L’indice de balance commerciale sert-il à quelque-chose ?

Alors que de partout jaillissent les gémissements et braillements au sujet de la balance commerciale française en berne*, cette question s’impose. Nombreux sont les praxéologues pour qui la réponse est « non ».

The Non-Problem of the Balance of Payments

A final set of arguments, or rather alarms, center on the mysteries of the balance of payments. Protectionists focus on the horrors of imports being greater than exports, implying that if market forces continued unchecked, Americans might wind up buying everything from abroad, while selling foreigners nothing, so that American consumers will have engorged themselves to the permanent ruin of American business firms. But if the exports really fell to somewhere near zero, where in the world would Americans still find the money to purchase foreign products? The balance of payments, as we said earlier, is a pseudo-problem created by the existence of customs statistics.
[...]
In effect, there is no deficit in the balance of payments. It is true that in the last few years, imports have been greater than exports by $150 billion or so per year. But no gold flowed out of the country. Neither did dollars “leak” out. The alleged “deficit” was paid for by foreigners investing the equivalent amount of money in American dollars: in real estate, capital goods, U.S. securities, and bank accounts.
[...]
In effect, in the last couple of years, foreigners have been investing enough of their own funds in dollars to keep the dollar high, enabling us to purchase cheap imports. Instead of worrying and complaining about this development, we should rejoice that foreign investors are willing to finance our cheap imports. The only problem is that this bonanza is already coming to an end, with the dollar becoming cheaper and exports more expensive. We conclude that the sheaf of protectionist arguments, many plausible at first glance, are really a tissue of egregious fallacies. They betray a complete ignorance of the most basic economic analysis.

Quand un pays importe plus qu’il n’exporte, les acheteurs locaux de ces biens importés s’enrichissent plus en achetant, que les producteurs locaux en vendant. Le total de richesse créé par l’excédent d’importations, lui, n’est pas mesuré dans le “PIB” économétrique… Et donc la balance commerciale n’est absolument d’aucune utilité pour juger de l’enrichissement d’une population.

Pour ma part, la balance commerciale a bien une utilité, et une seule: un déficit indique que les mêmes richesses sont mieux produites ailleurs, tandis qu’un excédent indique le contraire. C’est assez pratique pour évaluer (en prenant tout de même en compte le protectionnisme ambiant) la véritable productivité des gens suivant leur pays. On voit donc que celle des Français fait pitié.


* Notez au passage que cet article réussit l’exploit de dire simultanément que l’Allemagne enregistre un excédent record ET que le déficit français est dû à l’euro. Comprenne qui pourra.

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À propos jesrad
Semi-esclave de la République Soviétique Socialiste Populaire de France.

10 Responses to L’indice de balance commerciale sert-il à quelque-chose ?

  1. Eric dit :

    Oui mais en laissant « libre » ces echanges internationals, c’est a dire sans le garde-fou que representait l’or, on aboutit à des sociétés de « pur consommation » comme les USA, l’Espagne voire la France. C’est a dire des sociétés où l’on surconsomme car on a pas besoin necessairement de produire, seulement d’emprunter.

    Pour ce qui est de l’euro, je pense surtout que la France a eu les yeux plus gros que le ventre en adherant a une monnaie « virtueuse ». Cette illusion de puissance est due au passage a vide de l’Allemagne du à sa sortie de bulle immobiliere (que nous connaissons actuellement en France) et a sa reunification.

    Eric

  2. Stan dit :

    C’est quoi la surconsommation?

  3. Eric dit :

    La « surconsommation », ou ma conception de la surconsommation, c’est un exces de consommation generalisé. Il est normal que la partie la plus riche de la société « surconsomme », elle depense et emprunte pour s’adonner a une consommation reflexe (le « coup de coeur » de nos magazines) et frénétique de produits trés markétés dont l’utilité n’est presque jamais mis en valeur. La « surconsommation », c’est a mon sens la generalisation à toute la société de cet etat de la consommation.

    Pour donner un exemple, aux USA, il est aisé, meme pour les couches basses de la classe moyenne, de rouler toujours en vehicule neuf dernier modele grace a un mecanisme financier, qui par ailleurs atteint ces limites en ce moment avec la brusque augmentation des saisies de vehicules.

    Eric

  4. Stan dit :

    « La “surconsommation”, ou ma conception de la surconsommation, c’est un exces de consommation generalisé. »

    Oui enfin c’est une totologie.

    « Il est normal que la partie la plus riche de la société “surconsomme”, elle depense et emprunte pour s’adonner a une consommation reflexe (le “coup de coeur” de nos magazines) »

    Tu disais exces de consommation généralisé. C’est contradictoire avec la partie la plus riche de la societe.

    « frénétique de produits trés markétés dont l’utilité n’est presque jamais mis en valeur »

    Tu penses a quoi, en particulier? Sinon la mise en valeur est subjective.

  5. Mateo dit :

    Qui es-tu, qui suis-je, pour dire que « les autres » consomment trop (ou pas assez)? Qui es-tu, qui suis-je, pour dire que ce qu’achètent « les autres » n’est presque jamais « mis en valeur »? La valeur est subjective, effectivement. Tu ne peux pas et je ne peux pas déterminer la valeur de quelque chose pour quelqu’un d’autre.

    Concernant le système monétaire, beaucoup de problèmes, et notamment les cycles bulle-récession, proviennent du monopole sur la création de monnaie attribué par l’état aux banques centrales, Mais c’est un tout autre sujet…

  6. Eric dit :

    Il me semble qu’on atteint des sommets en matiere d’endettement des menages, et que cet argent emprunté est parti en consommation. Pour moi cette appetit de consommation n’a aucun fondement lié à des besoins mais releve plutot de comportements addictifs.

  7. Leepose dit :

    sauf erreur, Keynes a déja répondu a ta question il y a un bail. Le commerce extérieur est une composante de la demande. A ce titre c’est important, surtout si la demande est faible ou insuffisante.

    De ce point de vue, les allemands ont une moins bonne demande intérieure que la notre, en contrepartie, ils exportent mieux.

    Ce qui compte c’est la demande totale, il me semble, et peu importe si elle est externe ou interne. Cela dit, bien exporter est un signe de bonne compétitivité internationale, comme tu le rapelle.

    a+ mon cher Jesrad.

  8. Leepose dit :

    C’est nul on peut pas modifier son texte?
    :-)

  9. Bertrand Monvoisin dit :

    Se focaliser sur un indice unique est grotesque, il faut le replaçer au milieu d’autres indices qui permettent d’avoir une vue d’ensemble, établir des comparaisons, mettre en perspective.

  10. SWAG2 dit :

     » l’Allemagne enregistre un excédent record ET que le déficit français est dû à l’euro »

    A écouter nos grands menteurs, il n’y a pas que çà : le pétrole nous plombe aussi.
    Là non plus l’Allemagne n’est pas touchée!

    Pourtant l’Allemagne consomme proportionnellement plus de pétrole que nous puisqu’elle a abandonné le nucléaire (nous lui en vendons d’ailleurs)

    Trop fort!

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