Aujourd’hui, notre ministresse de l’économie, Mme Lagarde, s’est rendue dans un supermarché avec grand renfort de caméras, conseillers et autres rémoras habituels pour… découvrir quels étaient les prix des denrées ordinaires.
Voilà bien un exemple typique et navrant d’esbrouffe politocarde. Qu’est-ce que vous voulez que “2,85€” représente pour quelqu’un qui ne fait pas ses propres courses et ne mange de toute façon jamais du jambon Herta ? Comment imaginer une fraction d’instant qu’une visite unique en supermarché, aussi médiatique soit-elle, puisse se comparer avec la très vaste expérience de l’acheteur hebdomadaire ou quotidien qui à force d’essais, d’observations des évolutions dans le temps, de calculs avec un budget fluctuant et de comparaisons innombrables sait jauger exactement, d’un bref coup d’œil, si tel prix pour telle quantité d’un produit de telle qualité perçue est un bon prix ou pas ? C’est grotesque.
Pendant ce temps, les producteurs se plaignent que le prix de leurs produits vendus au détail, empaquettés et à proximité de leur domicile toute l’année aux clients des supermarchés soit plus élevé que le même produit sur place (dans une exploitation agricole isolée difficile à trouver) en gros et suivant disponibilité. Voilà des gens qui n’ont pas l’air de bien comprendre ce qu’est un coût de transaction, mais ils ont au moins raison sur un point: la position des grands distributeurs est abusivement dominante, et ce grâce à l’état, qui n’est plus depuis longtemps à un tir dans le pied près.
Tout ça sous les applaudissements du bon peuple qui va se dépêcher d’approuver le retour du contrôle des prix. Comme le dit si justement H16, ça n’a pas marché pour l’URSS malgré plusieurs tentatives pendant presque un siècle, ni pour Cuba, ni pour la Corée, ni pour la Chine, ni pour la France d’après la Révolution ou d’après la Libération, ni pour l’empire romain du IIIème siècle ni aucune autre civilisation qui s’y est essayé… mais “ensemble tout devient possible”, hein ?
Ah, et n’oubliez pas que “l’apologie de l’anorexie” sera bientôt un délit, et l’Internet mis sous surveillance.
Merde. Ça m’apprendra à regarder le JT.