Avec Guy Môquet, vous avez un ami dans l’immobilisme !

Ca y est ! A peine installé dans les charentaises de Chirac, Sarkozy a entrepris de dissiper pour de bon les derniers malentendus, histoire d’enfoncer un peu plus les abrutis qui pouvaient encore croire voir en lui un possible libéral qui avancerait masqué. Car pour lui, l’urgence absolue, c’est d’aller endoctriner les ados.

Et pas avec n’importe quelle propagande: pour enfoncer ses valeurs au détriment des vôtres, il a sélectionné de la pure moraline raffinée au communisme. Si, si, ça se fait encore, mais il faut pour cela fouiller profondément dans les poubelles de l’Histoire.

Qui était Guy Môquet ? Un gamin qui n’a sauvé personne et qui promouvait une idéologie meutrière et haineuse: un écervelé ignorant apologue du totalitarisme. S’il avait vécu aujourd’hui, je gage qu’il aurait sa carte à l’UNEF – et que le summum de sa lutte de djeun rebelz consisterait à troller les blogs des autres élèves de sa classe avec des SMS gauchisants.

Rappelez-vous: peu après la fin de l’accord germano-soviétique, les communistes se sont empressés d’infiltrer la Résistance française pour la mettre au service de leur fascisme rouge contre le fascisme brun. Leur stratégie ? Zigouiller des Allemands au hasard, pour qu’ensuite les Allemands se vengent aveuglément sur la population civile, suivant la stratégie léniniste soigneusement apprise et perfectionnée dans la matriochka-patrie selon laquelle plus le peuple serait opprimé, plus il se joindrait à la révolte du prolétariat. Les victimes du côté civil ? De simples dommages collatéraux. Donc Guy Môquet n’a eu que ce qu’il méritait: une balle dans la tronche. Comme ça au moins, cette fois-là, les envahisseurs n’auront pas assassiné un innocent à sa place.

Merci Sarkozy, grâce à lui, la médiocrité et l’imbécillité ne sont plus des obstacles à la célébrité. On lira aux lycéens la carte postale que le gamin a envoyé à ses parents. Je vous la résume: « Cher papa, chère maman, je vais mourir. Soyez dignes de mon sacrifice. Gros bisou au petit. » Pour y voir quoi ce soit d’émouvant, il faut soit être plus sensible qu’un compteur Geiger, soit dégouliner d’hypocrisie. Je vous laisse trancher en ce qui concerne notre nouveau Préz.

Voilà donc ce que Sarkozy va infliger à la jeunesse française: leur apprendre, en bon conservateur étatiste, qu’il y a des causes pour lesquelles il faut aller crever joyeusement, sans réfléchir. Et bien sûr La Cause, la Vraie™, c’est le Général Intérêt, cet ogre égoïste qui mange ses propres enfants, et qu’on habille trop souvent des habits de Marianne. Plus le temps passe, plus il dévore les individus, et plus les coutures craquent, plus la supercherie se voit…

Moi j’ai pas envie qu’on enseigne à mes gamins qu’il est digne ou noble de mourir pour ce travelo cannibale.

Avis aux moralisateurs: j’ai toute latitude pour réécrire vos commentaires, et j’ai bien l’intention de m’en servir. Respect dû aux morts ? J’en parlerai à mes tiques.

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À propos Martini
I'm a stuffed penguin, and I hate you.

18 Responses to Avec Guy Môquet, vous avez un ami dans l’immobilisme !

  1. jesrad says:

    Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce bon vieux Martini: c’est un pingouin en peluche dans lequel s’est incarné l’esprit de l’administrateur système. photo de lui.

    Au fait, Martini, tu ne peux pas avoir d’enfants, que je sache ?

  2. Martini says:

    Toi, fais pas le malin, j’ai ton mot de passe.

  3. MiKE says:

    Perso, je ne sais paas trop quel effet aura cette simple lettre… je pense que la plupart des gnomes s’en foutront pas mal, l’autre part regarderont le plafond ?! Il serait peut-être intéressant d’apprendre aux gamins ce qu’est la démocratie, la solidarité, l’endoctrinement des messaes via les médias.. pour éviter d’avoir 5 ans de plus de Sarko, notamment !

  4. jesrad says:

    Effectivement, leur lire la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen leur serait bien plus profitable.

  5. laurett says:

    Lire à des ados torturés une lettre d’un ado torturé qui va mourir… hem, ça ne m’aurait certainement pas fait du bien à cet âge.
    Là ou ça limite les dégâts, c’est qu’on sent l’ego surdimentionné de son auteur sans y voir la plus petite pointe d’humanité. C’est comme si ce gars n’avait aucune émotion. Cette lettre ne m’a pas tiré une larme, et je me demande comment elle a pu en tirer une à un grand gaillard qui a avalé tant de couleuvres dans sa vie. Actor’s sudio ?
    Mais bon, Sarko est ému, il faut que tous les lycéens de France le soient aussi…

    Pourquoi Guy Môquet, un idiot communiste dont la seule occupation consistait à coller des papillons dans son quartier pour dénoncer le gouvernement Vichyste ? Vivant de nos jours, il aurait fait partie des manifs anti-sarko. Ironique, non ?
    Si on veut rester sur cette période, alors pourquoi ne pas parler de tous ceux qui ont caché des gens chez eux pour leur sauver la vie au péril de la leur ?

    Ah oui, Guy Môquet pour que, après avoir lu cette lettre à des gamins qui ne seront plus en état de réfléchir, nos cher profs puissent leur expliquer à quel point les communistes sont des gens formidables ! Il ne fallait pas en attendre moins d’un étatiste comme Sarko.

    Et petite question : pourquoi en France, reste-t-on toujours bloqué sur cette période ? c’était il y a plus de 60 ans, bordel ! Le nain n’était même pas encore né !

  6. Phantom says:

    On s’en tape de son bord pollitique, c’est pas l’important.
    L’important c’est la cruauté humaine de l’époque (tuer un enfant de 17 ans).
    Cette lettre c’est une mémoire que les enfants de France se doivent de connaître pour que les cruautés de l’histoire ne se répètent pas
    Maintenant si vous y voyez un appel au communisme, vous me faîtes vraiment de la peine…
    C’est vous les endoctrinés qui ne réfléchissez qu’en mode binaire (libéral= bien communisme= PAS bien)

  7. Martini says:

    En effet, quelle cruauté, en pleine seconde guerre mondiale, au milieu des combats, des trahisons, des massacres aveugles et autres joyeusetés, de tuer un ado de 17 ans ! C’est même tellement insoutenable de cruauté que je vais aller verser une larme, tiens.

    Au fait, les 26 autres victimes, ils avaient quel âge ? Passés 18 ans c’est moins grave d’être fusillé ? C’est moins cruel d’attendre un peu ?

    Autre chose: rincez-vous les yeux, ou consultez un ophtalmo – s’il en reste de compétents qui n’ont pas encore fui en Suisse – car je n’ai jamais dénoncé un « appel au communisme », mais bien une apologie du sacrifice absurde au nom des valeurs des autres: ce message, c’est l’esclavage ultime au nom des chefs.

    De plus, la carte postale « Ma petite maman, je vais mourir, file mes fringues à mon frère » ça n’apprend rien à personne sur l’époque, ça ne dit pas comment ni pourquoi tous ces crétins en sont arrivés à s’entremassacrer. Leur faire lire Mein Kampf, ça, ça apprendrait aux lycéens comment tant de gens ont démocratiquement marché vers la haine. Et qu’on leur parle aussi de Kronstadt au passage pour les mettre au parfum.

    Pour finir: un acte est soit juste soit injuste, tout comme une affirmation peut être soit fausse, soit vraie. C’est binaire, oui. L’univers est comme ça. Deal with it and suck it up.

  8. Phantom says:

    C’est vrai que dénoncer le nouveau gouvernement (vichy) en collant des papillons dans son quartier et demander la libération des internés c’est vraiment un sacrifice absurde.
    Il faut vraiment être « imbécile et médiocre » a l’epoque, a 17 ans -sans le recul historique des méfaits du communismes- de croire en ses valeurs (qui sont noble d’un point de vue utopique)
    On peut quand même saluer le courage de ce jeune garcon dont il a fait preuve, plutôt que de tout de suite le rabaisser a « mort pour rien ».

    De plus la lettre ne remplacera pas le programme d’histoire (allo?).C’est juste un support, un témoignage écrit, un exemple de ce que fut l’attrocité de la guerre et du gouvernement Vichy.

    Si sa aurait été un môme partisan du libéralisme vous seriez le premier à dénoncer la bétise humaine de tuer un martyr visionnaire.
    Admettez le

  9. A.B. says:

    qui sont noble d’un point de vue utopique

    Ah? Nier l’individualité, dire que nous sommes incapable d’avoir une pensée propre du fait de notre classe, dire que nous devons être les esclaves de chacun c’est noble et utopique?

  10. laurett says:

    « Si sa aurait été… »

    Arghhh !
    Je l’admets : Phantom m’a tuer ! 😉

    Heum, « noble d’un point de vue utopique », heum…
    Kézako ?

  11. Martini says:

    « Si sa aurait été un môme partisan du libéralisme vous seriez le premier à dénoncer la bétise humaine de tuer un martyr visionnaire. »

    Ah, la bonne vieille technique rhétorique de retournement d’argument: « Vous, c’est pire! ». C’est maladroit de votre part, puisque ça revient à avouer que votre petit Guy, vous auriez craché dessus s’il avait été libéral. Ensuite, ça montre que j’ai touché juste en mentionnant Kronstadt. Vous seriez sympathisant de la LCR que ça ne m’étonnerait pas.

    Ensuite, arrêtez de croire que vous tenez le haut du terrain de la morale: le communisme n’est pas visionnaire, puisque c’est une philosophie de la misère, obsolète depuis le XIXème siècle, apologue de la violence comme solution, barbotant dans le déterminisme social le plus eugéniste et dans le racisme de classe le plus haineux. Le communisme n’est pas noble: il n’y a rien de noble dans l’asservissement de l’autre, dans la négation de l’individualité et dans l’anomie.

    Et Guy n’est pas plus un martyr que n’importe quelle autre victime de la guerre. Il n’a pas choisi de mourir. Il n’a sauvé personne. Il n’a défendu aucune cause digne. Il ne mérite pas plus de figurer dans nos mémoires que n’importe quel autre tombé au hasard.

    Accessoirement, j’aurais pissé sur sa lettre même s’il avait distribué des pamphlets de Bastiat plutôt que des tracts communistes.

  12. Phantom says:

    Je ne suis pas du tout communiste merci pour l’insulte…

    Je dis juste qu’à cette époque disons que c’était excusable de croire en l’utopie communiste, et il fallait un certain courage pour risquer sa vie sous vichy.

    Oh, mais c’est pas parce qu’il était communiste qu’il a été arrêté, le p’tit Guy, mais parce que son père ne plaisait pas aux autorités. Donc, encore une fois, pour le martyr il peut repasser.

    bref j’aime pas trop les phrases gratuites du genre « je pisse sur sa lettre bla bla bla » parcequ’il avait 17 ans et qu’il n’avait pas tout compris de la vie comme vous,ô grand maître a penser des 10 lecteurs par mois qui lisent vos articles sans esprit critique.

    Je pisse aussi sur vos commentaires, soit-dit en passant. Et pour les mêmes raisons.

    D’ailleur j’aurai 2-3 questions a vous poser si vous le voulez bien, des questions toutes bêtes je ne demande qu’a mieux connâitre le libéralisme.
    Car d’après vos articles le libéralisme c’est génial et ca paraît tellement humaniste.

    Vous me confondez avec Jesrad, maintenant. Un peu d’attention, merci. Moi je ne suis pas humaniste, puisque pas plus humain que mon cousin Triumph le chien, qui fait de la télé.

    Alors commencons:

    Quelle est la place des accidentés, des malades héréditaires, des handicapés dans une société libertine?

    Leur position ? Plus souvent en-dessous qu’au-dessus, parce que c’est moins fatigant 😀

    Je suis né avec une maladie héréditaire grave, coment je peux faire pour payer mes médicaments qui sont très chers (traitement quotidien très onéreux)
    En gros, je ne suis pas rentable pour un assureur médical, ma « survis » n’a d’interêt pour PERSONNE, si ce n’est ma famille et les gens qui m’aiment, comment je fais si je n’ai pas de relation riche dans mon entourage.

    Lorsque l’on commence en bas de l’echelle social, y a t il moyen de grimper?
    Je suis issus d’une famille pauvre j’irai donc dans une école de merde avec les profs les plus mauvais,en plus je vis dans une ville moche ou il n’y a que des pauvres et que des mauvais.Coment je fais pour m’élever socialement?
    En gros, y a t il une lueure d’espoire pour qu’un dessendant de femme de ménage et de masson depuis 4 générations puissent devenir ingénieur?

    Merci de m’éclairer

    Bla bla bla. M’en fous, moi, de vos petits problèmes personnels. Vous pourriez vous renseigner auprès de quelqu’un qui répond à ces questions – comme Jesrad, tiens – au lieu de venir geindre auprès de moi. D’ailleurs si ça se trouve vous avez tout inventé. Je ne vous aime PAS, vous comprenez ? Et si je ne vous aime pas c’est parce que je n’aime personne.

    Et je vous aime d’autant moins que vous sous-entendez qu’il est « nécessaire » d’asservir les autres pour les forcer, du bout du flingue, à vous faire survivre. Je me demande qui est le plus misanthrope de nous deux.

  13. jesrad says:

    Quelle est la place des accidentés, des malades héréditaires, des handicapés dans une société libertine?

    Dans une société libertine, je n’en sais rien, ça dépend des fantasmes des uns et des autres j’imagine. Par contre, dans une société libérale, ils auraient exactement la même place que n’importe qui, car le libéralisme c’est avant tout l’égalité de droit.

    En gros, je ne suis pas rentable pour un assureur médical, ma “survis” n’a d’interêt pour PERSONNE, si ce n’est ma famille et les gens qui m’aiment, comment je fais si je n’ai pas de relation riche dans mon entourage.

    En fait, si, bien sûr, votre survie a de l’intérêt pour:
    – vos proches
    – vous-même
    – tous ceux qui considèrent la vie comme sacrée
    – tous ceux qui considèrent qu’aider les malades est le meilleur moyen de s’assurer qu’eux-même seront aidés s’ils tombent malades

    Et figurez-vous que ce monde-là représente la quasi-totalité de la population ! Les seuls qui ne répondent pas à ces critères sont les eugénistes, qui forment un sous-ensemble du socialisme.

    En passant, sachez que la vie n’est « rentable » pour personne de toute façon, à cause du second principe de la thermodynamique. La rentabilité n’est pas le but de la vie, pas plus que ce n’est le but du libéralisme. Ce véritable but, c’est l’auto-détermination: la liberté universelle, afin de pouvoir être soi-même de son mieux, avec les autres. Le libéralisme est une morale individuelle, celle qui dit qu’on n’a pas le droit d’agir sur l’autre sans son consentement, car il est tout autant humain que soi-même et que nier cette égalité de la nature humaine de chacun c’est nier un fait réel, objectif et ne peut donc entraîner que des actions injustes.

    Dans les sociétés vraiment libérales, ce sont les gens qui aident les gens, directement (pour la simple et bonne raison que c’est aux individus de s’en charger, pas à une entité virtuelle, impersonnelle et mal définie), par exemple à travers des associations caritatives quand il s’agit de simplement donner (le circuit caritatif est de 4 à 100 fois plus efficace pour aider qu’un circuit étatisé), ou par des assurances mutuelles quand il s’agit de se prémunir des risques graves. Frédéric Bastiat en a expliqué brillament le principe il y a plus d’un siècle et demi.

    Au fait, saviez-vous qu’aux USA, le don moyen par habitant est de 476$ par an, tandis qu’il est d’environ 32 euros en France ?

    C’est aussi ça, la force du libéralisme: quand on dispose librement de la totalité du fruit de son travail, on est plus à même d’aider les autres, d’autant plus sincèrement qu’on n’est pas forcé de le faire sous menace de mort. Dans un monde où aucune mafia ne vous prend les 7/8 de tout ce que vous créez, n’importe qui est riche relativement à notre propre société.

    Autre chose: dans une société libérale, un handicapé ou malade chronique n’est pas empêché de bosser comme aujourd’hui en France (exemple: J-P, myopathe de ma connaissance, qui n’a pas le droit de bosser, vous lisez ça: PAS LE DROIT DE BOSSER, sous peine de perdre sa pension d’invalidité ; et pareil pour ma belle-tante C., accidentée de la route devenue presque aveugle, qui n’a pas le droit de se faire payer pour son travail de psychologue (je répète: PAS LE DROIT DE RECEVOIR REMUNERATION POUR SON TRAVAIL) sous peine, là aussi, de perdre sa pension.

    Pour finir, vous devriez lire ceci.

  14. Phantom says:

    Merci pour vos réponses jesrad, et merci au petit comique de service qui tante de passer pour un méchant, sans doute un frustré de la vie, qui n’ose jamais ouvrir sa geule si il n’est pas caché derrière un écran, il a le mérite de m’avoir fait sourir.

  15. jesrad says:

    En passant: les personnes les plus riches au monde viennent à 90% de familles ouvrières émigrées, et à 75% se sont faits tout seuls (pas d’héritage).

  16. Liberta says:

    En rebondissant sur l’idée qu’un handicapé n’est pas « rentable » pour un assureur privé, je me permets d’apporter quelques précisions éventuellement intéressantes pour les gens qui connaissent mal les mécanismes de l’assurance, ce qui est tout à fait compréhensible, il y a des choses plus excitantes dans la vie.

    Toutefois, beaucoup de gens exprimeraient une plus grande confiance dans la vie et seraient moins sensibles aux messages de peur véhiculés par certains organismes officiels monopolistiques s’ils connaissaient mieux les intéressants « filets de sécurité » que peuvent leur offrir des compagnies d’assurance privée.

    Donc l’assurance, c’est quoi ? C’est la gestion de l’aléa, du risque.

    Comment gère-t-on les risques ? En étudiant chacun de ces risques et en déterminant le coût moyen du sinistre et par suite de l’assuré pour fixer le montant de cotisation à lui demander. Deux paramètres sont essentiels : la fréquence et la sévérité !

    La fréquence : c’est la probabilité que se matérialise un risque, que survienne un sinistre. Ex : on a une probabilité assez faible de souffrir de la redoutable maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) mais une probabilité assez élevée de se faire voler son scooter à Paris.

    La sévérité : c’est le coût d’un sinistre ou d’un type de sinistre. Ex : Le coût d’un vol de scooter s’élève au prix de celui-ci décoté par rapport son « âge » (donc quelques centaines à un ou deux milliers d’euros), la prise en charge d’une personne souffrant de la maladie de Charcot est bien plus élévé même si malheureusement l’espérance de survie post diagnostic est limitée à l’exception notable et réjouissante du cas de Stephen Hawking.

    Après rentrent en compte d’autres facteurs comme la distribution des sinistres, c’est à dire quel type de loi statistique suivent-ils, quelle probabilité que tel risque coûte plus que tant, sous quelles conditions, le type de risque et le portefeuille de risques détenus par la société…

    Dès lors quelques remarques :

    1) Il y a des risques assurables et d’autres qui ne le sont pas. Exemple: un prototype de la fusée Ariane, comme la première Ariane V, a une bonne chance sur deux voire deux sur trois (à vue de nez car on manque évidemment de recul dans le cas d’un prototype) de se planter et cela signifie que la prime d’assurance juste devrait représenter au moins la moitié ou les deux tiers du prix de la fusée. A ce compte autant s’auto-assurer (ie pas s’assurer du tout et garder le risque et assumer ses conséquences éventuelles), c’est ce que font l’Etat et certains grands industriels.

    2) Il est important d’avoir un portefeuille bien diversifié. Pourquoi ? Parce que la moyenne est additive et la variance (mesure de l’ « éloignement », de la dispersion des observations statistiques recensées par rapport à leur moyenne et donc du risque à certains égards) est généralement et rapidement « sous-additive ».
    Exemple : supposons que deux assureurs, l’un américain, l’autre japonais, assurent le risque de catastrophe naturelle dans leur pays pour des montants X et Y chaque année respectivement. Supposons, que le risque de survenance d’une catastrophe une année donnée est de 20% pour chacun des deux pays et que chacun des assureurs perd 4 fois sa mise (X et Y) lors de la survenance d’un tel événement. Ils ont chacun une espérance de perte (ou perte moyenne) de 20% x 4 fois leur mise soit de 80 % de leur mise et ont donc une marge bénéficiaire de 20% chacun.
    Posons aussi l’hypothèse extrèmement importante d’indépendance des événements, que la survenance d’une cata ne change rien à la probabilité de survenance de l’autre. Et maintenons passons à une situation ou les deux assureurs fusionnent. Certes, la nouvelle entité a la meme rentabilité de 20%, car l’espérance de perte de 80% n’a pas changé (les moyennes de gains ou de perte dans chaque pays s’additionnent), en revanche la variance a changé. Le pourcentage de chance de perdre 4 fois sa mise n’est plus de 20% mais de 4% (20% x 20%). En effet, pour perdre 4 fois sa mise le nouvel assureur doit voir les deux événements de catastrophe naturelle dans les deux pays se réaliser la même année or ces événements sont indépendants donc de la même manière que la probabilté de faire deux piles de suite est de 1/4 (les deux lancers de pièces sont supposés indépendants) ou que la probabilité de faire 6 et 6 avec deux dés à 6 faces est de 1/36, la probabilité pour notre nouvel assureur de voir les deux terribles événements se réalisés lors de la même période temporelle est de 1/25 (1/5 x 1/5) et donc de 4%. L’intérêt pour l’assureur est évidemment de réduire les risques extrèmes (dont sa faillite) ce qui est profitable pour tout le monde à commencer par les assurés.
    Certes vous me direz il y a des risques corrélés, oui mais tant que la corrélation n’est pas parfaite il y a diversification. A contrario il y a aussi des événements qui sont plus ou moins mutuellement exclusifs à une période donnée et donc qui ont une corrélation négative (soit encore plus de diversification). Ex : la sécheresse et les inondations (je caricature un peu).

    3) Dans ces conditions, on pourrait se dire qu’un monopole mondial de l’assurance serait la meilleur façon de mutualiser les risques. En fait non, car il y un bon moyen de préserver le jeu concurrentiel tout en mutualisant les risques à l’échelle mondiale, c’est la réassurance. Les réassureurs sont les assureurs des assureurs et permettent une mutualisation des risques dans l’espace (voire dans le temps) à un point où les compagnies locales et de faible taille ne peuvent aller.

    4) Il se trouve et c’est assez heureux que le hasard est généralement bienveillant (« bénin » par rapport au hasard « sauvage » qu’on observe dans certains domaines particuliers) dans la plupart des cas assurables au sens où les sinistres fréquents sont relativements d’un coût modéré et que les sinistres très graves sont souvent rares. D’où un coût moyen des sinistres relativement supportable dans presque tous les cas. Ce qui permet à tous de s’assurer contre la plupart des accidents de la vie pour un prix raisonnable en théorie.
    Il est intéressant de noter une relative exception qui se trouve être le cancer du poumon, plus fréquent que nombre de cancers et malheureusement de pronostic sombre. Rappellons que les assureurs privés ont toujours intérêt à réduire la sinistralité pour augmenter leur rentabilité et donc à favoriser la prévention.

    5) un mécanisme de l’assurance que l’on oublie fréquemment est l’aspect temporel et financier. En effet, les assureurs collectent la prime avant de payer le sinistre. Entretemps ils placent l’argent pour leur bénéfice mais aussi celui de leurs clients car le jeu concurrentiel les amènent à baisser les primes. Et certains risques graves (comme les maladies professionnelles, garantie décennale dans la construction) sont des risques à déroulement long donc à survenance tardive et leur coût généralement élevé est supporté de manière substantielle par les revenus financiers de la compagnie.

    6) Il y a des fois une couverture naturelle (ou presque) de certains risques par rapport à d’autres, ie ils se compensent. Ex : certains compagnies versant des rentes viagères à leurs clients supportent un risque de longévité c.a.d que leurs clients vivent plus longtemps que prévu en moyenne. Mais elles supportent parfois aussi un risque de mortalité, de prévoyance, c.a.d. celui que les gens meurent avant un âge donné et qu’ils s’étaient prémunis contre ce risque pour ne pas laisser désemparés certaines personnes dépendants d’eux (enfants, petits enfants en âge d’étudier par exemple) entraînant un versement de la compagnie. La couverture n’est pas parfaite car les deux risques n’interviennent pas exactement au même stade de la vie des gens en général mais pour certains cas, ca peut marcher.

    7) A ce sujet on peut des fois se dire que les monopoles étatiques de la maladie et de la retraite font de l’assurance (avec quelques injustices quand même) là où ils pensent faire de la « Solidarité » (et ils pratiquent souvent le vol là où ils affirment remplir une fonction d’assureur).
    En effet la retraite par répartion peut être assimilée une rente viagère. Dans ce cadre, on espère bénéficier d’une retraite qui sera financé (outre par de lourds déficits) par des gens qui auront cotisé mais qui seront morts avant d’en profiter pleinement. Le seul (gros !) problème de ce système par rapport au privé c’est que cette répartition dépend énormément du rapport actif/inactif dans la population générale et dans la situation actuelle on peut légitimement dire que la « Solidarité Intergénérationnelle » est à sens unique.
    Alors qu’une rente viagère chez un assureur privé ne dépend que de l’espérance de vie que vous fixe l’assureur et des revenus que vous souhaitez avoir à partir d’un âge donné.
    A ce sujet, quand Ségolène Royal lors du débat de l’entre deux tours, disait que ce n’était pas juste qu’un ouvrier cotise aussi longtemps qu’un cadre alors que son espérance de vie est de 7 ans inférieure, on peut dire (si ces chiffres sont vrais et pas amenés à évoluer dans les années à venir) qu’elle a raison. Mais la seule solution juste, c’est l’assurance privée qui elle sera amenée par le jeu de la concurrence à proposer à cet ouvrier soit de partir à la retraite 7 ans (en gros) avant qu’un cadre ou de cotiser moins ou de recevoir plus pendant sa retraite. La compagnie privée peut offrir cela car elle obtiendra la même rentabilité que pour un cadre dans ces conditions.

    8) J’oubliais. L’avantage de l’assurance libre et concurrentielle c’est que si vous estimez que les autres assurés de votre compagnie sont des profiteurs, vous pouvez changer de compagnie. Vos pouvez même monter votre propre mutuelle d’ouvrier ou de cadre ou des deux.

    9) Enfin il est relativement facile à concevoir d’autant plus que ca existe déjà que les maladies d’un enfant à la naissance soient couverts par les assurances des parents. Les compagnies d’assurance, contrairement à la légende, ne rechignent pas trop à payer car payer rapidement fait partie de leur publicité et de leur marketing. Après elles peuvent tenter de jouer sur la jurisprudence pour avoir moins à payer ultérieurement.

    Voilà quelques petites réfléxions pour mieux comprendre les assurances et surtout ce qu’elles peuvent apporter à un public informé.

    Excusez moi pour la longueur de ce commentaire,

    Amicalement,

    Liberta

  17. jesrad says:

    Ouah, merci Liberta, ça c’est complet 😮

    Tant que j’y suis: on a tendance, en France, à prendre la Sécurité Sociale pour une assurance, alors que ce n’en est pas une: c’est un mécanisme de répartition, par lequel tout le monde paie un prix fixe arbitraire, puis tous ceux qui veulent et/ou peuvent piochent dans la cagnotte à volonté. D’où les déficits permanents et inévitables, les abus innombrables, les fraudes, etc…

  18. Liberta says:

    Merci!

    Evidemment une bonne partie de tout cela est théorique. Mais ca marche généralement et ca me parait justifié d’un point de vue éthique.

    Après ca peut nous amener sur d’autres questions, que vous déjà abordé je crois, sur le hasard. Qu’est ce qu’est réellement le hasard ? Quelles avancées, quelles hypothèses de travail retenir?
    Ily a eu des échanges intéressants là dessus entre R. Thom, I. Prigogine et B. Mandelbrot je crois et plein d’autres encore. Mais là c’est un sujet que je connais beaucoup moins et sur lequel il faudra que je travaille un jour.

    Mais on sort peut être du sujet sur Guy Moquet. Au passage, très très bon le titre (et le post aussi) ! J’aime beaucoup. C’est vrai que la pub de Laforêt délicieusement (et volontairement peut être) ringarde m’a toujours beaucoup amusé.

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