“Si t’es pas contente…”

Je crois qu’on vient de me le dire une fois de trop :
« Si t’es pas contente, tu n’as qu’à quitter la France »
J’ai répondu que oui, j’y songe bien. Que je crois bien que je vais même quitter l’Europe…

J’ai toujours pris mes décisions avec les trippes, je n’obéis presque qu’à elles. Et là, depuis quelques mois, mes trippes me disent qu’il faut dégager d’ici au plus vite… Mais ma raison me dit d’attendre les érections pestilentielles… Même si je sais qu’il n’a presque aucune chance, je place cette année tous mes espoirs en la candidature d’E. Fillias… En espérant qu’il fera un meilleur score que mon champion de 2002 (A. Madelin). Si rien ne sort de bon de ces érections… je partirai, très certainement.

Pourquoi ?

Et bien parce que je n’en peux plus des discussions de la pause café, qui me renvoient tous les jours en plein dans la figure qu’on va droit dans le mur et que personne ne s’en rend compte, même pas un petit peu…

La discussion de ce matin, sur les retraites :
Selon une collègue, je n’ai pas à me plaindre de ne pas avoir le choix de ma retraite, de mon assurance maladie, etc, puisque je suis née « du bon côté ». Du bon côté de quoi ? Je n’ai pas demandé, mais je suppose qu’elle faisait allusion au fait que je ne suis pas née au tiers-monde… J’ai toujours trouvé irrecevable cet argument qui veut que, sous prétexte qu’il y a pire ailleurs, on devrait accepter notre sort… C’est un non-moteur redoutable, qui intime l’ordre à qui l’entend de ne pas avancer et trouver mieux…

Et puis, les voilà qui essayent de me convaincre de mes erreurs :

Collègue 1 : Pourquoi tu veux cotiser pour ta retraite à un organisme privé qui risque de faire faillite, alors que si tu cotises à l’Etat, tu es sûre que ça ne fera pas faillite ?

Moi : Mais, l’Etat Français est en faillite !

Collègue 2 : Oui, mais il paye les retraites quand même

Moi : Non, le contribuable paye

Collègue 2 : C’est pareil

Moi : Ah !

Mais quand même, je suis obstinée, je ne lâche pas l’affaire…

Moi : Mais vous comprenez, je veux avoir le choix de comment je cotise, des risques que je veux que l’assurance gère pour moi…

Collègue 1 : Oui, mais si tu prends une assurance privée, elle va faire faillite

Moi : Ah

Mes collègues ont des arguments imparables, hein ? Et pourtant, je travaille dans une entreprise privée… On ne dirait pas, vu leur frilosité…

Quand aux collègues qui ne prennent pas le café avec moi (heureusement, sinon je me suicide !), c’est pire :
L’une est à trois mois de la retraite (son mari : retraité Renault), l’autre a « encore 6 ans à tirer » selon ses propres termes (son mari : jeune retraité EDF)… Le décor est planté ! Et tous les matins, elles bavent bavassent pendant au mois une heure de la quille, pendant que dans ce brouhaha, j’essaye péniblement de me concentrer sur les commandes de mes clients. Pour ne rien arranger à leurs discussions matinales, hier soir elles ont eu une réunion d’information sur la retraite organisée par la boite… Ce matin, c’était le pompon !

La ronchon : Tu sais, Laure, que si tu as fait des longues études, tu peux acheter des trimestres pour ta retraite ? Je pense à ton copain.

Moi (mais de quoi elle se mêle de mon copain ???) : Oh tu sais, ce qu’on cotise maintenant sert à payer la retraite de nos grands parents, et d’ici à ce qu’on arrive à l’âge de la retraite il ne restera plus rien… alors je ne vois vraiment pas l’intérêt…

Là, je suis contente, elle n’a rien trouvé à répondre… Je l’ai mouché ! Même si je sais qu’elle n’en pense pas moins…

Bon, cela dit, ne dramatisons pas : pendant que la France fonce dans le mur, ici au boulot on fait un « pot » avec pain, foie-gras, cake aux olives et vin à volonté… Le vin rouge avait un goût de flotte !

L’Allemagne ruinée à son tour

Après la France et la Belgique, ce serait l’Allemagne qui serait ruinée également. Tout ça faisant bien sûr suite à l’Italie. L’Eurozone serait atomisée d’ici 2032.