Alzheimer: le diabète de type 3 ?

Souvenez-vous: c’était en 2006, Jacques Chirac était président, Dominique de Villepin son premier ministre déclarait la lutte contre la maladie d’Alheimer Grande cause nationale pour 2007. Avec 800 000 malades diagnostiqués et plus de 200 000 nouveaux cas par an rien que pour la France, nous faisions alors face à une épidémie glaçante d’une maladie horrible, détruisant à petit feu l’essence même de ceux qu’elle frappe, érodant inexorablement leur capacités cognitives jusqu’à les "effacer", détruisant leur mémoire et leur raison de manière bien plus insidieuse que le grand âge seul, parfois même avant 60 ans. C’est, virtuellement, toutes les familles du pays qui sont touchées aujourd’hui. L’impact de cette maladie est simplement massif. Et, plus grave encore, la mortalité dûe à cette maladie a augmenté pendant les dernières décennies pour toutes les tranches d’âge de malades.
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Guerre contre le gras: le magazine Time rend les armes

Drôle de "une" pour le célèbre magazine Time cette semaine. Et d’autant plus drôle que cette "une" contraste étrangement avec celle qui garnissait le même magazine il y a trente ans:

Pendant des décennies nous avons diabolisé la graisse. Mais la science récente révèle que ce n’est pas la graisse qui a détérioré notre santé.

L’un des instruments les plus puissants de cette diabolisation était justement la presse généraliste, avec Time en première ligne. L’assaut quasi-permanent, dans les années 80, contre toute trace de gras dans nos aliments, la publicité vantant les mérites du "light" et de "l’allégé", et pour finir le tir de barrage des gouvernements sur les professionnels de la santé, ont réduit la part du gras dans l’alimentation du public. Et nous sommes globalement devenus plus gros et plus malades. Pendant ces trente ans séparant les deux couvertures de Time, plusieurs centaines de milliers de morts évitables ont été causées par des recommandations nutritionnelles erronnées. N’attendez ni excuses ni justification, ne faites pas attention au scandale de santé publique derrière le rideau, circulez il n’y a rien à voir, citoyen.

La graisse n’a jamais été l’ennemi, le cholestérol est un allié, effectivement. Mais contrairement à ce que dit Time cette semaine, ce n’est pas la science récente qui le dit, mais la science tout court, depuis toujours. C’est un peu facile de critiquer les scientifiques, pour les journalistes de Time. Car ce sont des scientifiques qui expliquent depuis des années que la graisse n’est pas coupable. C’est ce que disent des gens comme les docteurs Masterjohn, Eades, Jaminet, Dahlqvist, Eenfeldt, Attia, Oliver, Enig, et tous ceux qui les ont aidé à le faire savoir autour d’eux: Gary Taubes, Tom Naughton, Jimmy Moore, Petro Dobromylskyj et de manière générale tous les participants réguliers aux symposiums de l’Ancestral Health Foundation.

C’est intéressant aussi de voir que, pour une fois, les USA agissent en suiveurs de mode alimentaire, plutôt qu’en précurseurs: la Suède a changé ses recommandations nutritionnelles officielles vers un retour aux graisses saines, et la Norvège va probablement suivre rapidement.

Trente ans de perdus… Mieux vaut tard que jamais.

Réforme: un discret revirement d’opinion dans la fonction publique

Pour un grand nombre de libéraux, il est entendu que la fonction publique française est imposible à réformer en pratique, que seul un gouvernement d’une grande fermeté et ouvertement hostile au statut de fonctionnaire (ainsi qu’à tous les avantages catégoriels qui lui sont associés) serait éventuellement à même d’imposer, sans pouvoir éviter une confrontation directe, des réformes comparables à celles qui eurent lieu en Nouvelle-Zélande au siècle dernier. Heureusement, cette vision caricaturale des choses est de plus en plus éloignée de la réalité.

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Géométrie variable de l’express-ion

Plus le temps passe et plus l’odeur de fascisme qui émane de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une institution (pas seulement le gouvernement, mais aussi les syndicats, les corporations spécifiques – taxis, médecins, etc. – ou encore la presse) se fait de plus en plus intense, au point d’être aujourd’hui insoutenable.

Au coeur du cancer français, la bureaucratie

L’incapacité persistante et de plus en plus embarrassante (même les Suisses, pourtant modèles de retenue, font à présent de l’humour sur le sujet !) de l’état français à maîtriser ses dépenses témoigne de l’absolu pouvoir de la bureaucratie dans ce foutu pays pays foutu. Quelque soit le président du moment, la couleur (ou le genre) du gouvernement, la majorité en place dans les chambres dites ‘représentatives’, ou l’âge du capitaine, malgré la nécessité de plus en plus impérieuse – beaucoup ici considèrent d’ailleurs que le point de non-retour a dores et déjà été dépassé – d’enfin stopper l’hémorragie financière entamée il y a des décennies, malgré la prise de conscience populaire de ce triste état de fait, il faut constater que rien n’y fait: les dépenses publiques françaises continuent d’augmenter à chaque minute qui passe. Aucun ministre n’arrive à calmer le galop déchaîné de son mammouth dédié, aucun député n’ose s’avancer pour être de ceux qui bloqueront pour la première fois le vote du budget et seraient immédiatement fusillés désignés responsables des ruades brutales que ne manquerait pas d’effectuer immédiatement tout ce que le pays compte de fonctionnaires directement pris au portefeuille.

En très bref: ce sont les administrations qui règnent sur la France.

Les politocards, vus revus et entendus ad nauseam n’en sont finalement que les têtes empaillées, déconnectées mais brandies pour détourner l’attention des véritables points faibles de la bête, ils sont les multiples masques d’une hydre visqueuse et translucide, des faces que l’on paie fort cher pour faire pur acte de représentation – un spectacle comico-tragique auquel on doit d’ailleurs pas mal d’excellents articles d’H16 :)

L’Ennemi, le vrai, le froid et maléfique adversaire de toute justice, de tout bonheur et de tout espoir, c’est la bureaucratie. Cette idée funeste que Les Choses Doivent Se Dérouler Selon Les Règles Parce Que, Pardi, Il Faut Des Règles, au mépris de toute empathie, de toute réflexion, de toute considération pour quiconque, et que la moindre déviation, le moindre pas hors des clous décrétés, ne peut qu’être réprimé (et automatiquement puni de l’amende de la catégorie adéquate)… est en train de nous achever, après nous avoir bien essorés, rincés, étrillés et lacérés non-stop pendant des années.

Si vous tenez à votre âme, si vous voulez sauver ce qui peut encore l’être, par pitié: niez l’autorité, moquez-la. Ridiculisez les petits chefs. Balayez les convenances, la pression sociale interne, le conformisme administratif et les procédures rigides comme la vaste hallucination collective absurde qu’ils constituent réellement. Remettez tout en question. Voyez enfin les institutions de ce pays, et tout ce que vous croyez nécessaire à la bonne marche de la civilisation – élections forcément gages de démocratie, parlement forcément représentatif, information forcément de masse, consentement forcément implicite à l’impôt, critères de moralité forcément établis par "en haut", respect forcément dû aux élites et aux assermentés, monnaie forcément issue de l’état, retraite forcément par répartition, assurance santé forcément collective, école forcément publique, etc… pour ce que c’est vraiment: pure superstition.

Ralliez-vous au genre humain, faites face à la peur de votre liberté, abandonnez le monstre hideux de la soumission aveugle et administrative à l’autorité.

Science et politique: une fable

Texte original d’Eliezer Yudkowski.

A l’époque de l’Empire Romain, la vie civile fut divisée entre les camps des Verts et des Bleus. Les Bleus et les Verts s’entretuaient en duels, dans des embuscades, dans des batailles rangées, dans des émeutes. Procopius disait de ces camps: "Il croît en eux pour leur prochain une hostilité qui n’a pas de cause, et qui ne s’interrompt ni disparaît à aucun moment, car elle ne laisse de place ni aux liens du mariage ni des relations ni de l’amitié, quand bien même ceux qui s’opposent sur ces couleurs seraient frères ou parents." Edward Gibbon écrivait: "Le soutien à une des factions devint un passage obligé pour tout candidat aux honneurs civils ou ecclésiastiques."

Qui donc étaient ces Verts et ces Bleus ?
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La demi-France de mi-Hollande

Monsieur François Hollande, dans sa récente conférence environnementale, a prophétisé une diminution de moitié de la consommation d’énergie en France. Si, pour quiconque est familier des échecs répétés du malthusianisme et des prédictions fatalistes à la Club de Rome des 70s, cette déclaration peut prêter à rire, je la vois au contraire comme une sinistre promesse auto-réalisante.

Car il y a tout lieu de penser que cet objectif, notre gouvernement socialiste est bel et bien capable de l’atteindre, pour notre plus grand malheur.
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La Fin du Monde !

Les descriptions grandiloquentes de fin du monde et d’anéantissement total ne sont pas l’apanage des seules religions. La Science aussi a sa propre forme d’eschatologie. Tout droit issue de la thermodynamique, la Science annonce une fin du monde inéluctable: la Mort Entropique de l’Univers.

Qu’est-ce donc ?
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Detroit, Michigan – l’impotence de l’état exposée

La ville de Detroit, dans le Michigan aux USA, est peut-être l’exemple le plus visible, actuel et manifeste de l’incapacité de l’état à remplir les missions supposées justifier son existence. La municipalité est en faillite, incapable de financer ne serait-ce que la police ou les tribunaux locaux, sans même parler d’entretien de la voirie, de garnisons de pompiers ou de services sociaux. Mais ce n’est là qu’une façon encore trop complaisante de présenter la situation de la ville.

Face à des rentrées fiscales toujours moindres malgré (ou plutôt à cause de) l’augmentation des taxes, les fonctionnaires municipaux ont sciemment amputé en premier les budgets de services les plus essentiels ou les plus visibles, afin de rallier l’opinion publique à eux : on appelle cette stratégie douteuse le "syndrome du Monument de Washington", un terme qui vient de la détestable habitude qu’a pris le National Park Service de menacer de fermer le Monument de Washington (très populaire et apprécié) au moindre signe d’une possible réduction de budget.

Par exemple, il n’y a plus de ramassage des ordures sinon très partiellement et irrégulièrement, et la police (gérée par la municipalité, comme dans tout le pays) a vu ses effectifs réduits mais surtout priés de se concentrer sur des missions "rentables" comme infliger le maximum de contraventions aux automobilistes, négligeant ainsi la protection des citoyens et le maintien de l’ordre. Ainsi, la ligne d’appel d’urgence du 911 n’est vraiment ouverte qu’aux heures de bureau, les victimes étant priées de "rappeler à 8 heures du matin". Même déconvenue dans les écoles publiques, un autre service bien visible: à présent seul un élève sur quatre atteint le niveau équivalent au baccalauréat. De même avec les lignes de bus, où l’absentéisme des fonctionnaires et le niveau de délabrement des structures atteignent des sommets.


L’usine de Packard, du moins ce qu’il en reste, à l’image des services municipaux de la ville.

Pourquoi un tel laisser-aller ? Il s’agit en fait, pour le maire (démocrate) Dave Bing, de poursuivre son œuvre sans remise en cause aussi longtemps qu’il est techniquement possible. Il a ainsi persisté à augmenter les dépenses publiques envers et contre tout depuis des années, partant du principe que de toute façon il faudrait bien que les contribuables, locaux comme fédéraux, le renflouent une fois mis devant le fait accompli. Quand cette stratégie a échoué et que la municipalité s’est retrouvée de facto en situation de faillite, il a décidé de forcer la main de la population, encore une fois: par exemple, après avoir réduit les services municipaux les plus visibles (voir ci-dessus) il a proposé une vente d’obligations municipales pour un montant visé de 100 millions de dollars, présentée comme seul espoir de rétablir ces services – mais aussi utilisée pour justifier de mendier auprès du Michigan et du congrès fédéral un "bailout"… un de plus.

Au cœur de cette méthode perverse et coercitive, on trouve le concept-clé qui prétend justifier la légitimité de l’état: l’idée selon laquelle seul un monopole public financé de force (par impôts et taxes) peut fournir les services qui ont, à Detroit, été bel et bien pris en otage, et qu’il n’y a pas d’alternative.

Ironiquement et bien malgré lui, le maire Bing pourrait être le fossoyeur de cette croyance.

Comment le marché libre a repris le flambeau d’un état démissionnaire

Demandez à un fonctionnaire, et il vous assurera à peu près toujours que, sans état, la société tournerait inévitablement au chaos, à la lutte de clans et à la désorganisation, que les pauvres seraient laissés pour compte tandis que les rares riches se livreraient une guerre par milices privées interposées pour s’emparer du territoire, etc.

La réalité des faits, à Detroit, ville déjà bien abandonnée par son état, est totalement contraire à cette fiction délirante et complaisante.

Lassé de l’inefficience de la police, les habitants se sont armés, répliquent aux criminels et ont même dores et déjà organisés et financés leurs propres services de maintien de l’ordre. Par exemple Threat Management Center, qui s’avère dans la pratique bien moins violent et intrusif que la "vraie" police et beaucoup plus efficace (baisse de 90% de la criminalité et de la délinquance partout où ils exercent), pour moins cher, et surtout qui protège jusqu’aux plus démunis gratuitement, au contraire des services municipaux. Chaque fois que son fondateur, Dale Brown, a proposé une coopération à la police locale, celle-ci a décliné car peu intéressée par les objectifs de prévention pure poursuivis par TMC.

En matière de bus, il y a bien quelques étudiants qui ont tenté de palier par eux-même à la démission de la municipalité… mais celle-ci les en a fermement empêché. Ce sont donc les entrepreneurs locaux qui ont pris le relai, et fondé la Detroit Bus Company, au mépris du monopole municipal sur les transports publics. Une initiative qui marche: au lieu de suivre des lignes fixes à heures fixes, les bus circulent en continu, vous appelez, envoyez un SMS ou cliquez sur une application pour smartphone dédiée, et les véhicules, décorés au style "urbain" et équipés de bornes Wi-Fi gratuites, passent vous prendre peu après et vous déposent à la destination desservie. Le billet, valable toute la journée et pour tout Detroit et (pour l’instant) une partie de sa banlieue, est à 5 dollars seulement. Et contrairement aux bus municipaux, ils offrent un remboursement intégral en cas d’échec du service.


Crédit photo: Debbie Merlo

Des initiatives privées similaires ont spontanément pris le relai de la municipalité démissionnaire dans bien d’autres domaines: des parkings privés low-cost, des parcs pour enfants, des bars, des places de marché clandestines, etc.

Même les bâtiments et terrains abandonnés, laissés en ruine ou en friche par la municipalité qui se contente généralement de les barricader de fil barbelé, ont commencé à être réappropriés, remis en état et réutilisés par les habitants, créant par exemple une offre agricole bio et locale pour approvisionner les commerces du centre-ville à moindre coût.

Le côté culturel n’est pas en reste: sans licence, autorisation ni permis municipal, les habitants ont lancé une série de fêtes de la bière à la sauce locale, des Biergartens sur le modèle de l’Oktoberfest allemande, ou encore des "pique-nique en blanc" populaires, participant à recréer une identité à la ville.

En quelques mots comme en mille: Detroit n’a pu commencer à véritablement revivre et progresser qu’une fois débarrassée de son gouvernement. La disparition définitive de l’état pourrait bien être la meilleure chose qui puisse y arriver, et peut-être – qui sait ? – transformer toute la zone en charter city, une ville libre et de droit privé. Vidée de la bureaucratie, la coercition et l’attitude condescendante des services municipaux qui tuaient l’esprit de communauté, la place a enfin été laissée libre pour l’expression de véritable solidarité, intégrité et pragmatisme des habitants, mûe par les besoins, envies et passions d’individus libres d’agir, plutôt que par la volonté dominatrice de maintenir l’autorité de certains sur tous, coûte que coûte.

Plus d’informations, de photos et de témoignages sont disponibles sur le blog de Karen de Coster.

Pendant ce temps en Suisse

Pendant ce temps dans un autre monde

Il s’appelait Abdulrahman al-Awlaki

Né à Denver, cet ado américain de 16 ans avait déménagé au Yemen avec sa famille. Son père Anwar, également américain et né aux USA, avait dû partir de la maison et se cacher depuis deux ans car il figurait sur la liste des gens suspectés de terroristes que le président Obama a décidé de faire abattre à vue sans procès. Le 4 septembre 2011, Abdulrahman a décidé de partir à la recherche de son père, accompagné de son cousin de 17 ans et quelques amis… jusqu’au 30 septembre, où, alors que ces jeunes s’étaient arrêtés sur le bord de la route pour dîner d’un barbecue improvisé, un drone Predator les a bombardés de deux missiles Hellfire. Ils n’ont jamais eu l’occasion de retrouver Anwar – le père avait en fait été exécuté de la même façon deux semaines plus tôt.

Comme quoi, on peut être à la fois prix Nobel de la paix et coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

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