Réforme: un discret revirement d’opinion dans la fonction publique

Pour un grand nombre de libéraux, il est entendu que la fonction publique française est imposible à réformer en pratique, que seul un gouvernement d’une grande fermeté et ouvertement hostile au statut de fonctionnaire (ainsi qu’à tous les avantages catégoriels qui lui sont associés) serait éventuellement à même d’imposer, sans pouvoir éviter une confrontation directe, des réformes comparables à celles qui eurent lieu en Nouvelle-Zélande au siècle dernier. Heureusement, cette vision caricaturale des choses est de plus en plus éloignée de la réalité.

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Obama prié de donner son Prix Nobel à Poutine

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Suite à l’acceptation par la Syrie de démanteler ses armes chimiques le Comité Nobel a exigé du président des USA Barack Obama qu’il donne son Prix Nobel de la Paix au président russe Vladimir Poutine.

Detroit, Michigan – l’impotence de l’état exposée

La ville de Detroit, dans le Michigan aux USA, est peut-être l’exemple le plus visible, actuel et manifeste de l’incapacité de l’état à remplir les missions supposées justifier son existence. La municipalité est en faillite, incapable de financer ne serait-ce que la police ou les tribunaux locaux, sans même parler d’entretien de la voirie, de garnisons de pompiers ou de services sociaux. Mais ce n’est là qu’une façon encore trop complaisante de présenter la situation de la ville.

Face à des rentrées fiscales toujours moindres malgré (ou plutôt à cause de) l’augmentation des taxes, les fonctionnaires municipaux ont sciemment amputé en premier les budgets de services les plus essentiels ou les plus visibles, afin de rallier l’opinion publique à eux : on appelle cette stratégie douteuse le "syndrome du Monument de Washington", un terme qui vient de la détestable habitude qu’a pris le National Park Service de menacer de fermer le Monument de Washington (très populaire et apprécié) au moindre signe d’une possible réduction de budget.

Par exemple, il n’y a plus de ramassage des ordures sinon très partiellement et irrégulièrement, et la police (gérée par la municipalité, comme dans tout le pays) a vu ses effectifs réduits mais surtout priés de se concentrer sur des missions "rentables" comme infliger le maximum de contraventions aux automobilistes, négligeant ainsi la protection des citoyens et le maintien de l’ordre. Ainsi, la ligne d’appel d’urgence du 911 n’est vraiment ouverte qu’aux heures de bureau, les victimes étant priées de "rappeler à 8 heures du matin". Même déconvenue dans les écoles publiques, un autre service bien visible: à présent seul un élève sur quatre atteint le niveau équivalent au baccalauréat. De même avec les lignes de bus, où l’absentéisme des fonctionnaires et le niveau de délabrement des structures atteignent des sommets.


L’usine de Packard, du moins ce qu’il en reste, à l’image des services municipaux de la ville.

Pourquoi un tel laisser-aller ? Il s’agit en fait, pour le maire (démocrate) Dave Bing, de poursuivre son œuvre sans remise en cause aussi longtemps qu’il est techniquement possible. Il a ainsi persisté à augmenter les dépenses publiques envers et contre tout depuis des années, partant du principe que de toute façon il faudrait bien que les contribuables, locaux comme fédéraux, le renflouent une fois mis devant le fait accompli. Quand cette stratégie a échoué et que la municipalité s’est retrouvée de facto en situation de faillite, il a décidé de forcer la main de la population, encore une fois: par exemple, après avoir réduit les services municipaux les plus visibles (voir ci-dessus) il a proposé une vente d’obligations municipales pour un montant visé de 100 millions de dollars, présentée comme seul espoir de rétablir ces services – mais aussi utilisée pour justifier de mendier auprès du Michigan et du congrès fédéral un "bailout"… un de plus.

Au cœur de cette méthode perverse et coercitive, on trouve le concept-clé qui prétend justifier la légitimité de l’état: l’idée selon laquelle seul un monopole public financé de force (par impôts et taxes) peut fournir les services qui ont, à Detroit, été bel et bien pris en otage, et qu’il n’y a pas d’alternative.

Ironiquement et bien malgré lui, le maire Bing pourrait être le fossoyeur de cette croyance.

Comment le marché libre a repris le flambeau d’un état démissionnaire

Demandez à un fonctionnaire, et il vous assurera à peu près toujours que, sans état, la société tournerait inévitablement au chaos, à la lutte de clans et à la désorganisation, que les pauvres seraient laissés pour compte tandis que les rares riches se livreraient une guerre par milices privées interposées pour s’emparer du territoire, etc.

La réalité des faits, à Detroit, ville déjà bien abandonnée par son état, est totalement contraire à cette fiction délirante et complaisante.

Lassé de l’inefficience de la police, les habitants se sont armés, répliquent aux criminels et ont même dores et déjà organisés et financés leurs propres services de maintien de l’ordre. Par exemple Threat Management Center, qui s’avère dans la pratique bien moins violent et intrusif que la "vraie" police et beaucoup plus efficace (baisse de 90% de la criminalité et de la délinquance partout où ils exercent), pour moins cher, et surtout qui protège jusqu’aux plus démunis gratuitement, au contraire des services municipaux. Chaque fois que son fondateur, Dale Brown, a proposé une coopération à la police locale, celle-ci a décliné car peu intéressée par les objectifs de prévention pure poursuivis par TMC.

En matière de bus, il y a bien quelques étudiants qui ont tenté de palier par eux-même à la démission de la municipalité… mais celle-ci les en a fermement empêché. Ce sont donc les entrepreneurs locaux qui ont pris le relai, et fondé la Detroit Bus Company, au mépris du monopole municipal sur les transports publics. Une initiative qui marche: au lieu de suivre des lignes fixes à heures fixes, les bus circulent en continu, vous appelez, envoyez un SMS ou cliquez sur une application pour smartphone dédiée, et les véhicules, décorés au style "urbain" et équipés de bornes Wi-Fi gratuites, passent vous prendre peu après et vous déposent à la destination desservie. Le billet, valable toute la journée et pour tout Detroit et (pour l’instant) une partie de sa banlieue, est à 5 dollars seulement. Et contrairement aux bus municipaux, ils offrent un remboursement intégral en cas d’échec du service.


Crédit photo: Debbie Merlo

Des initiatives privées similaires ont spontanément pris le relai de la municipalité démissionnaire dans bien d’autres domaines: des parkings privés low-cost, des parcs pour enfants, des bars, des places de marché clandestines, etc.

Même les bâtiments et terrains abandonnés, laissés en ruine ou en friche par la municipalité qui se contente généralement de les barricader de fil barbelé, ont commencé à être réappropriés, remis en état et réutilisés par les habitants, créant par exemple une offre agricole bio et locale pour approvisionner les commerces du centre-ville à moindre coût.

Le côté culturel n’est pas en reste: sans licence, autorisation ni permis municipal, les habitants ont lancé une série de fêtes de la bière à la sauce locale, des Biergartens sur le modèle de l’Oktoberfest allemande, ou encore des "pique-nique en blanc" populaires, participant à recréer une identité à la ville.

En quelques mots comme en mille: Detroit n’a pu commencer à véritablement revivre et progresser qu’une fois débarrassée de son gouvernement. La disparition définitive de l’état pourrait bien être la meilleure chose qui puisse y arriver, et peut-être – qui sait ? – transformer toute la zone en charter city, une ville libre et de droit privé. Vidée de la bureaucratie, la coercition et l’attitude condescendante des services municipaux qui tuaient l’esprit de communauté, la place a enfin été laissée libre pour l’expression de véritable solidarité, intégrité et pragmatisme des habitants, mûe par les besoins, envies et passions d’individus libres d’agir, plutôt que par la volonté dominatrice de maintenir l’autorité de certains sur tous, coûte que coûte.

Plus d’informations, de photos et de témoignages sont disponibles sur le blog de Karen de Coster.

Il s’appelait Abdulrahman al-Awlaki

Né à Denver, cet ado américain de 16 ans avait déménagé au Yemen avec sa famille. Son père Anwar, également américain et né aux USA, avait dû partir de la maison et se cacher depuis deux ans car il figurait sur la liste des gens suspectés de terroristes que le président Obama a décidé de faire abattre à vue sans procès. Le 4 septembre 2011, Abdulrahman a décidé de partir à la recherche de son père, accompagné de son cousin de 17 ans et quelques amis… jusqu’au 30 septembre, où, alors que ces jeunes s’étaient arrêtés sur le bord de la route pour dîner d’un barbecue improvisé, un drone Predator les a bombardés de deux missiles Hellfire. Ils n’ont jamais eu l’occasion de retrouver Anwar – le père avait en fait été exécuté de la même façon deux semaines plus tôt.

Comme quoi, on peut être à la fois prix Nobel de la paix et coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Manger-Bouger: 12 ans d’échec constant des politiques publiques de prévention

« Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas »

– Manger-Bouger, saison 2

Depuis une grosse trentaine d’années, le surpoids et l’obésité sont en progression nette dans les populations des pays industrialisés, y compris en France. Sur cette période, le diabète de type 2 a pris des proportions épidémiques: sa fréquence a été multipliée par près de 4 et aujourd’hui en France cette seule maladie représente 10% des dépenses de la sécurité sociale – elle est aussi la première cause d’amputation, de cécité, de mise sous dialyse et d’invalidité complète. Au niveau mondial, cette maladie tue désormais plus que le SIDA. De la même manière, les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de mortalité en France, comme dans de nombreux pays développés. L’hypertension artérielle est considérée comme une de leurs causes principales.

Ces trois affections: obésité, diabète et hypertension, sont regroupées sous l’appellation "troubles du métabolisme", car en fait de maladies, ce sont des ensembles de symptômes qui trouvent leur source dans un dérèglement plus ou moins généralisé du métabolisme humain – nos biomécanismes de régulation de l’énergie.

De 1990 à 2000, en France, l’obésité a augmenté en passant de 2 à 9% de prévalence, le diabète de 2 à 3%, l’hypertension de 9 à 13%. Les projections d’évolution pour l’avenir n’étaient pas bonnes du tout. Les Français étaient malades.

Fort heureusement, les autorités publiques veillaient, et une mission parlementaire a été créée fin 2000 pour étudier ces phénomènes et prendre les mesures de prévention nécessaires pour enrayer cette progression. Ces actions furent organisées lors des Etats-Généraux de l’Alimentation, le 13 décembre 2000, et commencèrent en 2001 avec un ambitieux programme lancé en grande pompe par Lionel Jospin, Premier Ministre d’alors.

Ce Programme National Nutrition et Santé (PNNS) est dès le départ soumis à une évaluation régulière et conditionné à des objectifs précis, avec en particulier celui de stopper l’augmentation de la prévalence de l’obésité adulte, du surpoids infantile, du diabète et de l’hypertension. Il inspire des plans similaires dans plusieurs autres pays, par exemple la Belgique, et fait référence au niveau de l’Europe. Mais 12 ans après, quel bilan peut-on concrètement faire de ces actions de prévention engagées par l’état au nom de la santé publique du public ?
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Soldes sur les prédictions

En début d’année il est d’usage de faire des prédictions. Je laisse ça à ceux qui ont plus de talent que moi. Non, je vais plutôt faire une revue de mes propres prédictions passées.
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Trierweiler promeut à son tour le made in France

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Après Arnaud Montebourg, ce serait bientôt au tour de Valérie Trierweiler, première dame de de France et seconde dame de Hollande, de promouvoir le "Made in France" en Une d’un magazine national, en posant avec des prothèses mammaires PIP.

La France gagne ses premiers vrais galons de dictature

Dans une dictature, le président/guide suprême peut faire virer voire emprisonner les journalistes qui le gênent, selon son bon plaisir. Nous y sommes, à présent, en fRance.

Poudre aux yeux et petites satisfactions vaines

Rideau ! Sarkozy tire sa révérence, la fête à la Place de la Concorde est annulée (pleut-il déjà trop ?) pour l’UMP. Bon débarras, dirais-je. En 5 ans personne n’aura su faire paraître si grand, classe et intelligent le moindre chef d’état étranger, par contraste, que Nicolas Sarkozy. Le Président qui a prétendu baisser les impôts et a inventé 52 taxes, qui a prétendu favoriser l’emploi et a simplement augmenté le coût réglementaire d’être entrepreneur, qui a prétendu mener une politique de droite et réellement pratiqué du socialisme honteux, celui qui a donné tant d’angles d’attaque faciles à la Gauche, pour démoniser un peu plus l’argent et faire passer ses lubies corporatistes pour du capitalisme décomplexé, fait ses valises et libère l’Elysée.

Je ne me réjouis pas de l’élection de François Hollande. En fait, je regrette même qu’il ait fait autant, j’aurais adoré un scénario "à la Belge" avec prolongations du suspense jusque tard dans la soirée, avec des mines crispées et anxieuses de socialistes de gauche et de droite. Mais j’apprécie qu’au moins, on arrêtera de faire porter au libéralisme tant de chapeaux qui ne sont pas à sa taille du tout. Que Sarkozy eût repris pour 5 ans, on aurait de toute façon été tout aussi grecs d’ici la fin du mois. Au moins maintenant, il est clair que ce pays foutu assume son socialisme national. La transparence est bienvenue.

S’il faut vraiment tirer un bilan, le voici: je m’étonne chaque fois un peu plus que les Français s’intéressent tant à la présidentielle, la plus monarchiste de toutes les élections. Il faut croire qu’ils aiment toujours beaucoup leur monarque, peut-être plus encore d’avoir eu l’illusion de l’avoir choisi. Ils semblent compter bien plus que de raison sur lui pour gouverner l’ensemble de la politique française ordinaire, celle qui les touche au quotidien avec ses pattes velues et ses gros sabots. Alors que ça, c’est la bureaucratie administrative qui s’en charge. C’est elle le vrai maître du pays, qui consomme la totalité des richesses créées dans le pays (et plus), maltraite les citoyens de mille et une façons, et adoube avec des pincettes ministres et candidats. C’est elle qui possède vraiment le pouvoir. Et c’est elle qui se rebellera violemment à la cessation de paiement finale, d’ici 2015.

Pourquoi Laurett ne votera pas:

C’est mon tour (1500 caractères, c’est court, je vais donc aller à l’essentiel) :
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Pourquoi Martini n’ira pas voter, non plus:

A mon tour de proposer de bonnes raisons de ne pas s’emmerder à voter:
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Pourquoi je n’irai pas voter:

Le journal "Le Monde" demande l’avis des abstentionnistes, pour donner une voix à ceux qui ne l’exprimeront pas par un bulletin ce 22 avril prochain, ce qui est tout à leur honneur. Voici ma contribution:

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