D’où viennent les prix ?

Aujourd’hui, dans notre cours d’économie aléatomadaire, nous allons disséquer… les prix !

Comme vu précédemment, le commerce et l’argent font partie des méthodes d’organisation spontanée des activités humaines. Il reste un élément à voir dans tout ça: les prix.

Le prix est une représentation de la valeur d’une chose pour un individu. Cette représentation est toujours relative: « deux euros de fraises Tagada » tous seuls ne correspondent à pas grand chose (1 gramme ? 1 kilogramme ? 1 tonne ?), par contre la comparaison entre les prix de chaque chose (« 200 grammes de fraises Tagada au prix de quinze minutes de travail de coiffeur ») permet d’échanger, puisqu’elle indique à l’acheteur et au vendeur si la valeur qu’ils cèdent est moindre pour chacun d’eux que celle qu’ils obtiennent en échange. Quand cette double condition est remplie, l’échange libre est possible:

valeur pour le vendeur < prix ; prix < valeur pour le vendeur

Comme on voit ici, le gain pour le vendeur c’est « prix – valeur pour le vendeur » et le gain pour l’acheteur (trop souvent oublié dans les calculs àpeuprèconomiques des exploiteurs) c’est « valeur pour l’acheteur – prix ». La position du prix entre les deux bornes de valeur détermine quelle part de la richesse créée par cet échange va à chacun. Cette position est déterminée par la situation concurentielle instantanée perçue par l’un et l’autre, voyons plus précisément comment:

Albert, fabricant de Bidules, estime à 50 Brouzoufs la valeur des Bidules pour lui: s’il obtient une plus grande valeur en échange, il y gagne. Charlie, collectionneur de Bidules, est disposé à dépenser 100 Brouzoufs pour un Bidule: s’il obtient un Bidule pour moins que ça, il y gagne.

Ils font affaire: l’un et l’autre vont, inconsciemment ou pas, ajouter ou retrancher, sur le moment, des modifications à la valeur de ce qu’ils voient, à cause de la situation présente. Charlie va se dire « Est-ce que ce Bidule-là est plus ou moins bien que n’importe quel autre Bidule ? », « Est-ce qu’un Bidule maintenant est plus intéressant qu’un Bidule plus tard ? » et aussi « Est-ce qu’un Bidule coûtera plus ou moins la prochaine fois que j’en trouverai un ? ». Il ira même jusqu’à se dire « Est-ce que je peux trouver le même Bidule moins cher ailleurs ? », et pendant ce temps Albert se dira « Est-ce que ce type est disposé à payer 120 Brouzoufs pour ce Bidule ? », « Est-ce que les Bidules de mon voisin et concurrent sont plus ou moins chers que ça ? » et « Est-ce que le prochain client sera disposé à payer plus que Charlie ou moins que lui, pour ce même Bidule ? ».

Chacune de ces questions peut se ramener à une seule: quelle est la situation concurrentielle ici et maintenant pour ce Bidule ? Les participants vont chercher à maximiser leurs gains de part et d’autre du prix, en se départageant la richesse créée par l’échange. C’est ce qui va leur permettre de déterminer la valeur qui correspond alors au prix. L’essentiel de cette négociation informelle se produit bien avant la décision d’achat dans la société occidentale moderne, car:
– d’une part les méthodes de productions sont très uniformes à force de concurrence, d’espionnage industriel, d’évolution parallèle des méthodes de management, etc., ramenant les questions de différences de prix à de vagues fluctuations et à des considérations purement subjectives sur la qualité comparée;
– et d’autre part les moyens de transport et de communication rendent les comparaisons très faciles, limitant d’autant la possibilité pour le vendeur d’utiliser l’ignorance inévitable de l’acheteur de la totalité des opportunités possibles, réduisant encore les différences entre les offres.

Résultat, en dehors des variations de valeur des monnaies, les prix varient très peu dans le temps et d’un fournisseur à l’autre. Beaucoup de gens croient à tort que les fournisseurs imposent leurs produits et leurs prix, et que les consommateurs suivent bêtement, principalement parce que l’essentiel de cette phase de formation des prix n’a plus lieu pendant l’échange (à quelques rares marchands de tapis près), alors qu’en fait la société toute entière participe à leur élaboration à tout instant, avant et après l’échange.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

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