Qu’est-ce que la valeur ?

Aujourd’hui, dans notre cours d’économie politique aléatomadaire, je vais vous expliquer ce qu’est… la valeur !

Je parle de la valeur économique des biens et des services, œuf corse.

On avait déjà brièvement abordé le sujet du secret de la richesse, mais voyons plus en détail le rapport entre les brouzoufs et la valeur.

=> Qu’est-ce que la valeur, qu’est-ce qui fait la richesse ou la pauvreté, comment la mesurer ou la comparer ?

La valeur d’une chose est l’expression d’une envie d’une chose ou d’un service par quelqu’un. Cette valeur ne dépend pas du prix de cette chose ou de ce service: que la nourriture soit hors de prix ou quasi-gratuite, vous en aurez autant envie. Par contre ce qui va changer avec le prix, c’est la possibilité de subvenir à cette envie et aussi la priorité de cette envie par rapport à d’autres, en particulier d’éventuelles envies de se goinfrer, de manger quelque chose de meilleur, d’essayer quelque chose de nouveau, etc… qui tournent autour de l’envie de manger: quand la nourriture devient abordable, le cochon qui someille en chacun de nous se réveille, et on a bien plus tendance à se faire plaisir quand ça ne coûte pas beaucoup plus que de simplement se nourrir.

La valeur d’une chose varie presque sans arrêt pour chacun de nous. Vous avez envie d’une voiture => vous êtes prêt à payer tant pour l’avoir. Vous avez déjà une voiture ? Votre envie d’en avoir une seconde est moindre (puisque vous ne pourrez pas profiter des deux en même temps), etc… Ce qui compte pour comprendre la valeur, c’est bien l’instant présent, et chaque envie individuellement.

Note en passant: toute envie est l’expression de la nature humaine, celles qui sont conscientes (faire du deltaplane, acheter une bicyclette) sont le fait du libre-arbitre, qui est un élément de la nature humaine, tandis que celles qui sont inconscientes (respirer) sont le fait de la nature humaine elle-même, directement.

Est-ce qu’on ne peut pas les séparer plutôt en besoins d’un côté, et envies de l’autre ?


Ce genre de distinction introduit une barrière hiérarchique étanche entre certaines envies et d’autres, alors qu’il se trouvera toujours quelqu’un pour préferer une « envie » à un « besoin ». Donc ce n’est pas vrai en tout temps et en tout lieu. Dans la suite du cours, vous pouvez remplacer « envie » par « besoin » si ça vous dit.

Bon, mais alors, si le prix ne fait pas la valeur, est-ce que la valeur peut faire le prix ?

On a vu que la valeur d’une chose dépend de la personne à qui cette chose va servir. Par exemple il y a des gens qui paient pour écouter du rap, alors que moi je suis prêt à payer pour ne PAS en entendre. On a vu aussi que l’échange volontaire crée de la valeur, en redistribuant les choses à ceux qui en ont plus envie: le type qui n’a que de la viande à manger est bien content de pouvoir en échanger avec celui qui n’a que des légumes à manger (qui lui aussi, est bien content…) On en revient à la définition de la valeur ci-dessus: la valeur des choses c’est l’expression de l’envie individuelle, et donc la richesse d’une personne est l’agrément de vie atteint par cette personne.

Bien. Mais quel rapport entre tout ça et les brouzoufs ?

Les brouzoufs servent à faire des comparaisons entre les différentes envies de chacun. Rappelez-vous, les brouzoufs n’ont pas de valeur, mais représentent de la valeur et peuvent donc servir à comparer les valeurs de diverses envies. Par exemple ça sert à déterminer si j’ai plus envie d’emporter la bicyclette, que le vendeur de cette bicyclette n’a envie de la garder (pour quelqu’un qui en aura plus envie que moi). Ainsi le prix représente toujours une valeur qui est supérieure à l’envie du vendeur de garder, et dans le cas d’un achat il représente une valeur qui est inférieure à l’envie de l’acheteur de prendre:

valeur de l’envie de garder < prix ; prix < valeur de l’envie de prendre*

La différence entre les deux premiers termes, c’est le profit du vendeur, la différence entre les deux suivants, celui de l’acheteur. La position du prix entre les deux bornes dépend de la situation concurentielle: si il y a beaucoup de gens qui veulent acheter, et presque personne qui vend, alors le prix est très près de la valeur de l’envie de prendre par rapport à la valeur de l’envie de garder: tout le profit ou presque va au vendeur, car il rend un service utile et rare que personne d’autre n’a apparemment envie de fournir alors que presque tout le monde en a envie. Dans la situation inverse, c’est le contraire: quand tout le monde ou presque vend un truc que peu de gens veulent acheter, alors le prix est quasiment égal à la valeur de l’envie de garder: tout le profit ou presque va à l’acheteur, car il est à peu près le seul à voir son agrément de vie amélioré par la possession de la chose vendue. On voit ici que mesurer la croissance en ne comptant que les profits des vendeurs, c’est idiot.

Une implication importante de ce constat, c’est qu’il est possible, à l’envers de ce que beaucoup de gens continuent de croire, de s’enrichir en ne faisant qu’acheter sans jamais vendre. A l’échelle d’un pays tout entier cela veut dire s’enrichir sans jamais exporter.

Quoi ? C’est impossible pour un pays de s’enrichir sans exporter du tout !

Non seulement c’est très possible, mais en plus c’est ce qui se passe quasiment tous les jours, à diverses échelles, depuis très longtemps. Ce sera le sujet de notre prochain cours sur la croissance.


* attention, cet opérateur de comparaison n’est pas transitif !

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

4 Responses to Qu’est-ce que la valeur ?

  1. Ping : Qu’est-ce que l’argent ? « Ne Cede Malis

  2. A.B. says:

    Tst tst tst. Tout ceci n’est pas austrodoxe 🙂

    Nous n’accordons pas de la valeur à un bien, nous accordons de la valeur à un état du monde, vers lequel nous tendons par notre action.

    Ainsi, la « valeur de la nourriture » doit être comprise comme la préférence pour un état du monde ou j’ai la bourse vide et l’estomac rempli, et pas comme une comparaison entre la valeur de l’argent et celle de la nourriture.

  3. jesrad says:

    J’inclus bel et bien « ventre rempli » dans la valeur de la nourriture, mais aussi la force du désir de l’acheteur pour tout autre usage qu’il pourrait trouver à cette nourriture (appât pour gibier, masque cosmétique, peu importe). On a découvert récemment que le cerveau d’un acheteur pesait et contrebalançait le fait d’avoir l’objet de l’achat, contre… la « douleur » de perdre l’argent équivalent au prix.

    Par contre je reconnais que la relation « envie de garder < prix < envie de prendre » est abusive: l’opérateur de comparaison n’est pas forcément transitif, car les humains ne sont pas parfaitement rationnels.

  4. Ping : D’où viennent les prix ? « Ne Cede Malis

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