Où sont passés les milliards ?

La confusion la plus totale règne au sujet de la Grande Fraude De La Société Générale dévoilée la semaine dernière. Par exemple, il y a des gens qui s’imaginent que l’obscur trader suspecté, ou quelque autre sinistre dissimulateur l’utilisant comme diversion, aurait « planqué » les 5 milliards quelque-part. D’autres n’arrivent pas à concevoir que des milliards d’euros puissent simplement cesser d’exister. Doit-on y voir une conséquence de l’absolue inculture en matière de finance et d’économie de la plupart des Français ?*

Ces milliards ne sont allés nulle-part. Quand la presse parle de « partis en fumée », c’est à peine exagéré. Pour comprendre comment 5 milliards d’euros peuvent s’évaporer sans laisser de traces, il faut revenir à la définition même de l’argent et de la valeur.

Richesse et valeur: des briques contre des patates.

Les milliards d’euros sont une valeur: c’est simplement un chiffre représentant de manière très simple et facile à appréhender l’utilité d’une chose ou d’un (gros) paquet de choses réelles. Ces choses tangibles qui ont une valeur, ce sont les richesses. La confusion entre richesse et valeur est une cause courante de confusion économique.

La valeur d’une chose est différente pour chacun d’entre nous et suivant les circonstances, puisqu’une chose n’est pas aussi utile à tout le monde ni tout le temps. En fin de compte, la valeur d’une chose correspond aux efforts que vous (oui, vous !) êtes prêt à fournir en échange de cette chose. Et à moins d’être capable de fabriquer vous-même cette chose tout seul, vos efforts devront d’abord être échangés en valeur (argent).

OK, tout le monde suit jusque là ?

Dans le cas de la Société Générale, les 5 milliards correspondent à une variation de l’utilité qu’avait la richesse concernée (toutes sortes d’investissements, autrement dit des promesses de profit) pour leurs propriétaires. Il a suffit que ces promesses de profit se révèlent moins utiles pour que leur valeur diminue. Voilà où sont passés les milliards: il ne s’agissait pas d’une montagne de billets de banque, mais de la valeur attribuée à un paquet de richesses, valeur qui a diminué.

Toujours pas convaincu ?

Imaginez que vous avez une tondeuse. Cette tondeuse a une certaine utilité: vous épargner soit d’avoir à tondre l’herbe manuellement, soit d’avoir un jardin broussailleux. À cette utilité correspond une valeur: disons la quantité d’efforts que vous êtes prêt à dépenser pour avoir un jardin net. Maintenant, vous découvrez que votre tondeuse ne ramasse pas l’herbe derrière elle: pour avoir un jardin net, il va falloir rajouter les efforts de ramassage… ce qui vient en déduction de l’utilité de la tondeuse, qui a donc dès lors moins de valeur pour vous. Cette valeur ne s’est pas dissimulée ailleurs, elle n’a pas été détournée. Elle a simplement disparu.

Remplacez la tondeuse par l’investissement acheté 50 milliards et quelques, la perte de valeur de la tondeuse par les 5 milliards perdus, le propriétaire déçu du jardin broussailleux par les actionnaires de la Société Générale, et le type qui a acheté la tondeuse pour le compte du précédent en croyant qu’elle ramassait l’herbe, par le trader indélicat.


* C’est pas des conneries: dans « la culture générale pour les nuls » il n’est fait absolument aucune mention d’économie ou de finance. Zéro, nada, queud’.

Dockers allégés

Avec une rare discrétion, l’état français a annoncé qu’il se retirait complètement de la manutention des ports de Marseille.

Voilà au moins une reculade du Pouvoir qu’il convient d’applaudir.

L’illusion démocratique

Que ce soit au Kenya, en Georgie, en Russie, à Haïti, au Pakistan, et même en France, les élections entraînent partout des contestations, souvent violentes. Il semblerait bien que le « modèle démocratique », ainsi qu’on appelle (abusivement, d’après moi) la république ou monarchie parlementaire avec suffrage, n’apporte pas aux autres pays du monde la paix, la justice et la prospérité que trop de nos citoyens de pays civilisés tiennent pour acquis.

À l’origine de ces révoltes, on trouve le problème fondamental du Pouvoir: les gens ne veulent pas se soumettre à l’autorité qu’ils n’ont pas choisie, même si cela les arrange de soumettre les autres à l’autorité de leur choix. Leur réaction est d’autant plus intense et violente que cette autorité contrôle plus totalement chaque aspect de leur vie. Peut-être même l’instauration de ce modèle dans nos pays d’Europe et d’Amérique du Nord n’a-t-elle été possible qu’à partir du moment où le Pouvoir a été repoussé, retranché, enfermé dans des constitutions ou chartes des droits, qui limitaient son étendue.

Il semblerait donc, à la vue de l’histoire contemporaine, que le « modèle démocratique » ne tient qu’en tant qu’étape sur la voie menant vers la disparition du Pouvoir: instaurer des élections et des régimes représentatifs dans des pays ou chez des peuples sans Pouvoir restreint est futile, et ne fait que changer le visage de l’oppression tout en lui conférant un vernis de respectabilité qu’il ne mérite pas. En cela c’est une illusion mortelle.

L’autre conclusion qui s’impose, c’est qu’à mesure que le Pouvoir prend ses aises et prend le contrôle de nos vies, il engendre les violences qui finiront par le mettre à bas, mais après bien trop de souffrances et de pertes, et au risque trop grand de reproduire son propre cycle. En cela aussi, c’est une grave illusion.

Refroidissement climatique: hier les Néanderthaliens, demain le tiers-monde ?

De nouvelles études pourraient expliquer la disparition, il y a plus de 30000 ans, des hommes de Néanderthal par le refroidissement climatique majeur et soudain qu’ils ont vécu, alors qu’ils n’avaient pas les outils et techniques nécessaires à la fabrication de vêtements suffisamment chauds.

De nos jours,on s’obstine à vouloir handicaper nos économies au nom d’un réchauffement qui ne vient pas, ce qui risque de laisser les populations les plus pauvres de la planète à la merci d’un refroidissement tout aussi soudain et mortel, dont on a pu distinguer quelques prémisses ces derniers mois:
– de la neige en Iran (55 cm de neige sur la moitié du pays !) et dans les régions désertiques du Tadjikistan, Turkmenistan et Uzbekistan
– des morts de froid à Mexico, de la neige sur le Honduras et El Salvador
– des morts de froid aussi en Inde, avec des records de température négative (-7,4C) autour de New Delhi
– des records de froid aussi à Bueno Aires, avec des températures les plus basses depuis 90 ans
– d’énormes chutes de neige en Australie, en plein été
l’hiver le plus rude pour la Grande Bretagne depuis 100 ans
– les plus lourdes chutes de neige en Suisse depuis 1955
une couche d’un mètre de grêle paralysant Bogota
– la progression des glaciers de l’Alaska de 500 mètres en deux ans
une baisse des niveaux des océans
– et faut-il le rappeler, des records de glaciation aux deux pôles

Pour en finir avec le sucre !

Cela n’a aucun rapport avec la praxéologie ou Second Life, mais je tiens quand même à aborder le sujet au nom du Discordianisme. J’ai attendu d’en savoir suffisamment et d’avoir personnellement expérimenté pour en parler, et le temps est venu (roulements de tambour).

Le sucre est extrêmement mauvais pour vous. Ce n’est qu’en sachant comment et pourquoi il est si mauvais aux doses où on en mange habituellement, et comment s’en passer, que vous pourrez vivre librement en connaissance de cause.
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Avis aux mal-jouisseurs

Depuis le 2 janvier, je suis servi beaucoup plus promptement dans le restaurant que je fréquente chaque midi. C’est appréciable, mais sur le très court terme seulement: cela veut dire, pour toute personne capable de voir ce qu’on ne voit pas, que le personnel va devoir être réduit ou que les prix vont s’envoler ; ou les deux (les coûts fixes étant reportés sur des clients moins nombreux) – TANSTAAFL.
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Comment ne pas s’y prendre contre le chômage

La pensée constructiviste a ceci de particulier qu’elle ne recule devant rien pour « concevoir » la société humaine, partant du principe qu’elle dispose de moyens illimités et irrépressibles pour la façonner, et que le reste suivra forcément. Ces temps-ci, c’est l’état qui joue le rôle de puissance ultime chargée de rendre réelle toutes ses lubies, là où quelque divinité jouait (ou joue encore aujourd’hui) ce rôle d’expédient magique.

Chez les socialistes de droite qui peuplent majoritairement l’Elysée et le Parlement en ce moment, il convient de lutter contre le chômage pour fabriquer une France du plein emploi. Lutter est à prendre au sens littéral: il s’agit d’envoyer la troupe pour menacer et extorquer le bourgeois-vil-patron (c’est le côté socialiste), mais aussi cogner et contraindre le prolo-sale-chômeur (c’est le côté de droite).
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L’année 2008 commence bien

Après Warren Buffet, c’est au tour de Barron Hilton, ex-propriétaire des hôtels Hilton, de donner la quasi-totalité de sa fortune à des oeuvres caritatives. Il y en a pour plus de 2 milliards de dollars, dont pas un centime n’ira dans l’escarcelle poreuse et hyper-fashion de la plus célèbre et embarrassante des 30 petits-enfants que compte Barron.