Qu’est-ce que la productivité et le pouvoir d’achat ?

Aujourd’hui, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, intéressons-nous un peu à quelques concepts classiques d’économie… le pouvoir d’achat et la productivité !

Rappel de cours précédents:
Quand vous agissez, vous créez ou détruisez un peu (ou beaucoup) de richesse. Vous en créez en augmentant la disentropie locale, vous en détruisez en augmentant l’entropie locale; mais dans tous les cas vous améliorez votre existence d’une manière ou d’une autre (sauf en cas d’accident, mais dans ce cas vous n’agissez pas vraiment, vous subissez). Au final, vous échangez un peu de votre temps de vie contre un gain de valeur qui peut être créateur ou destructeur de disentropie.

Puisque vous avez de la richesse, vous avez la possibilité d’échanger cette richesse contre une autre qui vous plaît plus, pour n’importe quelle raison: un boulon contre un stylo, un steak contre des légumes, une histoire drôle contre une coupe de cheveux, peu importe. Pour les échanger, il vous faut trouver quelqu’un pour qui ce que vous avez a plus de valeur que ce qu’il a, et que vous voulez: comme ça vous gagnez tous les deux à l’échange.

Plus vous faites des choses utiles pour les autres pendant votre vie, plus vous avez la possibilité de les échanger pour obtenir de la part des autres des choses qui sont utiles pour vous. Donc plus vous aidez les autres à obtenir ce qu’ils veulent, plus vous obtenez ce que vous voulez: c’est la coopération sociale que défend le libéralisme.

Ce qu’on voit, là, c’est que la division du travail et l’échange librement consenti font que chacun dispose d’un total de richesse équivalant à la valeur qu’a son propre travail pour tous les autres individus. En clair: plus votre travail est utile à quelqu’un et plus ce quelqu’un y accorde de valeur – donc plus vous rendez un gros service aux autres – et plus vous pouvez devenir riche.

La productivité est une mesure de ce potentiel d’enrichissement: elle sert à indiquer la valeur, en brouzoufs, d’une quantité donnée de votre travail. C’est un chiffre très intéressant car il permet de savoir à quelle vitesse vous pouvez vous enrichir, et donc quel est votre degré de pauvreté.

Si, si, la productivité est la mesure de la non-pauvreté. Si vous ne me croyez pas, imaginez simplement un groupe de 1000 personnes. Chaque jour, ces 1000 personnes agissent et produisent des richesses pour satisfaire leurs envies: elles font pousser des légumes et des céréales, s’occuppent de bétail, coupent du bois, filent et tissent, etc… Si chaque jour elles produisent toutes ensemble assez à manger pour 1000 personnes + un nouveau logement + des vêtements pour une personne, alors au bout de 1000 jours ils auront tous un logement et de quoi se vêtir. Prenez les mêmes personnes, et imaginez que chaque jour ils produisent le double de tout ça. Non seulement ils peuvent nourrir plus de gens ou se nourrir beaucoup mieux eux-même, mais ils seront logés et vêtus deux fois plus vite: leurs besoins seront comblés deux fois plus vite ou deux fois mieux. En étant deux fois plus productifs, ils sont deux fois moins pauvres.

Et le pouvoir d’achat ?

Ah, le pouvoir d’achat… c’est un chiffre qui représente la richesse équivalant à une quantité de brouzoufs donnée. Attention, il est normalement mesuré en richesse réelle: 150 kilos de briques à Castorama, un dixième de Renault Clio 3 chez un concessionaire donné, 2 bouteilles de Whisky d’une marque donnée chez Carrefour de St-Quentin-en-Yvelines, etc… Etendu à « n’importe quelle richesse », c’est l’indice des prix: ça mesure combien de brouzoufs coûte chaque chose. L’indice des prix est un chiffre inutile, puisqu’on ne peut pas connaître le prix de chaque chose partout à tout moment. Par contre on peut savoir facilement le prix de choses réelles dont on peut avoir envie, comme par exemple, un Big Mac.

Et maintenant, un peu de magie chaotique:
Combinons ensemble productivité et pouvoir d’achat, en les accrochant bout à bout l’une à l’autre. Qu’est-ce qu’on obtient ? On obtient la capacité d’une personne à échanger la richesse qu’elle désire contre son temps de travail. Et ça, ça permet de mesurer le degré de pauvreté d’une personne donnée.

Avec ce genre de chiffre presque utile, on peut alors comparer la pauvreté de M. Gontran, ouvrier tourneur fraiseur expérimenté français, avec la pauvreté de M. Li, coordonnier chinois, en partant du principe qu’ils veulent l’un comme l’autre manger un Big Mac:
M. Gontran gagne 9600 euros par an, qu’il peut dépenser à sa guise, lui permettant d’acheter un total de (9600 / 3,95 = ) 2430 BigMacs par an.
M. Li gagne 2880 euros par an, qu’il peut dépenser à sa guise, lui permettant d’acheter un total de (2880 / 1,58 = ) 1823 BigMacs par an, soit 75% du nombre de BigMacs que peut acheter M. Gontran. On peut donc en conclure que M. Li est 75% aussi riche que M. Gontran.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

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