Piketty découvre la vie

Saviez-vous que les condensateurs chimiques, courants depuis quelques décennies dans la plupart des appareils électroniques, ont besoin de fonctionner de temps en temps sous peine de s’user prématurément ? C’est cette raison, doublée d’une curiosité morbide quant aux résultats de la grande séance de masturbation sociale (aussi dénommée érection élection) qui a eu lieu le week-end dernier dans presque toute l’Europe, qui m’ont poussé à allumer la télé.

D’ordinaire quand la télé fonctionne je regarde ailleurs et mon attention est accaparée par tout autre chose que les consternantes balivernes, les faits-divers suitants de biais de sélection et de confirmation, et autres réclames pornographiques qui y sont diffusés. J’ai pourtant appris au vol que nous aurions depuis peu, ici même en France, un prochain Prix Nobel d’Economie en la personne de Thomas Piketty. Potentiellement.

Car il paraîtrait que son dernier opus, "Le capital au XXIème siècle" se vend presque aussi bien qu’un roman de Dan Brown, y compris à l’étranger. Voilà qui promet d’être excitant, car si vous vous intéressez un peu au sujet vous avez du remarquer que les économistes français, d’ordinaire, comptent à peu près autant dans l’avancement de la science économique qu’Indila dans celui de la technique vocale – et encore, c’est méchant pour les chèvres.

Du coup, je m’enthousiasme. Thomas Piketty aurait mis au jour quelque chose de phénoménal, qui bouleverse les convictions des économistes du monde ent…

Ah non, pardon. Fausse alerte. Renseignement pris, voici précisément ce que Thomas Piketty a à nous apprendre dans son livre:

Le rendement moyen du capital est supérieur à la croissance moyenne du PIB, à peu près à proportion de la part de l’épargne dans l’économie.

Voilà. Cette phrase résume à elle seule la totalité des pages (environ 500 sur les 700) du livre de Piketty consacrées à détailler une foule de faits et de chiffres qui ont du prendre un temps fou à rassembler. Enfin il faut bien que les étudiants de l’EHESS servent à quelque chose.

Pour clarifier le sens de cette grande loi du capital exposée par Piketty à coup de faits, nous ne vivons pas dans un monde théorique et idéalisé dans lequel tout le monde épargne et réinvestit 100% de ses revenus – le seul monde où le rendement du capital serait exactement égal à la croissance du PIB, donc. Au lieu de ça, bênets que nous sommes, nous consommons une partie de ce que nous produisons – une fraction du total qui serait, toujours d’après la demi-tonne de faits rassemblés par Piketty, légèrement en hausse depuis un siècle ou deux. En bref, nous réinvestissons un peu moins et consommons un peu plus de ce que nous produisons depuis les dernières décennies. Je pourrais suggérer qu’il s’agit d’un effet du vieillissement de la population: arrive un moment où on a moins besoin de réinvestir et plus envie de profiter de ce qu’on a mis de côté. Voilà pour la Révélation Fracassante de Piketty.

Diantre. Heureusement qu’il était là pour nous le dire, et surtout pour l’étayer d’un kilo ou deux de papier noirci. Notez qu’il en a profité pour ajouter à son bouquin quelques dizaines de pages fumeuses dans lesquelles il s’offusque du fait que plus on a des revenus élevés, plus on peut en épargner beaucoup et donc, à terme, avoir encore plus de revenus. Potentiellement.

Ce qui est amusant, par contraste, dans le succès populaire de cette oeuvre et particulièrement auprès des plus gauchistes des lecteurs de Thomas, c’est que le corollaire le plus évident de la Grrrrande loi du capital mise en évidence ne soit nulle part évoqué. Je vais donc l’énoncer clairement ici: le capitalisme, ça fonctionne.

Addendum:
On m’a fait la remarque donc je précise ici: la tendance à la baisse de la part de revenu du capital dont je parle est une tendance légère et récente que j’ai vu sur les courbes établies à l’occasion de la revue généralisée, un peu partout, du livre de Piketty.

La "hausse massive" qui est pésentée dans le livre pour parler de la période 1940-90 n’en est pas une:

C’est simplement un retour à sa tendance naturelle, après la période de destruction massive de capital que constituent ces deux petits évènements anodins passés apparemment inaperçus dans l’interprétation théorique de cette courbe, mais si vous savez, allez: la Première et la Seconde Putain de Guerres Mondiales.

Les vandales aiment être en bonne compagnie

… c’est pour ça qu’ils n’ont aucun problème pour embaucher des pédophiles, des violents, des racistes, des maniaques sexuels et des menteurs.

Il y a 50 ans…

… une immonde raclure prenait une balle bien méritée dans la tête. Beaucoup se serviront aujourd’hui de cet évènement pour dénoncer toutes sortes "d’attaques contre la démocratie", la plupart fictives, sans réaliser – ironie mordante – que le mort en question n’était pas le dernier à pisser dessus. La soumission généralisée a besoin de héros et de "grands" hommes: au besoin elle en fabrique de toutes pièces.

La liberté et l’émancipation ont besoin qu’on abatte les idoles.

Obama prié de donner son Prix Nobel à Poutine

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Suite à l’acceptation par la Syrie de démanteler ses armes chimiques le Comité Nobel a exigé du président des USA Barack Obama qu’il donne son Prix Nobel de la Paix au président russe Vladimir Poutine.

Margaret Thatcher est morte, les gauchistes du monde entier sont inconsolables

Margaret Thatcher, ancienne premier ministre britannique et seule femme mondialement connue pour avoir plus de couilles que toute la classe politique française réunie, est décédée hier 8 avril 2013. Les réactions des socialistes, communistes et autres crapules du monde entier ne se sont pas faites attendre, ceux-ci ne pouvant contenir leur ulcération, leur haine et leur frustration. Ils sont inconsolables.

En effet, ne pouvant reprocher à la Dame de Fer ni son bilan politique (avoir redressé un pays qui était aussi foutu en 1979 que la France l’est aujourd’hui et inversé la tendance du chômage), ni son bilan militaire (avoir uniquement défendu les citoyens de son pays en défaisant la marine menaçante de la dictature militaire argentine), ni la cohérence sans faille de ses actions et déclarations, ni le moindre désaveu démocratique (elle a gagné chaque élection où elle s’est présentée), ni le moindre scandale criminel, d’hypocrisie, sexuel, de racisme ou quelque autre méchanceté ordinaire dont ils se consternent ordinairement quand c’est une "personnalité de gauche" qui la commet, ils se rabattent comme ils peuvent sur les attaques personnelles et les hommes de paille, sans jamais pouvoir se soulager une bonne fois d’être, encore et toujours, du côté des dictatures qui tuent, oppriment, paupérisent (rayer l’éventuelle mention inutile) ; alors que leurs adversaires politiques les plus honnis – à savoir les libéraux – jamais. Mme Thatcher a même poussé jusqu’à refuser préemptivement toute funéraille nationale (coûteuse d’argent des contribuables britanniques), ce qui les prive de l’ultime reproche qu’ils n’auraient sinon pas manqué de lui adresser.

Du coup, ils se sentent encore une fois de plus très morveux, et se mouchent comme ils peuvent.

Citations du jour

“Time and time again does the pride of man influence his very own fall. While denying it, one gradually starts to believe that he is the authority, or that he possesses great moral dominion over others, yet it is spiritually unwarranted. By that point he loses steam; in result, he falsely begins trying to prove that unwarranted dominion by seizing the role of a condemner.”

“Encore et encore, l’orgueil de l’homme entraîne sa propre chute. Tout en le niant, il commence graduellement à se croire l’autorité, ou qu’il possède une grande supériorité morale sur les autres, pourtant spirituellement injustifiée. De là il perd ses moyens ; et pour résultat, il entreprend à tort de prouver cette supériorité en s’arrogeant un rôle de procureur.”

― Criss Jami, Salomé: In Every Inch In Every Mile

“No one is an unjust villain in his own mind. Even – perhaps even especially – those who are the worst of us. Some of the cruelest tyrants in history were motivated by noble ideals, or made choices that they would call ‘hard but necessary steps’ for the good of their nation. We’re all the hero of our own story.”

“Personne ne se voit comme le méchant inique, en esprit. Même – peut-être d’ailleurs tout particulièrement – les pires d’entre nous. Certains des plus cruels tyrans de l’histoire étaient motivés par de nobles idéaux, ou ont fait des choix qu’ils qualifiaient "d’étapes dures mais nécessaires" au bien de leur nation. Nous sommes tous le héros de notre propre conte.”

― Jim Butcher, Turn Coat

“Une cité qui n’appartient qu’à un seul, n’est pas une cité.”
― Sophocle, Antigone

Chaque fois qu’un tyran meurt, c’est un beau jour. Et cerise sur le gâteau, les fachos du monde entier sont inconsolables.

Les communistes n’aiment pas partager

Le Parti Communiste français a fait expulser une grosse dizaine de squatteurs d’une de ses propriétés par la Police ce mercredi soir. Apparemment la maison en question, au 149 rue du château dans le XIVème doit être bientôt vendue pour faire une plus-value immobilière.

Trierweiler promeut à son tour le made in France

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Après Arnaud Montebourg, ce serait bientôt au tour de Valérie Trierweiler, première dame de de France et seconde dame de Hollande, de promouvoir le "Made in France" en Une d’un magazine national, en posant avec des prothèses mammaires PIP.

Montebourg nommé ministre du travail de l’Allemagne

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Arnaud Montebourg délaisse son poste de ministre français de la reproduction dressée du redressement productif, et passe au poste de ministre du travail allemand. Ses premières mesures seraient d’obliger les employeurs allemands à augmenter les salaires.

Hollande décoré Président le plus niais

Communiqué de l’Agence Fausse Presse:
L’équipe de la rédaction du magazine ‘Psychologies’ a décerné à François Hollande, par une majorité qualifiée de 19 voix, le titre de "Président de la République le plus niais".

Les matons de Panurge fondent sur le bagnard fiscal Arnault

Le bagnard Bernard Arnault, pourtant condamné à la servitude fiscale à perpétuité-et-toute-sa-descendance-sur-dix-générations pour l’infame crime d’oser être un homme d’affaires avisé, s’est vu mis en pièces à l’unanimité par les matons de l’enfer fiscal France pour avoir exprimé ne plus être totalement, absolument et irrévocablement fier et convaincu d’être français que ça. En effet, et conformément aux lois particulières et non-écrites de notre république sociale, démocrate et de plus en plus populisteaire de Fraôance, il va de soi que les serfs qui y tiennent lieu de citoyens ne sauraient partir des terres auxquelles ils sont moralement attachés sans y laisser ce que l’état avait eu la magnanimité de condescendre à leur laisser après taxes, redevances, patentes, contributions, pots-de-vin et autres ponctions.

L’ensemble du paysage politique français, des ultrasocialistes du FdG jusqu’aux national-socialistes du FN en passant par les socio-démocrates normaux du PS et les socialistes honteux de l’UMP, se sont accordés à dire que laisser s’échapper la quatrième fortune du monde du bagne fiscal France serait une maladresse impardonnable, et qu’il faudrait certainement faire un exemple pour dissuader tout autre candidat à l’émancipation. Il faut donc s’attendre à la levée de nouveaux barbelés fiscaux et autres miradors bancaires à nos frontières d’ici peu, ainsi que, pour l’impétrant, à une média-flagellation publique de principe.

L’AFP préfère mourir qu’être rachetée

Ultime communiqué de l’Agence Fausse Presse:
Triste nouvelle aujourd’hui: l’Agence Fausse Presse est en crise depuis trop longtemps. En bref, l’espoir porté par les dernières élections présidentielles de voir se tarir ou du moins ralentir le flot de conneries cosmiques débitées par le gouvernement français a été plus que déçu. Les élections législatives qui ont suivi, avec sa majorité socialiste, ont été en fin de compte le clou final au cercueil de la sympathique agence. Car, dans le domaine de l’actualité délirante sous acide, du n’importe quoi d’assaut en béton armé avec des guirlandes de clochettes autour, des conférences de presse facepalmesques, des compromissions navrantes, et des déclarations d’incompétence décontractées, il est impossible de faire concurrence à l’état français, qui nous vole chaque jour un peu plus autant nos opportunités de détournements capillotractés de l’actualité, que nos fournisseurs de sottises.

L’AFP ne peut tout simplement pas faire face.

Ce phénomène bien connu des économistes un minimum compétents s’appelle le crowding out, ou "phénomène d’éviction", et consiste à voler les fonds qui auraient dû s’investir et/ou se dépenser de manière privée dans un marché, pour les investir et les dépenser à la place en action gouvernementale de "soutien" à ce marché, forcément moins efficace voire contre-productive – et toujours consternante.

Cela revient finalement à nationaliser une activité progressivement, par la subvention combinée au déclin d’un marché puis à la sclérose bureaucratique et finalement au dépôt de bilan politique à l’occasion d’un changement de siège. L’état français post-WW2 est expert dans le domaine. C’est comme ça qu’il a tué les mines et la métallurgie françaises. C’est comme ça qu’il a tué l’informatique française. C’est comme ça qu’il a tué le textile français. C’est comme ça qu’il tue le fret sur rail français. C’est comme ça qu’il tue le cinéma français. C’est comme ça qu’il tue la presse écrite française. C’est comme ça qu’il tue dans l’oeuf le téléchargement légal français. C’est comme ça qu’il s’apprête à tuer l’automobile française. Et une chose est sûre: il ne s’arrêtera pas là.

Plutôt mourir, que subir le déshonneur d’une atrophie pareille, si lollesque soit-elle. Adieu.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.