalité qui s’impose à nous sans nous demander notre avis, sans faire de quartiers ni faire d’excuses, c’est que nous allons tous mourir. Quand ? Comment ? Vous le saurez bien assez tôt ! Mais s’il y a une chose que la réalité a la décence de faire, c’est de ne jamais dire « pourquoi ». On ne peut pas en dire autant de nos esclavagistes attitrés, qui s’épuisent en justifications, mais passons.

Donc, nous crèverons tous à un moment ou un autre: le temps passé ici est limité, la façon dont on l’occupe est un choix de tous les instants, sur lequel on ne peut jamais revenir. Plus long ou plus court, ce n’est pas tant la durée mais l’usage qu’on en fait qui compte – et à chacun ses goûts. Cette occupation est donc le bien le plus universellement précieux qui soit la propriété de chacun.

Il ne saurait y avoir de crime plus ignoble que de décider à la place de l’autre comment il occupe – et achève – sa propre existence. Ce chemin que l’on parcourt pour soi-même, avec son début et sa fin, nul ne saurait nous en détourner, que ce soit pour l’allonger ou le raccourcir.

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, les origines historiques et idéologiques de l’hygiénisme totalitaire sont peu ragoûtantes.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

12 Responses to Avis aux mal-jouisseurs

  1. Martini says:

    Souvenez-vous toujours de Jerôme Irving Rodale.

    « Inventeur » de l’agriculture bio, il se vantait à la télé de pouvoir vivre centenaire grâce à sa lubie, et mourut promptement et discrètement d’une crise cardiaque sur le plateau d’enregistrement.

  2. Bretzelman says:

    Autant je suis d’accord sur le fait que l’état n’est pas forcément le mieux placé pour nous dire ce qui est bien pour nous, autant je ne pense pas qu’à long terme tu condamnes tant que ça l’avenir des cafés, restaurants etc. Après tout, on ne trouve pas que des fumeurs dans ces lieux, preuve qu’on peut très bien aller dans un resto/café/bar sans forcément devoir fumer.

    L’utilité d’un bar/café/resto va bien au dela du simple fumoir: lieu pour discuter, pour être au chaud, faire un break avant/après la journée de travail, casser la croute… autant de fonctions qui n’ont pas besoin impérativement de cigarettes. Une fois passé le malaise des premiers jours, les fumeurs auront bien besoin de bénéficier à nouveau de ces fonctions et retourneront dans les bars/restos/cafés mais sans leurs cigarettes. C’est dommage que ce soit fait sous la contrainte, contrainte d’autant plus malsaine qu’elle est appliquée très grossièrement (quid des bars à fumer genre pour les narghilés?), mais a mon avis il en faudra plus pour tuer l’intérêt d’un café, bar ou resto.

    J’ajouterais qu’en tant que non fumeur, il m’est aussi difficile de défenre le droit de fumer dans un endroit clos que de défendre le droit d’une entreprise de polluer l’air que je respire. Les nuisances du fumeur s’appliquent à tous les usagers du lieu, qu’ils le désirent ou non. Alors certes je peux très bien ne « pas aller dans un bar où il y a des fumeurs », mais ils pourraient aussi très bien ne pas fumer dans un bar où il y a des non fumeurs.

  3. ts69 says:

    Que ça tue ou pas les bars, cette loi est immorale. Juste un signe des temps en fait

  4. jesrad says:

    L’air appartient au propriétaire du bar 😛

    Pour l’instant on constate surtout que les non-fumeurs ne font pas vivre les troquets, le lien donné plus haut est assez édifiant sur ce point.

    En ce qui me concerne, je suis non-fumeur militant. Mais les dérives hygiénistes sont bien plus à craindre que le tabac: l’interventionnisme est plus sûrement mortel que tous les vices.

  5. Philippe says:

    Effectivement cette loi est amorale, c’est une violence inouie à l’encontre des propriétaires de bars. Quant à celui qui explique que les fumeurs enfument les non fumeurs, il n’a qu’à aller dans des endroits non-fumeurs puisqu’il en existe.

    Pour preuve, en bas de mon cabinet existe un endroit non-fumeur depuis un an dans lequel il n’y a jamais personne ou presque. Aujourd’hui, le décret est passé et cet établissement n’a pas plus de clients. Par contre, les troquets classiques ont largement moins de clients aussi.

    J’ai interrogé trois patrons que je connais qui m’expliquaient que leur CA était en baisse de 30%.

    Il y a d’ailleurs deux types de non-fumeurs. Ceux qui ne fument pas parce que cela ne leur plait pas, et c’est leur droit mais qui restent d’honnêtes hommes. Et il y a les ayatollah de l’air pur. Ces derniers n’ont jamais fréquenté les rades et ne les fréquenteront pas plus maintenant. Allez sur le site de l’association Droit des Non Fumeurs (D-N-F.org) et vous serez édifiés. Lorsque des personnalités paranoïaques font les lois (en l’occurence il s’agissait d’un simple décret) il y a du souci à se faire.

    Fumer est mal mais vivre comme en ex URSS est sans doute pire. La qualité de vie, ne se mesure pas à la qualité de l’air !

  6. Morpheus says:

    Les fumeurs continuront a aller dans les restau, bar etc, tandis que les allergiques a la clopes qui n’y allaient pas avant, iront.
    il existent des panneau chauffant a mettre dehors en terasse pour fumer dehors, comme en australie, les bar sont finallement gagnant: plus de clientele et un espace en plus dehors.(car les fumeurs pourront toujours fumer dehors.)

  7. Bretzelman says:

    Si je ne me trompe pas, en Irlande, la fumée est totalement proscrite dans les bars et restos. C’est pas pour autant qu’ils étaient vides, mais c’était particulièrement agréable de s’y rendre. Je n’ai d’ailleurs pas vu de goulag dans la périphérie de Dublin.

    Ce qui me dérange plus dans ce genre de loi c’est l’aspect binaire: tout ou rien. Il aurait sans doute été préférable de créer un système incitant à la mixité des établissements, par exemple une réduction fiscale pour les établissements non-fumeurs. Laquelle permettrait de compenser la perte potentielle de clients. Et sur le long terme, on aurait vu qu’elle n’est pas si importante que ça, motivant les autres établissements à s’y mettre sans contrainte. On aurait aussi pu de la même manière inciter (par une déductibilité élevée par exemple) la construction d’espaces réservés aux fumeurs dans les établissements, style fumoirs. Ce qui permettrait aux non fumeurs de pouvoir aller dans un bar sans subir la liberté de fumer des autres.

  8. jesrad says:

    Mouais, mais il y a un truc que vous assumez – sans fondement – dans vos suppositions: vous partez du principe que tous les types de clients se valent. C’est précisément ce que Philippe dénonce dans ses témoignages.

  9. Bretzelman says:

    je vois mal pourquoi le fumeur serait naturellement plus disposé à aller dans des bars/cafés/restos que le non-fumeur, excepté que le non fumeur sait actuellement qu’il en ressort puant. Donc sur un terme pas forcément long, la fréquentation pourrait même être en hausse (j’emploie le conditionnel hein).

  10. jesrad says:

    On verra le résultat 😉 C’est toujours la réalité qui décide de ce qui est vrai ou juste, après tout.

    En ce qui me concerne, je renouvelle ma dénonciation de la méthode employée. Tenter de faire le bien malgré l’autre, c’est la source de tout mal. Je reviendrai la dessus dans un (long) article.

  11. Philippe says:

    Le vrai fumeur présente souvent une forme plus ou moins importante de trouble bipolaire ce qui le rend plus facilement addictif.Ce n’est pas du tout la même clientèle.

    Quant au type qui me parle de l’australie, qu’il aille y vivre. Idem pour l’exemple irlandais.

    Qu’il existe des endroits fumeurs et non fumeurs ne doit pas gêner. LE fait qu’il ya ait plus ou moins de clients ne devrait même pas entrer en ligne de compte.

    Quant aux goulags, quelle remarque stupide. On parvient à faire marcher les gens, même sans goulag. La psychologie sociale est plus innovante que cela ! Le goulag c’est ancien et contre productif et c’est sans doute pour cela que le communisme est mort.

    Nos démocraties sociales sont plus inventives. Elles parviennent même à faire croire aux esclaves qu’ils sont du côté des maitres !

  12. Morpheus says:

    Pour ta gouverne #11 je vis en Australie…
    Et je voulais simplement montrer que ici, la lois est passé depuis pas mal de temps, et les gens, patrons de bar&co se sont adaptés.
    Ils ont par exemple foutu des terasses partout pour que les fumeurs qui commandent a l’interieur puissent fumer dehors.
    Et il existe des panneaux chauffant, comme de gros lampadaires, qui permettent de manger au restaux dehors par temps frais (5°).
    Je trouve ca pas mal, moi meme étant fumeur, je supporte pas les ambiances irréspirable qui donnent parfois mal aux yeux.

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