Le Pari de Pascal, variante pour le monde réel

De deux choses l’une: soit il est possible pour l’homme d’exercer sa pleine liberté avec bonheur, soit ça n’est pas possible.

Si ça l’est, il convient de laisser chacun libre d’agir conformément à cet exercice de la liberté, c’est à dire dans la mesure où les actions ne contredisent pas cet exercice.

Si ça ne l’est pas, alors de toute façon le bonheur et la liberté sont impossibles sans conflit et donc il convient de taper sur ceux qui vous empêchent d’agir à votre guise.

En conclusion, dans un cas comme dans l’autre, la seule stratégie gagnante à tous les coups est celle qui consiste à se battre contre toute obstruction à votre liberté, dans le respect de la liberté de l’autre. Allez-y, foncez.

Publicités

À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

8 Responses to Le Pari de Pascal, variante pour le monde réel

  1. Ankuetas says:

    En parlant de catholiques (j’apprécie énormément Pascal) et pour rejoindre l’économie, je me demande si tu avais eu vent de la théorie, développée par Chesterton et Belloc, dite « distributisme »?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Distributisme

    Troisième voie, disent-ils…N’est-ce pas un libéralisme de gauche?

  2. jesrad says:

    Regarde donc l’auteur de cette page Wikipedia 😉

    Ce n’est pas une troisième voie du tout, c’est presque identique au marché libre gouverné par le droit naturel. C’est logique, d’ailleurs, puisque les deux ont les mêmes grosses racines chrétiennes du côté éthique (droit naturel). D’ailleurs Hilaire Belloc est un auteur libéral assez connu.

    En gros, le distributisme se focalise sur la subsidiarité (marrant, non, c’est justement le point essentiel de la démocratie sur lequel j’insiste, et qui manque à nos républiques). Les activités productives sont découpées en entités les plus petites possibles tout en restant efficaces. Si on comprend ça comme « la taille plus petite où elles seront le plus efficaces », alors ça revient strictement à la même chose que le marché libre, où la taille des entreprises est en permanence poussée vers l’optimum. La seule différence en pratique, c’est que certaines formes de distributisme ramènent la propriété à l’échelle familiale plutôt qu’individuelle (ce qui est, je pense, une bêtise puisque l’échelle minimale efficace de prise de décision et d’action, seule justifiable par la subsidiarité, est l’individu).

    Ce qui est aussi intéressant dans le distributisme, c’est l’insistance sur la subsidiarité dans l’organisation de toute la société, au delà des seules activités économiques: justice, police, etc… Dans la pratique, cela revient ni plus ni moins qu’à une forme d’anarchie de marché contractuelle semblable à ce qui était imaginé par Samuel Konkin. Exemple avec la justice: si la subsidiarité est le principe fondateur, alors quand deux personnes ayant un litige peuvent se mettre d’accord tous seuls, personne d’autre ne doit intervenir (cela augmenterait inutilement la taille du système). S’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord, ils peuvent s’accorder sur un arbitre impartial, qui devient alors le seul à pouvoir intervenir, et si ça ne résoud pas le problème (ça n’est pas efficace) une entité plus vaste peut être impliquée, etc… C’est précisément le modèle préconisé par tous les anarcho-capitalistes jusnaturalistes !

    Bref, vu comme ça le distributisme offre une « troisième voie » … pour arriver à la justification de l’anarchie libérale: celle de la subsidiarité – la première, c’est l’éthique (l’anarchie libérale en tant que société la plus morale possible), et la seconde c’est l’efficacité (utilitarisme, voir David Friedman).

    (Dans mes Chroniques Galliennes, on peut voir comment les gens qui travaillent sont à peu près toujours propriétaires de leurs outils de travail, ce qui est un point explicite du distributisme, et seulement implicite à l’anarcho-capitalisme.)

  3. Ankuetas says:

    Eh merde, je suis vraiment con, c’est tout toi qui avais écrit et j’avais rien vu, sorry 😀

    Ca rejoint donc bien ce que – je crois – Chesterton s’est défini un jour, comme une sorte d' »anarchiste conservateur » 🙂

  4. jesrad says:

    Il y a déjà des anarcho-chrétiens – la tendance Tolstoï – et toutes sortes d’anarchistes dits « de droite » – la tendance Céline – dans lesquels on peut parfois aussi inclure des anarcho-capitalistes quand ils sont plus conservateurs que progressistes (Hoppe me vient à l’esprit). Le distributisme se trouverait un peu entre ceux-ci et les libertariens, mais distants du mutualisme façon Proudhon.

    Bon, maintenant, toutes ces catégories sont approximatives et il y a une continuité.

  5. Ankuetas says:

    Bon, l’anarchisme de droite, c’est pas un mouvement politique, c’est surtout une manière de se comporter face à la société, d’une manière très provocatrice, en effet. Mais de là à en faire un mouvement politique, euh… ^^

    Mais je dirais qu’il y a autant d’anarchistes que d’individus (libres)…c’est surtout profusion de types, de singularités, qui tiennent leur liberté en grande importance, même si ils peuvent être radicalement opposés sur plusieurs points, par ailleurs.

    Au fait, en passant, le nouveau design est très bon 😉

  6. jesrad says:

    « Mais je dirais qu’il y a autant d’anarchistes que d’individus (libres)…c’est surtout profusion de types, de singularités, qui tiennent leur liberté en grande importance, même si ils peuvent être radicalement opposés sur plusieurs points, par ailleurs. »

    Exactement ! C’est aussi pour ça que l’anarchie est une grande maison: il y a de la place pour tous ceux qui sont capables de vivre en paix avec leurs voisins sans être d’accord avec eux pour autant.

  7. Ankuetas says:

    C’est aussi pourquoi je me suis éloigné de ceux qui croient être les « seuls » anarchistes, qui nous brandissent leurs idéologie comme la seule de la liberté, qui finalement construisent leur bien-pensance à eux.
    Pour moi, même un républicain peut-être anarchiste si il est libre, si il croit à ce qu’il dit, qu’il n’aie pas peur, qu’il s’oppose.

    D’ailleurs, je considère Alévêque dont tu as mis une vidéo en ligne, (comme Paul-Louis Courier aussi, qu’on oublie souvent (mais que catallaxia a mis en ligne, j’ai été très agréablement surpris de ça, j’ai cru que j’étais le seul qui le connaissait)) comme un anarchiste, et je reprendrais volontiers la formule de son spectacle pour définir ce qu’est un anarchiste: C’est une personne qui est « Debout! »

    🙂

  8. jesrad says:

    Je viens de tomber sur ce vieil article de Tonton Rothbard dans lequel il qualifie l’encyclique « Rerum Novarum » de Léon XII, qui est le texte fondateur du distributisme, comme « fondamentalement libertarien et pro-capitaliste ».

    (Et au passage il qualifie l’encyclique Quadragesimo Anno de Pie XI de « violemment anti-capitaliste et pro-fasciste ». Il faut croire que les Papes sont quand même très influencés par leur époque, à moins que Murray raconte des bêtises, ce qui est aussi possible.)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :