Qu’est-ce que le capitalisme d’état ?

Aujourd’hui, dans notre cours d’économie politique aléatomadaire, je vais vous expliquer ce qu’est… le capitalisme d’état !

Tout d’abord, un rappel: l’état, c’est un groupe d’individus organisés pour piller et asservir par la force. Ils vivent d’argent volé sous la menace ou même arraché avec violence, et asservissent tous les autres en les forçant à faire ce qu’ils ne veulent pas faire, et en les empêchant de faire tout ce qu’ils veulent faire librement. Le territoire sur lequel sévit un état s’appelle « pays », délimité géographiquement de manière totalement arbitraire. Le peuple asservi porte le nom de « nation », histoire de faire disparaître les individus que le composent. Sur ce territoire, l’état dispose du monopole de la violence légale, fondation absolue de l’ensemble de son Pouvoir. D’ailleurs, le terme de « capitalisme » dans ce cas est maladroit, car la propriété privée des biens de production (entre autres) est constamment bafouée, c’est plutôt de la violence économique.

Le capitalisme d’état, c’est quand l’état s’occupe du business à la place des citoyens libres.

La première conséquence, c’est la concurrence déloyale, voire le monopole « légal ». En créant des niches fiscales et avantages fiscaux bien choisis, les hommes de l’état peuvent favoriser ou tuer les entrepreneurs. Cela leur donne un ascendant sur eux, qu’ils mettent à profit personnellement (corruption, c’est-à-dire transfert volontaire de richesse d’un citoyen vers un homme de l’état pour une raison illégitime). Ils peuvent aussi instaurer des barrières aux entrepreneurs d’autres pays, étendant ainsi jusqu’en dehors des frontières leur pouvoir.

Cette situation appauvrit tous les autres, qui ne peuvent pas bénéficier de meilleurs services et supportent, au final, les surcoûts induits par cette avidité criminelle. Par exemple, Lysander Spooner avait bravé le monopole légal de la Poste américaine, en créant une entreprise de livraison du courrier quatre fois moins cher, et aussi plus rapide et plus fiable, ce qui a grandement bénéficié aux citoyens de son pays. Il n’a pas fallu longtemps aux autorités pour lui tomber dessus et s’approprier de force ses innovations et son fond de commerce, malheureusement.

Cette façon forcenée qu’ont les hommes de l’état à fabriquer artificiellement de très grandes entreprises entraîne aussi beaucoup de dépenses indûes en transports, là où la taille optimale d’entreprises fait qu’on n’a besoin que de distribution: la centralisation malsaine des hommes de l’état leur fait fabriquer des moyens de transport coûteux et massifs dont le marché n’aurait pas besoin si une telle concentration industrielle n’avait pas été encouragée (exemple: les lignes nationales de chemin de fer, dont la part de fret ne cesse de s’effondrer). Cette concentration provoque aussi des gaspillages monstrueux en développant des marchés avant même que l’offre nécessaire pour la rendre rentable n’existe, cela donne une occasion de plus aux hommes de l’état d’arroser leurs créations d’argent volé, se servant au passage.

La seconde conséquence, c’est l’irresponsabilité collective. En effet, dès que les hommes de l’état se lancent dans le business, il leur faut se dégager de toute responsabilité de leurs actes, sans quoi les droits de leurs victimes limiteraient leurs actions. Or un homme de l’état ne s’arrête pas à de si basses considérations, donc l’état crée de toutes pièces des identités fictives destinées à endosser les méfaits des capitalistes étatiques à leur place (sociétés anonymes, dont certaines sont très justement dites « à responsabilité limitée », associations, et autres « personnes morales »: on voit bien qu’il s’agit d’inventer des gens fictifs). Là où un citoyen honnête est responsable de ses actes, eux ne le sont pas du tout, puisque c’est l’identité fictive qui prend tout, et ils peuvent se permettre toutes les bêtises les plus monumentales qui soient.

Exemple de catastrophe monumentale causée par le capitalisme d’état.

Cela va plus loin dans l’agression et le vol: ce système d’identité fictive est imposé à tout le monde par la force, comme ça l’irresponsabilité devient la norme, masquant les méfaits des hommes de l’état derrière ceux des autres. On blâme alors le « marché » au lieu de blâmer l’état. Et même, ce système permet aux hommes de l’état de remplacer les entrepreneurs, tout en s’appropriant au passage les grandes entreprises dont l’identité fictive les dépossède, par simple substitution, comme un costume qu’ils endossent à leur place. Cela se fait généralement par parachutage (exemple connu: un certain grand patron, et ex-ministre, à moins que ce ne soit l’inverse ces jours-ci), et de pouvoir imposer des restrictions de liberté au nom de la défense des pauvres consommateurs qu’ils ont contribué à abuser.

Et enfin, le second effet Kiss-Cool, c’est que les patrons sont mal vus (car irresponsabilisés, il s’en trouvera bien un pour causer des dégâts volontairement, ou même juste accidentellement, si besoin les hommes de l’état l’aideront), ce qui permet de les agiter en guise d’épouvantail pour essayer de s’assurer le soutien du peuple en le divisant. Cela permet aussi aux hommes de l’état de noyauter toute organisation patronale (exemple connu: un certain syndicat anti-libéral de patrons, eeeeeh oui).

La troisième conséquence, c’est l’expropriation violente: là où tout libéral digne de ce nom sait que le champ appartient à celui qui l’a défriché le premier, ou reçu de son propriétaire légitime, et que tout le reste est inapproprié tant que l’homme ne l’a pas transformé pour son usage, les hommes de l’état font de l’appropriation sans travail, c’est-à-dire en gros et pas en détail. Les identités fictives inventées pour l’occasion se voient attribuer, d’autorité et donc sans la moindre légitimité, la propriété de vastes ressources naturelles au nom de la « souveraineté nationale ». En général, quand ces ressources appartiennent déjà à quelqu’un, le quelqu’un en question disparaît mystérieusement. Ce genre d’appropriation est connue dans l’imaginaire collectif sous la forme d’un type débarquant d’un bateau sur une plage déserte et y plantant le drapeau-symbôle de l’état, plus rarement sous la forme de nationalisations ou de l’octroi de concessions d’exploitation.

La quatrième conséquence, c’est la guerre économique entre les états, inévitable dès lors que les intérêts des commerces appropriés par l’état débordent des frontières arbitraires du pays: les états ne respectant pas les droits de leurs propres citoyens, ils ne vont pas non plus respecter ceux des autres. On parle donc de guerre car il s’agit d’effectuer des transferts forcés de richesse, et non uniquement d’en créer.

Pour faire la guerre économique à ses voisins, l’état utilise généralement des fusions-acquisitions qui n’ont aucun sens économique mais ont un intérêt dès qu’on les observe dans le sens de l’étatisme. Ces grandes entreprises multinationales forgées en dépit du bon sens (leurs coût d’administration, les investissements nécessaires à leurs créations, la perte de flexibilité engendrée, tout ça dépasse de loin toute économie d’échelle possible) servent ensuite à racketter un peu plus les citoyens de la Nation au nom du « patriotisme économique » dans les batailles de la guerre économique, et les citoyens des autres pays en imposant par exemple un monopole ou oligopole chez eux, appuyé par des subventions de l’état.

Le plus grand, le plus ignoble et le plus meurtrier exemple de guerre économique faite par les pays d’Union Européenne aux pays du tiers-monde est la PAC, grâce à laquelle les états européens pillent leurs propres citoyens en les obligeant d’une part à subventionner leurs agriculteurs (qui paient plein d’impôts, enrichissant les hommes de l’état), d’autre part en taxant les agriculteurs, y compris ceux des autres pays (histoire de leur faire payer des impôts à eux aussi) pour les empêcher de vendre en Europe et donc de s’enrichir; en plus ça empêche les agriculteurs du Tiers-Monde de se développer pour faire concurrence dans les pays non-européens, comme ça les pays européens gardent leurs marchés pour eux et les font cracher un max.

Voilà, vous trouverez les sacs à vomi sous vos sièges. Pour l’occasion j’ai fait des stocks importants, vous en avez besoin je crois.

Et le plus drôle, c’est qu’ils prétendent que vous avez « consenti » à tout ça par le vote ! Mais je vous accorde qu’ils ont, pour vous convaincre, fait usage d’un lavage de cerveau intensif grâce à leur monopole sur l’instruction des enfants, et leur main-mise sur les médias nationaux.

[Complément]
H16 enfonce le clou au sujet des exactions commises par l’état.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

7 Responses to Qu’est-ce que le capitalisme d’état ?

  1. laurett says:

    Salut !

    Tu expliques bien en quoi la PAC empêche les agriculteurs européens de se développer, mais pas en quoi cela nuit aux pays du tiers-monde.

  2. Namu says:

    Mais non, ce sont les agriculteurs du Tiers-Monde qui ne peuvent pas se développer ! Les européens, eux, ils sont arrosés de subventions et ils peuvent vendre à des prix très au-dessus du marché, ils n’ont aucun problème pour se développer… Je modifie l’article pour que ce soit plus clair.

    D’ailleurs, ça les pousse à surproduire, et les excédents sont ensuite vendus à perte dans le tiers-monde, histoire de tuer un peu plus leurs agriculteurs. Et après on s’étonne que la moitié des humains qui meurent de faim sur la planète soient des fermiers.

  3. Bretzelman says:

    Superbe blog. Je suis un élève attentif de ton cours d’économie et me réjouis déjà des prochains épisodes. Tu pourrais presque enchaîner sur le problème de la démocratie et du sois disant consentement. Je garde toujours comme exemple de cette supercherie l’article de turion à ce propos.

  4. Namu says:

    Merci pour la suggestion et les appréciations ! Le prochain cours est sur « l’argent virtuel », ou les distortions à peine croyables qu’impose l’imaginaire tortueux des exploiteurs à l’économie réelle.

  5. Ce blog est tout simplement exceptionnel !
    Jesrad, qui que tu sois, je t’aime …

  6. richard says:

    Bonjour!
    bravo, tres pertinent cet article, ca me reconcilie un petit peu avec les anarchap .

    continuez comme cela !

  7. Ping: La Chine va rétablir la propriété privée « Ne Cede Malis

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