Et si moi aussi, je le faisais ? Non ?

Depuis plusieurs mois, c’est devenu le sport national… Lobbies et collectifs y vont tous de leurs petits pactes, chartes, et demandes de promesses… Il ne se passe plus une semaine sans que les informatophages-forcés que nous sommes soient matraqués d’un pacte écologique, d’un pacte « aclefeu », d’une charte DonQuichotte, de salariés d’EADS en grève suppliant l’Etat de grossir son capital d’actions…
Et à chaque gesticulation médiatique, politiciens et surtout présidentiables leur prêtent une oreille attentive, leur donnent raison, et signent – les yeux fermés par la pression médiatique intense et un mental en shamallow – une série de folles propositions sans vouloir imaginer et encore moins évoquer une seule seconde les conséquences de ces mesures si elles étaient appliquées.

Lecteurs assidüs de ce blog, vous avez avalé les cours d’éconovomie de notre maître Jesrad, inutile donc de revenir sur les conséquences économiques de ces signatures et promesses. Ce n’est pas intéressant puisque ce ne sont que des promesses de politiciens français, qui plus est en période électorale. Elles ne seront pas tenues, par définition.

Mais ce qui me frappe, c’est que ce qui, il y a quelques mois, n’était au mieux qu’un événement isolé, au pire une pratique des seuls syndicats « représentatifs » et qui est maintenant devenu un mode de fonctionnement « normal », a mis en lumière l’étendue de l’égoïsme de tous, a été flatté par les médias, valorisé par les politiciens et amplifié à l’extrême, chacun jouant maintenant des coudes, poussant et piétinant les autres pour obtenir de l’état où mieux du futur chef de l’état la plus belle promesse, solution miracle à son petit problème personnel. Un nombre incroyable de français, à force d’être traités comme des gamins par l’état, ont fini par agir comme tel : il fallait bien s’y attendre.
Ces lobbies et collectifs ne sont rien d’autre que des gamins qui se sont rendus compte que leurs parents leur passent tout, répondent « oui, mon chéri » à toutes leurs demandes et – très logiquement – ils font des caprices de plus en plus gros en cherchant des limites qu’ils savent qu’ils ne trouveront jamais…

Résultat ?

Ursule a tout pour être heureux mais voilà, il a un problème : sa femme est sourde et n’a pas accès à tous les programmes de la télé. Invité sur le plateau d’une émission de télévision il saisit l’occasion et demande au politicien présidentiable invité vedette de promettre de régler son problème en rendant le sous-titrage obligatoire, peu lui importe si pour cela on prendra un peu de sous à ses concitoyens (dont Jacqueline, sa voisine de plateau) une fois le présidentiable élu pour mettre tout ça en place…. D’ailleurs, ça tombe bien, Jacqueline n’a pas de problème pour le moment, elle pourra assumer. Seulement, elle est à quatre mois de devoir déménager et angoisse un peu à l’idée de se retrouver sans logement, surtout qu’elle a un enfant, du coup elle a demandé au même présidentiable de faire une loi sur le logement pour tous à un prix pas cher du tout et au bord de la mer parce qu’elle aime bien la vue et l’air frais. Il a répondu *oui, bien sûr*. Il faudra juste prendre un peu à ses concitoyens (dont Ursule) dans quelques mois, une fois la nouvelle loi passée, pour mettre tout ça en place, mais ça il ne lui a pas dit, et Jacqueline ne se doute pas que rien n’est jamais gratuit.
Ce soir là, Ursule et Jacqueline rentreront chez eux avec l’assurance que leur demande a bien été prise en compte et que quelque chose sera fait pour régler leur petit problème, au détriment de tous… Et Vivianne, devant son téléviseur, se dit que demain elle appellera la chaine de télévision pour demander d’être invitée sur le plateau et poser sa « question » lors de la prochaine émission. L’invité de la semaine prochaine à toutes ses chances d’être élu lui aussi, et Vivianne aimerait bien que son salaire soit augmenté…

Mais que fait Super Nanny ?

Personnellement, je n’ai pas encore épousé ce mode de fonctionnement qui me fait horreur, mais je me dis qu’au train où vont les choses et vu la tournure que prend cette pré-campagne, ça pourrait bien malheureusement être le seul moyen de faire entendre mes petits besoins à moi (on ne rigole pas, j’ai dit entendre, j’ai pas dit prendre au sérieux et suivre mes préceptes, je suis lucide).

Ben oui, parce qu’au premier tour des érections pestilentielles (allez, j’y vais de mon petit pronostic, et j’espère franchement me tromper) nous n’aurons le choix qu’entre quatre ou six guignols : aucun doute qu’on entendra Le Petit Nicolas, Madame Ordre Juste, Le Rastignac Béarnais et Marie-Rouge Buffet en boucle. Mais pour les autres ? Rien n’est moins sûr ! Je pense que suite à l’appel du pied de Sarkozy aux maires non-encartés pour sauver les apparences d’un semblant de démocratie en demandant à ce que Le Cyclope et Le Facteur (tiens, pourquoi un appel en faveur de ces deux là et pas en faveur de tous les candidats ?) trouvent miraculeusement leurs signatures, on va peut-être les entendre aussi… mais c’est tout.
Et pour moi, c’est une catastrophe sans nom !

Mais six candidats, c’est bien, c’est ni trop ni trop peu… rappelez-vous en 2002, ils étaient 16 à se bousculer. Du coup, dispersion des voix, Le Cyclope au deuxième tour, l’apocalypse et pire, El Chi élu au final… L’horreur totale. Il ne faut pas que ça se reproduise !

Ah, mais cher Monsieur, je vous répondrai que le nombre des candidats importe peu. D’ailleurs le résultat des élections n’importe que peu également. Révisez qu’un vote n’est jamais démocratique… On vous demande de choisir entre le H5N1, la peste, le choléra, le SIDA, Parkinson ou le cancer, vous le faites ? Pourtant vous avez un bon panel de choix, ni trop ni trop peu…
Non, ce qui est important c’est le débat qui précède l’élection. Ce qui compte ce n’est pas le nombre de candidats, c’est que chaque électeur puisse voir ses idées représentées par l’un ou l’autre de ces candidats. Et c’est de débattre, de confronter ses idées et de les faire connaître de tous.
Et mon problème à l’approche de ses élections, c’est que parmi les candidats qui nous seront proposés, aucun ne défend de près ou de loin mon idéal de vie (si j’ose m’exprimer ainsi), mon courant de pensée. Mon gros problème, c’est que j’ai l’outrecuidance d’être libérale, limite anarcap, en France, en 2007.

Mais, vous vous trompez ! Il y a Le Petit Nicolas, il est libéral… Y’a pas plus libéral que lui !

Ben tiens, je l’attendais celle là. Cette phrase, déjà entendue à plusieurs reprises, montre à quel point une vraie candidature libérale est nécessaire dans cette campagne ne serait-ce que pour tuer cette idée reçue, en même temps que de communiquer sur ce qu’est réellement le libéralisme. Le Petit Nicolas est un socialo-conservateur constructiviste adepte du capitalisme d’état. Il est tout sauf libéral.
Je le répète, aucun des candidats qui nous sera proposé ne défendra de près ou de loin ma vision des choses, aucun candidat n’ira défendre mes idées face aux idées des autres. Aucun. Sauf si… prions !

Alors après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas faire un pacte, rameuter les médias et exiger des présidentiables de le signer ? J’ai déjà des propositions en tête, que je m’en vais vous coucher fébrilement sur l’écran (faut être moderne, plus d’papier) :

  • Suppression de la carte scolaire, autonomie des établissements d’enseignement et chèque éducation pour tous.
  • Suppression du mariage républicain, l’union doit relever de la sphère privée et ne concerne que ceux qui la contracte librement. Chacun organise son union comme et avec qui il le veut (église, temple, mosquée, notaire, chamanne, etc…)
  • Abrogation de tous les monopoles d’Etat (à commencer par celui de la sécu), et interdiction pour l’Etat de fixer les prix ou d’interférer dans le marché libre.
  • Simplification des procédures d’adoption, y compris pour les célibataires, couples hors « mariage » et couples de même sexe. Autorisation des mères-porteuses.
  • Election des parlementaires à la proportionnelle. Séparation des pouvoirs réelle et effective.

Mais, je viens de me rendre compte… Là non plus, ma petite et frêle voix ne sera pas entendue… Vous vous souvenez du contenu des différents pactes avec lesquels les médias nous ont bassinés, vous ? Et puis les signataires ne les ont sûrement pas lu… sinon ils n’auraient pas signé. Si ? Ou alors ils sont fous.

Alors que faire ?

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3 Responses to Et si moi aussi, je le faisais ? Non ?

  1. nicolas says:

    Perso je pensais aller taguer sur l edifice (deguelasse en plus) de la secu a toulouse, mais je me suis ravise et j ai achete un billet d avion (boeing de preference) pour le canada.

  2. Quand bien même les propositions de ton pacte auraient été lues, que les médias s’y soient intéressés, qu’un candidat les aurait comprises, que son bureau de campagne ne l’aurait pas empêché de le signer, qu’est-ce qui t’assure ensuite que ces promesses soient tenues. Y a-t-il seulement un seul ex-candidat élu qui a par la suite tenu ses promesses?

    A mon avis, tu perdrais moins de temps à faire ta valise et venir en Suisse avant qu’on soit obligé de fermer les frontières pour lutter contre l’afflux massif de riches français.

  3. laurett says:

    Je sais bien, oui…

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