Mythologie socialiste: l’état-« providence »

Cette semaine, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons étudier divers mythes et légendes d’origine socialiste. Aujourd’hui, voyons la croyance irrationnelle en « l’état-providence ».

Commençons par le commencement: l’état n’a JAMAIS, dans le passé, prétendu s’occuper de la prospérité de ses sujets. Il n’en a aucunement été question jusqu’à l’essor du socialisme à la toute fin du XIXème siècle. Avant cela et pendant des millénaires, il n’y avait pas le moindre doute quant au rôle de l’état: celui de maintenir l’ordre (et la position privilégiée des dominateurs qui le composent) par la force, au bénéfice de ceux qui disposaient des armes et des compétences pour s’en servir. Le bien-être matériel, y compris celui de tous ces chefs, était l’affaire du peuple uniquement, et le contraire était tout simplement inconcevable.

Mais voilà, pendant la seconde moitié du XIXème siècle, certains se sont mis en tête que l’état, c’est-à-dire le groupe de types armés, organisés et entraînés pour la bagarre, et que l’on venait tout juste de parvenir, un demi-siècle plus tôt, à apprivoiser à coup de Révolution, de Constitution et de Droits de l’Homme pour essayer tant bien que mal de le faire se tenir tranquille, pourrait par le simple usage de sa force rendre la société plus prospère. Curieux saut de logique (non sequitur), n’est-ce pas ?

L’Etat-Providence et ses programmes dits de « redistribution » sont en fin de compte une fantaisie très récente. Qui sont ses inventeurs concrets, les premiers à l’avoir mis réellement en pratique ? Un certain Adolf Hitler, en Allemagne, un certain Vladimir « Lénine » Oulianov, en Russie, et un certain Franklin Delano Roosevelt, aux USA.

Que du beau monde, quoi. Le principe est à chaque fois le même: spoliations généralisées sur tout le territoire au profit de l’état et ses sbires par l’introduction d’impôts (notamment sur le revenu) ou de saisies directes, interdiction de travailler pour moins d’une certaine somme puis « réquisition » des chômeurs ainsi créés pour de « grands travaux » quasiment toujours inutiles (par exemple les autoroutes allemandes, destinées à transporter des troupes, à une époque où l’Allemagne n’avait que très peu de voitures et aucun problème pour les faire circuler) destinés à occuper ces chômeurs pour qu’ils ne se rebellent pas, la mise en coupe réglée de la monnaie par l’état à travers la banque centrale introduite soit sur le coup, soit subrepticement au préalable, et des programmes d’assistance fort coûteux pour essayer de faire surnager tous ceux que ces changements auront jeté ou maintenu à la rue.

En matière d’efficacité économique, on connaît désormais bien le résultat: une catastrophe, tant pour l’Allemagne que pour la Russie ou que pour les USA (le « New Deal » de Roosevelt ayant prolongé durablement la crise de 1929, que Hoover avait aggravé juste avant lui, jusqu’en 1947, date à laquelle les dépenses publiques américaines furent enfin réduites, entraînant enfin le renouveau économique américain). On peut d’ailleurs noter que ce résultat désastreux était déjà anticipé par l’école autrichienne d’économie dès 1920.

Le second effet Kiss Cool de « l’état-providence » est moins connu: c’est la stratification sociale – ce ralentissement, jusqu’à l’arrêt complet, du brassage des différences de capacité entre les gens, à mesure que le libre échange est remplacé par l’intervention violente et politisée de l’état. Les efforts et le mérite personnel sont balayés, et la collusion, le piston et le favoritisme intéressé les remplacent. La corruption s’installe durablement dans la société, qui se fige. Ce phénomène est d’ailleurs un exemple classique de prophétie auto-réalisante: ce sont les actions de ceux qui dénoncent la « guerre de classe » qui créent la séparation effective des classes.

Tout cela s’explique très simplement pour qui sait voir ce que l’on ne voit pas: l’état n’agit que par la coercition. Il s’empare de force du fruit du labeur de ceux qui produisent. Comme ses actions lui coûtent, il consomme au passage une partie de ce qu’il prend, de 25 à 99% suivant les domaines, en général. Ce qu’il reste, il le « redistribue » à ceux qui savent le réclamer: cet acte de réclamation coûte aussi, environ autant que les sommes reçues (ça s’appelle la Loi de Bitur-Camember), donc le coût final de la « redistribution » augmente encore à cette étape pour atteindre 100% de ce qui avait été pris au départ au minimum. Et enfin, pour compenser cette spoliation, ceux qui produisent font payer plus cher à tous les autres, ce qui annule plusieurs fois le bénéfice de ce qui a été reversé. Faisons les comptes: Sur 100 euros « à redistribuer » pris au départ, l’état va en consommer 25 à 99 pour financer l’acte de spoliation lui-même, puis les cibles potentielles de la « redistribution » vont en dépenser autant que ce qui reste (soit 1 à 75 euros) pour faire partie de ceux qui vont recevoir les 1 à 75 euros qui restent. Coût total: 101 à 200 euros pour faire parvenir 1 à 75 euros à quelqu’un qui, de toute façon, devra payer plus cher son loyer et sa nourriture et recevra moins en salaire pour compenser les 101 à 200 euros volés au début. Résultat net de l’opération: -100 à -125 euros, perdus par l’heureux « bénéficiaire » de la « redistribution » pour faire marcher la machine en pure perte. Mais qu’on se rassure, les fonctionnaires ont bien touché leur part des 25 à 99 euros au passage. Il n’y a qu’eux qui sortent gagnants.

En bref, « l’état-providence » est une arnaque qui ne peut pas fonctionner, puisque l’état, quand il agit en tant que tel, ne peut pas produire de richesse, mais seulement en consommer.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

6 Responses to Mythologie socialiste: l’état-« providence »

  1. Bretzelman says:

    C’est très chouette ce petit feuilleton de l’été. Bien plus que la version polonaise de « sous le soleil »

  2. jesrad says:

    Merci, mais j’ai quand même l’impression de me répéter beaucoup… Bah, encore un dernier demain et je passerai à la mythologie conservatrice.

  3. Sehb says:

    Non, non, tu te ne répètes pas. C’est toujours aussi intéressant. J’aime bien le style très franc, c’est rafraichissant. La mythologie conservatrice risque d’être amusante.

  4. Bretzelman says:

    Oui exactement je trouve pas non plus que tu te répètes. C’est frais et spontané ça rentre pas trop dans des considérations techniques mais ça reste des réflexions tout à fait plausibles. Le démenti de la violence du capitalisme par une réflexion inverse en montrant que les gens ne se sont pas appauvris par excès de capitalisme mais au contraire ne se sont pas enrichis par manque de capitalisme est un fait que les chiffres appuient. Avais-tu vu les études qui observent le nombre de personnes vivant dans le monde avec moins de 1$ par jour (rapporté à l’inflation) au fil des 100 ou 150 dernières années? Si mes souvenirs sont bons, il était il y a 150 ans aux alentours de 92% de la population mondiale… Si j’en crois les nations unies, ce chiffre tourne actuellement autour de 15% de la population mondiale…

  5. Leepose says:

    petit commentaire sur ce passage, a chaud :

    Mais voilà, pendant la seconde moitié du XIXème siècle, certains se sont mis en tête que l’état, c’est-à-dire le groupe de types armés, organisés et entraînés pour la bagarre, et que l’on venait tout juste de parvenir, un demi-siècle plus tôt, à apprivoiser à coup de Révolution, de Constitution et de Droits de l’Homme pour essayer tant bien que mal de le faire se tenir tranquille, pourrait par le simple usage de sa force rendre la société plus prospère. Curieux saut de logique (non sequitur), n’est-ce pas ?

    => c’est que les choses ont complètement changé entre temps. Avant, la puissance dd’un état était sa puissance militaire et ensuite, c’est la puissance économique qui est devenu l’enjeu majeur, de l’avis de tous.

    C’est juste une question de présentation mais ca me paraissait important de le rappeler.

  6. jesrad says:

    La puissance militaire est toujours un élément significatif des états: il n’y a qu’à voir la taille monstrueuse des budgets militaro-industriels des USA. L’autre explication pour l’intérêt « soudain » des états pour le contrôle économique, c’est que c’est essentiellement devenu possible de voler plus qu’avant grâce au progrès technologique et économique. Une fois sorti de l’économie de subsistance, la quasi-abondance rend possible une marge de parasitisme jamais encore envisagée.

    Pour une fois, je pense que c’est un cas où l’occasion a fait le larron.

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