Qu’est-ce que la propriété ?

Aujourd’hui, dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons revenir sur un concept très très mal compris de beaucoup de gens… la propriété !

J’ai déjà dit dans le cours sur la liberté que propriété et liberté sont deux faces de la même pièce. Cela demande manifestement plus de précisions, vus que certains lecteurs se sont mis à croire que je voulais insinuer qu’on est libre seulement parce qu’on est propriétaire…

Ce n’est pas la propriété qui fait la liberté, mais l’inverse: c’est la liberté qui définit la propriété. La propriété est la possession légitime. On appelle « possession » les choses dont on contrôle, légitimement ou pas, l’usage exclusif. Ainsi, les hommes de l’état contrôlent des budgets énormes du Trésor Public: ils en sont donc possesseurs. Je contrôle mon corps: j’en suis donc possesseur. Je contrôle le contenu de ce site: j’en suis donc possesseur. Quand cette possession est légitime, on parle de propriété. C’est dans ce sens que ça marche, pas dans l’autre.

Dans le libéralisme, la liberté n’est pas « basée sur la propriété », comme j’ai pu le voir écrit par erreur, mais c’est la propriété qui est tout simplement définie à partir de ce qu’est la liberté. La propriété n’est donc qu’une convention, un terme technique pratique pour désigner l’étendue du domaine de la liberté d’une personne: dire d’une chose « j’en suis propriétaire » et « j’en suis le seul responsable » c’est strictement la même chose. En fait, le libéralisme n’a même pas besoin de définir la propriété, c’est un mot dont il peut se passer complètement. Le mot disparaît, mais les faits qu’il représente restent, quoi qu’il arrive, puisqu’ils sont universels.

Exemple:

Puisque toute action est individuelle (sinon c’est un assemblage d’actions concordantes plus petites), toute chose utilisée par l’homme pour agir est nécessairement sous le contrôle exclusif d’un seul individu. En clair, tout ce que l’homme utilise fait partie du domaine exclusif d’action d’un individu humain ou d’un autre: c’est lui qui en est responsable et décide de son usage. Vous devenez légitimement responsable d’une chose à partir du moment où vous vous rendez responsable de cette chose par vos actes, soit parce que son responsable exclusif vous en a désigné comme nouveau responsable, soit parce que personne n’en était responsable jusque là et que vous avez agi pour le devenir.

Traduction: la possession c’est tout ce dont vous disposez librement. Elle est légitime, et constitue la propriété, si vous ne l’avez pas volé.

Les collectivistes de tout poil, esclavagistes et absurdistes, se sont toujours prétendus « opposés à la propriété »… Mais en réalité, ils cherchent seulement à escamoter le mot, pour pouvoir plus facilement abuser du principe qu’il représente, pour leur profit personnel. Ainsi, le collectivisme et l’égalitarisme font disparaître la « propriété », et aussitôt la remplacent par un autre mot, que ce soit « l’autorité du peuple », la « souveraineté populaire », « l’intérêt commun », la « décision du comité », etc… qui sert à désigner le fait que telle ou telle personne a le droit de décider de l’usage qui sera fait de telle chose. Dans la bouche du collectiviste, cette personne n’en est certainement pas le « propriétaire », pouah, le vilain mot honni. Non, elle est seulement le « commissaire désigné », le « décideur suprême » ou « l’autorité locale » (ou allez savoir quel autre terme fantaisiste) qui décidera de ce qu’il sera fait de cette chose.

Au final, cette redéfinition de ce qui a pourtant déjà été simplement défini plus haut sert à posséder illégitimement ce que les autres contrôlent. Qu’est-ce que la possession illégitime ? C’est tout simplement l’ensemble des choses qu’on a volé (pris à son propriétaire contre sa volonté).

Eh bien moi je n’ai pas peur d’appeler les choses par leur nom, ni de questionner la légitimité des velléités possessives de certains. Quand l’état vole le peuple, c’est du fascisme. C’est même à ça qu’on le reconnaît, d’ailleurs: il vole les biens par la réquisition, la nationalisation et l’impôt, il vole les corps par la répression, la déportation et la séquestration, et il vole les vies par le démocide ; qu’il soit rouge, brun, vert, rose, orange, blanc, noir ou bleu.

Tenez, par exemple, cette proposition de Ségolénine, on est en plein dans le fascisme rouge: elle considère ni plus ni moins que c’est l’état qui est propriétaire des entreprises privées.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

3 Responses to Qu’est-ce que la propriété ?

  1. Ping: Qu'est-ce que la légitimité ? « Ne Cede Malis

  2. julito says:

    Hello Jesrad,

    Je suis tombé sur cet article de l’AFP qui m’a fait rire et pleurer :

    SPANISH WOMAN REGISTERS SUN AS PROPERTY
    Woman now ‘owns’ the Sun

    MADRID – AFTER billions of years the Sun finally has an owner – a woman from Spain’s soggy region of Galicia said on Friday she had registered the star at a local notary public as being her property. Ms Angeles Duran, 49, told the online edition of daily El Mundo she took the step in September after reading about an American man who had registered himself as the owner of the moon and most planets in our Solar System. There is an international agreement which states that no country may claim ownership of a planet or star, but it says nothing about individuals, she added. ‘There was no snag, I backed my claim legally, I am not stupid, I know the law. I did it but anyone else could have done it, it simply occurred to me first.’

    The document issued by the notary public declares Ms Duran to be the ‘owner of the Sun, a star of spectral type G2, located in the centre of the solar system, located at an average distance from Earth of about 149,600,000km’. Ms Duran, who lives in the town of Salvaterra do Mino, said she now wants to slap a fee on everyone who uses the sun and give half of the proceeds to the Spanish government and 20 per cent to the nation’s pension fund. She would dedicate another 10 per cent to research, another 10 per cent to ending world hunger – and would keep the remaining 10 per cent herself.
    — AFP 27 Nov 10

    Bien sûr que la personne qui fait ça est avant tout une hurluberlue. Mais ce que ça m’a montré, c’est surtout comment la notion de propriété n’est aujourd’hui vue que sous l’angle légaliste et accordée à quelqu’un selon le bon vouloir de l’autorité en place. On est bien loin de la définition de propriété par les droits naturels !

    Quel est ton point de vue ? En espérant pouvoir te relire plus régulièrement !

  3. polo says:

    Dommage de ne pas creuser un peu plus la question avec d’autres aspects. La propriété est un outil qui peut servir la liberté mais aussi la desservir. C’est un outil nécessaire sans doute comme vous cherchez à le démontrer mais c’est intéressant de se demander concrètement l’usage que l’on fait de la propriété. Par exemple l’achat de terres grandes comme des pays par des mutilnationales, les plages privées, etc.
    Une propriété privée c’est la garantit d’une usage libre pour le possesseur mais cela « prive » du coup tous les autre usagers de l’usage. Les privant ainsi d’une certaine liberté. Je parle ici de propriété privée obtenu sur un bien que l’on peut considérer comme commun.

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