Saint Anselme Bellegarrigue explique comment réussir la cuisson et le démoulage d’une Révolution

Extrait de L’Anarchie – Journal de l’Ordre, numéro 2 – Automne 1849

La Révolution est l’émancipation de l’individu où elle n’est rien ; elle est le terme de la tutelle politique et sociale ou elle n’a pas de sens. En cela, je dois être et je suis, en effet, d’accord avec tous les hommes, même avec ceux que l’on est convenu d’appeler réactionnaires et qui ne sont, après tout, que des mineurs promis à la tutelle des soi-disant démocrates, comme ceux-ci sont aujourd’hui des mineurs acquis à la tutelle des prétendus réactionnaires. En thèse nationale, la dénomination des partis importe peu ; je ne connais ici que des hommes, lesquels veulent s’emparer les uns des autres, précisément pour s’affranchir les uns des autres. Le moyen est brutal et d’une inefficacité démontrée par l’expérience ; mais un fait certain, c’est que le désir de s’émanciper est partout : la Révolution est donc universelle, et c’est pour cela, c’est parce qu’elle ne veut pas être localisée, qu’elle est la Révolution.

La Révolution étant le terme de la tutelle, quelle doit être la logique révolutionnaire ?
Sera-ce l’opposition politique ?
Sera-ce l’opposition insurrectionnelle ?

Ni la politique, ni l’insurrection, répondrai-je, et je prouve :
La politique, dans l’acception usuelle du mot et en tant que question sociale ou d’intérieur, est l’art de gouverner les hommes ; elle est la consécration de la minorité publique, le code de la tutelle, la tutelle elle-même. Combattre la politique par la politique, combattre le gouvernement par le gouvernement, c’est faire de la politique et du gouvernement, c’est, au lieu de l’abolir, confirmer la tutelle, c’est arrêter la Révolution, au lieu de l’accomplir. Car, enfin, qu’est-ce que l’opposition, si ce n’est la critique, en d’autres termes, le gouvernement du gouvernement ?

Devant la Révolution, toutes les politiques, comme tous les gouvernements, se ressemblent et sont égaux, car la Révolution est, par principe, par nature, par caractère et par tempérament, l’ennemie de toute politique et de tout gouvernement social, domestique ou d’intérieur. La Révolution a dévoré les Etats-généraux, la Constituante, la Convention, le Directoire, l’Empire, la Restauration, Louis-Philippe, le gouvernement provisoire et M. Cavaignac, comme elle dévorera M. Louis Bonaparte et tous les tuteurs qui pourront ultérieurement venir, car la Révolution, je le répète, est la négation de la tutelle politique.

Voyons comment il eût fallu s’y prendre pour assimiler le mouvement à la Révolution.

Le fait révolutionnaire était accompli.
Les antagonismes, enfants difformes des gouvernements, s’étaient effacés dans le sein de la République, qui fut vraiment la République tant qu’elle n’eut pas de parrains.
L’équité, cette suprême justice du peuple, planait seule sur la Cité, suppléant la loi qu’elle venait d’abroger.
La banque et le palais des finances eurent le rare bonheur de voir la Liberté faire faction à leur porte et ils ne s’en plaignirent point.
Le vol, averti, du reste, par des inscriptions improvisées du sort expéditif qu’on lui réservait, était puni de mort sur l’heure. Le vol, d’ailleurs, n’existe qu’à l’état de privilège, la libre concurrence l’efface radicalement.
Les partis, vermine qui naît dans la pourriture des cours hautes et basses, s’étaient évanouis avec la cause qui les produit.
L’oubli complet du passé avait rapproché tous les citoyens.
La Fraternité était universelle.
La plus grande courtoisie s’échangeait dans les rues, sur les places publiques.
La joie et l’espérance illuminaient tous les visages.
Chacun, n’étant plus défendu que par lui-même, cherchait un appui dans tout le monde et trouvait sans peine, dans le sentiment de son isolement, la raison du respect qu’il devait aux autres.
L’ordre le plus parfait régnait partout en même temps que la cohue.
Nul n’eut peur, car tout le monde était roi.
Nul n’ayant eu peur, la confiance fut générale.

Je tiens pour parfaitement exact ce tableau de la situation publique au 24 février 1848. Je suppose que le peuple de Paris eût placé sur le premier plan de ce tableau une simple commission urbaine ou municipale et un magistrat qui, le visage tourné vers la frontière, se fût particulièrement occupé de notifier à l’étranger et le nouvel état de la France et son attitude pacifique dans cette hypothèse, je l’affirme, sauf à le démontrer tout à l’heure, le résultat du mouvement restait conforme aux exigences de la Révolution, la souveraineté demeurait en son lieu, la liberté était acquise et la paix domestique assurée.

Que fallait-il de plus en effet ? Un ministre de l’intérieur ? Mais, c’était remettre en question la liberté individuelle et municipale et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre de l’instruction ? Mais c’était remettre en question la liberté de l’enseignement et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre des cultes ? Mais c’était remettre en question la liberté de conscience et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre du commerce ? Mais c’était remettre en question la liberté des transactions et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre de l’agriculture ? Mais c’était remettre en question la liberté foncière et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre des travaux publics ? Mais c’était remettre en question la liberté des entreprises privées et reconstituer le communisme des travaux d’Etat et une tyrannie dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre des finances ? Mais c’était remettre en question la liberté du crédit et reconstituer un monopole et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre de la justice ? Mais c’était remettre en question la justice des jurés et reconstituer les juridictions politiques et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Une préfecture de police ? Mais c’était remettre en question la souveraineté des communes, substituer encore à leur propre police une police d’Etat et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre des travaux publics ? Mais c’etait remettre en question la liberté des entreprises privées et reconstituer le communisme des travaux d’Etat et une tyrannie dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre des finances ? Mais c’était remettre en question la liberté du crédit et reconstituer un monopole et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre de la justice ? Mais c’était remettre en question la justice des jurés et reconstituer les juridictions politiques et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Une préfecture de police ? Mais c’était remettre en question la souveraineté des communes, substituer encore à leur propre police une police d’Etat et reconstituer une tyrannie et un budget dont les intérêts poursuivent l’abolition.

Un ministre de la guerre et un ministre de la marine ?
Soit. Ces offices sont des annexes naturels des affaires étrangères et les hommes qui les exercent sont les commis du chef de la chancellerie désigné plus haut ; le peuple n’avait pas plus à s’en inquiéter que du comptable qui aurait tenu registre des minces recettes et des minces dépenses qu’eût nécessitées cette mince administration.

Une municipalité et une chancellerie, telle devaient donc être et telle eût été la face officielle du gouvernement du peuple, si tant d’ambitieux, répugnant à la condition démocratique de simples citoyens, ne s’étaient obstinés à vouloir être ministres ; préfets, sous-préfets, receveurs, inspecteurs, etc., etc. La démocratie ne consiste pas à faire gouverner toutes les communes par une commune, tous les individus par un ou plusieurs individus, elle consiste à laisser chaque commune et chaque individu se gouverner sous leur propre responsabilité. Or, en face du maire et du conseil municipal, l’individu se gouverne ; car il ne viendra pas à l’esprit d’une assemblée communale, non appuyée par un préfet, de régenter dans leurs affaires et dans leurs intérêts industriels les citoyens qui l’ont élue. La tyrannie vient de la centralisation communiste ou monarchique, la liberté individuelle est dans la municipalité ; la municipalité est essentiellement démocratique. Il ne faut rien mettre au-dessus d’elle sous peine de rétablir la monarchie.

De même qu’en face du maire l’individu se gouverne, de même aussi, en face de la chancellerie ou administration diplomatique. la commune, individu complexe, se gouverne; car il ne viendra pas à l’esprit de celui qui a reçu pour mission unique de représenter la nation à l’étranger de s’immiscer dans les affaires communales.

La tyrannie vient de l’accaparement par l’Etat des éléments domestiques de la société ; la liberté communale est garantie quand l’autorité centrale n’a qu’un caractère purement diplomatique et des attributions vierges de toute atteinte à la prérogative des individus ; car tout ce qui se fait à l’intérieur doit être fait par le peuple lui-même, par les particuliers ; ce qu’il est matériellement impossible au peuple d’exécuter par lui-même, c’est-à-dire par chacun de ses membres, c’est un acte international, c’est un traité de paix ou de commerce. Voilà des cas où le besoin de la délégation se fait sentir. Voilà pourquoi l’unique magistrature qui eût révolutionnairement le droit de surgir du mouvement du 24 février 1848, était la magistrature externe.

Vient la deuxième question relative à l’insurrection. J’ai presque dit, en parlant de la politique, tout ce qu’il y a à dire de l’insurrection. L’insurrection, c’est l’opposition dans la rue ; ici elle ne discute plus, elle agit ; c’est toujours le même combat, seulement il a pris des proportions matérielles. Victorieuse ou vaincue, son triomphe ou sa défaite se résument dans le gouvernement, c’est-à-dire dans la négation de la Révolution.

L’opposition insurrectionnelle se trouve avoir exactement le même caractère que l’opposition parlementaire, en ce sens qu’elle affirme la tutelle au lieu de la nier, qu’elle nie la Révolution au lieu de l’affirmer, seulement, dans l’enceinte d’une assemblée, l’opposition ne confirme que le principe gouvernemental, tandis que, dans la rue, elle confirme le fait ;
pas plus don que la politique, l’insurrection n’est un moyen révolutionnaire et, ici encore, les faits viennent à l’appui de mon raisonnement. Il est acquis, en effet, à l’expérience que toute insurrection n’a servi qu’à affermir et même, puis-je dire, à envenimer la tutelle.

Si bien qu’il est devenu aussi urgent que rationnel de renoncer, pour accomplir la Révolution, aux, moyens, reconnus inefficaces, de la politique et de l’insurrection.

Ces moyens, recours suprême des ambitionnaires mal à propos dénommés révolutionnaires, une fois écartés, que reste-t-il? Voilà ce qui va faire l’objet d’un dernier examen.

L’Etat étant donné quand je groupe mes concitoyens dans une enceinte ou sur une place publique pour leur demander l’investiture de leur confiance, afin de livrer, oralement ou par les armes, combat à l’Etat, je ne me propose nullement de renverser l’institution à leur profit, j’ai simplement en vue de substituer ma personne à la personne que je vais combattre ; mon objet est uniquement de soustraire à ceux qui l’exercent la direction des affaires publiques pour m’en emparer ; je puis croire que je dirigerai mieux qu’eux, mais je me trompe inévitablement ; car, comme il s’agit précisément de ne pas diriger, la direction, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, est nécessairement mauvaise.

L’institution d’Etat ne peut être renversée que par l’institution contraire. Or, le contraire de l’Etat, c’est l’individu, comme le contraire de la fiction, c’est le fait. Que l’individu s’institue et l’Etat périt ; que la liberté se fonde et l’autorité disparaît.

Mais comment, demande-t-on, doit se fonder la liberté ? Comment s’instituera l’individu ?
L’individu s’institue en s’appliquant à faire lui-même ce qui, jusqu’à ce jour, a été laissé à l’initiative de l’Etat ; la liberté se fonde sur le travail, la production, la richesse et pas ailleurs.

Quand je parle de la substitution de l’individu à l’Etat, je veux dire que la législation réglementaire au moyen de laquelle l’Etat s’est approprié la direction des affaires publiques doit être abrogée, et que chaque individu doit désormais faire ses propres affaires, non plus en conformité de la loi d’Etat, mais en vertu de son propre instinct dirigé par son propre intérêt.

Mais on ne peut pas demander aux assemblées d’abroger les lois ; l’abrogation de la loi d’Etat ne peut pas appartenir à l’initiative de l’Etat, l’Etat ne peut pas se dépouiller lui-même ; cette opération revient de droit et de fait à l’initiative des individus qui ont investi l’Etat.

Une loi d’Etat s’abroge dès qu’on met les faits sociaux en opposition avec elle. Toutes les lois de police, par exemple, sont abrogées, et tous les agents de police disparaissent le jour où le fait social devient généralement et complètement calme.
Or, le fait social sera généralement et complètement calme, quand l’opposition de parti ou de verbiage disparaîtra pour laisser librement agir l’opposition matérielle des intérêts réels et du travail effectif, autrement dit l’opposition populaire ou individuelle. Contre la force des besoins sociaux les lois de l’Etat ne peuvent rien.

Nous faisons une opposition efficace à la police quand, sans autre préoccupation, nous nous rapprochons de nos intérêts matériels ; car ces intérêts étant ennemis de toute agitation désordonnée ou d’Etat, il s’ensuit que s’occuper d’eux, c’est cesser de s’agiter ; or, cesser de s’agiter, c’est tout simplement supprimer la police, à moins, ce qui ne saurait se comprendre, que la police ait sa raison d’être en dehors de l’agitation.

La police une fois absorbée par le travail et les intérêts, les suppressions de règlements d’Etat, les abrogations de lois vont vite ; car la confiance qui porte le crédit se développe avec rapidité.

Chacun s’occupe de ses intérêts propres ; donc, chacun travaille ; chacun travaille, donc, nul ne menace, donc, nul ne craint ; personne ne craint, donc, la sécurité est universelle.
La sécurité étant universelle, le capital, que la peur avait précipité dans les caves de la banque d’Etat, met le nez à la lucarne et, voyant passer l’industriel qui lui promet six, dix, quinze, vingt pour cent, se pose naturellement cette question : Qu’est-ce que je fais ici ? Cette question ainsi posée, le capital se dit : La crainte d’être dépouillé m’a emprisonné dans un privilège qui me donne quatre du cent ; il n’y a plus d’agitation à l’extérieur, je n’ai plus peur et je puis avoir, au-dehors, le double bénéfice de la liberté et d’un profit plus grand : sortons !

Le capital sort de la banque d’instinct, et le voilà s’abouchant avec l’intelligence et l’industrie pour savoir ce qu’il y a de mieux à faire pour réaliser les plus gros bénéfices ; l’association de l’argent avec le travail s’opère progressivement ; le monopole financier est détruit par l’intérêt même de la finance : le crédit libre ou individuel est fondé. Le plus beau fleuron de la couronne d’Etat disparaît ainsi tout doucement et sans que le gouvernement ait plus à se plaindre de son appauvrissement que les agents de police n’ont eu à crier contre leur suppression.

Voici maintenant, autant qu’il est possible de l’indiquer, en quoi consiste le mécanisme révolutionnaire :

Convaincu comme nous le sommes et comme l’expérience et la succession des temps nous ont forcé de l’être, que la politique, théologie nouvelle, est une basse intrigue, un art de roués, une stratégie de caverne, une école de vol et d’assassinat ; persuadé que tout homme qui fait métier de politique, à titre offensif ou défensif, c’est-à-dire comme gouvernant ou opposant, en qualité de directeur ou de critique, n’a pour objet que de s’emparer du bien d’autrui par l’impôt ou la confiscation et se trouve prêt à descendre dans la rue, d’une part avec ses soldats, de l’autre avec ses fanatiques, pour assassiner quiconque voudra lui disputer le butin ; parvenu à savoir, par conséquent, que tout homme politique est, à son insu, sans doute, mais effectivement, un voleur et un assassin ; sûr comme du jour qui nous éclaire que toute question politique est une question abstraite, tout aussi insoluble et, partant, non moins oiseuse et non moins stupide qu’une question de théologie, nous nous séparons de la politique avec le même empressement que nous mettrions à nous affranchir de la solidarité d’un méfait.

Une fois séparé de la politique qui lui avait appris à haïr, à porter envie, à faire la guerre à ses concitoyens, à rêver leur détroussement, à s’annihiler au point de ne plus compter sur lui et de tout attendre d’un gouvernement qui ne peut lui rien donner qu’il ne l’ait préalablement soustrait à d’autres, une fois, disons-nous, séparé de la politique, l’individu recouvre l’estime de lui-même et se sent digne de la confiance d’autrui son activité, arrachée aux ténèbres, se déploie au grand jour ; il quitte l’embuscade et passe au travail.
Il est pauvre et sans crédit, le début sera difficile mais s’il ne débute jamais, où le conduira le mauraudage ? Son intention est bonne, son activité grande, sa volonté ferme, il prend son courage à deux mains, et, le voilà, cherchant une issue dans la société réelle, son domaine naturel.

Cette issue il la trouvera inévitablement proportionnée à son mérite. Il se peut qu’apte à l’horlogerie il ne trouve d’abord qu’à forger ; il se peut qu’ayant l’intelligence de l’ébénisterie, il soit forcé momentanément de faire de la charpente ; il se peut qu’avocat, l’absence de tout client le relègue dès le principe dans une étude de notaire, d’avoué ou d’huissier ; il se peut que, journaliste, il ne puisse actuellement trouver de refuge que dans un pensionnat ou une tenue de livres. Qu’importe tout chemin mène au but. Il se crée, dans quelque position qu’il soit, des relations qu’il ne tient qu’à lui de rendre amicales. S’il a réellement des aptitudes supérieures à ce qu’il exerce, il doit tôt ou tard trouver quelqu’un qui aura intérêt à utiliser son talent. Il possède lui-même et le temps et l’activité et le discernement nécessaires pour veiller à son classement. Pour le moment, il travaille, donc il spécule ; il spécule, donc il, gagne, il gagne, donc il possède ; il possède, donc il est libre. Il s’institue en opposition de principe avec l’Etat, par la possession ; car la logique d’Etat exclut rigoureusement la possession individuelle ; en cela, les nouveaux apôtres de la doctrine d’Etat sont beaucoup plus mathématiques que les anciens et M. Thiers n’est qu’un mince despote à côté de M. Louis Blanc. Il s’institue, donc, individuellement par la possession, sa liberté commence avec le premier écu et il sera d’autant plus libre dans l’avenir qu’il aura plus d’écus. Voilà la vérité naïve et simple, la vérité du fait, qui se démontre par elle-même comme la lumière et l’évidence.

Les rhéteurs appelleront monarchie ou oligarchie, empire ou république l’Etat dans lequel j’aurai des écus dans ma poche, je me moque de leur raisonnement. Ils n’attirent mon attention que lorsqu’en vertu de je ne sais quelle loi d’équilibre fantasmagorique, ils veulent prendre mes écus. Alors, qu’ils s’appellent monarchistes, oligarques, impérialistes ou républicains, je constate que mon vocabulaire m’autorise à leur donner un autre nom infiniment plus intelligible et, surtout plus concluant : je les appelle des filous.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

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