Science et politique: une fable

Texte original d’Eliezer Yudkowski.

A l’époque de l’Empire Romain, la vie civile fut divisée entre les camps des Verts et des Bleus. Les Bleus et les Verts s’entretuaient en duels, dans des embuscades, dans des batailles rangées, dans des émeutes. Procopius disait de ces camps: "Il croît en eux pour leur prochain une hostilité qui n’a pas de cause, et qui ne s’interrompt ni disparaît à aucun moment, car elle ne laisse de place ni aux liens du mariage ni des relations ni de l’amitié, quand bien même ceux qui s’opposent sur ces couleurs seraient frères ou parents." Edward Gibbon écrivait: "Le soutien à une des factions devint un passage obligé pour tout candidat aux honneurs civils ou ecclésiastiques."

Qui donc étaient ces Verts et ces Bleus ?
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La demi-France de mi-Hollande

Monsieur François Hollande, dans sa récente conférence environnementale, a prophétisé une diminution de moitié de la consommation d’énergie en France. Si, pour quiconque est familier des échecs répétés du malthusianisme et des prédictions fatalistes à la Club de Rome des 70s, cette déclaration peut prêter à rire, je la vois au contraire comme une sinistre promesse auto-réalisante.

Car il y a tout lieu de penser que cet objectif, notre gouvernement socialiste est bel et bien capable de l’atteindre, pour notre plus grand malheur.
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Obama prié de donner son Prix Nobel à Poutine

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Suite à l’acceptation par la Syrie de démanteler ses armes chimiques le Comité Nobel a exigé du président des USA Barack Obama qu’il donne son Prix Nobel de la Paix au président russe Vladimir Poutine.

La Fin du Monde !

Les descriptions grandiloquentes de fin du monde et d’anéantissement total ne sont pas l’apanage des seules religions. La Science aussi a sa propre forme d’eschatologie. Tout droit issue de la thermodynamique, la Science annonce une fin du monde inéluctable: la Mort Entropique de l’Univers.

Qu’est-ce donc ?
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Les vandales n’aiment pas qu’on fasse leur boulot à leur place

Après que l’équipe de football américain "Big Red", de Steubenville dans l’Ohio, se soit amusé à violer en réunion et à de multiple reprises une jeune fille de 16 ans qu’ils avaient rendue inconsciente à coup d’alcool, la police a promptement abandonné l’enquête et classé la plainte des parents de la victime "faute de preuve".

Après que le hacker Batcat, membre d’Anonymous, ait aidé deux autres hackers, Lostutter et KYAnonymous, à rassembler les fameuses preuves manquantes (c’est-à-dire des photos dont certaines avaient été brièvement publiées sur Twitter par les violeurs, et une vidéo de 12 minutes dans laquelle l’un d’eux raconte, rigolard, la série de viols) et ait même ensuite poussé jusqu’à craquer (trivialement) l’accès au site de l’équipe Big Red pour y déposer toutes ces preuves au vu et au su de tous, le FBI a cru nécessaire de débarquer au petit matin, en tenue d’assaut, chez Lostutter pour y voler tous les ordinateurs et séquestrer les occupants (Lostutter, son frère KYAnonymous et la petite amie de ce dernier).

Tout cela ayant fait grand bruit dans la presse locale, les policiers ont dû se résoudre a rouvrir la plainte, et deux des violeurs, Trent Mays et Ma’lik Richmond, ont été condamnés à un an de détention en centre pour jeunes.

Lostutter et son frère en revanche risquent dix ans de prison pour avoir fait le travail que la police refusait de faire, et pour l’avoir fait mieux qu’eux, plus rapidement et gratuitement.

Detroit, Michigan – l’impotence de l’état exposée

La ville de Detroit, dans le Michigan aux USA, est peut-être l’exemple le plus visible, actuel et manifeste de l’incapacité de l’état à remplir les missions supposées justifier son existence. La municipalité est en faillite, incapable de financer ne serait-ce que la police ou les tribunaux locaux, sans même parler d’entretien de la voirie, de garnisons de pompiers ou de services sociaux. Mais ce n’est là qu’une façon encore trop complaisante de présenter la situation de la ville.

Face à des rentrées fiscales toujours moindres malgré (ou plutôt à cause de) l’augmentation des taxes, les fonctionnaires municipaux ont sciemment amputé en premier les budgets de services les plus essentiels ou les plus visibles, afin de rallier l’opinion publique à eux : on appelle cette stratégie douteuse le "syndrome du Monument de Washington", un terme qui vient de la détestable habitude qu’a pris le National Park Service de menacer de fermer le Monument de Washington (très populaire et apprécié) au moindre signe d’une possible réduction de budget.

Par exemple, il n’y a plus de ramassage des ordures sinon très partiellement et irrégulièrement, et la police (gérée par la municipalité, comme dans tout le pays) a vu ses effectifs réduits mais surtout priés de se concentrer sur des missions "rentables" comme infliger le maximum de contraventions aux automobilistes, négligeant ainsi la protection des citoyens et le maintien de l’ordre. Ainsi, la ligne d’appel d’urgence du 911 n’est vraiment ouverte qu’aux heures de bureau, les victimes étant priées de "rappeler à 8 heures du matin". Même déconvenue dans les écoles publiques, un autre service bien visible: à présent seul un élève sur quatre atteint le niveau équivalent au baccalauréat. De même avec les lignes de bus, où l’absentéisme des fonctionnaires et le niveau de délabrement des structures atteignent des sommets.


L’usine de Packard, du moins ce qu’il en reste, à l’image des services municipaux de la ville.

Pourquoi un tel laisser-aller ? Il s’agit en fait, pour le maire (démocrate) Dave Bing, de poursuivre son œuvre sans remise en cause aussi longtemps qu’il est techniquement possible. Il a ainsi persisté à augmenter les dépenses publiques envers et contre tout depuis des années, partant du principe que de toute façon il faudrait bien que les contribuables, locaux comme fédéraux, le renflouent une fois mis devant le fait accompli. Quand cette stratégie a échoué et que la municipalité s’est retrouvée de facto en situation de faillite, il a décidé de forcer la main de la population, encore une fois: par exemple, après avoir réduit les services municipaux les plus visibles (voir ci-dessus) il a proposé une vente d’obligations municipales pour un montant visé de 100 millions de dollars, présentée comme seul espoir de rétablir ces services – mais aussi utilisée pour justifier de mendier auprès du Michigan et du congrès fédéral un "bailout"… un de plus.

Au cœur de cette méthode perverse et coercitive, on trouve le concept-clé qui prétend justifier la légitimité de l’état: l’idée selon laquelle seul un monopole public financé de force (par impôts et taxes) peut fournir les services qui ont, à Detroit, été bel et bien pris en otage, et qu’il n’y a pas d’alternative.

Ironiquement et bien malgré lui, le maire Bing pourrait être le fossoyeur de cette croyance.

Comment le marché libre a repris le flambeau d’un état démissionnaire

Demandez à un fonctionnaire, et il vous assurera à peu près toujours que, sans état, la société tournerait inévitablement au chaos, à la lutte de clans et à la désorganisation, que les pauvres seraient laissés pour compte tandis que les rares riches se livreraient une guerre par milices privées interposées pour s’emparer du territoire, etc.

La réalité des faits, à Detroit, ville déjà bien abandonnée par son état, est totalement contraire à cette fiction délirante et complaisante.

Lassé de l’inefficience de la police, les habitants se sont armés, répliquent aux criminels et ont même dores et déjà organisés et financés leurs propres services de maintien de l’ordre. Par exemple Threat Management Center, qui s’avère dans la pratique bien moins violent et intrusif que la "vraie" police et beaucoup plus efficace (baisse de 90% de la criminalité et de la délinquance partout où ils exercent), pour moins cher, et surtout qui protège jusqu’aux plus démunis gratuitement, au contraire des services municipaux. Chaque fois que son fondateur, Dale Brown, a proposé une coopération à la police locale, celle-ci a décliné car peu intéressée par les objectifs de prévention pure poursuivis par TMC.

En matière de bus, il y a bien quelques étudiants qui ont tenté de palier par eux-même à la démission de la municipalité… mais celle-ci les en a fermement empêché. Ce sont donc les entrepreneurs locaux qui ont pris le relai, et fondé la Detroit Bus Company, au mépris du monopole municipal sur les transports publics. Une initiative qui marche: au lieu de suivre des lignes fixes à heures fixes, les bus circulent en continu, vous appelez, envoyez un SMS ou cliquez sur une application pour smartphone dédiée, et les véhicules, décorés au style "urbain" et équipés de bornes Wi-Fi gratuites, passent vous prendre peu après et vous déposent à la destination desservie. Le billet, valable toute la journée et pour tout Detroit et (pour l’instant) une partie de sa banlieue, est à 5 dollars seulement. Et contrairement aux bus municipaux, ils offrent un remboursement intégral en cas d’échec du service.


Crédit photo: Debbie Merlo

Des initiatives privées similaires ont spontanément pris le relai de la municipalité démissionnaire dans bien d’autres domaines: des parkings privés low-cost, des parcs pour enfants, des bars, des places de marché clandestines, etc.

Même les bâtiments et terrains abandonnés, laissés en ruine ou en friche par la municipalité qui se contente généralement de les barricader de fil barbelé, ont commencé à être réappropriés, remis en état et réutilisés par les habitants, créant par exemple une offre agricole bio et locale pour approvisionner les commerces du centre-ville à moindre coût.

Le côté culturel n’est pas en reste: sans licence, autorisation ni permis municipal, les habitants ont lancé une série de fêtes de la bière à la sauce locale, des Biergartens sur le modèle de l’Oktoberfest allemande, ou encore des "pique-nique en blanc" populaires, participant à recréer une identité à la ville.

En quelques mots comme en mille: Detroit n’a pu commencer à véritablement revivre et progresser qu’une fois débarrassée de son gouvernement. La disparition définitive de l’état pourrait bien être la meilleure chose qui puisse y arriver, et peut-être – qui sait ? – transformer toute la zone en charter city, une ville libre et de droit privé. Vidée de la bureaucratie, la coercition et l’attitude condescendante des services municipaux qui tuaient l’esprit de communauté, la place a enfin été laissée libre pour l’expression de véritable solidarité, intégrité et pragmatisme des habitants, mûe par les besoins, envies et passions d’individus libres d’agir, plutôt que par la volonté dominatrice de maintenir l’autorité de certains sur tous, coûte que coûte.

Plus d’informations, de photos et de témoignages sont disponibles sur le blog de Karen de Coster.

Look Alikes… Suite.

Vrooooom

Look Alikes

polna

Margaret Thatcher est morte, les gauchistes du monde entier sont inconsolables

Margaret Thatcher, ancienne premier ministre britannique et seule femme mondialement connue pour avoir plus de couilles que toute la classe politique française réunie, est décédée hier 8 avril 2013. Les réactions des socialistes, communistes et autres crapules du monde entier ne se sont pas faites attendre, ceux-ci ne pouvant contenir leur ulcération, leur haine et leur frustration. Ils sont inconsolables.

En effet, ne pouvant reprocher à la Dame de Fer ni son bilan politique (avoir redressé un pays qui était aussi foutu en 1979 que la France l’est aujourd’hui et inversé la tendance du chômage), ni son bilan militaire (avoir uniquement défendu les citoyens de son pays en défaisant la marine menaçante de la dictature militaire argentine), ni la cohérence sans faille de ses actions et déclarations, ni le moindre désaveu démocratique (elle a gagné chaque élection où elle s’est présentée), ni le moindre scandale criminel, d’hypocrisie, sexuel, de racisme ou quelque autre méchanceté ordinaire dont ils se consternent ordinairement quand c’est une "personnalité de gauche" qui la commet, ils se rabattent comme ils peuvent sur les attaques personnelles et les hommes de paille, sans jamais pouvoir se soulager une bonne fois d’être, encore et toujours, du côté des dictatures qui tuent, oppriment, paupérisent (rayer l’éventuelle mention inutile) ; alors que leurs adversaires politiques les plus honnis – à savoir les libéraux – jamais. Mme Thatcher a même poussé jusqu’à refuser préemptivement toute funéraille nationale (coûteuse d’argent des contribuables britanniques), ce qui les prive de l’ultime reproche qu’ils n’auraient sinon pas manqué de lui adresser.

Du coup, ils se sentent encore une fois de plus très morveux, et se mouchent comme ils peuvent.

Pendant ce temps en Suisse

Pendant ce temps dans un autre monde

Citations du jour

“Time and time again does the pride of man influence his very own fall. While denying it, one gradually starts to believe that he is the authority, or that he possesses great moral dominion over others, yet it is spiritually unwarranted. By that point he loses steam; in result, he falsely begins trying to prove that unwarranted dominion by seizing the role of a condemner.”

“Encore et encore, l’orgueil de l’homme entraîne sa propre chute. Tout en le niant, il commence graduellement à se croire l’autorité, ou qu’il possède une grande supériorité morale sur les autres, pourtant spirituellement injustifiée. De là il perd ses moyens ; et pour résultat, il entreprend à tort de prouver cette supériorité en s’arrogeant un rôle de procureur.”

― Criss Jami, Salomé: In Every Inch In Every Mile

“No one is an unjust villain in his own mind. Even – perhaps even especially – those who are the worst of us. Some of the cruelest tyrants in history were motivated by noble ideals, or made choices that they would call ‘hard but necessary steps’ for the good of their nation. We’re all the hero of our own story.”

“Personne ne se voit comme le méchant inique, en esprit. Même – peut-être d’ailleurs tout particulièrement – les pires d’entre nous. Certains des plus cruels tyrans de l’histoire étaient motivés par de nobles idéaux, ou ont fait des choix qu’ils qualifiaient "d’étapes dures mais nécessaires" au bien de leur nation. Nous sommes tous le héros de notre propre conte.”

― Jim Butcher, Turn Coat

“Une cité qui n’appartient qu’à un seul, n’est pas une cité.”
― Sophocle, Antigone

Chaque fois qu’un tyran meurt, c’est un beau jour. Et cerise sur le gâteau, les fachos du monde entier sont inconsolables.

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