Merci les pauvres !

Je voudrais prendre le temps de remercier tous les pauvres de France et ce fantastique système éducatif collectivisé à mort qui règne sans partage dans ce beau pays. Oui, merci les pauvres, merci les chômeurs et les précarisés sans formation digne de ce nom, tous les sur-diplômés sans avenir et les rejetés du système qui avez financé à la place de mes parents une bonne partie de mon cursus, et qui avaient assuré mon succès par votre échec prévisible dans la formation « unique » ou « générale ».

C’est quand même un sacré coup marketing, une arnaque de toute beauté, que d’avoir réussi un tel prodige: rendre les études prestigieuses, celles qui ouvrent les bonnes portes, à la fois inaccessibles aux pauvres parqués dans les ghettos pour sous-citoyens cités de HLM grâce au collège unique et à sa sélection furtive par l’échec, et gratuites ou quasi-gratuites grâce principalement à l’argent pris de force aux pauvres, qu’ils soient parents d’élèves ou pas. Et tout ça au nom de « l’égalité » !

Vraiment, merci. Ça n’aurait jamais été possible, ou à tout le moins aussi facile, si j’avais dû faire mes preuves laborieusement en passant sélection sur sélection sur mes capacités réelles au collège, puis au Lycée, au lieu de simplement me contenter de surnager par le moindre effort parmi une grande quantité de cancres ou d’immigrés récents, certains parlant tout juste deux mots de Français, plongés de force dans un enseignement absolument pas adapté à eux et encore moins à leurs aspirations professionnelles (savamment démolies par le dogmatisme académique inculqué aux enseignants).

C’eût été une épreuve terrible, si j’avais dû justifier d’aller dans un bon établissement autrement que par la géographie du domicile de mes parents, et si j’avais dû me démarquer dans une classe ne rassemblant que de bons élèves, au lieu de dominer le reste de la classe simplement parce que ce reste de la classe, c’était des gamins qui auraient mieux fait d’aller suivre un apprentissage de boulanger, de charpentier ou de plombier. Vraiment, merci, en les forçant à rester au collègue inique, vous les avez coulés mieux que je n’aurais jamais pu espérer qu’ils se coulent eux-mêmes en voyant trop grand.

Avec l’éducation nationale, c’est possible: la réussite du nanti (moi) se hissant facilement sur les cadavres de ceux qui sont condamnés à échouer. Quand je pense en plus à ceux qui savaient à peine lire et écrire dont on attendait qu’ils lisent les classiques littéraires français ou maîtrisent les principes de base de la physique newtonnienne, j’ai une envie de fou-rire qui monte. Et dire que cette incroyable destruction de ceux qui auraient dû me faire concurrence plus tard pour les vraies grandes écoles et surtout pour les boulots bien payés se fait au nom de « l’égalité » ! Dire qu’un tel élitisme forcené et destructeur, cette mascarade d’égalitarisme qui trie par pur darwinisme social, a été défendu et continue encore aujourd’hui ouvertement d’être défendu par des blaireaux communistes et socialistes sous couvert de « mixité sociale », « d’égalité des chances », de « lutte contre l’hégémonie de la bourgeoisie », quand ce n’était pas carrément de « réussite pour tous » !

Donc, merci les gauchistes et les fanatiques du « tous ensemble ». Grâce à vous j’ai pu accéder sans effort aux meilleures grandes écoles, et me taper des années d’études sans avoir à bosser pour couvrir frais de scolarité et loyer de studio grâce au fric des pauvres.

Heureusement que je n’étais pas aux USA ou au Japon… Quand je pense que là bas, ce sont les élèves riches qui paient plein pot pour leurs études supérieures pour que les bons élèves pauvres paient moins cher ces mêmes études grâce aux « grants » et arrangements divers… Heureusement que je n’étais pas non plus au Danemark ou en Finlande, ces pays où les établissements sont indépendants entre eux, et les formations offertes, bâties librement autour d’objectifs précis, sont suffisamment diversifiées et adaptées, rendant impossible de se mettre en avant simplement en laissant tous les autres s’enfoncer.

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À propos Martini
I'm a stuffed penguin, and I hate you.

One Response to Merci les pauvres !

  1. Bretzelman says:

    Ben tu vois que le collectivisme a du beau. T’as lu les voleurs de riches?

    On peut ajouter encore que c’est très sympa à la caissière de supermarché de payer les subventions de l’opéra Garnier et autres avec son maigre salaire. Ca permet aux gens qui payent l’ISF de faire des économies quand ils vont voir un spectacle où il est certain qu’ils ne croiseront pas la caissière.

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