Mythologie socialiste: « l’égalité économique »

Cette semaine, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons étudier divers mythes et légendes d’origine socialiste. Aujourd’hui, voyons la chimère de « l’égalité économique ».

« Egalité économique » suppose que les valeurs respectives de deux choses soient égales. Mais comme on l’a vu auparavant, la valeur de chaque chose dépend de chacun, et varie même dans le temps pour une même personne. En conséquence deux choses ne peuvent avoir la même valeur qu’un bref instant pour une seule personne, tandis qu’à ce même instant les valeurs sont inégales pour tous les autres. Ca commence mal pour la réalisation pratique de l’égalité économique…

Ensuite, il y a le problème de savoir si cette égalité économique est même seulement juste ou désirable. Même si on nie, malgré les faits observables, que la valeur de chaque chose puisse dépendre largement de la personne qui l’évalue, et qu’on lui substitue l’une ou l’autre fantaisie mathématico-physique qui a pu servir de « théorie de la valeur » dans le passé, ça ne marche pas.

Car si l’on est propriétaire du fruit de son propre travail, alors l’existence naturelle de différences de capacités (et d’envies) à travailler entraîne forcément des différences de quantités (et donc de valeur, même en croyant à la « théorie de la valeur » retenue) de richesse entre les gens. Et donc l’objectif d’égalité économique entraîne, si on souhaite agir sur la quantité de travail fournie par chacun, soit de devoir obliger les uns et les autres à travailler malgré leur envie de ne pas travailler, soit de ne pas travailler malgré l’envie de travailler. Et ça, c’est de l’esclavage. Alternativement, les socialistes se replient très souvent sur l’autre solution, qui consiste tout simplement à voler le fruit du travail de l’un et d’en faire profiter un autre, ce qui revient à faire travailler le premier au seul bénéfice du second, contre son gré. Et ça aussi, c’est de l’esclavage. C’est un fait naturel que les individus sont tous différents, et sont différemment capables de se rendre mutuellement service. Puisque l’importance de ces différents services est elle-même différente entre chacun d’entre eux, alors il faut, si l’on veut l’égalité économique, soit forcer ceux qui rendent de grands services à se limiter au niveau des plus médiocres et des plus fainéants, soit nier, d’une façon ou d’une autre, cette différence. Dans le premier cas, on nivelle tout le monde au niveau le plus bas existant, et en plus on empêche les gens d’améliorer leur propre sort, les condamnant tous à la même misère. Dans le second cas, on retire toute raison aux plus utiles d’entre nous de faire le moindre effort pour les autres, en plus de faire de la moitié d’entre nous les esclaves de l’autre moitié. C’est ainsi que le socialisme punit systématiquement les gens qui ont la possibilité de faire le bien, et récompense ceux qui n’en ont pas l’envie ou la capacité.

Il n’y a qu’à ces conditions que « l’égalité économique » est envisageable: nier la nature subjective et humaine de la valeur des choses pour imposer aux gens des goûts et des envies qu’ils n’ont pas, et asservir tout le monde.

Il y a aussi un tout petit détail qui est vite oublié dans tout ça: qui ? Béh oui, qui va aller faire tout ce travail de « redistribution » ou « d’incitation / désincitation » ? Et comment imaginer un seul instant que cette personne ou groupe de gens, doté d’un tel pouvoir, ira « redistribuer » impartialement et parfaitement ses propres richesses ? Le Père Noël ?

Publicités

À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

7 Responses to Mythologie socialiste: « l’égalité économique »

  1. Ping: Mythologie socialiste: le “cadeau aux riches” « Ne Cede Malis

  2. Leepose says:

    J’ai commencé hier un livre sur les anarchistes, qui nous parle des violentes révoltes des ouvriers vers 1830.

    Je ne peux m’empecher de penser que ces aspirations (mythiques?) a l’égalité économique ne sont en parties justifiées, par une exploitation excessive de ces memes ouvriers de l’époque.

    Il y a un stade ou l’homme n’a plus rien a perdre. Il prend les armes et se révolte.

    Comme bien souvent dans l’histoire de l’humanité, on aurait sans doute pu éviter bien des désagrément (le socialisme) si on avait seulement été un peu moins dur au départ.

    Bizarrement, ca me fait penser a l’histoire du Rwanda. (on a les références qu’on peut)

    Au début de l’histoire, un petit rien peut nous sortir d’une mauvaise passe. Aprés c’est trop tard, on s’embarque vers des solutions extrémistes, car la réalité prend le dessus, et elle est complexe, et chacun est convaincu d’etre dans le vrai.

  3. jesrad says:

    Il y a quand même une différence, quand on part de presque zéro, entre se lamenter de sa condition en essayant de s’en sortir, et taper sur quelqu’un d’autre parce qu’on est persuadé, pour des raisons idiotes, que c’est de sa faute si la situation ne change pas assez vite.

    Par contre, il y a bien des choses contre lesquelles les ouvriers se sont légitimement révoltés: par exemple, les abus de la hiérarchie, entre contremaîtres violents et réglements d’usines iniques. Il n’y a pas que l’idéal socialiste pour expliquer toutes les révoltes – heureusement. Est-ce que ce livre donne des pistes sur le sujet ?

  4. jesrad says:

    Encore un truc auquel je pense: dans les années 1830, si je me souviens bien, les syndicats étaient interdits par l’état, ce n’est qu’après les efforts des députés libéraux, Bastiat en tête, qu’une trentaine d’annes plus tard la liberté d’association était admise. Cette situation a pu certainement expliquer aussi les révoltes d’ouvriers. Ce qui me fait dire qu’il y a surtout eu de la récupération politique de la part des socialistes, après coup…

  5. Max Bézard says:

    L’égalité n’est pas un mythe, nous avons tous chez nous un ou plusieurs « trônes » sur lesquels chacun exerce sa souveraineté monétaire quotidiennement (lorsque cette monnaie retour le permet et que la circulation n’est pas contredite). Aussi faire coller cette réalité à notre modèle économique n’est pas très compliqué; Ce qui est compliqué, c’est d’abandonner les vielles peaux de langage des représentations du monde.
    Essayons avec ceci:
    http://me.voir.ca/syrexd/2014/01/05/preambule-a-laevolution-le-cacosoisme/

    • jesrad says:

      Nous n’avons aucune souveraineté monétaire individuelle. Ce concept n’existe que dans un crédit en réseau social, et ce n’est PAS le système monétaire que nous avons en place.

      • Max Bézard says:

        La monnaie n’est pas seulement ce qui se trouve dans le porte-monnaie ou sur un compte en banque virtuel. La monnaie est l’essence même de tous les échanges.
        Alors, oui, aujourd’hui la souveraineté monétaire est encore conscrite à quelques ténébreux enrôlés du pathos monarchique de celui qui se cache. Car la création monétaire est encore un acte honteux dans les psychés humaines. Car elle est associée en profondeur avec une autre sorte de création monétaire, celle du quotidien.

        Pousser la pêche, créer sa monnaie retour, sur un trône, en se cachant, n’est pas un acte sociable, mais pourtant infiniment social. C’est pour cela que les anciens mettaient « la cabane au fond du jardin », à l’endroit précis de son utilité.

        Rendez-vous sur le forum langage dans l’onglet annexe politique pour le développement de cette découverte récente; http://forum.langage.free.fr/viewtopic.php?f=36&t=31
        qui pourrait bien se qualifier un jour en sismologie politique. (-:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :