Mythologie socialiste: les « services publics »

Cette semaine, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons étudier divers mythes et légendes d’origine socialiste. Aujourd’hui, voyons le mysticisme du « service public ».

Le service public est un service fourni, comme son nom ne l’indique pas du tout mais devrait, par l’état et ses sbires.

Une partie de ces « services » sont plutôt des sévices purement destructeurs qui ne bénéficient qu’à leurs commanditaires. Par exemple les employés des douanes et des impôts, ainsi que les inspecteurs du travail, font partie des hommes de main de l’état les plus détestés. Il leur arrive même parfois d’être abattus par leurs victimes, ce qui est un signe distinctif. Ces « services » ne répondent à aucune demande des gens qui les subissent, n’apportent aucun bénéfice à personne sinon qu’à détruire moins de valeur pour certains privilégiés que pour tous les autres, et persistent seulement parce que l’état les juge nécessaires à son maintien en place et à la continuation de l’asservissement du peuple à son profit.

La grande majorité des autres « services publics » sont en fait des services privés, qui étaient traditionnellement fournis par la société civile jusqu’à récemment (ou sont assurés par la société civile dans bien d’autres pays, qui s’en portent d’autant mieux), comme l’éducation, l’énergie, la monnaie, le téléphone, les transports de masse, les soins médicaux, les assurances de santé ou de chômage, le transport du courrier, les caisses de retraite, le contrôle du trafic aérien, etc… L’état a mis la main dessus par intérêt nationaliste, voire colonialiste, au cours du XXème siècle ou juste avant.

La tragédie de ces services faussement-publics accaparés par l’état vient de ce que leur financement par la spoliation, au lieu de se faire par contributions directes de leurs clients, empêche de savoir si ce qui est fourni vaut bien toute la peine qu’elle coûte à ceux qui le financent malgré eux. Il n’y a donc aucun moyen pour un fonctionnaire de ces services de savoir s’il est bien ou mal payé, ou même si son maintien en poste ne coûte pas leur propre emploi à un ou plusieurs autres citoyens (exemple: un agriculteur français subventionné pour maintenir son activité coûte six chômeurs au reste de la société civile).

Il n’y a finalement que quatre services que l’on peut considérer comme fournis par l’état depuis toujours: la défense du territoire national, l’appréhension des criminels ou délinquants, la fourniture de décisions de justice et la fourniture de lois.

Et encore… l’appréhension des criminels et délinquants, il n’y a pas si longtemps, était autant l’affaire de l’état que de tous ceux qui se faisaient un devoir moral ou un commerce de les suppléer: bénévoles et commerçants de l’investigation. D’ailleurs, de nos jours, il n’y a quasiment plus que ces derniers pour arrêter les coupables issus de la hiérarchie de l’état, qui semblent curieusement immunisés contre les enquêtes et les procédures d’origine étatiques. Le fait même que la fourniture de services de gardiennage, de surveillance et de moyens alternatifs d’assurer la sécurité des personnes et des biens se porte aussi bien aujourd’hui indiquerait même que l’état fait un piètre travail à assurer cette mission, supposée pourtant être sa prérogative la plus distinctive. Il y a même un autre indice flagrant de cette très médiocre efficacité dans la protection des personnes et des biens: l’état ne garantit rien. Contrairement à une société de protection, vous ne pouvez pas exiger le moindre dédommagement de la Police si celle-ci faillit à sa mission.

De même, la fourniture de décisions de justice n’a pas toujours, ni partout, été l’affaire des chefs armés (pendant plus de deux mille ans, l’Irlande n’a porté aucune trace de la moindre forme de pouvoir judiciaire exercé par l’état: tout était privé). À notre époque, d’ailleurs, les gens lassés d’attendre pendant des années un service d’une qualité douteuse font de plus en plus appel à des arbitres privés, une initiative qui reste malgré tout réservée au commerce et aux affaires.

Et enfin, la défense du territoire national ne nécessite pas d’armée payée de force par tout le monde: comme le montre l’Histoire (et en particulier l’exemple de la Suisse), armer chaque foyer suffit. Par contre, cela ne suffit pas pour lancer des guerres d’invasion ou « préemptives », ce qui explique peut-être que l’état rechigne à se séparer de ses soldats. Accessoirement, le Costa Rica se passe très bien d’armée depuis des années. En approfondissant, on peut même se rendre compte que « territoire national » n’a pas de sens. Chacun décide de quelle(s) « nation(s) » il ou elle fait partie, indépendamment de la frontière qui l’entoure, ainsi je peux être français en Irlande, ou canadien en Argentine, ou encore autre chose. De sorte que seule la défense de la propriété de chacun compte, et que la défense contre l’invasion n’est qu’une forme comme une autre de protection contre le crime organisé. Autre chose: un état n’est pas une garantie de victoire militaire, loin de là, puisque la moitié des belligérants perd forcément.

Pour finir, la fourniture de lois, ou plus précisément de codes de lois, pourrait bien être un de ces « sévices » inutiles et destructeurs, si j’en crois la lecture de « Order without Law » de Robert Ellickson, et « Liberté et Droit » de Bruno Léoni. La législation tue la loi, le positivisme juridique tue le droit. Le monopole sur la loi et les règles à suivre en société ne peut qu’amener à des règles biaisées, pléthoriques, étouffantes, qui favorisent l’état et ses hommes de main au détriment de tous les autres. Les exemples frappants de la Common Law ritannique et du Droit Romain nous apprennent que la loi est toujours plus juste et plus efficace quand elle est l’oeuvre de tous et qu’elle évolue avec les actions de chacun, au lieu de tomber du sommet de la pyramide.

En définitive, il n’existe aucun « service public » qui ne soit à la fois utile et impossible à obtenir du secteur privé de manière satisfaisante. Soit le service est inutile ou destructeur, et alors personne ne le regrettera (mis à part les exploiteurs qui avaient demandé sa mise en place pour faire plus de tort aux autres qu’à eux-même), soit il est utile et donc les gens peuvent le financer volontairement, et même le font déjà aujourd’hui.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

3 Responses to Mythologie socialiste: les « services publics »

  1. ts69 says:

    Salut, tu peux expliciter cette affirmation: « un agriculteur français subventionné pour maintenir son activité coûte six chômeurs au reste de la société civile » stp.

    Article intéressant sinon 😀

  2. jesrad says:

    Entre les 77% de subventions qui constituent le revenu des agriculteurs français, les revenus moyens de ces agriculteurs, et le coût effarant du Ministère qui gère tout ça plus le montant total du budget de la PAC qui va aux agriculteurs français, par rapport au faible nombre, déclinant, d’agriculteurs en question, chaque agriculteur français coûte chaque année environ 6 fois le revenu net moyen (16000 euros environ). Cela fait donc 6 emplois à temps plein qui pourraient être financés par la société civile à la place.

  3. SWAG2 says:

    Les Français sont adeptes du SM, il apprécient les sévices publics.

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