Chroniques Galliennes: Introduction

J’ai l’intention de diffuser ici, si ça vous intéresse, chers lecteurs, des histoires courtes se passant toutes dans un « pays » fictif portant le nom de « Gallie ». Ce pays est supposé englober la France et une bonne partie de l’Europe, et aurait évolué vers l’anarchie autour du milieu du siècle. Le but de ces histoires est de donner un aperçu de ce que pourrait concrètement être la vie dans une société complètement libertarienne et fière de l’être, mais aussi d’attirer l’attention sur certaines conséquences possibles inattendues (pas forcément négatives, d’ailleurs) d’une telle société.

J’utiliserai, comme modèle partiel pour imaginer cette société, The Probability Broach de L. Neil Smith, dont on peut lire quelques nouvelles pages de plus chaque semaine sur Big Head Press, le roman Alongside Night de J. Neil Schulman, additionné de la lecture de « Towards a New Liberty » de Murray Rothbard, et complété de mes propres raisonnements et conclusions praxéologiques.

Ca vous dit ?

On ne se souvenait pas vraiment de ce qui s’était passé, pendant ces années du début du XXIème siècle, dans ce qui s’appelait encore à l’époque l’Europe. Certains disent que la prophétie de Sir Styler, qui prédisait que toute démocratie représentative était condamnée à périr dans un dépôt de bilan inéluctable sitôt que les électeurs découvraient qu’ils pouvaient vendre leurs votes contre des subventions publiques, s’était réalisée. D’autres disaient que la pyramide de sujétion des états européens s’était évanouie à cause de la concurrence pacifique entre les états combinée au désir de liberté des gens ; d’autres encore disaient que c’était les actions d’un groupe organisé de contrebandiers, fraudeurs fiscaux, prostituées et fumeurs de joints qui avaient convaincu une partie des citoyens de les accepter, et qui avaient finalement défié ceux qui prétendaient savoir mieux qu’eux ce qu’il était juste de faire ; d’autres encore disaient que c’était le courage de quelques-uns, qui avaient rejeté l’autorité exclusive des chefs pour aider directement les autres à se défendre contre l’explosion de criminalité, qui avait fait naître une révolution inattendue et spontanée. A vrai dire, il n’y avait désormais plus de vérité « officielle » unique, chacun avait sa version de l’Histoire, qui ne convaincait les autres que dans la mesure où elle était bâtie sur des arguments solides et des preuves tangibles – au reste, libre à chacun d’avoir tort et de croire des âneries. Mais ce qui revenait généralement dans toutes les versions les plus populaires, c’était le sentiment diffus et général de ras-le-bol à l’encontre de tous ceux qui voulaient avoir raison par la force.

On avait abattu tous les monopoles, on avait nié tous les dogmes, on avait nivelé vers le bas le pouvoir des élites jusqu’à zéro, on avait cessé de menacer son frère humain de violence parce qu’il n’était pas d’accord, on avait arrêté de voler le voisin sous prétexte de faire son bien malgré lui, on avait dénoncé tous les grands mensonges. On avait fait tout ça, pour la simple raison que tous ces symbôles ineptes, toutes ces superstitions idiotes, toutes ces traditions injustes, toutes ces servilités exigées et toutes ces conventions absurdes se tenaient en travers du chemin de chacun vers la liberté.

Aujourd’hui il n’y avait plus personne qui pouvait faire d’un autre un esclave. L’ordre spontané de l’anarchie régnait partout sur le continent, l’agora s’était révélé à tous, et chacun l’appelait comme il voulait – par son vieux nom traditionnel de continent, de pays ou de région, ou par un nouveau nom, inventé pour marquer dans les esprits la Libération de tous. Pour beaucoup de ceux qui vivaient enfin libres, en souverains absolus d’eux-même et de leur propre destinée, et en serviteurs bienveillants, volontaires mais exigeants de tous les autres, dans ce qui avait été jadis la République Française, cette société nouvelle et pourtant familière qui les avait accompagné sous une forme ou une autre à toutes les époques s’appelait à présent la Gallie.

Jeunesse en liberté
Par pertes et profits
Pagaille – Partie 1
Menace
Cowboy – Partie 1

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

9 Responses to Chroniques Galliennes: Introduction

  1. nicolas says:

    Vraiment une excellente idee. D autant plus que ta plume est plus que correcte!

  2. jesrad says:

    Wouais, je vais monter un fan club 🙂

  3. llana says:

    Oui, sauf qu’on ne dit pas plus « assujétion » qu’on ne dit « bravitude ». c’est soit « assujettissement » (voir http://multitudes.samizdat.net/Pouvoir-assujettissement.html ), soit « sujétion » (voir http://fr.wiktionary.org/wiki/sujétion ).
    Merci pour Molière…
    D’ailleurs, je l’avais déjà fait remarquer: voir https://jesrad.wordpress.com/2006/12/16/quest-ce-que-letat/
    Bis repetita…
    (et « nivelé »: un seul l: voir http://www.la-conjugaison.fr/du/verbe/niveler.php ). Bon, j’arrête, promis !

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