Qu’est-ce que la Bourse ?

Aujourd’hui, dans notre cours d’économie aléatomadaire, nous allons nous pencher sur le cas de… la Bourse !

La Bourse, dans l’imaginaire collectif français moyen, c’est cet endroit abstrait et effrayant où sont brassés des miyiards de brouzoufs chaque jour, dont on ne connaît pas bien l’origine, et qui vont on ne sait trop où. Démystifions un peu tout ça !

La Bourse, c’est le marché aux actions et obligations, de même que la criée, c’est le marché aux poissons et fruits de mer.

Certes, et c’est quoi, une action ?

Rappelez-vous: le capitalisme, c’est (entre autre chose) quand on renonce à la consommation aujourd’hui pour améliorer la production demain (ou alternativement: on met au service des travailleurs d’aujourd’hui le travail que l’on avait fait hier mais qu’on n’avait pas consommé).

Cette richesse qu’on a fabriqué mais pas consommé (outils, mais aussi recettes, noms de marque, savoirs-faire et talents particuliers), que l’on garde pour rendre le travail plus efficace, c’est ce qu’on appelle le capital. Or, le capital, ça reste une marchandise, dont le seul intérêt est de rendre le travail plus efficace. En plus, il sera plus ou moins utile suivant qu’il rendra plus facile des travaux qui sont eux-même plus ou moins utiles aux autres. Par conséquent, la valeur de ce capital varie d’une personne à l’autre, mais aussi dans le temps et suivant les intérêts du moment.

Le problème principal du capital, c’est que c’est un tout, qui n’est utile, et donc n’a de valeur, que dans la mesure où il est employé pour faciliter un travail donné. On n’achète pas la capacité de travail et le talent de 5 ouvriers tourneurs-fraiseurs avec leur équipement complet comme on achète une barquette de fraises: cette capacité n’est utile, et donc n’a vraiment de valeur, que quand elle est utilisée par un atelier pour fabriquer facilement des pièces. Donc le capital n’a de valeur qu’in situ. C’est pour ça qu’il existe ce que l’on appelle des actions, ou parts, qui sont des petits bouts de propriété de ces grosses mottes de capital en cours d’utilisation qu’on appelle entreprises. Ca permet d’acheter un peu de capital d’une verrerie, un peu de capital d’un institut de recherche, et un peu de capital d’une agence de pub, de manière simple et sans rendre ce capital inutile.

Regardons de plus près ce qu’est une part d’entreprise: c’est un titre de propriété portant sur un bout du capital d’une entreprise. Autrement dit, ce qu’on achète quand on se procure une action, c’est rien de plus qu’une capacité à effectuer une petite quantité d’un travail donné avec une certaine efficacité.

Par exemple, une action Apple, c’est un petit bout de capacité à inventer, fabriquer et vendre des ordinateurs, des logiciels et des gadgets électroniques hi-tech. Autrement dit, c’est une promesse: la promesse que la part achetée sera capable de créer de la richesse qui a de la valeur pour d’autres.

(D’ailleurs, cette valeur, quand on la compare au prix de la part, c’est ce que l’on appelle la rentabilité: c’est la capacité de la grosse motte à faire Y brouzoufs en employant X brouzoufs de capital).

Et les obligations, c’est quoi ?

Les obligations, ce sont des dettes. Monsieur Machin a donné X brouzoufs à Monsieur Truc en échange de sa promesse de lui en rendre X+Y d’ici N jours/semaines/mois/années, avec un risque plus ou moins élevé qu’il fasse banqueroute et ne rembourse rien (ou presque rien). Autrement dit, c’est également une promesse.

Et la Bourse, ce n’est rien de plus que l’endroit où on vend et achète ces choses: un grand marché aux promesses.

Maintenant, allons un peu plus loin, et voyons quel est l’intérêt de pouvoir vendre et acheter facilement du capital productif: c’est la seule façon de lui attribuer une valeur qui corresponde aux attentes des uns et des autres. Et quel est l’intérêt d’attribuer une telle valeur ? C’est de fournir des moyens financiers à ceux qui seront capables d’aider au mieux (ou tout du moins, de manière suffisante) les autres dans leur recherche de la satisfaction de leurs envies.

C’est un peu compliqué, OK. Comprenez bien: la valeur du capital, c’est la valeur que l’on attribue à la capacité à répondre efficacement à un besoin donné (dans le cas d’Apple, le besoin en ordinateurs qui marchent pour de vrai). Si ce besoin devient moins urgent que d’autres (le besoin de guérir le paludisme, par exemple), cette valeur diminue, ce qui pousse les gens qui vendent et achètent des parts à déplacer leur argent vers ceux qui promettent d’être capables de répondre efficacement à ces autres besoins (qui deviennent, en comparaison, plus urgents).

Plus cette capacité de réaction est rapide et colle aux résultats réels, plus les moyens sont alloués au mieux des intérêts de tous ceux qui ont des besoins (vous, moi, vos voisins, etc…). C’est ça, l’intérêt de ce grand bazar: permettre à ceux qui s’efforcent de répondre à nos envies de disposer de moyens à la hauteur de leur capacité à y répondre.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

10 Responses to Qu’est-ce que la Bourse ?

  1. llana dit :

    Ah ah ! j’aime bien la parenthèse: « dans le cas d’Apple, le besoin en ordinateurs qui marchent pour de vrai » !

  2. Corwin dit :

    Très intéressant, mais tu as gardé apparemment le principal pour plus tard : à quand un post « Qu’est-ce que la spéculation ? » 😉

  3. jesrad dit :

    Ouaip, c’est pour le prochain cours.

  4. jesrad dit :

    Vous êtes sûr(e) ?

  5. wafa dit :

    merci mais je peux voir la relation entre l’entreprise et la bourse

  6. jesrad dit :

    C’est une question ?

  7. Sarra dit :

    Ca fait deux heures que je cherche une explication CLAIRE!!!avec des mots simple!!je commence tout juste a m interesser a ce monde hyper complexe quand on en connait pas jargon!domage que l explication s arrete ici, j en aurais bien lu un peu plus ( le systeme d offre et de demande, ce qui fait monter ou chuter le cac 40 etc…)Mais merci!!!

  8. Sarra dit :

    et la speculation aussi!!

  9. jesrad dit :

    Je vous en prie 🙂

    Pour la spéculation, c’est par ici et pour la concurrence par ici. Il y en a aussi pour la formation des prix et le contrôle des prix. A lire aussi, sur la pauvreté.

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