Mythologie socialiste: les « différentes libertés »

Cette semaine, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons étudier divers mythes et légendes d’origine socialiste. Aujourd’hui, voyons la confusion courante sur la nature de la liberté.

J’ai régulièrement l’occasion de discuter philosophie du droit avec des anti-libéraux. Un des traits qu’ils partagent tous est une grande confusion au sujet de ce qu’est la liberté, et aussi en particulier l’égalité de droit, aussi connue sous le nom d’isonomie.

Par exemple, beaucoup d’entre eux croient qu’un « riche » possède plus de « libertés » qu’un « pauvre » du fait qu’il a plus d’argent.

Cela constitue une grave méprise entre le droit, et les biens et services.

Explication: Monsieur A possède une grande somme d’argent. Monsieur B n’en possède pas autant, loin de là. Le socialiste moyen s’empressera de faire remarquer que « Monsieur A est ‘libre’ de s’acheter une grosse voiture tandis que Monsieur B ne l’est pas ».

Sauf que Monsieur A comme Monsieur B sont aussi libres l’un que l’autre d’avoir une grosse voiture. Rien ni personne ne va venir leur taper dessus, dans une société libre, si l’un ou l’autre acquiert légitimement une grosse voiture. L’un comme l’autre sont tous aussi libres de se fabriquer, par leurs propres efforts, une grosse voiture, ou de convaincre quelqu’un qui fabrique des grosses voitures de leur en donner une. Si ce fabricant choisit d’en donner une à Monsieur A contre une grosse d’argent et refuse d’en donner une pour rien à Monsieur B, c’est son droit le plus absolu: il n’a pas à devenir l’esclave de B et lui fabriquer une voiture pour rien, s’il ne le souhaite pas.

La seule différence entre A et B vient donc de ce que Monsieur A a déjà travaillé et peiné et dépensé du temps et bien des efforts pour obtenir la somme d’argent en question ; et pas Monsieur B. Ou, si Monsieur A s’est vu offrir la somme d’argent en question, c’est parce que celui qui lui a donné avait, lui-même, auparavant travaillé, peiné et dépensé temps et efforts à faire des choses utiles pour les autres.

Rappel: L’argent est une représentation de valeur. La valeur est l’utilité que l’on attribue, chacun différemment, à la richesse. Et la richesse est le produit de notre travail. Il n’y a pas de richesse sans travail, il n’y a pas de valeur sans utilité subjective de cette richesse, et il n’y a pas d’argent sans valeur. Cela veut dire qu’un travail n’a de valeur que par l’utilité de son produit pour quelqu’un, valeur qui sera toujours différente pour chacun.

Quand Monsieur A échange grosse voiture contre mucho pognon, c’est exactement comme s’il avait travaillé, peiné, etc… pour le fabricant en échange du travail et de la peine qu’il a fallu à ce dernier pour faire la voiture. Ils se rendent mutuellement service. Monsieur B, lui, n’a pas rendu ce service au fabricant, qui est libre de refuser de lui fournir le fruit de son propre labeur si les conditions ne lui conviennent pas. Pour autant, B est libre de commencer quand il veut. En plus, si ça se trouve, le fabricant va refuser de vendre à A et donner une voiture pour pas cher à B – ça arrive (exemple classique et répandu: des chirurgiens qui opèrent certains malades gratuitement, et pas d’autres).

En fait, dans cet exemple, A est parti bien avant B. Le socialiste lui tombe dessus simplement parce qu’il est presque arrivé au but – alors que B n’a pas même commencé à courir – et juge qu’il a pris un raccourci. Mais le trajet à parcourir pour A et B est bien le même: l’un comme l’autre doivent fournir à tous les acteurs de l’échange ce qu’ils souhaitent en échange du fruit de leur travail respectif. Il y a bien égalité de droit. Toute autre égalité est inconcevable: on ne peut pas faire partir A et B de la même ligne de départ, et arriver en même temps à la même ligne d’arrivée.

Bref, quand un socialiste vous dit que « le riche est plus libre que le pauvre », il est réellement en train de dire: « le riche, ou celui qui lui a donné ce qu’il a, a déjà fini de rendre service au reste de la société, et le pauvre pas encore ». En confondant la liberté avec la capacité d’échange, c’est-à-dire la valeur de ce qu’on possède, le socialiste se méprend, et fait un raisonnement circulaire: celui qui est riche possède « plus » en valeur, parce qu’il possède « plus » en valeur (sans déc’ ?). Pire encore, c’est le socialiste lui-même, en inventant cet exemple, qui place de fait le « riche » juste devant la ligne d’arrivée avant de se plaindre qu’il soit loin devant le « pauvre ». En débarquant au milieu de cette situation sans la moindre considération sur les parcours effectués pour y arriver, il omet le vrai problème.

Notez bien: Je considère ici que personne n’a violé la propriété privée de personne pour prendre possession illégitime de la richesse d’autrui. Personne n’a le droit de s’enrichir par le vol ou l’esclavage (les deux reviennent au même).

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

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