La France en pleine banqueroute ?


En droit français, une entreprise est mise en cessation de paiements par ses dirigeants lorsqu’elle ne peut plus faire face à ses dettes.

Quand on est ruiné, le premier signe, c’est que l’on demande aux fournisseurs individuels de faire crédit. Dans le cas d’entreprises, on fait traîner le paiement des fournisseurs les plus petits (car moins teigneux). Dans le cas d’individus, on se fait faire une ardoise, on emprunte à un ami. L’état peut-il se trouver en cessation de paiement ? A gauche, on affirme que l’état ne peut pas etre en faillite parce qu’il peut toujours … lever des impôts. Mais si il n’y a plus d’argent à voler percevoir ?

Au début de cette année, la France avait commencé à signaler que les experts, particuliers et microentreprises employés par les administrations n’étaient plus payés depuis Septembre. Résultat: beaucoup d’entre eux ne peuvent plus … payer leurs impôts.

La seconde étape, après avoir cessé de payer les fournisseurs, c’est de vendre les meubles. Pour l’état, c’est la fin des aides financières aux entreprises, la privatisation de ce qui peut encore avoir de la valeur pour les investisseurs étrangers, la suppression des niches fiscales et des rabais spéciaux, la vente des autoroutes et des concessions minières, les économies pathétiques de bouts de chandelle. Cette agitation est inutile, car la dette publique française progresse encore plus vite que les dépenses. Il est donc déjà trop tard pour éviter une crise financière.

La dernière étape, c’est quand on ne peut même plus payer ses salariés. Jusqu’ici tout va bien pour les fonctionnaires, l’état pourra toujours, comme le disent les socialistes dans le lien ci-dessus, lever l’impôt, pour payer les retraites et les indemnités, condamnant ainsi les non-fonctionnaires à l’interdit bancaire, la ruine et la misère. Mais pendant combien de temps ? Quelques années ? Quelques mois ? Quelques semaines ? Quelques jours ? Qui peut encore croire aux mensonges de l’état ?

Voici le déroulement futur probable des évènements:

Le premier cri viendra de l’Internet, car les médias traditionnels (entendez, ceux-qui couchent avec les dirigeants) ont bien trop à perdre à tirer la sonnette d’alarme. C’est bien plus rentable pour eux de passer la serpillière après la bataille, en plus ça permet de caser des jugements moraux.

On apprendra donc que Untel est interdit bancaire parce qu’il n’a jamais reçu son chèque du Trésor Public.

Puis, que telle PME n’a pas touché ses subventions de l’ANVAR.

Puis que telle association non plus, n’a pas reçu de subventions promises.

Ensuite, telle administration locale ou régionale mettra du temps à payer ses fonctionnaires. On inventera au passage un Fonds d’Aide Financière monté de bric et de broc par l’état pour rassurer ses employés. Il ne sera pas provisionné, fonctionnera à découvert ou par la vente d’actifs.

C’est alors au tour d’une municipalité de déposer le bilan. Pendant ce temps les caméras se braquent sur tel pourvoyeur de service qui ferme parce qu’incapable de se faire payer.

Arrivé à ce niveau-là, les cabinets d’évaluation des capacités financières commenceront à douter. Peut-être que le classement de la France, en tant qu’emprunteur, baissera. Les résultats d’une telle baisse de notation sont évoquées ici brillament par hashtable. Mais ce n’est qu’une hypothèse, peut-être que ça n’arrivera pas à temps.

Pendant ce temps le taux de rémunération des livrets A baissera, plusieurs fois. En fait, l’état sera déjà occupé à piller le capital d’épargne populaire, en l’offrant en garantie contre des emprunts, dont les taux seront alors déjà en hausse.

Si le gouvernement est de droite, il annoncera des suppressions de postes, s’il est de gauche, une hausse des impôts. Peut-être que les deux se feront. On accusera les « capitaux » de fuir le pays, et on imposera des mesures semblables à celles de Mauroy il y a 24 ans, en pure perte et contre l’avis de l’Union Européenne. L’euro baissera, les voix de protestation s’élèveront en Europe contre l’inconséquence française. On évoquera l’éviction possible de la France de la zone euro. La PAC sera menacée. La France proposera peut-être des bons du trésor, en infraction avec l’accord de Maastricht ? L’UE prendrait alors des mesures punitives en ne subventionnant plus les régions françaises.

Et puis des retraités de la fonction publique seront « oubliés ». Leur chèque se sera « perdu ». Les caisses d’allocation feront la sourde oreille face aux impayés. Les bourses d’étudiants ne seront plus versées. On brûlera des voitures en banlieue, pour faire savoir qu’on apprécie pas trop les promesses non tenues quand elles font mal au portefeuille.

On commencera à voir se multiplier les témoignages de misère dans les journaux, des familles expulsées par des propriétaires menacés par des banquiers désemparés, des RMIstes « oubliés ». Le nombre de gens faisant appel aux Restos du coeur augmentera sensiblement. Julien Courbet présentera le 20h ? M6 proposera des programmes de « débrouille » ?

Les vols dans les entreprises et les administrations augmenteront. Les policiers commenceront à demander un extra pour prendre les plaintes. Les pompiers demanderont des pots-de-vin. Les assurances refuseront de payer des clients sinistrés. Les prix augmenteront. Un type désespéré s’immolera par le feu en public. Les touristes seront alors un souvenir du passé, le banditisme sur la route réapparaîtra.

L’exode massif des classes moyennes et supérieures s’accélèrera: le marché immobilier se dégonflera, aggravant encore la position des locataires de l’Ile-de-France.

Le marché noir et le travail au noir se développeront. L’alcool de contrebande refera son apparition, les armes se mettront à circuler partout, dont celles officielles de la Police et de l’Armée. L’absentéisme atteindra des sommets. Ici ou là, on posera une bombe ou on jettera des cocktails Molotov contre des bâtiments publics. Une locomotive ou un bus sera volé. On émettra l’idée de « vendre des monuments historiques » en ne plaisantant qu’à moitié.

Et puis, un beau jour, des hauts fonctionnaires fort médiatisés seront surpris à fuir le pays. Les magasins commenceront à fermer après s’être progressivement vidés. Peut-être qu’avant d’en arriver là, on en sera venu à se poser les bonnes questions. Ou peut-être qu’on accélèrera encore plus droit dans le mur, de cette manière si stupéfiante et irrationnelle qui a fait notre réputation à l’étranger: et alors on augmentera la pression fiscale, on accusera les « riches » de planquer leurs sous.

Les politiciens de l’opposition et du gouvernement se balanceront à la gueule leurs accusations de richesse respectives. On évoquera timidement des réformes inspirées par les autres pays européens, sans pouvoir se décider à les voter ou les appliquer. Au 20h, un soir, on verra une descente de la brigade financière sur une banque bien connue pour y saisir les données clients et traquer les mauvais payeurs d’impôts. Le taux de suicide s’envolera.

La France aura alors chuté. Au prochain épisode, l’histoire du possible futur rétablissement de la France après sa catastrophique crise.

À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

3 Responses to La France en pleine banqueroute ?

  1. Bertrand Monvoisin dit :

    Les retraités verront leurs pensions amputées, puis payées un mois sur deux, puis un mois sur trois. Ils descendront par millions dans les rues organisants des sittings monstres. Le gouvernement enverra un emissaire jésuitique et sirupeux pour leur bourrer le mou mais ils tiendront bon. Alors les pouvoirs publics demanderont aux CRS et au Gendarmes Mobiles de les disperser sans violence excessive. Certains policiers et gendarmes refuseront de charger : ils seront immédiatement révoqués. Un retraité recevra une grenade lacrymogène en plein visage et mourrera de ses blessures. Cette information se rependra comme une traînée de poudre grâce au net.

    Le peuple descendra dans la rue pour crier sa haîne du gouvernement d’autres bavures auront lieu. Le peuple excéder d’être pris pour de la chair à canon s’armera avec tous les moyens du bord et la France basculera dans la guerre civile.

  2. Bertrand Monvoisin dit :

    Lorsque la note financière de la France sera révisée à la baisse les prêteurs internationaux se feront tirer l’oreille : ils sont responsables de l’emploi des fonds que leur ont confiés leurs clients et déposants et ont interdiction de prêter à des débiteurs douteux. Faute de liquidité les pouvoirs publics devront faire des choix cornéliens, certaines catégories de fonctionnaires et de retraités verront leur revenus sérieusement écornés, myopes ils attribueront la situation au capitalisme.

    La lumière sur la banqueroute étatique se fera lorsque l’Etat ne pourra plus payer ses fournisseurs, un première entreprise sera victime de non-paiement de ses factures elle coulera et cela ne fera pas grand bruit. Mais lorsque ce sera au tour de grandes entreprises de se faire escroquer par l’Etat spoliateur elle porteront l’affaire sur la place publique. Les Français stupéfaits se rendront enfin compte qu’un Etat peut faire banqueroute (en dépit des déclarations grotesques et cauteleuses du sénateur trotskyste Jean-Luc Mélenchon). L’Etat pour assurer sa survie économique enverra des escadrons de gendarmes assurer la subsistance en procédant à des réquisitions forcées (comme en URSS). Le régime de social-démagogie sera devenu bolchevik.

  3. jesrad dit :

    Il y a de l’écho ?

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