L’autre frein

J’ai eu l’occasion de fustiger plusieurs fois la façon totalement irrationnelle et inique qu’ont les pays développés, le nôtre le premier, de dresser des barrières et des obstacles en travers du chemin du développement des pays du tiers-monde.

Cela ne doit pas faire oublier que ces pays-là aussi ont des états envahissants, qui dressent leurs propres obstacles sur la voie du progrès de leurs propres citoyens:

Sub-Saharan African exporters face, on average, delays of nearly 50 days for each shipment. They must get roughly 20 signatures on eight or nine separate customs forms. […] three-quarters of delays are the result of red tape, not port handling or inland transport. These delays, caused by senseless bureaucracy, unnecessary forms and archaic inspection practices, can often be eliminated with a stroke of a pen by a country’s chief executive. […] Paradoxically, some of the most vocal members of the group impose regulatory barriers that are just as crippling to exporters in their own countries. […] Celso Amorim, Brazil’s foreign minister, has condemned farming subsidies as « the most harmful single piece of commerce. » The subsidies are indeed repugnant, but Brazilian exporters need 39 days to get their produce onto a ship, too long for some agricultural goods. It doesn’t have to be that way. China can get exports moving in 20 days, the United States in nine days. Danish exporters can ship in five days.

En clair, les programmes de subventions agricoles et de protectionnisme – on devrait plutôt parler de barrièrisme, d’interdictionnisme ou même de monopolisme nationaliste – de ce côté-ci des douanes ne sont qu’une part, importante certes, du problème; s’en débarrasser ne serait pas suffisant pour assurer le développement dans les pays pauvres. En même temps, ça couperait l’herbe sous le pied des donneurs de leçons esclavagistes, en mettant en évidence le rôle de l’excès de bureaucratie et de divers petits Pouvoirs, qui étouffe trop d’êtres humains partout dans le monde.

Nos ancêtres s’étaient révoltés contre ce genre de contrôlisme absolu, ici même, en 1789. On peut attendre en regardant d’un air complaisant que les Africains, Indiens, Américains du Sud en fassent autant… ou alors on peut les aider en commerçant directement avec les producteurs de ces pays et en exigeant la fin de l’étranglement administratif – voire en ignorant ses règles absurdes et arbitraires. Y a qu’à appeler ça la contrebande équitable 😉

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