Qu’est-ce que la démocratie ?

Aujourd’hui dans notre cours de praxéologie aléatomadaire, nous allons nous pencher sur ce qu’est… la démocratie !

La démocratie est une très vieille idée de fondation juridique de société. On en trouve les premiers éléments sous forme écrite dans la Chine antique avec Lao Tseu, et dans la pratique, en partie, dans la Grèce antique, l’Irlande celtique et l’Islande médiévale. Au lieu de faire une revue de toutes les différentes formes d’organisations arbitraires qui se disent démocratiques, voyons plutôt les concepts que le mot recouvre vraiment.

Notez bien: la démocratie n’est pas simplement le suffrage mais la gouvernance des gens par eux-même, ce n’est pas la même chose.

Le principe fondateur de la démocratie est la souveraineté individuelle: au lieu d’user du raisonnement fallacieux de l’argument d’autorité pour déterminer les choix d’organisation de l’action humaine, la démocratie utilise les faits réels pour fonder la base du droit et de l’organisation de la société: la nature humaine est fondamentalement la même pour tout le monde, donc le droit doit être universel; l’action est toujours effectuée par l’individu, donc l’individu est l’élément de base de la prise de décision. Par conséquent la souveraineté est divisée entre chaque être humain de manière égale: c’est l’égalité de droit.

De là, l’idée démocratique applique un autre fait réel, l’existence du libre-arbitre, pour déterminer l’étendue de ce droit égal entre chaque personne: le libre-arbitre implique la désirabilité du maximum de liberté et donc du maximum de droit. Ce raisonnement, associé à l’égalité de droit, implique que tout est licite sauf ce qui ne peut pas être licite pour tout le monde à la fois. C’est la liberté universelle.

Ces deux concepts peuvent être retrouvés au tout début de la Déclaration des Droits de l’Homme: « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. » La suite du document essaie de définir les conséquences pratiques de ces deux idées, avec un succès discutable mais globalement positif.

Il y a un autre principe démocratique que l’on peut déduire de l’égalité de droit et de la liberté universelle: comme personne ne peut avoir de droit sur une autre personne si cette personne ne lui a pas permis librement de l’avoir, et comme on ne peut pas donner à un autre un droit qu’on n’a pas soi-même, dans une démocratie, personne ne peut donner le droit d’un autre citoyen, contre son gré, à un tiers. C’est la subsidiarité.

Les républiques et monarchies parlementaires prétendument démocratiques sous lesquelles nous vivons en Europe ne respectent à peu près jamais ce principe, car dans ces sociétés, deux personnes peuvent se mettre d’accord pour autoriser l’un d’eux à voler ou asservir un troisième: les bases fondamentales du droit sur lesquelles ces sociétés sont fondées, c’est à dire leur Constitution, autorisent la majorité à usurper les droits du reste de la population contre leur gré et à se donner des droits qui n’existent pas, en violation de la subsidiarité.

Pour illustrer ce phénomène odieux, André Comte-Sponville raconte dans son livre « Le capitalisme est-il moral ? » une anecdote édifiante: dans l’un de ses cours de philosophie politique, il a fourni le sujet de dissertation suivant: « En démocratie, le peuple a-t’il tous les droits ? ». Surprise: la TOTALITE des élèves a répondu par l’affirmative. Donc, pour l’écrasante majorité des gens vivant dans ce pays soit-disant démocratique le peuple, ou plus exactement la moitié du peuple plus un, peut usurper les droits de tout les individus pour, par exemple, les massacrer ou les piller ou les asservir, par la force si nécessaire. Pourtant ces gens-là sont souvent les premiers à dénoncer comme « anti-démocratiques » ces mêmes actions… Ils marchent sur la tête !

Le mal du « contrat social » républicain ou parlementaire vient donc de son concept collectiviste de « peuple »: en agrégeant les droits de chacun en un seul bloc, il usurpe les droits de chacun. En traitant le « peuple » comme une seule entité et en déniant à chacun le droit de rompre le « contrat social », il nie le désaccord et donc la liberté. En incluant d’office tous les habitants d’un territoire défini arbitrairement dans le « peuple », il remplace les souverainetés individuelles par la « souveraineté territoriale », niant la subsidiarité et la liberté. Les citoyens des républiques et monarchies parlementaires sont des esclaves de la « majorité », ou plus exactement de la plus grosse minorité, c’est à dire la foule, qui fait littéralement la loi. C’est ce que l’on appelle l’ochlocratie.

Les formes fédéralistes de républiques sont un peu plus respectueuses de la subsidiarité car la souveraineté territoriale qui y est appliquée de force est morcelée et dispersée à des niveaux moins élevés, donc elle est plus proche de la souveraineté individuelle, mais dans ces sociétés les citoyens sont tout de même esclaves s’ils ne disposent pas d’un droit de sécession individuel.

En vérité les deux seules formes de société qui sont vraiment démocratiques, car respectant chacun des principes énoncés ci-dessus, sont la panarchie et l’anarchie libertariennes, car à la différence des républiques et monarchies parlementaires (même libérales) elles laissent au citoyen le droit de sécession qui garantit la subsidiarité.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

8 Responses to Qu’est-ce que la démocratie ?

  1. ROMEO Joan says:

    Non, je ne suis pas désespéré et si vous le voulez bien, nous pouvons parler de politique, d’économie, de philospophie politque ( cf libéralisme ) etc.

    Cordialement,
    Joan

    PS: http://www.monarchiste.skyblog.com

  2. jesrad says:

    Soyez le bienvenu !

    Votre site indique que vous soutenez la monarchie. Sachez que moi aussi, je soutiens totalement la monarchie: que chacun soit le roi de lui-même au lieu d’être l’esclave de tous les autres ou de quelques-uns, tout comme Yeshua de Nazareth (alias Jésus) l’avait proposé il y a environ 2000 ans 🙂

  3. Ping : Le marché libre est-il démocratique ? « Ne Cede Malis

  4. Ali Le Libre says:

    Bonjour,

    Je n’irai pas par 4 chemins, qu’est ce que la démocratie dans le débat télévisuel ? je m’explique…

    Des animateurs (dans leurs émissions respectives) comme Cauet, Ardisson, Ruquier, Bern, Thomas, etc… prétendent pratiquer une certaine démocratie mais il n’en est rien! Temps de débat trop court, interruptions fréquentes, mauvais débateurs en face, spectacle, émotion, audimat, etc… Le pire (comme d’habitude) c’est que le peuple gobe!

    Un article de François Darras dans Marianne me parait intéressant :

    http://www.journalvachefolle.net/article-496.html

    J’en suis à quelques pages d’analyse et me pose au delà de la « simple » définition de la démocratie … Qu’elle est-elle dans les débats télévisuels ?

  5. jesrad says:

    Je me rappelle pourtant bien avoir vu un bon exemple… il y a trente ans !

    Quand on invite quelqu’un à venir s’exprimer dans ne émission, c’est comme ça qu’il faut s’y prendre: on prévoit ensemble le temps pour exposer les idées sans interruptions, les questions sont posées sans attaques personnelles ni argumentations fallacieuses.

    En bref, il s’agit bêtement de respecter la nétiquette dans les médias où celle-ci n’aurait jamais dû cesser de s’appliquer.

  6. Ali Le Libre says:

    Salut Jesrad,

    Le problème aujourd’hui s’appelle concurrence, chevauchée fantastique vers l’audimat, « grand public », zapping, etc…

    Est-il possible à une heure de grande écoute de revoir une émission (et dans les mêmes conditions) pareille à la vidéo de Milton Friedman … je doute. en fait non je ne doute jamais, la réponse est non à part si je suis au pouvoir 🙂 et encore…

    petit extrait représentatif de cette fameuse course à l’audimat : « Un dimanche soir du mois d’octobre 2005, dans “On ne peut pas plaire à tout le monde” en direct sur France 3 à 20H30, l’animateur vedette Marc Fogiel reçoit Mireille Mathieu. Il jette un coup d’oeil sur un petit moniteur placé sous la table et s’aperçoit que son audience s’effondre : il congédie aussitôt Mireille Mathieu et fait entrer sur le plateau l’actrice X Clara Morgane. Coup d’oeil au moniteur : l’audience a repris du poil de la bête.

    extrait de libération

    PS : Il faudra quand même que je sache un jour quelle est l’utilité de ce site et quelle est ta fonction au sein de la société (ou du site) car aucune info ou difficilement trouvable!

    Bien à toi.

  7. jesrad says:

    Un des problèmes que l’on oublie un peu trop facilement, avec la télé, c’est que c’est un marché extrêmement fermé: les licences d’utilisation des fréquences constituent des barrières à l’entrée monumentales, et ces barrières entraînent des distorsions effrayantes sur le résultat affiché à l’écran. Impossible de savoir ce que l’on aurait sans elles.

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