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Crise des subprimes à la française

Posté par jesrad le Lundi 19 mai 2008

Via H16

C’est par ici.

10 Réponses vers “Crise des subprimes à la française”

  1. Eric a dit

    Il ne s’agit pas de subprime mais de bourgeois qui se sont fait arnaquer. Les cas de subprime à la française, ça fait déjà un moment qu’ils existent, à la CCF par exemple.

  2. jesrad a dit

    Parce que ça ne va pas toucher les gens qui louent ces logements, peut-être ? Comme le fait remarquer H16 48% des logements achetés entre 1995 et 2005 l’ont été pour raisons fiscales à but locatif, précisément par ces “bourgeois”.

    La crise des subprimes américaine, à côté de celle qui s’apprête à frapper l’immobilier français, c’est rien.

  3. Eric a dit

    Oui mais le subprime US, c’est des prets immobilier “piegés” accordées aux “pauvres” citoyens pour qu’il accèdent à la propriété.

    En France, on a l’équivalent avec les prets a “taux bonifié” de certaines banques. Et ceux dans un silence assourdissant.

    Toujours en France, il y a le scandale des “offres packagés De Robien”. Et inclus dans ces offres :
    * un appartement construit a la va-vite, par des ouvrier non qualifiés, avec des materiaux de mauvaises qualité.
    * un emplacement generalement à l’ecart, excentré ou loin des villes, voire pollué (proche autoroute, usines,…)
    * un pret qui revient cher en interet, et generalement a taux revisable non capé
    * une carotte fiscale

    Encore en France, il y a le scandale des “offres packagés LMP”, l’arnaque “package De Robien” en haut de gamme incluant :
    * des résidences hôtelières gérées
    * des prets à taux révisables non capés, fort effet de levier
    * la carotte : le statut LMP, statut flou car normalement professionnel alors que les particuliers ont souscrit, intéressant fiscalement

    Les offres packagés ne sont pas l’equivalent du subprime, car il s’agit d’investissement (qui ont mal tournés), non d’accession à la propriété pour les personnes modestes.

  4. Mateo a dit

    Effectivement, même si la cause de ces problèmes sont l’interventionnisme excessif (*), ces problèmes ne me semblent pas être de même nature, ni de la même ampleur.

    De plus, Eric (est-ce “Eric E.”?) dénonce avec justesse ces carottes fiscales conçues par nos chers politiques, sensées être des solutions aux problèmes qu’ils ont précédemment créé (découragement de l’investissement immobilier, et notamment celui destiné à la location, par des lois de zonage beaucoup trop strictes, par la sur-protection du locataire niant le droit de propriété etc., ayant pour conséquence une impossibilité d’ajustement de l’offre à la demande).

    Solutions “trouvées” par nos politiques: incitations fiscales ayant pour conséquence une création d’offre non motivée par la demande réelle et donc inadaptée à celle-ci.

    Comment s’étonner dès lors que ces solutions n’en soient pas et que leurs effets causent toujours plus de nouveaux problèmes?

    (*) Aux US lois de zonage trop strictes dans beaucoup de villes, système de banque centrale avec ses périodes de surabondance de liquidités suivies de périodes de “fermeture des vannes”, lois obligeant les banques américaines à prêter à des personnes pas forcément solvables auxquelles elles n’auraient pas accordé de prêts si on ne les y avait pas forcées, tout ceci pour des raisons de “justice sociale”…

  5. Corwin a dit

    Très simpliste et commode de tout mettre sur le dos de “l’interventionnisme”, ce systématisme anti-intellectuel me rappelle douloureusement celui de ceux qui mettent tous les maux de la terre sur le compte du libéralisme.
    Il est et sera toujours dans l’intérêt d’un vendeur de service complexe de rendre son offre illisible pour en distordre la valeur perçue par le client, même en l’absence totale de toute réglementation. L’homme n’a pas attendu les lois Robien pour entuber son prochain (riche ou pauvre…d’ailleurs chacun sait que l’argent est chez les pauvres, ils sont tellement nombreux !).

  6. jesrad a dit

    C’est vrai que ça use, à la longue, de répéter encore et toujours que sitôt qu’on force quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas ou à ne pas faire ce qu’il veut, il y a des conséquences néfastes.

    L’usage du mot “systématisme” m’interpelle, parce que beaucoup des principes et déductions que j’ai étalées ici sont fondées sur une analyse… systémique. La théorie des systèmes mène à la cybernétique qui mène à l’émergence et donc, in fine, à la catallaxie. L’idée de base, c’est que les propriétés fondamentales des éléments d’un système déterminent son évolution finale, et ses résultats (output). Une fois qu’on connaît les propriétés qui entraînent certains résultats, on peut facilement dire que chaque fois que ces résultats apparaissent, il suffit de rechercher ces propriétés pour les expliquer… de manière systématique, littéralement.

    ;)

    En fait ce n’est “simpliste” que parce que des géants comme Bertalanffy, Mises, Hayek, Simon et Wiener ont déjà fait tout le travail.

  7. Mateo a dit

    Simpliste?

    Nies-tu que la crise des subprimes a pour origine l’apparition d’une bulle immobilière, elle même causée par l’excès de contraintes réglementaires (lois de zonage trop strictes) étouffant l’offre (et également par un excès de liquidités augmentant artificiellement la demande)?
    Voir les travaux de Ed Glaeser et Joseph Gyourko, Randall O’Toole ou Sam Staley, qui ont démontré, après avoir passé en revue de manière empirique tous les causes plausibles de l’apparition de cette bulle, que seule la lourdeur des règles de zonage (en fait la difficulté et le temps passé pour rendre un terrain constructible) avait une corrélation forte et systématique (ce qui n’était pas le cas d’autres critères comme la pression démographique ou le dynamisme de la ville). Voir l’étude de Glaeser et Gyourko ici: http://post.economics.harvard.edu/hier/2002papers/HIER1948.pdf
    Même des économistes de gauche comme Paul Krugman font le même constat. Voir son article dans le NY Times datant de… 2005: http://www.nytimes.com/2005/08/08/opinion/08krugman.html?_r=1&oref=slogin

    Nies-tu les effets potentiellement (très) dangereux du système de banque centrale, qui engendre périodes d’excès de liquidités provoquant la création de bulle spéculatives suivies de périodes de restrictions monétaires provoquant l’éclatement violent de ces bulles?

    Nies-tu la dangerosité extrême de forcer les banques à prêter à des personnes peu solvables? Oh, bien sûr, tant que le marché de l’immobilier continue à grimper, la valeur élevée des actifs cache le problème, le prêteur récupérant ses billes en les revendant. Mais que se passe-t-il lorsque la bulle éclate?

    L’idée ne vient pas de moi, mais du renommé Thomas Sowell: http://washingtontimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070810/COMMENTARY07/108100027

    Bien sûr, les banques ont très bien vu que certains de leurs prêts n’avaient pas les garanties nécessaires et ont donc eu ce comportement douteux, mais rationnel, de refourguer leur créances douteuses au milieu de “packs” de créance à d’autres investissement (fonds de placement etc.), qui eux ont une moins bonne connaissance du marché immobilier…

    Comme le rappelle Jesrad, lorsque l’on force quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne veut pas faire, il faut s’attendre à des conséquences néfastes.

  8. Corwin a dit

    Mateo, je ne nie rien de tout ça.
    Oui, le fonctionnement des banques centrales encourage la spéculation. Mais il n’y oblige en rien.
    Oui, forcer les banques à prêter à des gens incapables de rembourser est absurde. Mais ces gens ne sont pas obligés d’emprunter autant et de vivre au dessus de leurs moyens.
    Ce que j’essaie de faire passer, c’est qu’on ne peut pas d’un côté défendre la puissance des phénomènes émergents en tant que force organisatrice principale dans les relations humaines, et de l’autre persister à ne pas se rendre compte que les relations de pouvoirs, la création de règles et la constitution d’un état sont de parfaits exemples de ces phénomènes émergents, inévitables tenant compte de la nature humaine… Un tel aveuglement confine au surnaturel au vu des millénaires de preuves que l’on a sous les yeux.
    Même si demain on effaçait jusqu’à la dernière ligne de tous les codes en vigueur sur la planète et qu’on dissolvait toutes les administrations, au bout de six mois ça se reconstituerait spontanément.
    L’analyse d’Eric est plus équilibrée, il prend en compte la théorie économique ET le fait que les gens sont ce qu’ils sont.

  9. Mateo a dit

    OK, je n’avais pas bien saisi le sens de ta remarque.

    Et puis comme je l’ai dit, je suis totalement avec d’accord avec Eric.

    Enfin, je ne suis pas anarcap, donc pas opposé à l’État, et je pense également que l’apparition de l’État est un phénomène émergent dû à la nature humaine…

  10. jesrad a dit

    Le bien comme le mal font partie de la nature humaine, on est bien d’accord. Pascal Salin l’a dit bien avant moi: le pouvoir et la relation dominant-dominé, organisés sous la forme de l’état, ne sont que les résultats émergents de la violence. Je crois même avoir expliqué en images comment cette organisation spontanée prenait forme…

    Maintenant, le mal n’a rien d’inévitable si on le comprend et qu’on le réprime. Le message libertarien est aussi simple que ça: éclairer les gens sur ce qui est bien et ce qui est mal pour qu’ils puissent avoir plus facilement ce qu’ils veulent sans causer de torts. Il en restera toujours un peu, bien sûr, parce que l’homme aime bien croire qu’il peut obtenir ce qu’il veut au détriment d’un autre et ne pas se faire choper ni souffrir des conséquences, mais au bout du compte il n’y a que deux possibilités: soit l’organisation spontanée catallactique permet de réduire la quantité de mal et il faut s’y mettre le plus que possible, soit elle ne le permet pas parce qu’il y a déjà le minimum possible de mal et alors il n’y a aucun espoir pour l’humanité. Je pense que ça vaut la peine d’essayer, non ? Ça ressemble un peu au proverbe: “L’optimiste est persuadé de vivre dans le meilleur des mondes, le pessimiste craint que ce ne soit le cas”

    “Oui, le fonctionnement des banques centrales encourage la spéculation. Mais il n’y oblige en rien.”

    Pas plus que les parents de plusieurs enfants ne sont obligés de recevoir des allocations familiales, pas plus que les locataires de HLM n’étaient forcés de faire une demande, etc… ;)

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