C’est une véritable aubaine pour mon Eglise du Sacré Chaos d’Eris et Ses Apostats: voilà des heures que les médias français fument, fulminent et se démènent pour faire de leur mieux étalage de leur indignation quant aux propos d’un de mes concurrents, le Pape Benoît 16. Haro sur le catho ! Tant mieux pour nous autres Discordiens, c’est toujours ça de pris. Du moins je le pensais initialement.
De fait, peu de journaleux ont résisté à la tentation de déformer les mots de Ben-Seize, ce qui est gênant pour bâtir un petit communiqué de presse bien senti pour faire de la pub à ma propre paroisse au détriment de celle du Vatican. Voilà la citation exacte:
Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est à dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre effort est double : d’une part, renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre ; d’autre part, notre capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, à rester présent dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Nous remercions tous ceux qui le font.
Premièrement: j’ai beau chercher, il n’y a pas d’allusion raciste. Ça, c’est ballot, parce qu’un peu d’indignation anti-raciste, ce serait très vendeur. Tant pis.
Ensuite, il y a le contexte historique: l’Eg’Cath’Rom’ s’est construite principalement, que ce soit au Moyen-Orient ou en Asie ou encore ailleurs, sur le business de l’assistance aux malades (grande pestes, lèpre et autres ont fait plus pour propager ce culte que bien des conquêtes) – donc pas moyen de l’aligner sur la cohérence du message.
Pas d’angle d’attaque non plus sur ses propositions positives: effectivement, aider et aimer les malades c’est pile le genre de message qu’on attend d’une religion mainstream.
Il ne reste que sa critique de la stratégie de distribution de préservatifs: Ben le sexadécimal s’avance quand même à dire que compter sur les capotes pour enrayer l’épidémie est plus dangereux que le contraire. Voilà mon “cœur de cible”. Je dégaine donc mes tables de calcul statistiques, on va voir si Ben a fait une erreur qui pourrait me rapporter des fidèles à ses dépens…
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