Qu’est-ce que l’exploitation ?

Aujourd’hui dans notre cours d’économie politique aléatomadaire, je vais vous expliquer ce qu’est … l’exploitation !

L’exploitation est l’usage du Pouvoir. L’un ne va jamais sans l’autre.

Euh, certes, et le pouvoir, c’est quoi ?

Le Pouvoir est la capacité de faire faire à quelqu’un ce qu’il ne veut pas faire, ou de l’empêcher de faire ce qu’il veut et peut faire.

Par exemple, l’exploitation, c’est obliger quelqu’un, par le mensonge, la violence ou la menace de violence (en pointant un flingue sur sa tempe), à vous donner de l’argent ou des biens de valeur. C’est aussi forcer quelqu’un à vous construire une véranda sous la menace de coups de fouets, empêcher deux personnes de s’embrasser en public en leur donnant des coups de matraque, un policier qui arrête votre voiture sur la route, etc…

Par contre, l’exploitation ce n’est PAS être pauvre, ni être employé.

Mais si on perd son emploi on risque de mourir de faim, donc c’est une forme de menace, non ?


Tout le monde est capable de se nourrir soi-même, les hommes préhistoriques y parvenaient très bien. Et quand bien même, ce n’est pas la faute de votre ex-employeur si vous ne parvenez pas à survivre dans cette situation, c’est la faute des circonstances qui font qu’une personne livrée à elle-même n’est pas en mesure de survivre – avoir eu un emploi avant ou pas ne change rien à ce fait. Ce n’est pas comme si il vous enchaînait à un mur et vous abandonnait là (ce qui engagerait sa responsabilité). Considérer qu’il vous « doit » quelque chose en plus des éventuels engagements qu’il avait consenti, serait dans ce cas de l’esclavage pur et simple, et ce serait aussi une forme d’exploitation de lui par vous. Qu’un type ait faim ne justifie pas qu’il se serve de force dans votre assiette.

Et si on dépend de quelqu’un d’autre ?


Encore une fois, à l’état naturel un être humain en plein usage de ses droits n’est dépendant de personne d’autre que lui-même, donc toute dépendance est forcément acquise. Tant que ces dépendances sont le fruit de votre volonté, ce n’est pas de l’exploitation puisque vous vous placez vous-même dans cette situation par choix. Autre chose, il n’y a pas de dépendance qui ne puisse être renversée volontairement: on conserve toujours son libre-arbitre.

L’exploitation est extrêmement répandue dans le monde. Tout le monde dans cette pièce est exploité, d’ailleurs. Nous sommes tous contraints, dans ce pays, sous la menace de la violence policière et juridique d’une arrestation et privation de liberté justifiée par aucun droit naturel, de payer des impôts et donc, indirectement, de travailler pour le compte d’autres gens qui nous exploitent.

Euh, mais les impôts sont consentis par le vote !


Pas plus que les massacres des peuples par divers gouvernements élus démocratiquement n’étaient « consentis par le vote », au siècle dernier. Un crime est un crime, quel que soit le rituel bizarre qui prétend le légitimer.

Mais, et les exploiteurs qui rendent des services utiles ?


Est-ce que les services rendus par un médecin justifient qu’il se serve dans le frigo, pisse contre un mur, encule le chat et vous assomme pendant des heures avec des discours comme quoi vous lui devez tout, sans lui vous seriez un homme des cavernes, etc… chaque fois que l’envie lui prend de passer à la maison, alors qu’en plus vous lui payez déjà ces services ?

Et si on est d’accord quand même ?


Tant mieux pour vous, et ça ne change pas le fait que vous êtes contraint, puisque la coercition est présente: d’accord ou pas, vous êtes forcé d’obéir de toute façon: vous n’avez pas la possibilité de changer d’avis.

Tout ça permet de distinguer deux classes de gens dans le monde:

– Les exploiteurs, qui contraignent les autres par l’usage de la violence, du mensonge et de la menace de violence.
– Les exploités, victimes des exploiteurs.

Certains exploiteurs sont aussi des exploités (dans une moindre mesure tout de même), cela arrive quand ils n’ont pas atteint un niveau suffisamment élevé dans la caste des exploiteurs. C’est une forme de bizutage. Mais on les classe tout de même chez les exploiteurs puisqu’ils exploitent. Une caractéristique inévitable des exploiteurs est qu’ils ont plus de droits, en pratique comme en théorie, que les autres, ou par contraste, que les exploités ont moins de droits qu’eux. « Nous sommes tous égaux en droits, mais certains sont plus égaux que d’autres ». C’est de là que vient leur Pouvoir, qui leur permet d’exploiter chaque fois qu’ils s’en servent.

Exemple: le Maire d’une ville a les Pouvoirs suivants:
– un monopole sur le droit de marier les autres (ou leur refuser le mariage), il a ce droit et pas les autres.
– un monopole sur la défense des droits des habitants de la ville, personne d’autre n’a le droit de proposer ses services pour défendre les gens.
– un monopole sur l’établissement de papiers officiels pour les habitants de la ville, que personne d’autre n’a le droit de proposer.

Avec ces droits qu’il a et dont les autres sont privés par la violence, il dispose d’un Pouvoir considérable sur les autres qui lui permet de les exploiter. Les exploiteurs de niveau supérieur disposent d’encore plus de Pouvoir et donc de capacité à exploiter. Ces Pouvoirs leur permettent même dans bien des cas d’échapper à leurs justes châtiments quand ils volent, empoisonnent, humilient, envoient les citoyens au massacre, complotent contre le reste de l’humanité… Et même dans les rares cas où ils sont punis pour quelques uns de leurs crimes, ils continuent de commettre leurs exactions permanentes comme si de rien n’était par la suite.

Voilà. Sacs à vomi, sièges, vous connaissez le deal.

Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République ! — Pierre-Joseph Proudhon

À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

3 Responses to Qu’est-ce que l’exploitation ?

  1. laurett says:

    Heum, j’imprimerais bien cette dernière citation de Proudhon sur un T-shirt que je porterais fièrement aux 80 ans de ma grand-mère… 😉

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